TSTMG - Thème 2 / Décolonisation et construction de nouveaux Etats

Plan

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I. DE LA DÉCOLONISATION À LA MISE EN PLACE DE NOUVEAUX ÉTATS DEPUIS 1945 (QUESTION OBLIGATOIRE)
A. LES ÉTAPES DE LA DÉCOLONISATION
1. Éléments déclencheurs : des conditions nouvelles au lendemain de la Seconde Guerre mondiale
2. La première vague de la décolonisation (1945-1954)
3. La seconde vague de la décolonisation (1955-1962)
B. LES NOUVEAUX ÉTATS FACE À DE NOMBREUX DÉFIS
1. Défis politiques
2. Défis économiques et sociaux
3. Défis géopolitiques

II. L’ALGÉRIE DE 1954 À 1962 (SUJET D’ÉTUDE AU CHOIX)
A. AUX ORIGINES DU CONFLIT
1. Une société coloniale
2. Le basculement dans la guerre
B. LE DÉROULEMENT DU CONFLIT
1. L’escalade de la violence (1955-1958)
2. Le tournant de 1958 et la marche vers l’indépendance
C. LES CONSÉQUENCES DE LA GUERRE D’ALGÉRIE
1. Le bilan humain
2. De part et d’autre de la Méditerranée, des mémoires que tout oppose
3. Une question toujours sensible aujourd'hui

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Manuel p.54-95

I. De la décolonisation[1] à la mise en place de nouveaux États depuis 1945 (Question obligatoire)

En 30 ans, entre 1945 et 1975, les peuples colonisés s'émancipent selon des modalités différentes allant de la négociation à la guerre –Paragraphe 3 p.61, Les chemins de l’indépendance. De nouveaux États naissent et s'affirment avec plus ou moins de facilité sur la scène internationale -Cartes p.56, La remise en cause des empires coloniaux en 1945 + p.57, Décolonisation et affirmation du tiers-monde.

À quelles recompositions du monde l’accès à l’indépendance des colonies conduit-il ?

A.  Les étapes de la décolonisation

1. Éléments déclencheurs : des conditions nouvelles au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

Les revendications anticolonialistes[2] sont aussi anciennes que la colonisation, et certaines aboutissent entre les deux guerres mondiales[3]. Mais au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le contexte est devenu plus favorable à la décolonisation :

  • Les métropoles sortent affaiblies de la Seconde Guerre mondiale.
  • Mobilisées et exploitées pendant les deux guerres totales, les colonies estiment avoir payé « l’impôt du sang » et des mouvements nationalistes réclament l’indépendance, souvent au nom de grands principes forgés par les colonisateurs –doc.3 p.60, La revendication du droit à l’indépendance.
  • L’émergence des deux superpuissances (États-Unis, Union soviétique) joue en faveur de l’émancipation des peuples car elles s’opposent toutes deux à la colonisation, tant pour des raisons idéologiques que pour des raisons stratégiques.
  • Enfin, la création de l’ONU joue un rôle important, car le principe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » plaide pour l’accession à l’indépendance des peuples colonisés et la fin de l’impérialisme[4] -doc.2 p.60, L’ONU et les peuples colonisés.

2. La première vague de la décolonisation (1945-1954)

a.  L’Asie britannique

§ La partition indienne (14-15 août 1947)

En 1945, Clement Attlee, le nouveau Premier ministre anglais, est convaincu que le Royaume-Uni n'a plus les moyens de maintenir sur place le British Raj. En mars 1946, Lord Mountbatten est chargé de négocier l'indépendance –doc.1 p.60, L’Inde, une indépendance négociée. Les Britanniques et le parti du Congrès[5] envisagent un État unique, pluriethnique et pluri-religieux, mais pas la Ligue musulmane[6], qui réclame un État musulman séparé.

Deux États distincts, membres du Commonwealth, sont fondés : l'Union indienne et le Pakistan (occidental + oriental). Le partage des territoires suscite des affrontements sanglants[7], et de graves tensions subsistent aujourd’hui encore entre les deux États.

§  Birmanie (1948), Malaisie (1957), Singapour (1965)

Après la défaite japonaise, le Royaume-Uni tente de rétablir son autorité mais se heurte à la résistance des nationalistes : l'indépendance est accordée à la Birmanie en 1948, à la Malaisie en 1957[8].

b.  Les archipels d’Asie du Sud-Est

§  Les Philippines (1946)

Longtemps espagnoles, devenues américaines fin XIXe siècle, les Philippines ont été occupées par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, elles accèdent à l’indépendance. En échange, 23 bases aéronavales étatsuniennes sont implantées sur l’archipel.

§ L’Indonésie (1945-1949)

En Indonésie, après le départ des Japonais[9], l’armée de Sukarno contrôle le pays, et l’indépendance est déclarée en 1945. Après deux tentatives de reconquête, les Pays-Bas, sous la pression de l’ONU, reconnaissent l’indépendance de l’Indonésie en 1949.

c. La guerre d'Indochine (1946-1954)

En Indochine, si la réappropriation du Cambodge et du Laos est assez facile, la France se heurte au Vietnam à la résistance du Viêt-Minh[10]. Celui-ci se soulève contre les Japonais en 1945 et proclame l’indépendance de la République démocratique du Vietnam.

De fait, en dépit des accords Hô-Sainteny (1946)[11], les Français refusent de remettre en cause leur souveraineté sur l’Indochine. Un incident leur sert de prétexte pour faire bombarder le port d’Haiphong par leur marine (26 novembre 1946), et occuper la ville après de sanglants combats (6000 morts). Le 19 décembre 1946, le Viêt-Minh attaque Haiphong et Hanoi, massacrant de nombreux Européens : c’est la guerre.

Dans un premier temps, les Français tiennent les villes et les régions accessibles du pays, et dans les zones d'accès difficile, le Viêt-Minh instaure sa propre autorité. Puis après 1949, le Viêt-Minh reçoit une importante aide chinoise, et la situation se dégrade pour la France, malgré l’aide américaine.

Doc.4 p.61, La guerre d’Indochine- Après le désastre de Diên Biên Phû (6 mai 1954), Pierre Mendès-France, le nouveau chef du gouvernement français, signe les accords de Genève (juillet 1954), qui divisent le Vietnam en un Nord-Vietnam communiste et indépendant, sous la direction d’Ho-Chi-Minh, et un Sud-Vietnam sous tutelle étatsunienne[12].

3.   La seconde vague de la décolonisation (1955-1962)

a. La décolonisation des pays du Maghreb (1954-1962)

§  Maroc et Tunisie (1956)

Au Maroc, les Français emprisonnent le sultan Mohamed en 1953, provoquant des troubles graves, suivis d'une répression sévère. Finalement, le sultan est rapatrié de Madagascar, et l'indépendance est accordée au Maroc (mars 1956), désormais dirigé par le roi Mohamed V.

En Tunisie, l'agitation larvée prend un caractère radical à partir de 1951-1952 malgré les projets de réforme du gouvernement français, notamment dans le Sud où opèrent des bandes de fellaghas. Dans ce contexte tendu, le chef du néo-Destour, Habib Bourguiba, est à nouveau emprisonné. L’indépendance est finalement accordée à la Tunisie en juin 1956. Un an plus tard, le régime du bey est aboli et la République est proclamée. Le premier président n’est autre que… Bourguiba.

§ La guerre d'Algérie (1954-1962)[13]

Le cas de l'Algérie est différent de celui de la Tunisie et du Maroc car il s’agit d'une colonie « de peuplement », prolongement organique de la métropole sur lequel vivaient, depuis plusieurs générations, un million de Français.

C’est la raison pour laquelle les autorités françaises conduisent à partir de 1954, aussitôt après la guerre d’Indochine, une nouvelle guerre de décolonisation en Algérie. Au final, l’Algérie accède à l’indépendance le 3 juillet 1962.

b. La décolonisation de l'Afrique noire (trois phases)

§  1957-1960, Afrique occidentale

Négocié et pacifique, le processus est souvent cité comme modèle d'émancipation réussie. Pour autant, les scénarios diffèrent nettement d’un État à l’autre. La Gold Coast, devenue Ghana sous la direction de Kwame n’Krumah, s’émancipe en 1957, suivie par la Guinée l'année suivante. Ces exemples contagieux amènent la France[14] à reconnaître en 1960 l'indépendance de quatorze possessions (Côte d’Ivoire, Sénégal –L. Sédar Senghor, Biographie p.90, Cameroun, Madagascar…), alors que le Congo belge accède à l’indépendance dans des conditions particulièrement difficiles[15].

§  1960-1965 : dernières possessions britanniques

La seconde phase, plus hésitante, permet l’accès à l’indépendance de tous les autres pays d’Afrique comme le Kenya, l’Ouganda, la Rhodésie du Nord (Zambie)…, excepté les derniers « bastions blancs ».

Des compromis laborieux sont conclus, fondés sur la triple garantie du régime parlementaire, de la représentation équitable des minorités et de l'appartenance au Commonwealth des futurs États.

§  Après 1965 : entêtement portugais, tensions sud-africaines

Plus longues et plus conflictuelles, les dernières décolonisations sont marquées par la résistance des « bastions blancs » (colonies portugaises[16], Rhodésie du Sud et Afrique du Sud) à toute perspective d'indépendance négociée.

La « Révolution des œillets » à Lisbonne, en avril 1974, vient à bout de la dictature de Salazar, et permet aux possessions portugaises d'accéder à l'indépendance l'année suivante. Mais il faut attendre 1980 pour que la guérilla sud-rhodésienne impose l'indépendance du Zimbabwe, et 1990 pour que l'écroulement de l'apartheid permette à la Namibie d'accéder à l'indépendance.

B.  Les nouveaux États face à de nombreux défis

Ils y répondent diversement, en fonction du contexte régional et des rapports de force mondiaux.

1.   Défis politiques

a.    Des États fragiles

Les nouveaux États indépendants se heurtent à des difficultés politiques. Les frontières des nouveaux États sont héritées des puissances occidentales, et font souvent cohabiter sur un même territoire des populations très différentes[17], parfois hostiles les unes aux autres –doc.4 p.65, L'Afrique, une mosaïque ethnique et linguistique. Les rivalités ethniques ou religieuses s'exacerbent au moment de l'indépendance.

D’importants affrontements et conflits frontaliers en découlent, dont certains subsistent encore aujourd'hui. Par exemple,

  • en 1947, la partition indienne débouche sur le déplacement de 10 à 15 millions d'hindous et de musulmans[18] –doc.1 p.64, Des tensions ethniques.
  • en 1961 au Congo, la sécession du Katanga fait basculer le pays dans une anarchie sanglante, puis une dictature tout aussi sanglante[19].

b.   Construire une cohésion nationale

Doc.2 p.64, Une cohésion nationale à inventer- La cohésion nationale des nouveaux États est souvent difficile à réaliser : un des défis majeurs est de reconnaître la diversité tout en introduisant des valeurs communes. Ainsi, les États issus de la décolonisation s’approprient ou se réapproprient un espace national et lui donnent un nom. Ils se dotent de symboles comme un drapeau et un hymne national, qui sont des attributs essentiels de la souveraineté –doc.1 p.66, L’hymne national de l’Indonésie.

Ces jeunes États affirment leur légitimité en se dotant d'une armée, d'une administration, en se forgeant une histoire nationale : autant d’instruments contribuant à la construction d’une conscience nationale.

c.    Le choix d'un modèle politique

L'État-nation, modèle politique légué par les puissances coloniales, est adopté par de nombreux États nouvellement indépendants. La plupart d'entre eux calquent leurs constitutions sur celles de leurs anciennes métropoles[20] et affichent leur volonté d'adhésion aux valeurs démocratiques : le pluralisme, le suffrage universel et la séparation des pouvoirs –doc.2 p.66, Le choix de la démocratie.

Mais de fait, ces jeunes États, confrontés à l'absence de tradition démocratique[21], d'éducation politique des populations et au manque de cadres et de personnels qualifiés, évoluent souvent vers des régimes autoritaires[22], basés sur un pouvoir

personnel et un parti unique –doc.3 p.66, Une rupture entre l’État et le peuple + doc.4 p.66, une dérive autoritaire, et rongés par la corruption.

Dans ces conditions, les pays nouvellement indépendants subissent des coups d'État militaires à répétition (plus de soixante depuis 1963) –doc.5 p.67, Les régimes politiques en Afrique en 2011.

Des exceptions existent néanmoins : l'Union indienne est considérée comme un exemple d’enracinement réussi des principes démocratiques -Sujet d'étude p.82, L’Union indienne à partir de 1947.

2.   Défis économiques et sociaux

Les États nouvellement indépendants doivent répondre à de nouveaux défis : bâtir une société post-coloniale, nourrir, soigner, éduquer, employer une population en forte croissance.

a.    Des modèles de développement[23] différents

Les indépendances surviennent en pleine guerre froide ; c’est donc logiquement que les États issus de la décolonisation ont à choisir entre capitalisme[24] et socialisme[25] :

  • Certains États, comme la Côte d'Ivoire, optent pour une logique capitaliste largement ouverte sur l'extérieur : ils s'intègrent au marché mondial et vendent leurs ressources agricoles, minières ou énergétiques –doc.4 p.68, Le choix du capitalisme.
  • D'autres adoptent une s’inspirent du modèle socialiste comme la Tanzanie –doc.3 p.68, La voie du socialisme, l'Algérie, qui donne la priorité à l’industrie –doc.1 p.68, L’industrialisation, ou encore l’Inde, qui met l'accent sur la recherche de l'autosuffisance alimentaire en impulsant la Révolution verte en 1966 -Sujet d'étude p. 82.

Mais, malgré quelques succès, aucune de ces voies n’a les effets espérés.

b.   Les effets néfastes de la DIT[26], le fardeau de la dette

Dès l’indépendance, la DIT porte la marque de l’héritage colonial ; en effet, ces jeunes pays :

  • exportent des produits bruts (matières premières, denrées agricoles, etc.) dont ils ne maîtrisent pas les cours ;
  • importent des produits manufacturés.

Autant d’indicateurs de dépendance économique et de freins au développement –doc.3 p.64, La dépendance des pays en développement (PED) au milieu des années 1960.

Les pays du tiers-monde revendiquent un « nouvel ordre économique international », fondé sur la juste évaluation du prix des matières premières et sur des échanges équilibrés entre le Nord et le Sud. En vain. Pour financer leur développement, ils sont contraints de s'endetter lourdement et donc d'approfondir leur dépendance à l'égard du Nord : la crise de la dette –doc.2 p.68, La crise de l’endettement, aggravée par la dégradation des termes de l’échange[27], éclate dans les années 1980.

Les organismes prêteurs comme le Fonds monétaire international (FMI) organismes leur imposent des politiques d'ajustement structurel, qui ont conduit à une libéralisation de l'économie[28] au coût social et humain élevé. La plupart de ces pays sortent des années 1980 encore plus affaiblis et dépendants des pays du Nord.

c. Le Tiers-monde éclaté

À partir du milieu des années 70, le Tiers-monde présente une grande diversité :

  • certains pays ont pu émerger,
    • soit grâce au pétrole (pays de l’OPEP),
    • soit par leurs exportations (NPIA : Corée du Sud, Taiwan, Hong Kong et Singapour),
    • soit en devenant des puissances régionales, dites « émergentes » (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine)
  • alors que d’autres se sont enfoncés dans la misère (on les qualifie de Pays les Moins Avancés ou PMA) ;
  • d’autres enfin se trouvent dans une situation intermédiaire et fluctuante.

C’est pour cela que l’expression « tiers-monde » n’a plus cours aujourd’hui : il est plus pertinent de parler des « Sud » -Notions p.72.3.   Défis géopolitiques

a. Le mouvement des non-alignés : une affirmation politique difficile

En 1955, les principaux chefs des pays du tiers-monde[29] -Notions p.72 se réunissent à Bandung en Indonésie –doc. 1 p.70, S'affirmer sur la scène internationale + doc.2 p.70, Dénoncer l'hégémonie et le colonialisme. Les 29 États représentés y condamnent le colonialisme, proclament l’égale dignité entre les nations, appellent au désarmement et à l’interdiction de l’arme nucléaire et affirment leur volonté d'indépendance vis-à-vis des États-Unis et de l'URSS.

Elle annonce l'émergence du mouvement des non-alignés[30] -Notions p. 72 + Carte-clé p. 57, qui sera proclamé officiellement à Belgrade en 1961 par Nehru (Inde, Nasser (Égypte), Tito (Yougoslavie)

Le non-alignement est cependant difficile à mettre en œuvre, car les « non alignés » se divisent rapidement entre adeptes des modèles de développement socialiste ou capitaliste et entre partisans des deux blocs de la guerre froide.

b.   L'aide au développement : une nouvelle coopération Nord-Sud ?

Les États décolonisés conservent avec leurs anciennes métropoles des relations de coopération par l'intermédiaire de politiques d'aide au développement –doc.4 p.70, De la domination à la coopération. Cette coopération permet aux anciennes puissances de conserver une forte influence sur leurs anciennes colonies : on parle alors de « néocolonialisme »[31].

Doc.3 p.70, Pour un nouvel ordre économique international- La création de la CNUCED[32] en 1964 (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) et la signature des accords commerciaux de Lomé en 1975 sont représentatifs d’une volonté de favoriser le développement du Tiers-monde.

c.    Les Sud : dépendance ou émergence ?

Mais à partir des années 1980, alors que la crise de la dette s’installe, l’aide au développement se tarit. Dans ces conditions, le tiers-monde perd son unité et se diversifie à tel point que l’on préfère parler des « Sud ».

Parmi les « Sud », tandis que certains États s’enfoncent dans des difficultés qui semblent insurmontables, on observe désormais l’affirmation de puissances émergentes : Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine (BASIC) comptent de plus en plus dans les relations internationales[33] et semblent annoncer un « grand basculement ».

II. L’Algérie de 1954 à 1962 (Sujet d’étude au choix)

L’Algérie occupe une place particulière au sein de l’Empire colonial français. Nous étudierons ici son processus de décolonisation en montrant sa dimension singulière (guerre, violences frappant l’ensemble des composantes de la population, crise politique en métropole, etc.), avant de souligner l’impact durable sur ses relations avec la France de ces conditions d’accès à l’indépendance.

Dans quel contexte et pourquoi le conflit éclate-t-il ? Comment se déroule-t-il (étapes, caractéristiques) ? Quelles en sont les conséquences pour la France et pour l’Algérie ?

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A.  Aux origines du conflit

Conquise à partir de 1830, l'Algérie est rattachée au territoire français et organisée en trois départements ; c’est la seule colonie de peuplement[34] française –doc.1 p.74, Un statut administratif qui rattache l'Algérie à la France. La résistance à la colonisation n’a jamais cessé depuis 1830, mais c’est entre les deux guerres mondiales qu’un nationalisme organisé se développe.

1.   Une société coloniale

En 1954, près d'un million d'Européens vivent aux côtés de 9 millions d'Algériens dans une Algérie confrontée à des problèmes :

  • politiques : l’Algérie a à sa tête un gouverneur général, et les habitants se divisent en deux catégories : Européens et indigènes[35] de « statut coranique » -doc.4 p.75, Une inégalité de statut[36];
  • économiques et sociaux : 2 p.74, Les écarts de niveau de vie en 1954- l'agriculture moderne –doc.3 p.75, Une terre agricole et le secteur industriel sont entièrement contrôlés par les Européens[37].

2. Le basculement dans la guerre

De graves affrontements armés avaient déjà eu lieu au mois de mai 1945 (massacres de Sétif[38]). Mais c’est l'insurrection de la Toussaint 1954 qui déclenche la guerre d’Algérie. Préparée par un groupe clandestin, elle consiste en des attaques simultanées sur des cibles françaises (bâtiments civils et militaires, bombes, etc.) –doc.6 p.75, Le basculement dans la guerre. Dans la foulée, le Front de libération nationale (FLN[39] -doc.5 p.75, Une aspiration à l'indépendance) et une Armée de libération nationale (ALN) sont créés.

À Paris, Pierre Mendès-France puis Edgar Faure multiplient les déclarations énergiques : c’est le début de la guerre.

B.  Le déroulement du conflit

Doc.8 p.76, Chronologie de la guerre d’Algérie

1.   L’escalade de la violence (1955-1958)

Les 20 et 21 août 1955, le FLN déclenche l'attaque des quartiers européens et de fermes isolées autour de Constantine : 123 morts[40]. Les Européens répliquent : 1273 musulmans (12000 selon le FLN) sont tués –doc.9 p.76, L’escalade de la violence. Désormais, les Français d'Algérie font majoritairement[41] bloc contre les musulmans, et ceux-ci rejoignent massivement le camp du FLN[42]. L’engrenage de la violence est amorcé.

À partir de 1956, Paris s'engage dans une guerre à outrance. Le rappel des réservistes et le maintien de plusieurs classes d'appelés sous les drapeaux portent les effectifs militaires à 400 000 hommes.

Doc.10 p.76, La bataille d’Alger- À Alger, face à la guérilla urbaine et aux attentats aveugles du FLN, le général Massu conduit en 1957 la « bataille d'Alger ». Dès lors, les fouilles, les rafles, les arrestations, la torture –doc.12 p.77, L’armée française pratique la torture, les déplacements de population –doc.11 p.77, Les déplacements de population, les villages rasés, les « corvées de bois » exacerbent l'hostilité des musulmans ; parallèlement, la terreur que fait régner le FLN contre ceux qui collaborent avec les Français précipite les ralliements, volontaires ou forcés.

2. Le tournant de 1958 et la marche vers l’indépendance

Le général de Gaulle, revenu au pouvoir par l’insurrection d'Alger –doc.13 p.77, La chute de la IVe République et le retour au pouvoir du général de Gaulle prépare l'indépendance, poussé par la détermination du FLN[43], par le désaveu de l'opinion internationale[44], et par l'opposition croissante à la guerre en métropole. En juin 1958, de Gaulle fait une tournée triomphale en Algérie[45], accueilli en sauveur par la population européenne. Pourtant, après avoir proposé « la paix des braves » dès octobre 1958, il offre en septembre 1959 « le choix de leur avenir » aux Algériens -doc.14 p.77, L’autodétermination[46] de l’Algérie.

Sa prudence sur la conduite du processus n'empêchera toutefois pas les émeutes de 1960 à Alger (« semaine des barricades »), ni le putsch des généraux en 1961, ni l'entreprise désespérée et meurtrière de l'OAS[47], ni les violences en France métropolitaine[48] –doc.16 p.78, L'OAS refuse l'indépendance.

Des pourparlers avec le FLN, engagés en 1961, aboutiront en mars 1962 à la signature des accords d'Évian –doc.15 p.78, Les accords d’Évian, et à l’indépendance le 3 juillet 1962 –doc.17 p.78, L’indépendance de l’Algérie, sous la présidence d’Ahmed Ben Bella, dans un contexte dramatique d'exode massif de la communauté française (les « Pieds noirs »[49]) –docs.18 + 19 p.79, Le sort des Harkis, Plus d'un million de Pieds noirs rapatriés.

C.  Les conséquences de la guerre d’Algérie

1.   Le bilan humain

Il a été difficile à établir compte tenu des divergences entre les belligérants.

a.    Les pertes algériennes

Les sources divergent beaucoup sur la question des pertes algériennes, qui sont difficiles à évaluer avec précision, en particulier les pertes civiles.

Selon les archives algériennes, 150 000 combattants algériens ont été tués. Pour les civils, les chiffres de un million, puis de un million et demi de morts, ont été avancés en Algérie, mais d’après les travaux historiques les plus récents, ils seraient exagérés : Benjamin Stora évalue les pertes entre 350 000 et 400 000 morts.

La guerre fratricide entre le FLN et le MNA, mouvement de Messali Hadj fait 4 300 tués et 9 000 blessés en France et environ 6 000 tués et 4 000 blessés en Algérie. Quant au nombre de harkis massacrés après le cessez-le-feu, les estimations varient entre 15 000 et 100 000 personnes. Les historiens français semblent s’accorder sur une évaluation entre 60 et 80 000 victimes.

b.   Les pertes françaises

Les chiffres concernant les Français de métropole et d’Algérie sont les mieux connus : 25 000 militaires tués environ, et 65 000 blessés militaires.

Pour les civils français, le total est de 2 800 tués de 1954 à mars 1962, auxquels s’ajoutent, après le cessez-le-feu, les 2 victimes des 3 000 enlèvements perpétrés par le FLN : 2 000 tués.

2. De part et d’autre de la Méditerranée, des mémoires que tout oppose après 1962

En France, la guerre d'Algérie sanctionne la perte d'un empire colonial. L'envoi du contingent français, l'usage de la torture par l'armée, les massacres des harkis et l'arrivée des rapatriés en métropole sont autant de blessures longues à cicatriser.

En l'absence d'une mémoire officielle de la guerre d'Algérie, « la guerre est ensevelie », écrit l'historien Benjamin Stora, notamment quand des lois d'amnistie pour les membres de I'OAS sont votées. Les mémoires de la guerre d'Algérie sont alors des mémoires de vaincus : pieds noirs –doc.19 p.79, Plus d’un million de pieds noirs rapatriés, harkis –doc.18 p. 79, le sort des harkis, anciens combattants.

Côté algérien, après les accords de 1962, c'est le sentiment victorieux de libération qui l'emporte –doc.17 p.78, L’indépendance de l’Algérie. L'indépendance permet de fonder un nouvel État. L'État s'empare de l'écriture d'une histoire officielle qui héroïse le peuple en armes.

Les chartes constitutionnelles officialisent le mythe de l'unanimité du peuple algérien contre les oppresseurs français. Il faut cimenter l’unité de la jeune nation algérienne et gommer l’existence d’autres mouvements que le FLN, ainsi que les divisions internes au FLN[50].

3.   Une question toujours sensible aujourd'hui

La guerre d'Algérie est un enjeu diplomatique. Un traité d'amitié franco-algérien est en préparation, mais l'Algérie soumet sa ratification à la reconnaissance, par le gouvernement français, des exactions coloniales et surtout à sa présentation d'excuses. Même si le gouvernement français a reconnu le caractère injuste de la colonisation –doc.21 p.79, Vers une « paix de mémoires » ?, il n'envisage aucune excuse officielle.

En France, l'expression « guerre d'Algérie » est officiellement reconnue par le Parlement en 1999. L'ouverture des archives a facilité le travail des historiens et le débat se focalise alors sur la question de l'usage de la torture et sur les violences qui ont affecté la métropole –doc.20 p.79, Commémorer pour se souvenir. En Algérie, les archives de la guerre d'indépendance ne sont pas toujours facilement accessibles, et certains sujets restent tabous, comme celui des harkis –doc.18 p. 79, le sort des harkis.


[1] Décolonisation : Mouvement qui permet à un peuple colonisé de passer de la dépendance à l'indépendance et d'exercer sa souveraineté. La décolonisation touche l'Asie de 1946 au milieu des années 1950 puis l'Afrique du milieu des années 1950 à la fin des années 1970.

[2] Anticolonialisme : Engagement contre toute forme d'exploitation des ressources et d'une population d'un territoire par un État étranger -notion p.72

[3] Au Moyen-Orient par exemple : Égypte, Irak, Liban, Syrie… Cf. Wikipédia.

[4] Impérialisme : Politique d'un État visant à imposer sa domination sur un territoire étranger. Elle peut être de nature politique, économique et culturelle –Notion p.72.

[5] Dirigé par M. Gandhi et J. Nehru depuis 1929, le Parti du Congrès lutte pour l’indépendance des Indes britanniques.

[6] La ligue musulmane, dirigée par M. Ali Jinnah depuis 1913, lutte pour un Pakistan indépendant.

[7] Cf. ci-après : I.B.1.a

[8] Mais le Royaume-Uni conserve Singapour jusqu’en 1965.

[9] …qui avaient chassé les Néerlandais : L’Indonésie appartenaient jusqu’à la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas, sous le nom d’« Indes orientales néerlandaises ».

[10] Viêt-Minh : organisation politique et paramilitaire vietnamienne, créée en 1941 par le Parti communiste indochinois afin de lutter pour l’indépendance du Vietnam.

[11] Signés en 1946 par Jean Sainteny et Ho Chi Minh, ces accords aboutissent à la reconnaissance du Vietnam comme un État libre « au sein de la Fédération indochinoise et de l'Union française » -Cf. Wikipédia.

[12] La fin de la guerre d’Indochine est aussi le point de départ d’un nouveau conflit, la guerre du Vietnam (1955-1975).

[13] Voir également ci-après : II. L’Algérie de 1954 à 1962 (Étude au choix)

[14] Une décolonisation progressive et pacifique s’était amorcée sous la IVe République (loi-cadre Defferre en 1956). En 1958, de Gaulle offre le choix aux dépendances de la France entre le statu quo, l'indépendance avec rupture des liens avec la métropole, ou l'association avec elle par l'adhésion à la « Communauté ». Seule la Guinée de Sékou Touré a choisi dès 1957 l'indépendance immédiate.

[15] Cf. ci-après, I.B.1.a

[16] Angola, Mozambique.

[17] Malgré le discours de rupture avec le passé colonial, la langue du colonisateur reste souvent la seule comprise par toutes les composantes de la population.

[18] Le tracé de Radcliffe définit un Pakistan formé de deux parties séparées géographiquement, le Pakistan oriental, devenu aujourd'hui le Bangladesh, et Pakistan occidental, majoritairement musulmanes. L'Inde est constituée des régions à majorité hindoue. La partition des Indes entraîne dès 1947 des échanges massifs de population (15 millions de déplacés : 9 millions d'hindous et de sikhs quittent le Pakistan alors que 6 millions de musulmans s'exilent d'Inde) –doc.1 p.64, Des tensions ethniques nouvellement créées et de sanglants affrontements (1 million de morts).

[19] Belge depuis 1908, le Congo est le plus vaste territoire colonisé d'Afrique, et l'un des plus riches (cuivre et uranium du Katanga). Le système colonial belge consiste en un paternalisme teinté de racisme et une exploitation économique intense.

En 1960, la Belgique proclame l'indépendance du pays (1er ministre, Patrice Lumumba), mais le Katanga fait sécession, avec le soutien de la Belgique, soucieuse de conserver le contrôle des abondantes ressources minières de la région. Pour y mettre fin, Patrice Lumumba obtient l’aide de l’URSS (avions, camions, « conseillers techniques »). En septembre 1960, le général Mobutu expulse les Soviétiques, arrête Lumumba et le livre aux Katangais et à leurs « conseillers » (des mercenaires recrutés en Belgique et en France, parmi les anciens soldats des guerres coloniales et dans les rangs d’organisations d'extrême droite), qui l’exécutent. Le Congo est réunifié en 1964 ; en 1965, J. D. Mobutu devient président de la République démocratique du Congo, qu’il dirigera jusqu’en 1997.

[20] Les pays francophones africains s'inspirent de la Constitution de Vème République de 1958. Les anciennes possessions britanniques, comme l'Inde, optent pour un régime de type parlementaire sur le modèle anglo-saxon

[21] Même au Sénégal, régime démocratique où l’attachement aux libertés fondamentales est proclamé, Léopold Sédar Senghor –Biographie p.90 reste président de la République pendant 20 ans, de 1960 à 1980.

[22] Cf. le règne de Bokassa en Centre-Afrique, de 1966 à 1979 –doc.4 p.66, Une dérive autoritaire.

[23] Développement : amélioration durable des conditions de vie d'une population –Notion-clé p.72.

[24] Capitalisme : système économique basé sur la propriété privée des moyens de production, la liberté d'entreprendre, le libre-échange et la libre-concurrence –Vocabulaire p.69.

[25] Socialisme : s'opposant au modèle capitaliste, le socialisme est une doctrine politique et économique qui repose sur la collectivisation des moyens de production et donne à l'État un rôle central –Vocabulaire p.69

[26] DIT : division internationale du travail –Cf. Thème 2 du programme de géographie.

[27] Termes de l’échange : Rapport entre le prix unitaire à l'exportation et le prix unitaire à l'importation, chacun de ces prix étant mesuré avec la même unité monétaire. Lorsque le premier augmente davantage que le second, les termes de l'échange s'améliorent: les mêmes quantités exportées permettent d'acheter une quantité accrue de marchandises importées. Lorsque, à l'inverse, les prix à l'exportation augmentent moins que les prix à l'importation, il y a détérioration des termes de l'échange: il faut vendre davantage de marchandises pour obtenir le même pouvoir d'achat en marchandises importées (source : Alternatives économiques).

[28] Affaiblissement de l'État, limitation de son intervention dans l'économie et démantèlement des mécanismes de redistribution des revenus.

[29] Tiers-monde : désigne les pays en carence de développement. Lancée dans les années 1950 et promise à un grand succès, l'expression renvoie à la relégation dont souffrait le tiers état sous l'Ancien Régime en France. On lui a reproché de masquer la diversité des situations que connaît ce «troisième monde ». On lui préfère aujourd'hui le concept de « Sud » -Notions p.72.

[30] Non-alignement : mouvement qui se constitue après l’impulsion donnée par la conférence de Bandung, officiellement proclamé à Brioni en 1956 (la première Conférence des « non-alignés » se tient à Belgrade en 1961). Composé de pays récemment décolonisés, il définit une politique d'indépendance vis-à-vis des deux superpuissances, les États-Unis et l’Union soviétique. Il existe encore aujourd’hui –Notion-clé p.72

[31] Néocolonialisme : politique impérialiste propre aux anciennes puissances coloniales vis-à-vis de leurs anciennes colonies, ainsi que plus généralement les méthodes d'influences occultes au profit des pays développés et de leurs grandes entreprises. Jean-Paul Sartre est à l'origine du terme néocolonialisme en 1956, qui fut repris pour la première fois dans un discours par Kwame Nkrumah en 1965. Le terme fait référence à la continuité historique de la transition des colonies à des nations officiellement indépendantes, et aux méthodes pas beaucoup plus louables que celles du colonialisme... Source : Wikipédia.

[32] Créée en 1964, la CNUCED a pour objectif d'intégrer les pays du tiers-monde dans l'économie mondiale pour favoriser leur développement –Notion-clé p.72.

[33] Ainsi, alors que depuis 2013, le nouveau président de l’OMC est brésilien (Roberto Azevedo), le Brésil aspire désormais à une place de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et accepte des missions de maintien de la paix sous les couleurs de l’ONU (à Haïti par exemple), etc.

[34] Colonie de peuplement : territoire ayant vocation à accueillir des populations principalement venues de la métropole pour s'y établir de manière durable –Vocabulaire p.75.

[35] Indigène : personne originaire d'un territoire et qui en possède la langue, les coutumes et les usages –Vocabulaire p.75.

[36] À partir de 1947, quelques progrès sont à noter pour les droits des indigènes : une Assemblée algérienne, aux prérogatives restreintes, est élue ; toutefois, sa composition relève du principe du « double collège » : les 9 millions de musulmans élisent le même nombre de députés que le million d’Européens… Il faudra attendre 1958 pour voir le général de Gaulle instaurer une citoyenneté égale pour tous. Trop tard.

[37] Ceux-ci, en grande majorité des citadins au niveau de vie supérieur à celui des musulmans, mais inférieur à celui de la métropole, refusent toute réforme qui irait dans le sens de l'égalité avec les musulmans.

[38] Les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata sont des répressions sanglantes de manifestations nationalistes qui sont survenues en mai 1945 dans le Constantinois, en Algérie pendant la colonisation française. Elles débutent le 8 mai 1945. Pour fêter la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, un défilé est organisé. Les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident par des manifestations d'abord pacifiques de rappeler leurs revendications patriotiques. Mais à Sétif un policier tire sur un jeune homme tenant un drapeau de l'Algérie et le tue, ce qui déclenche une émeute meurtrière des manifestants. Il y aura parmi les Européens 102 morts et autant de blessés. Le nombre des victimes algériennes des représailles françaises, est encore sujet à débat en 2014. Les autorités françaises de l'époque en comptent 1 165, le gouvernement algérien 45 000. Suivant les recherches récentes, le nombre varie de 5 000 à 10 000 victimes –source : Wikipédia.

[39] FLN : Front de libération nationale. Fondé en octobre 1954, principal mouvement politique algérien en faveur de l'indépendance –Vocabulaire p.75.

[40] Massacres de Philippeville (20 août 1955)

[41] Majoritairement, mais pas unanimement. Par conviction, de nombreux français, souvent communistes, prennent fait et cause pour l’indépendance algérienne. Cf., entre autres exemples, Henri Alleg et Maurice Audin ; Cf. également ceux que l’on appela « les porteurs de valises ».

[42] Massivement, mais pas tous. D’une part, des mouvements indépendantistes autres que le FLN existent, et seront écrasés. D’autre part, les ralliements à la France sont nombreux, comme en témoigne l’histoire des Harkis, supplétifs indigènes engagés dans l’armée française.

[43] Le FLN constitue en septembre 1958 un gouvernement provisoire, présidé par Fehrat Abbas.

[44] Désaveu qui s’exprime fortement à l’ONU, de la part des pays récemment issus de la décolonisation, mais aussi des deux superpuissances.

[45] Cf. ses discours à Alger : « Je vous ai compris ! », et à Mostaganem : « vive l’Algérie française ! »

[46] Autodétermination: liberté accordée à la colonie par le pays colonisateur de choisir librement son statut politique –Vocabulaire p.77.

[47] OAS : Organisation de l'armée secrète, mouvement terroriste regroupant des Européens d'Algérie et des militaires français luttant pour le maintien de l'Algérie française –Vocabulaire p.79.

[48] Cf. les violences meurtrières du 17 octobre 1961, ou du métro Charonne le 8 février 1962.

[49] Pieds-noirs : Européens installés en Afrique du Nord –Vocabulaire p.79.

[50] De nombreux cadres du parti sont exilés