1spé - Thème 4 / Sinformer. Un regard critique sur les sources et modes d'information

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Sommaire

I. LES GRANDES RÉVOLUTIONS TECHNIQUES DE L’INFORMATION (AXE 1)
A. L’INFORMATION IMPRIMÉE : DE LA DIFFUSION DE L’IMPRIMERIE À LA PRESSE À GRAND TIRAGE
1. Naissance de l’imprimerie
2. Vers une information universelle : les Lumières
3. L’affirmation de la presse écrite
4. La presse écrite face aux nouvelles technologies : entre mutations et concurrences
B. L’INFORMATION PAR LE SON ET L’IMAGE : RADIO ET TÉLÉVISION AU XXE SIÈCLE
1. La naissance de la radio
2. Les enjeux de la télévision
C. L’INFORMATION MONDIALISÉE ET INDIVIDUALISÉE : NAISSANCE ET ESSOR DU RÉSEAU INTERNET
1. Plusieurs révolutions technologiques successives
2. Une information individualisée

II. LIBERTÉ OU CONTRÔLE DE L’INFORMATION : UN DÉBAT POLITIQUE FONDAMENTAL (AXE 2)
A. L’INFORMATION DÉPENDANTE DE L’OPINION ? L’AFFAIRE DREYFUS ET LA PRESSE
1. Une Affaire montée par la presse antisémite
2. Le choc du J’accuse de Zola
3. Conclusion
B. L’INFORMATION ENTRE LE MARCHÉ ET L’ÉTAT : HISTOIRE DE L’AGENCE HAVAS ET DE L’AFP
C. INFORMATION ET PROPAGANDE EN TEMPS DE GUERRE : LES MÉDIAS AMÉRICAINS ET LA GUERRE DU VIETNAM
1. Endiguer le communisme : des médias américains favorables à l’engagement des États-Unis
2. Une « sale guerre » qui s’enlise et divise les médias et l’opinion
3. Un conflit entre le Président et les médias

III. L’INFORMATION À L’HEURE D’INTERNET (OBJET DE TRAVAIL CONCLUSIF)
A. VERS UNE INFORMATION FRAGMENTÉE ET HORIZONTALE
1. Horizontalité (et fiabilité) de l’information
2. Fragmentation
B. TÉMOIGNAGES ET LANCEURS D’ALERTE
1. De nouvelles tribunes pour témoigner et dénoncer
2. Lanceurs d’alerte : de nouvelles formes d’engagement
C. LES THÉORIES DU COMPLOT : COMMENT TROUVENT-ELLES UNE NOUVELLE JEUNESSE SUR INTERNET ?
1. Entre complotisme et désinformation
2. Décoder et sourcer l’information

1Spe 4

Manuel p.276-351

Ce thème a un double objectif : saisir les enjeux de l’information (liberté, manipulation, contrôle), et réfléchir sur nos propres manières de nous informer.

Les deux axes visent à comprendre :

  • comment les progrès techniques ont renforcé depuis le XIXe siècle la place de l’information dans notre quotidien ;
  • le rôle décisif d’une information libre pour éclairer l’opinion et leur faire prendre conscience de l’ensemble des enjeux autour de l’information (liberté, contrôle, manipulation).

Introduction

A.    Des médias et des supports de communication nombreux et divers

Doc.1 p.278. D’où vient l’information + doc.2 p.278. Les sources d’information des Français + doc.3 p.278. La TV, première source d’information aux États-Unis- Les citoyens des sociétés démocratiques n’ont probablement jamais autant consommé d’information qu’à l’heure actuelle.

Bien qu’ils continuent de privilégier la télévision, les citoyens du XXIe siècle s’informent de plus en plus sur Internet et les réseaux sociaux, où cohabitent de nouvelles sources d’information (blogs, sites spécialisés, médias pure player -Vocabulaire p.331) et des contenus publiés par les médias traditionnels (presse écrite, radio, télévision), qui ont développé leur présence sur Internet.

B.    Des pratiques d’information différenciées

L’information est une pratique sociale et politique qui diffère selon les individus, les groupes sociaux et les territoires.

1.     Une fracture générationnelle

Doc.1 p.280. Une fracture générationnelle + doc.2 p.280. La fracture numérique en France- Une fracture générationnelle est constatée. Avec la multiplication des supports et le développement des technologies de communication, les jeunes générations utilisent davantage internet pour s’informer que leurs aînés : 38% de l’ensemble des Français, 77% des 18-24 ans. La consommation de l’information en ligne se retrouve donc sans grande surprise majoritairement chez les plus jeunes.

Autre effet générationnel : plus la génération est récente, moins la part de budget consacré à l’information est importante[1].

2.     Une fracture sociale et territoriale

Cette fracture s’ajoute à la fracture générationnelle, à toutes les échelles géographiques, par exemple :

  • À l’échelle internationale, car les niveaux d’accès à l’information sont très divers (infrastructures, mais aussi liberté de presse).
  • À l’échelle des nations développées, l’accès à l’information est plus difficile dans les territoires ruraux et pour les personnes à faible niveau de qualification et de revenu (niveau équipement, mais aussi pratiques sociales[2]).

C.    Problématique

Une succession de progrès techniques a contribué à renforcer la place de l'information dans les sociétés démocratiques -Chronologie p.279. La pluralité des médias -Vocabulaire p.279 : médias + médias de masse et des supports de communication permet aujourd'hui de proposer aux citoyens une information surabondante. Libre, contrôlée ou manipulée, l'information est une pratique sociale et politique qui soulève des enjeux démocratiques.

Comment s’informe-t-on aujourd’hui ?

I. Les grandes révolutions techniques de l’information (Axe 1)

Grâce à d'importantes révolutions techniques, l'information a gagné en rapidité et sa diffusion est désormais massive, sur tous types de support. Cette situation est le fruit de plusieurs siècles d'héritages, pendant lesquels des révolutions techniques ont profondément transformé la capacité de diffusion et le contexte de réception des écrits, puis du son et de l'image en mouvement. La diffusion de l'alphabétisation, la baisse du coût des supports médiatiques ont également contribué à la naissance et l'émergence, depuis la fin du XIXe siècle, d'une société de l'information indissociable de la société de consommation.

Quelles sont les grandes étapes de ces évolutions ? Pour quels enjeux dans le monde actuel ?

A.    L’information imprimée : de la diffusion de l’imprimerie à la presse à grand tirage

1.   Naissance de l’imprimerie

a.      Gutenberg, 1450 (environ)

Jalon p.288-289- La diffusion de l'information est liée à une révolution technique du milieu du XVe siècle. Vers 1450, Gutenberg, à Mayence, introduit l’imprimerie en Europe. La technique de l’impression était certes maîtrisée par les Chinois dès le VIIIe siècle et les caractères mobiles sont utilisés par les Coréens au XIIIe siècle. Mais Gutenberg est le premier à combiner une presse à vis et des caractères mobiles en métal -doc.4 p.289. L’imprimerie, une invention européenne ? Les textes imprimés sont lisibles, et surtout reproduits plus vite et pour un coût plus faible, ce qui accroît la capacité de diffusion de l’information. Les ouvrages étaient auparavant, au Moyen-Âge, copiés à la main par des moines dans leurs monastères, ce qui rendait la reproduction des œuvres lente (environ 4 mois pour un livre) et coûteuse, surtout pour les réalisations les plus luxueuses, ornées d’enluminures -Vocabulaire p.284. Dans ces conditions, au Moyen-Âge et au début de l’époque moderne, l’information passe par deux canaux : un canal écrit officiel (échange de lettres) et un canal oral plus informel, parfois proche de la rumeur (récits des colporteurs -Vocabulaire p.284). Dans les deux cas, la transmission est freinée par les conditions matérielles de circulation.

b.      La révolution de l’imprimerie

L'imprimerie permet, au début du XVIe siècle, de tirer les livres à des milliers d'exemplaires et se développe rapidement[3] . Savoirs et idées se diffusent plus largement -doc.1 p.288 + doc.3 p.289. La diffusion de l’imprimerie : en mille ans de Moyen Âge, quelques milliers d’ouvrages seulement ont été imprimés. Entre 1455 et 1500, 12 millions sont imprimés dans une Europe peuplée d’environ 100 millions d’habitants (dont seulement 2 ou 3 millions savent lire) -La production européenne de livres de 1450 à 1600 p.285. Préférant de plus en plus la langue vernaculaire -Vocabulaire p.284 au latin et élargissant les sujets abordés -Nature des livres imprimés au début du XVIe s. p.284, cette circulation des connaissances est au cœur du projet des humanistes -Vocabulaire p.284. Tout change avec la conjonction de trois facteurs :

  • une montée de l'effervescence intellectuelle,
  • une extension des couches sociales éduquées et donc réceptives,
  • et l'invention d'un mode de diffusion redoutablement efficace : l'imprimerie

c.       Les premiers pas de la presse

En 1605, à Strasbourg, l’imprimeur alsacien Johann Carolus imprime la toute première gazette[4] -Gazette : vocabulaire p.284 et publie chaque semaine des informations politiques, diplomatiques et militaires. Alors que se multiplient pamphlets et libelles, sous la surveillance du pouvoir, il est imité en 1631 en France par Théophraste Renaudot qui lance la Gazette, premier journal hebdomadaire français. La diffusion de ces périodiques s’appuie sur une minorité alphabétisée, qui pouvait les lire lors de réunions publiques ou privées.

Attention néanmoins : le journalisme n’est pas encore né ; les gazettes transmettent les nouvelles, qui ne sont ni commentées ni analysées. Celles-ci sont souvent le produit de simples rumeurs, pas forcément vérifiées.

2.     Vers une information universelle : les Lumières

Dans le cadre du mouvement des Lumières -Vocabulaire p.284, le projet de l’Encyclopédie vise à faire la synthèse de tous les savoirs de l’époque : les sciences, les techniques, et surtout la philosophie des Lumières. Diderot et d’Alembert collaborent avec 120 auteurs pour rédiger les 72 000 articles du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772).

Dans des contextes marqués par la vigueur des débats politiques, comme la révolution française et la période qui la précède, la presse et l’édition contribuent à l'émergence des idées et à la naissance de la vie démocratique. En France, avant la Révolution, l’imprimerie est contrôlée par le pouvoir royal, qui vérifie les manuscrits avant d’autoriser leur publication par les imprimeurs-libraires parisiens, seuls habilités à publier des livres inédits. Mais il est possible de contourner ce système, notamment grâce aux imprimeurs de Bâle, Genève, Amsterdam, etc. qui impriment à l’étranger et diffusent en France des livres interdits, qu’ils soient politiques ou pornographiques.

3.     L’affirmation de la presse écrite

Le XIXe siècle est marqué par l'importante diffusion de la presse écrite. De nouvelles techniques d'impression permettent de produire davantage et plus rapidement les journaux, et de les illustrer avec des images, des cartes, des caricatures (Cf. Le Charivari, premier quotidien satirique du monde). Les nouvelles dont disposent les journalistes sont plus rapidement diffusées grâce au télégraphe électrique (1838) -Vocabulaire p.286, puis au téléphone (1876) -Vocabulaire p.286.

Les progrès de l'alphabétisation permettent d'accroître le lectorat, en même temps que les progrès du suffrage universel impliquent davantage les citoyens dans l’actualité. En France, l'âge d'or de la presse écrite se situe pendant la IIIe République (1870-1940), et particulièrement à partir de la loi sur la presse de 1881 -Jalon p.290-291. La Belle Époque, âge d’or de la presse française.

L’imprimerie entre dans l’ère industrielle de la production de masse grâce à deux innovations. La rotative -Vocabulaire p.286, mise au point dans les années 1860, remplace la presse traditionnelle. À partir des années 1880, la linotype -Vocabulaire p.286 facilite la composition des textes à imprimer, car il n’est plus nécessaire d’insérer les caractères mobiles un à un. En permettant de saisir et d’imprimer de grands volumes de texte dans des délais beaucoup plus courts, les progrès techniques révolutionnent l’édition, car ils permettent le développement de la presse quotidienne autour de 1900, grâce à une réactivité impossible auparavant -Vocabulaire p.292 : média + média de masse.

Lire la presse devient une pratique quotidienne. Les Français sont les plus grands lecteurs du monde : le tirage des journaux est multiplié par trois entre 1880 et 1914, 9 millions de journaux sont vendus chaque jour en 1913 et on dénombre 60 titres parisiens et 250 en province. Les ventes sont dominées par les grands quotidiens populaires, comme Le Petit Journal, journal le plus lu au monde dans les années 1890. Se développe alors une presse politique, de droite ou de gauche, parfois très radicale, ainsi qu’une presse grand public (L’Illustration) cherchant à s’adapter aux attentes du lecteur en privilégiant les faits divers et les divertissements, et même la presse satirique (1915, Le Canard enchaîné). Les médias interagissent avec l’opinion publique : ils la reflètent en même temps qu’ils la « fabriquent ».

4.     La presse écrite face aux nouvelles technologies : entre mutations et concurrences

Depuis la seconde moitié du XXe siècle, la quadrichromie permet de diffuser largement l'image en couleur, les rotatives modernes permettent de produire des tirages massifs. La presse s'inscrit de plus en plus dans la société de consommation, avec des titres qui ciblent désormais des segments de la population. Quelques journaux d'opinion ou d'information restent néanmoins des références.

Parallèlement, la presse écrite connaît une concurrence accrue avec les révolutions techniques de l'information : à la concurrence de la radio, se sont ajoutés la télévision, puis Internet. L’âge d’or s’éloigne, et l’avenir qui se profile est lourd d’incertitudes -Points de vue p.302-303.

B.    L’information par le son et l’image : radio et télévision au XXe siècle

1.   La naissance de la radio

La maîtrise de l’électricité, sur laquelle repose la seconde industrialisation, permet l’essor des télécommunications. La transmission d’informations à distance est facilitée par l’invention du télégraphe électrique puis du téléphone (Cf. ci-dessus).

La naissance de la radiophonie date de 1895. L'Italien Guglielmo Marconi expérimente les premières liaisons hertziennes et donne naissance à la télégraphie sans fil. En 1901, la première transmission radio transatlantique est réalisée grâce à la mise au point de la télégraphie sans fil (TSF) -Vocabulaire p.286. D’abord employée aux communications de la marine, elle est utilisée en 1914, en Belgique, pour diffuser la première émission radio de programme de divertissement. Utilisée pour des usages militaires pendant la Première Guerre mondiale, ses usages civils se répandent dans les années 1920. Les stations de radio se multiplient alors dans tous les pays, et les premiers programmes radio réguliers sont diffusés aux États-Unis.

Ils sont écoutés sur des postes alors situés le plus souvent dans des lieux publics car ils sont coûteux et volumineux. 9 millions d’Anglais, 13 millions d’Allemands, 5 millions de Français possèdent une radio à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Aux États-Unis, où plus de 40 millions de postes ont déjà été vendus, sept habitants sur 10 écoutent régulièrement la TSF -doc.2 p.294. Un média de masse.

Jalon p.294-295. La radio : le pouvoir d’informer instantanément- La radio accélère la diffusion de l'information. Elle permet la diffusion directe des messages politiques ou commerciaux par le biais de la voix. C'est aux États-Unis que cela est exploité en premier lieu, avec, en 1925, le candidat à la présidence Herbert Hoover qui fait campagne par ce moyen. Doc.3 p.294. Roosevelt parle aux foyers américains- Le président Roosevelt lança les « Conversations au coin du feu » avec ses concitoyens, à travers la radio. Les régimes totalitaires l'utilisèrent également pour diffuser leur propagande. Pendant la Seconde Guerre mondiale, la radio devient un moyen d’information essentiel. Dans les États où la liberté de la presse est supprimée, les radios clandestines permettent d’obtenir ou de diffuser partout une information échappant à la censure. En France, la Seconde Guerre mondiale est aussi une « guerre des ondes ».

L’invention du transistor -Vocabulaire p.292 en 1954 marque une nouvelle étape. Le transistor permet le développement de radios portatives, pouvant être écoutées individuellement et alimentées par piles. L’audience s’élargit rapidement dans les années 1960, accompagnant la naissance de la radio moderne qui se diffuse partout en Europe et aux États-Unis et devient un média de masse. Mais bientôt, la concurrence de la télévision viendra mettre un terme à l’âge d’or de la radio.

2.     Les enjeux de la télévision

Quant à la télévision, sa première émission date de 1926, à Londres, grâce à l'Écossais John Baird. Ces télévisions ne sont pas encore dotées de tubes cathodiques. En 1931, la première émission est présentée en France et en 1935, la première émission publique voit le jour. En 1937, les émissions deviennent quotidiennes, mais il n'y a que 120 postes de télévision en France. Dès la fin des années 1930, de grands événements sont retransmis à la télévision (Jeux olympiques de 1936 à Berlin, couronnement de George VI en 1937 en Angleterre). Le public est alors très restreint, mais ces retransmissions révèlent les possibilités de ce nouveau média.

Jalon p.296-297. La télévision : l’information confrontée au pouvoir de l’image. Freiné par la guerre, le véritable essor de la télévision intervient après 1945. Elle se diffuse rapidement aux États-Unis et en Grande Bretagne, plus tardivement dans le reste de l’Europe. Alors que 20 000 récepteurs fonctionnent dans la région londonienne en 1939, la France n’en compte que 300. En 1951, les premières émissions en couleur sont diffusées aux États-Unis. En 1953, le sacre de la reine Élisabeth II conduit de nombreux foyers à s'équiper. La retransmission des grandes compétitions sportives attire le public. La télévision devient, pendant les Trente Glorieuses, une des voies majeures de diffusion de la société de consommation.

Chronologie p.296. Du premier JT aux chaînes d’information en continu. À partir des années 1960, la télévision devient une source d’information dominante et influente sur l’opinion. Elle cohabite avec la radio et devient un outil de communication politique. Le débat télévisé entre Kennedy et Nixon en 1960 -Dossier p.298-299 ou l’usage qu’en fait le général de Gaulle dès son arrivée au pouvoir en 1958 en sont des illustrations.

À ses débuts, y compris dans les démocraties libérales, la télévision reste dépendante du pouvoir. En France, la RTF puis l’ORTF[5] contrôlent programmes et informations, ce qui suscite d’amères critiques : il faut attendre 1974 pour que le monopole de l’État sur l’audiovisuel s’assouplisse et 1982 pour qu’il prenne fin. Aux États-Unis et de plus en plus dans les démocraties libérales à économie de marché, les chaînes de télévision sont essentiellement privées et commerciales (notion d’entertainment).

Dans les années 1980, la révolution de la télévision par satellite transforme encore le rapport entre information et télévision, aspect que la télévision par Internet a contribué à développer. Désormais, il est possible de s'informer par la télévision de son choix, échappant ainsi au cadre national qui était imposé jusqu'aux années 1980.

C.    L’information mondialisée et individualisée : naissance et essor du réseau Internet

Jalons p.300-301. L’information mondialisée et individualisée, naissance et extension du réseau Internet…

1.   Plusieurs révolutions technologiques successives

a.       D’Arpanet au World Wide Web

Depuis les années 1960, l'État américain développe des techniques permettant de mettre en communication plusieurs ordinateurs. Le dispositif concerne tout d'abord le domaine militaire, dans un réseau fermé, l’Arpanet. Le développement d'Internet se déroule dans les années 1990, avec la naissance du World Wide Web, pour désigner la « toile » du réseau mondial de circulation de l'information -Chronologie p.300.

Internet est le média qui a connu la croissance la plus brutale de l’histoire des moyens de communication. On compte aujourd’hui plus de 4,5 milliards d’internautes très inégalement répartis -doc.2 p.300. Un accès mondial mais inégal dans le monde, contre 30.000 en 1991 et 450.000 en 2000. Comme autrefois avec l’imprimerie, la radio et la télévision, on assiste avec Internet à une nouvelle révolution dans l’accès à l’information : en effet, en plus de l’instantanéité de la transmission de l’information et de l’accroissement du volume des informations disponibles, Internet permet l’interactivité -doc.1 p.300. Un média pas comme les autres : chacun peut produire une information instantanément consultable dans le monde entier -doc.5 p.301. Naissance d’un réseau social d’information.

b.      La multiplication des supports

Les supports permettant la consultation d’Internet n’ont cessé de se diversifier : ordinateur de bureau, puis ordinateur portable, enfin smartphone et tablette, sans oublier la multiplication des objets connectés les assistants connectés.

L'information sur Internet présente la caractéristique d’intégrer les médias antérieurs : texte, son, image. L'information est disponible de manière instantanée et mondialisée, sans limite géographique (théoriquement, car il existe des législations nationales contraignantes) et à tout moment (podcasts et « replays »). Les médias dits « traditionnels » n’ont eu d’autre choix que d’investir Internet en développant une offre de plus en plus sophistiquée.

2.     Une information individualisée

Au-delà des seules mutations technologiques, c’est le rapport entre informations et citoyens qui est bouleversé par Internet car il individualise l'expérience des utilisateurs : l’âge de « la grande messe du vingt heures » est révolu !

En effet, l'information sur Internet tend à se présenter de plus en plus aux usagers en fonction de leurs idées et de leurs centres d’intérêt, mémorisés par les différents acteurs du Web : GAFAM, fournisseurs d'accès, sites commerciaux, etc. s’intéressent à l’identité numérique des internautes pour leur proposer des contenus et de la publicité ciblée[6].

Ainsi, l'information à laquelle l’usager accède tend généralement à le conforter dans ses opinions ou idées, en l'intégrant à des réseaux partageant les mêmes idées, notamment par le biais des réseaux sociaux : c’est un des travers de la fragmentation de l’information -doc.1 p.332. Internet et la fragmentation de l’information.

II. Liberté ou contrôle de l’information : un débat politique fondamental (Axe 2)

Les médias jouent un rôle dans la démocratie, ils sont parfois qualifiés de « quatrième pouvoir ». Aux Etats-Unis, depuis le XIXe siècle, ce rôle est clairement affirmé dans la culture politique américaine : expliquer aux citoyens les grands problèmes d’actualité, informer les dirigeants sur l’état de l’opinion publique et soumettre les élus et présidents à une surveillance vigilante. Ils rendent possible l’existence d’une opinion publique. Ceci est bien sûr un idéal : le financement des médias est privé.

En France, la liberté de la presse relève d’une loi fondamentale de la IIIe République : la loi de 1881 ne reconnait qu’une limite à la liberté de la presse : la diffamation.

L’opinion publique est inséparable du principe de démocratie et en particulier du suffrage universel. C’est un ensemble des convictions, de jugements, de valeurs et croyances à une époque donnée qui reflètent les idées de la majorité de la population. Mais certains sociologues comme Pierre Bourdieu remettent en cause cette notion : une pseudo opinion publique peut être fabriquée par les sondages, mais l’opinion publique « réelle », incernable, « n’existe pas ».

À partir de trois jalons centrés sur la France et les Etats-Unis, on peut s’interroger sur les relations entre les médias et les États et les sociétés, entre liberté et contrôle de l’information.

A.    L’information dépendante de l’opinion ? L’affaire Dreyfus et la presse

1.   Une Affaire montée par la presse antisémite

Durant l’été 1894, une entreprise de trahison en faveur de l’Allemagne est découverte au sein de l’armée française. Le capitaine Alfred Dreyfus a été dénoncé par un officier (lieutenant-colonel d’Aboville), qui l’exécrait. Jeune officier au profil d’intellectuel, d’origine alsacienne (donc allemand pour certains nationalistes), de religion juive, il était le coupable idéal aux yeux d’officiers qui refusaient la modernisation et la démocratisation de l’armée voulues par la jeune IIIe République.

L’information théoriquement secrète de l’inculpation de Dreyfus parait dès le 1er novembre 1894 dans la Libre Parole d’Edouard Drumont[7], journal antisémite qui saisit l’opportunité, à travers le « juif Dreyfus », de dénoncer tous les juifs. Le véritable coupable, le commandant Esterhazy, est un collaborateur anonyme de la Libre parole et ami de plusieurs journalistes.

Analyse de « Unes » :

  • Le Grelot: journal républicain satirique. Derrière Dreyfus, sous une bannière maçonnique, les socialistes Jules Guesde et Jean Jaurès sont aussi assimilés à des ennemis de la France liés à un complot international.
  • La Libre Parole. Antisémitisme virulent, stéréotypes courants, appel au meurtre
  • Le Petit Journal[8]: dégradation de Dreyfus, le 5 janvier 1895, dans la grande cour de l’École militaire en présence de 20 000 Parisiens hurlant leur haine -doc.1 p.312. La dégradation de Dreyfus.

Dès le lendemain de la condamnation, Mathieu Dreyfus entreprend la campagne pour la réhabilitation de son frère, mais ses efforts pour accéder à la presse restent vains. Observant le déchainement des antidreyfusards, Zola s’inquiète de la montée de l’antisémitisme et du nationalisme, qu’il combat par une série d’articles dans le Figaro -doc.4 p.313. Le rôle de la presse.

2.     Le choc du J’accuse de Zola

La « deuxième affaire Dreyfus » débute à l’automne 1897 avec l’engagement des défenseurs plus connus de Dreyfus : C. Péguy, J. Jaurès, E. Zola, mais aussi le lieutenant-colonel Picquart qui découvrit le vrai coupable (commandant Esterhazy) et refusa de se taire, et fut chassé de l’armée. Il deviendra pendant la Première Guerre mondiale le ministre de la Guerre de son ami Clémenceau.

Engagement le plus connu, le « J’accuse… ! » de Zola parait dans L’Aurore de Clémenceau 13 janvier 1898. Zola est convaincu que la force du scandale est nécessaire pour vaincre le conformisme ou la conspiration (sous le 2nd empire défense de Manet, publication de l’Assommoir, Germinal : des scandales). Reprend ce procédé de la « canonnade » pour renverser le rapport de forces. C’est la fonction de la « Lettre ouverte au président de la République » dite J’accuse publiée dans l’Aurore[9] le 13 janvier 1898[10].

Cet article relance l’Affaire. Un procès en diffamation devra se tenir, et l’accusateur deviendra l’accusé sous le chef d’accusation de diffamation délibérée (seul délit qui subsiste dans loi de 1881).

La presse jusque-là plutôt unanime contre Dreyfus se divise -doc.3 p.313. Une presse quotidienne difficile à mobiliser. Il y a une bipolarisation de l’opinion. L’apparition du thème du Syndicat (qui tire les ficelles), chez les anti-dreyfusards émerge : groupe supposé d’intérêts juifs qui paieraient les personnalités en campagne ou les journaux favorables à Dreyfus – Cf. Une de Psst… ![11], sur laquelle le caricaturiste Forain fait figurer derrière le masque de Zola, les juifs, eux-mêmes complices des Allemands.

Le gouvernement cherche une sortie honorable : après une nouvelle condamnation lors du procès en révision[12], survient la grâce (1899), puis la réhabilitation complète par la cour de cassation (1906) contre l’avis des institutions et de la presse populaire qui a été un instrument de désordre antirépublicain.

Des intellectuels critiquent la presse : la Revue Bleue (universitaires) lance une enquête sur les responsabilités de la presse dans le malaise politique et intellectuel. Certains intellectuels voudraient une réforme de la loi de 1881 contre les dérives de la diffamation. D’où leur souci de fonder une école de journalisme et pour certains d’inventer un journalisme nouveau qui débouche en 1904 par la fondation de l’Humanité par Jean Jaurès et ses amis dreyfusards, agrégés, normaliens.

3.     Conclusion

Doc.4 p.313. Le rôle de la presse + doc.5 p.313.L’impact de la presse sur l’opinion à relativiser- L’Affaire Dreyfus doit être vue comme une guerre de la presse : dans un contexte de crise politique, les deux camps s’affrontent à travers éditoriaux, articles, enquêtes et images. Une Affaire où l’opinion est divisée en deux camps (bipolarisation), et où les intellectuels s’engagent et mènent un combat de la vérité et de la justice. La presse alimente l’opinion en même temps qu’elle la reflète.

B. L’information entre le marché et l’État : histoire de l’Agence Havas et de l’AFP

Voir exercice 7

C.    Information et propagande en temps de guerre : les médias américains et la guerre du Vietnam

Jalon p.320-321. Les médias américains pendant la guerre du Vietnam- À l’issue de la Guerre d’Indochine (1946-1954), la France est contrainte d’accepter la décolonisation de ce qui fut l’Indochine française. Le Nord Vietnam devient alors communiste, sous la direction du principal artisan de la victoire contre les Français, Ho Chi Minh. Celui-ci entreprend immédiatement d’obtenir la réunification avec le Sud Vietnam, État sous influence étatsunienne. Très rapidement, une guérilla communiste soutenue par le Nord éclate au Sud Vietnam.

Les États-Unis s'impliquent directement dans le conflit à partir de 1964[13]. Le conflit dure jusqu’en 1975, et se solde par une défaite étatsunienne à la fois humiliante et traumatisante, car les États-Unis auront été la superpuissance qui se sera acharnée sur un adversaire plus faible (napalm, agent orange, etc.) sans même l’emporter (première défaite de l’histoire du pays, environ 58000 GI tués, contre 1 million de morts côté vietnamien).

1.   Endiguer le communisme : des médias américains favorables à l’engagement des États-Unis

Pour les Américains, il s’agit dès les années 1950 d’endiguer le communisme qui s’installe dans le Nord Vietnam. Les journaux (comme le New York Times) sont plutôt favorables à la politique gouvernementale : « la guérilla communiste qui tente de subvertir le pays ». Aucune chaîne de télévision n’a de représentant à Saïgon au début des années 1960. Le président J. F. Kennedy organise une couverture médiatique de la guerre et le Pentagone décide d’organiser des tournées de journalistes au Vietnam. L. Johnson, son successeur crée à Saigon le Joint United States Public Affairs Office qui définit les sujets à couvrir et organise le travail des journalistes. Les militaires ont leur propre office de presse et tiennent une conférence de presse quotidienne. Mais quand Kennedy est assassiné (22 novembre 1963), il y a déjà plus de 700 morts américains au Vietnam et les bombardements au napalm ont commencé.

2.     Une « sale guerre » qui s’enlise et divise les médias et l’opinion

C’est la décision d’envoyer les hommes de troupe sur le terrain qui change la donne. Mac Namara a organisé un système de relève (pas plus d’un an sur le terrain). Les soldats sont mal entrainés, il s’agit de jeunes recrues qui débarquent sans être du tout préparées. Lorsqu’ils rentrent aux États-Unis, les soldats racontent ce qu’ils ont vu. Les médias donnent une autre dimension au conflit

Les couvertures de magazine illustrent le changement en se faisant de plus en plus dures : on voit des jeunes américains blessés, hagards au fur et à mesure que la guerre s’enlise[14]. La télévision montre des images d’une guerre sale qui contredisent les discours officiels (napalm, agent orange), images de GI brutalisant des paysans vietnamiens. Les atrocités perpétrées par les Américains et leurs alliés sud vietnamiens choquent : Cf. les photos insoutenables de Nick Ut et d’Eddie James.

Les Américains dès l’offensive du Têt de 1968 ont conscience qu’ils perdent la guerre, les images de l’offensive, de l’affolement des journalistes et des militaires dans les jardins de l’ambassade envahie à Saïgon sont retransmis en direct devant 22 millions de téléspectateurs. Le 25 février 1968, Walter Cronkite, présentateur sur CBS dirige une émission spéciale à Saïgon et affirme que le conflit est dans une impasse -doc.5 p.321. Le rôle de la télévision.

3.     Un conflit entre le Président et les médias

Sous la présidence Nixon le conflit entre le Président et les médias est très fort. Le Président s’appuie sur l’« Amérique profonde », veut gagner du temps. Il retient l’information -doc.3 p.321. Les médias contre la guerre, ne parle qu’aux journalistes qui lui sont favorables. Doc.4 p.321. Les révélations de la presse : les « Pentagon papers »- En 1971 éclate l’affaire des Papiers du Pentagone : Robert Mac Namara en 1967 avait fait rassembler des documents restés secrets sur les conditions dans lesquelles le conflit avait été engagé. Le NY Times puis le Washington Post se les procure. La cour suprême donne raison au NY Times contre le gouvernement. Après la guerre Nixon rédige un livre, Plus jamais le Vietnam, dans lequel il rend les médias responsables de la défaite.

« En fait la télévision a accompagné plutôt qu’elle n’a provoqué l’évolution de l’opinion publique jusqu’au bout divisée.  Elle a contribué avec la presse à faire d’une guerre secrète une guerre publique, à ôter au Président une partie de sa liberté d’action à amener la nation à discuter publiquement la stratégie et les choix politiques des militaires ». (Catherine Bertho-Lavenir, Les médias et la démocratie au XXe s., 2018)

III. L’information à l’heure d’Internet (objet de travail conclusif)

Nous étudierons ici les transformations de l’information à l’heure d’Internet : depuis le milieu des années 1990, Internet s’est imposé comme un média d’information, bouleversant le paysage informationnel. Une quantité d’informations sans précédent y circule désormais, à l’échelle mondiale, de manière instantanée et horizontale. Elle ne circule plus de la même manière, son contenu change, et son rapport avec les individus et les sociétés évolue.

A.    Vers une information fragmentée et horizontale

Les réseaux sociaux sont parfois le seul moyen d’accéder à une information libre et variée. Dans les régimes autoritaires (Iran, Arabie saoudite, Cuba, Turquie…), ils permettent de contourner la propagande médiatique officielle pour s’informer et communiquer. Toutefois, la lenteur des connexions Internet et la mise en place de systèmes de filtrage gouvernementaux limitent cette liberté.

1.        Horizontalité (et fiabilité) de l’information

Horizontalité de l’information : vocabulaire p.332- L’information circule désormais de manière horizontale. Le modèle de diffusion sur Internet n’est plus celui du « un-à-tous », mais celui du « tous-à-tous ». Internet a entraîné une démocratisation de la parole où chaque point de vue a la même valeur -doc.5 p.133. Horizontalité...

Internet a bouleversé la manière dont se forment et se développent les opinions. Blogueurs -Blog : vocabulaire p.330, youtubeurs, contributeurs sur Wikipédia, lecteurs réagissant à des articles, abonnés à des forums ou à des groupes de discussion, usagers de réseaux sociaux sont autant d’acteurs de la circulation de l’information et de la fabrication de l’opinion…

Depuis leur apparition au milieu des années 2000 (avec le Web 2.0), les réseaux sociaux [15] -Vocabulaire p.337 permettent à leurs utilisateurs de partager des textes, des images, des vidéos. Les réseaux sociaux sont devenus des médias d’information, concurrents des « canaux » traditionnels, moyen principal d’information pour un public de plus en plus nombreux[16].

2.     Fragmentation

Fragmentation de l’information : vocabulaire p.332-

 L’information est de plus en plus fragmentée, du fait de la diversification, de la massification et de la spécialisation de l’offre, qui répond à l’individualisation de la demande.

Doc.5 p.133. Internet et la fragmentation de l’information- La fragmentation de l’information est particulièrement visible sur Internet, où la quantité de médias accessibles depuis son clavier a augmenté de telle sorte que chaque internaute accède désormais à une offre d’informations différente[17]. En effet, les citoyens sont amenés à personnaliser les informations qu’ils souhaitent recevoir[18].

En favorisant une navigation personnalisée, l’information par Internet peut créer des communautés virtuelles et une forme dangereuse de repli sur soi[19].

B.    Témoignages et lanceurs d’alerte

1.   De nouvelles tribunes pour témoigner et dénoncer

Les réseaux sociaux sont communément employés dans les pays où la liberté de la presse est limitée pour exprimer des dissidences, voire organiser la contestation, comme pendant les révoltes des « Printemps arabes ». C’est pour cette raison qu’ils sont étroitement surveillés, voire interdits par les régimes autoritaires -Dossier p.334-335. Les régimes autoritaires et Internet.

Dans les démocraties, ils ont contribué à l’émergence de mouvements de contestation planétaires dénonçant des scandales. Par exemple, dans la foulée des accusations de harcèlement sexuel et de viol à l’encontre du producteur influent de l’industrie du cinéma américain Harvey Weinstein, des témoignages de femmes, centralisés par plusieurs hashtags[20] -Vocabulaire p.334 sur les réseaux sociaux, ont suscité une mobilisation virale sans précédent par son ampleur sur un sujet touchant aux droits des femmes -doc.4 p.339. Témoignages et réseaux sociaux. Elle est aussi inédite par sa nature, car elle n’émane d’aucune organisation féministe.

2.     Lanceurs d’alerte : de nouvelles formes d’engagement

Doc.1 p.338. Portraits de lanceurs d’alerte- En publiant et en diffusant des informations sensibles et confidentielles, certains ont révélé des scandales de différentes natures (finance, environnement, politique), incarnant une nouvelle figure de l’engagement citoyen : le lanceur d’alerte -Vocabulaire p.336.

C.    Les théories du complot : comment trouvent-elles une nouvelle jeunesse sur Internet ?

1.   Entre complotisme et désinformation

Jalon p. 340-341- Les réseaux sociaux ont également favorisé :

  • le complotisme -Vocabulaire p.336, c’est-à-dire la remise en cause de « vérités officielles » par des adeptes des théories du complot -Vocabulaire p.340 + doc.4 p.341. Les théories du complot les plus connues
  • la diffusion d’infox -Vocabulaire p.336 (ou fake news), qui portent généralement sur des sujets polémiques (immigration, guerre, politique, finance) et sèment parfois le doute dans l’opinion.

Ces phénomènes ne sont pas nouveaux et trouvent leurs racines très loin dans notre histoire, mais le développement d’Internet leur a offert un vecteur de diffusion à la puissance inédite. Les conspirationnistes –Vocabulaire p.340 et les propagateurs d’infox peuvent être de simples individus, mais aussi des groupes d’intérêt ou des États à des fins propagandistes -doc.1 p.340. Une de la revue Diplomatie, mars-avril 2015.

2.     Décoder et sourcer l’information

Face aux dangers que représentent infox et théories du complot, des chercheurs ont analysé les mécanismes sociaux qui sont à l’œuvre -doc.2 p. 340. Les mécanisme du complotisme. Dans la foulée de leurs travaux, des outils ont fait leur apparition -Méthodes de travail p.326 :

  • Le « fact checking» s’est généralisé à partir d’initiatives journalistiques (AFP Factuel de l’AFP ; Les Décodeurs du Monde -doc.5 p.341. Décoder l’information à l’heure de la post-vérité, Checknews et Désintox TV de Libération ; Les idées claires sur France-Culture, Vrai ou Fake sur France-Info ; etc.) ; Les Observateurs sur France 24.
  • Les autorités, et notamment l’éducation nationale multiplient les initiatives pour assurer une éducation à l’information (semaine de la presse, programmes d’enseignement d’EMC. En France, le site gouvernemental « On te manipule », créé en 2016, a pour objectif de sensibiliser les internautes à un esprit critique plus développé.

[1] L’accès à une information gratuite a sans doute joué dans la baisse du pourcentage de budget réservé à la presse.

[2] Dans ce sens, une recherche comparative européenne (les jeunes et l’écran) réalisée en coordination avec les différents gouvernements européens, démontre « que les comportements vis-à-vis de la télévision est fonction de l’appartenance à un milieu social favorisé ou à un milieu social défavorisé » : il en ressort que la « fracture sociale pèse lourdement sur le statut et les attitudes face à la télévision. » Ces constats réalisés en 1998 concernant la télévision peuvent aujourd’hui, dans une certaine mesure, être étendus à d’autres médias.

[3] Vers 1500, le continent compte entre 240 et 270 ateliers d’imprimeurs.

[4] Le terme de “gazette” dérive de gazzetta, qui désignait à Venise une petite pièce de monnaie correspondant au prix des avizzi, ces “occasionnels”, comme on disait en France, petites feuilles volantes qui apportaient depuis longtemps des informations au public, au gré des événements les plus spectaculaires ou des rumeurs les plus croustillantes.

[5] L'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) est un établissement public à caractère industriel et commercial créé en 1964 et remplacé en 1974, ayant pour mission la tutelle de la radiodiffusion et de la télévision publique, la gestion des émetteurs et de la production audiovisuelle nationales et régionales.

[6] « Si c’est gratuit, c’est toi le produit ! », nous explique-t-on sur la chaîne Youtube de Lumni.

[7] Édouard Drumont (1844-1917), est un journaliste, écrivain, polémiste et homme politique français. Fondateur du journal La Libre Parole (1892), antidreyfusard, nationaliste et antisémite, il est le cofondateur de la Ligue nationale antisémitique de France. Député de 1898 à 1902, il est l'une des principales figures historiques de l'antisémitisme en France.

[8] Un des plus forts tirages en 1894.

[9] L’Aurore : petit quotidien de centre gauche, « républicain et progressiste » fondé en 1897 dont les idées sont surtout incarnées par Georges Clémenceau, son éditorialiste. Le journal devient le fer de lance des dreyfusards après le J’accuse.

[10] Consultez L’Aurore en ligne sur le site retronews.fr.

[11] Hebdomadaire de 4 pages en noir et blanc publié pendant la révision du procès.

[12] Toujours devant la justice militaire…

[13] Auparavant, sous couvert de soutien au Sud Vietnam (« conseillers techniques »), ils étaient déjà impliqués dans les combats.

[14] Cf. PTSD, posttraumatic stress disorder.

[15] Ils sont de nature diverse : à vocation généraliste (Facebook, Twitter), professionnelle (LinkedIn) ; plateformes de partage de photos (Instagram) ou de vidéos (YouTube).

[16] En France, les trois-quarts des 15-34 ans privilégient ce média pour s’informer, loin devant les chaînes de radio ou de TV.

[17] Par exemple, avec les radios en ligne : un internaute a non seulement accès à l’ensemble des radios nationales, des radios locales et des radios diffusées à l’étranger mais aussi aux nouvelles webradios exclusivement retransmises sur le réseau des réseaux. Affranchies des contraintes techniques de diffusion et de coûts d’investissements minimaux, les webradios accroissent de manière exponentielle le choix de programmes possibles donc de micro-publics potentiels (en fonction de goûts culturels, musicaux, etc. toujours plus segmentés)

[18] Les fils d’actualité sur des agrégateurs d’informations (Feedly, Netvibes…) -Vocabulaire p.330, les notifications sur smartphones (Google Actualités…), les algorithmes des réseaux sociaux, etc., sont autant de moyens de disposer d’une information choisie…

[19]Cf. Julie Lacaze, « Réseaux sociaux, la dangereuse tentation de l’entre-soi », National Géographic, février 2018

[20] En France, #balancetonporc et #moiaussi (#metoo en anglais) ont rassemblé plus de 160 000 messages de 59 000 personnes sur Twitter, selon des chiffres de Visibrain relayés par Le Figaro.