Terminale générale - Thème 2. La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire (de 1945 au début des années 1970) / Chapitre 2. Une nouvelle donne géopolitique : bipolarisation et émergence du tiers-monde

pdf ppt 

Sommaire

I. LES MODÈLES DES DEUX SUPERPUISSANCES ET LA BIPOLARISATION
A. LES MODÈLES
1. Deux « modèles » théoriques
2. Des réalités complexes et évolutives
B. LA BIPOLARISATION
1. Le camp atlantique
2. Le camp soviétique
C. LA COEXISTENCE PACIFIQUE (1955-1962) ET LA DÉTENTE (1962-1975)
1. La coexistence pacifique et ses limites
2. La détente (1962-1973)

II. LES NOUVEAUX ÉTATS : DES INDÉPENDANCES À LEUR AFFIRMATION SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE
A. DÉCOLONISATION, INDÉPENDANCES
1. L’essor des nationalismes et la première vague de la décolonisation
2. La deuxième vague de la décolonisation (1955-1962)
B. ÉMERGENCE DU TIERS-MONDE
1. Le « tiers monde » à la recherche d’une 3ème voie
2. Le « dialogue Nord-Sud »
C. AFFIRMATION D’UN NOUVEL ACTEUR INTERNATIONAL : LA CHINE DE MAO ZEDONG (1949-1976)
1. 1949-1956 : l’enracinement du pouvoir du PCC
2. Deux campagnes meurtrières
3. La fin du règne de Mao

III. LES CONFLITS DU PROCHE ET DU MOYEN-ORIENT
A. 1956, LA CRISE DE SUEZ
1. La nationalisation du canal
2. La réaction franco-britannique
3. L'échec de l'opération « Mousquetaire »
B. 1967, LA GUERRE DES SIX JOURS
1. L’offensive israélienne
2. Les conséquences de la victoire israélienne
C. 1973, LA GUERRE DU KIPPOUR
1. Un nouvel affrontement régional
2. Une crise internationale
3. Les conséquences du conflit

Manuel p.146-175

tgen h2 2Introduction

Problématique p.146 + Repères p.148-149- Ce chapitre montre comment la bipolarisation issue de la Guerre froide -Le sens des mots p.151 interfère avec la décolonisation -Vocabulaire p.160 et conduit à l’émergence de nouveaux acteurs.

De 1949 au début des années 1970, le monde est marqué par deux phénomènes majeurs, obéissant à des logi9ues différentes : la guerre froide, confrontation globale entre l'Est et l'Ouest, et la décolonisation, qui révèle les fractures entre le Nord et le Sud.

La guerre froide entre les États-Unis et l'URSS engendre une forte bipolarisation. Deux blocs, unis militairement et politiquement, s'organisent autour des deux superpuissances. Celles-ci évitent l'affrontement direct, synonyme d'apocalypse nucléaire, et s'opposent dans des conflits indirects, par alliés interposés.

En même temps, la décolonisation permet l'indépendance de nombreux États africains et asiatiques. C'est ainsi qu'émerge le tiers-monde, regroupant les pays en voie de développement en dehors de la logique des deux blocs. Cela favorise l'affirmation de nouveaux acteurs et compli9ue l'ordre international.

Comment s’organisent les relations internationales entre 1949 et le début des années 1970 ?

I. Les modèles des deux superpuissances et la bipolarisation

Cours 1 p.150-151. La guerre froide ou la division Est/Ouest du monde

 A.    Les modèles

États-Unis et Union soviétique sont perçus et se regardent comme des « modèles ». Tandis que les États-Unis s’estiment investis de leur « destinée manifeste », l’Union soviétique se considère comme l’avant-garde de la révolution prolétarienne mondiale.

1.     Deux « modèles » théoriques

États-Unis et URSS : des modèles opposés- La notion de modèle permet d’identifier les mythes fondateurs de ces « modèles », leurs systèmes de valeurs, leurs pratiques culturelles, leur conception des rapports entre État et société civile et de l’organisation socio-économique, qui fournissent un fondement commun à tous ceux qui y adhèrent ou en dépendent.

 

 

Modèle soviétique

Modèle américain

Principes politiques

Marxisme-léninisme, parti unique (« dictature du prolétariat »), État et société laïques

Démocratie libérale : séparation des pouvoirs, pluralisme politique, libertés individuelles, pas de principe de laïcité

Principes économiques

Socialisme (collectivisation des moyens de production), planification (dirigisme économique)

Économie de marché (propriété privée des moyens de production), libéralisme économique

Visions de la société

Idéal égalitaire. Objectif selon la doctrine marxiste = société sans classes sociales. Héros soviétique : l’ouvrier, le paysan, l’« homme nouveau » dévoué entièrement à la collectivité.

Réussite individuelle (héros américain = Self made man), American way of life + Melting pot (rêve américain).

Pratiques culturelles

Art officiel (réalisme socialiste), instrument de contrôle de la société (censure et propagande).

Essor de la TV et du cinéma (Hollywood), naissance et diffusion de nouveaux styles musicaux (rock’n roll, jazz) : soft power.

2.     Des réalités complexes et évolutives

Mais la notion de modèle doit avant tout être considérée comme un outil facilitant la présentation et la compréhension d’une réalité historique plus complexe et fortement évolutive.

a.       L’Union soviétique

Jusqu’à la mort de Staline, l’Union soviétique conserve les caractéristiques d’un régime totalitaire[1]. Les premiers signes de dégel[2] se manifestent en 1953, mais la déstalinisation -Vocabulaire p.150 et la coexistence pacifique ne sont à l'ordre du jour qu’en 1956, dans le rapport de Nikita Khrouchtchev -Biographie p.342 au XXe Congrès du PCUS (14-25 février 1956). Avec la déstalinisation, le régime s’assouplit (fin des grands procès, réhabilitations d’anciennes victimes des purges, libération de détenus du goulag…), sans qu’il y ait pour autant remise en cause de ses fondements.

S’il est admis dans ce Congrès que « la pluralité des orientations dans l'édification du socialisme », la crise hongroise montre les limites de la déstalinisation[3].

Après 1964 et l’avènement de Brejnev[4], on assiste au règne de la bureaucratie et de la nomenklatura, et à un raidissement autoritaire du régime.

 Néanmoins, les opposants parviennent à constituer une contre-culture clandestine. De grandes figures de dissidents et d’intellectuels émergent : Cf. Soljenitsyne, écrivain arrêté en 1945 pour avoir critiqué Staline[5]. Cf. également V. Grossmann, l’auteur de Vie et Destin, censuré par le KGB en 1962.

 b.      Certitudes et difficultés américaines dans les années 1950 et 1960

Derrière la vitrine d’une Amérique triomphante et sûre de son modèle, la réalité est également plus complexe :

  • Les années 1950 sont marquées par la « chasse aux sorcières », qui ternit l’image de la puissance championne de la démocratie et des libertés.
  • Les exclus du rêve américain sont nombreux :
  • Les mythes du rêve américain et du Melting pot se fissurent[6]. Le « problème noir » se pose avec acuité : l’esclavage est aboli depuis 1865 mais la ségrégation se poursuit, principalement dans les États du Sud. La mobilisation du mouvement pour les droits civiques -Vocabulaire p.150 est forte (Cf. 1963, « Marche des Noirs pour le travail et la liberté ») et obtient l’adoption en 1964 de l’Acte des droits civiques, qui marque la fin juridique de la ségrégation, mais le combat pour l’égalité n’est pas gagné pour autant[7] -doc.4 p.159. Les J. O. de Mexico.
  • Pauvreté : 20 à 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté.
  • Contestation de la jeunesse : mouvement hippie -Vocabulaire p.150.

C’est justement à ces faiblesses que J. F. Kennedy (président de 1961 à 1963) -Biographie p.342 cherche à s’attaquer en théorisant la « Nouvelle Frontière », politique poursuivie par son successeur L. Johnson (la « Grande Société », qui s’apparente à l’État-Providence).

B.    La bipolarisation

1. Le camp atlantique

La crainte de la menace soviétique conduit les signataires du Traité de Bruxelles[8] à demander aux États-Unis d'adhérer et de leur apporter une aide militaire[9].

Le Traité de l’Atlantique Nord (OTAN -Vocabulaire p.150), conclu pour vingt ans, est signé à Washington le 4 avril 1949 par les représentants de douze États (États-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Benelux, Italie, Norvège, Danemark, Islande, Portugal). Cette alliance stipulant l'assistance mutuelle en cas d’attaque armée contre l'un des signataires place l'Europe occidentale sous la protection américaine. Le Traité entre en vigueur en août 1949 (au moment même où l’Union soviétique se dote de l’arme atomique), malgré la dénonciation par les partis communistes européens de l’assujettissement de l'Europe occidentale aux États-Unis -doc.1 p.152. L’Europe en 1961.

Plus largement, à l’échelle mondiale, on assiste à une politique de renforcement des alliances tous azimuts (« pactomanie ») :

  • En Amérique : dès septembre 1947, signature du traité de Rio par l'ensemble des pays américains à l'exception du Canada, de l’Équateur et du Nicaragua : assistance réciproque, consolidée en 1948 par la fondation de l’OEA, organisation dirigée dès ses débuts contre la pénétration communiste sur le continent américain.
  • En Océanie : ANZUS, 1951 (Australia, New Zealand, United States Security Treaty).
  • En Asie, après la signature avec le Japon du Traité de Washington (1951) –diapo – texte « théorie des dominos » : 1954, le Pacte de Manille crée l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE).
  • Au Moyen Orient : Pacte de Bagdad, 1955.

2.     Le camp soviétique

Le bloc oriental serre les rangs autour de l’Union soviétique. En réplique à la constitution de l'OECE, Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie, Union soviétique, Albanie et RDA se regroupent en 1949 au sein du Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM, COMECON en anglais), pour coordonner les politiques industrielles des pays communistes et organiser leurs relations commerciales ; dans les faits, le CAEM place les pays « frères » dans une dépendance économique et monétaire accrue envers l'Union soviétique.

Sur le plan militaire, l'Union soviétique a signé avec la Chine populaire un traité d'assistance mutuelle en décembre 1949. Le Pacte de Varsovie -Vocabulaire p.150, quasiment calqué sur l'OTAN regroupe à partir de mai 1955, sous commandement soviétique.

C.    La coexistence pacifique (1955-1962) et la détente (1962-1975)

1.     La coexistence pacifique et ses limites

Dégel dans les relations Est-Ouest : Cf. signature la convention d'armistice en Corée. Cf. surtout la notion de « coexistence pacifique ». Khrouchtchev abandonne l'idée d'une confrontation militaire inévitable entre les systèmes capitaliste et communiste : même si la victoire du communisme reste l'objectif, la compétition doit se limiter aux terrains économique et idéologique. Les relations diplomatiques évoluent[10] ; toutefois, chaque camp sait que ses objectifs sont incompatibles avec ceux de l'adversaire, puisqu'il s'agit de la disparition du régime politique de l'autre.

Le lancement du premier satellite, Spoutnik, par les Soviétiques (1957), et le premier vol d'un homme dans l'espace, Youri Gagarine (1961) stimulent la rivalité avec les États-Unis dans une compétition multiforme, où sciences et techniques sont placées au cœur de la compétition, avec des investissements humains et financiers considérables au sein de « complexes militaro-industrialo-universitaires » qui jouent un rôle central dans la course aux armements -L’arsenal nucléaire mondial (1975).

La « coexistence pacifique » apparaît d’autant plus limitée que cette période est émaillée de deux crises graves, à Berlin et à Cuba.

Doc.2 p.152. La construction du mur de Berlin + Repères p.152- Berlin constitue un enjeu fondamental. 3 millions de réfugiés est-allemands s’exilent via Berlin en 15 ans. Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, le chantier du « mur de Berlin » débute. L'hémorragie de la population est stoppée, mais le prix politique du « mur de la honte » est considérable, et Berlin-Ouest devient un symbole -doc.4 p.153. « Ich bin ein Berliner ».

PDP#15 p.154-155. La crise des missiles de Cuba- À 150 km de la côte de la Floride, Cuba est indépendante depuis la guerre hispano-américaine de 1898, mais elle vit sous la tutelle économique des États-Unis, qui y possèdent aussi la base militaire de Guantanamo. L'île est dirigée par le dictateur Fulgencio Batista, contre lequel un jeune avocat, Fidel Castro, anime depuis 1952 une guérilla de partisans, rejoint par le révolutionnaire argentin Ernesto Che Guevara. Le 31 décembre 1958, Batista s'enfuit, laissant le pouvoir à Castro.

La CIA tente de renverser Fidel Castro en organisant un débarquement militaire d’exilés cubains dans la baie des Cochons (15 avril 1961), qui tourne au désastre et pousse Cuba à demander la protection de l'Union soviétique. En octobre 1962, les services américains découvrent que les Soviétiques installent à Cuba des rampes de lancement de missiles susceptibles d'atteindre le territoire américain. Le 22 octobre, quand la marine américaine établit un blocus autour de l'île pour intercepter les navires soviétiques, la tension est à son comble. Le 26 octobre, Khrouchtchev accepte finalement de démanteler ses installations[11].

La crise de Cuba prouve que le dialogue des deux superpuissances est possible : la conscience de leur responsabilité nucléaire commune les incite à rationaliser leurs rapports. En 1962, la coexistence pacifique n'apparaît plus comme un argument de propagande, mais comme une nécessité : c’est la « détente » -Vocabulaire p.150.

2.     La détente (1962-1973)

L'année 1962 ouvre une ère nouvelle de rapprochement et de coopération. D'où la création (1963), pour éviter une escalade fatale, d'une liaison permanente entre Washington et Moscou, le télétype rouge -Vocabulaire p.150. Au cours des années 1960, on constate à la fois une bipolarisation croissante de la vie internationale et une érosion du monolithisme des deux blocs. Les superpuissances amorcent un dialogue visant à limiter la course aux armements : c'est l'ère de la détente, où Soviétiques et Américains deviennent des « adversaires-partenaires »

a.       Le duopole américano-soviétique

Du côté américain, au démocrate Kennedy, assassiné en 1963, succèdent son vice-président Lyndon B. Johnson (1963-1968), puis le républicain Richard Nixon (1968-1974). Côté soviétique, après la chute de Khrouchtchev, commence l’ère de Leonid Brejnev (1964-1982).

Entre Leonid Brejnev et Richard Nixon[12], une sorte de connivence s’établit, en vertu de laquelle on se reconnaît le droit de faire régner l'ordre dans son propre camp. Cf. l’intervention soviétique en Tchécoslovaquie (1968) ou le coup d’État soutenu au Chili par la CIA (1973), qui ne perturbent pas le processus.

La même année, les États-Unis et l'Union soviétique concluent le traité de Moscou (1963), signé par plus de 100 pays (pas la France ni la Chine), interdisant les expériences nucléaires. Ce traité préfigure le traité sur la non-prolifération des armes atomiques, signé en 1968 par les États-Unis, l'Union soviétique et la Grande-Bretagne (pas la Chine ni la France). C’est dans ce contexte que les négociations SALT 1 (Strategic Arms Limitation Talks), engagées en 1969, aboutissent à la signature des accords SALT-1 (1972)[13] -L’arsenal nucléaire mondial (1975).

La coopération dans le domaine de l'espace est couronnée dans l'été 1975 par la rencontre dans le cosmos de deux capsules, l'une soviétique, Soyouz, l'autre américaine, Apollo. La conférence d'Helsinki est le point d'orgue de la détente.

b.      Des contestations, des conflits « périphériques »

Contestations à l’Ouest

Le président Kennedy souhaite faire de l'OTAN une nouvelle puissance nucléaire intégrant les forces atomiques britannique et française. L’emploi de la force ne pourrait être décidé que par consentement unanime, les États-Unis conservant leur liberté d'action sur leur propre force. Le Royaume-Uni accepte, mais pas la France. En effet, face aux États-Unis, de Gaulle pratique une politique d'indépendance nationale et prend ses distances vis-à-vis des États-Unis[14].

Contestations à l’Est

Déjà ébranlée par le « schisme sino-soviétique »[15], l’unité du bloc socialiste autour de l’Union soviétique est remise en cause par le « printemps de Prague ». En effet, en Tchécoslovaquie, le parti passe sous le contrôle de son aile « libérale », menée par Alexandre Dubcek en janvier 1968. Très populaire, Dubcek prône un « socialisme à visage humain » ; sous sa direction, le programme du parti communiste tchèque admet la création d'autres partis politiques et la libéralisation de l'information. C'est « le printemps de Prague » (1968). Un nouveau gouvernement se met en place, dirigé par Cernik. Le 21 août, les troupes du pacte de Varsovie sont lancées vers Prague -doc.3 p.159. La révolte des Praguois. Les dirigeants du « printemps de Prague » sont arrêtés[16]. L'intervention en Tchécoslovaquie a soulevé une réprobation générale en Occident, y compris de la part des parti communistes italien et français, et même au sein du pacte de Varsovie, la Roumanie et l’Albanie se désolidarisent de cette action -PDP#16. L’année 1968 dans le monde.

Des conflits périphériques : l’exemple du Vietnam

PDP#17 p.156-157. Les guerres d’Indochine et du Vietnam-

La défaite française en Indochine (1946-1954) n’a pas ramené la paix en Indochine. Deux États se font face de part et d'autre du 17e parallèle, le Nord Vietnam, communiste, dirigé par le fondateur du Viêt-Minh -Le sens des mots p.156 Ho Chi Minh, et le Sud Vietnam, dirigé par Ngô Dinh Diêm avec le soutien des États-Unis.

Les États-Unis soutiennent le Sud en envoyant des « conseillers militaires », puis entrent directement en guerre en 1964, contre les Nord Vietnamiens soutenus par Pékin et Moscou. Les bombardements au nord s’intensifient, et les effectifs américains atteignent 500 000 hommes en 1968. Malgré leur supériorité matérielle, les États-Unis s'enlisent dans une guerre faite à la fois de guérilla et de batailles de grande ampleur. Le 31 janvier 1968, le Viêt-Cong -Le sens des mots p.156 déclenche « l'offensive du Têt » (Nouvel An)[17].

Aux États-Unis et dans le reste du monde, les manifestations pacifistes se multiplient, et le « leader du monde libre » connaît une crise morale. Nixon finit par engager le rapatriement progressif des marines et la « vietnamisation » du conflit. Des négociations s’ouvrent à Paris, et aboutissent à un accord de paix en 1973. Mais ce n’est qu’en avril 1975 que la guerre s’achève avec la prise de Saigon, rebaptisée Hô Chi Minh-Ville. Le prestige de l'Amérique, géant qui s'est acharné sur un petit sans en venir à bout, en ressort durablement terni.

II. Les nouveaux États : des indépendances à leur affirmation sur la scène internationale

Cours 2 p.160-161. La décolonisation et l’émergence du tiers-monde, chronologie p.148, carte p.149.

A.    Décolonisation, indépendances

1.     L’essor des nationalismes et la première vague de la décolonisation

La décolonisation -Vocabulaire p.160 est un processus rapide et brutal : une quinzaine d'années pour la plupart des territoires soumis à la domination d'une puissance impériale.

a.       L'essor des mouvements nationalistes

L'émergence d'une opposition autochtone à l'ordre colonial est antérieure au premier conflit mondial, née le plus souvent de la frustration des anciennes élites dirigeantes. De ce fait, les revendications demeuraient modestes (participation plus équitable aux rouages du système, plus grande autonomie…), et touchaient peu les masses. C'est dans les années trente que s'affirme un nationalisme[18] indépendantiste qui consolide la relation entre les élites et les masses, généralement derrière un ou plusieurs leaders charismatiques.

Les sources de ce nationalisme sont diverses. La plus ancienne est d'inspiration religieuse. Elle valorise l'appartenance nationale par la fidélité à la religion traditionnelle et nourrit la nostalgie d'un âge d'or interrompu par la colonisation et qui ne pourra revivre qu'une fois le colonisateur évincé. Un second courant, activé par la modernisation économique et la promotion d'une bourgeoisie indigène, traduit l'apport culturel de l'Occident dans la formation d'une élite qui a souvent été le principal maître d'œuvre de la décolonisation. La plupart des « pères » de l'émancipation sont des avocats, médecins, ingénieurs, enseignants, commerçants... qui ont « retourné » les valeurs occidentales contre leurs auteurs. Enfin, la « greffe » communiste joue parfois un rôle important[19]. La pénétration communiste, faible au Moyen-Orient et en Afrique faute d'une classe ouvrière étoffée, est plus conséquente dans les colonies d'Asie : Cf. au Vietnam, symbiose entre communisme et nationalisme.

  • En Inde (Empire britannique), une élite nombreuse, pétrie de culture britannique et soutenue par la population, réclame l’autonomie depuis le début du XXe siècle (self government). Le parti du Congrès, dirigé par Gandhi, réclame l'indépendance. Celui-ci adopte en août 1942, avec la Ligue musulmane d’Ali Jinnah, la résolution « Quit India», réclamant le départ immédiat des Britanniques.
  • En Indonésie (Empire néerlandais), les Néerlandais avaient instauré depuis le XVIe siècle un système de colonisation économique, s’appuyant sur une élite locale de gérants des plantations ou de commerçants des ports. Cette élite cultivée a donné naissance aux mouvements nationalistes. Le principal est le parti national indonésien de Sukarno (ou Soekarno), d’inspiration socialiste.
  • En Indochine (Empire français), Ho Chi Minh, fondateur en 1930 du Parti communiste indochinois, crée en 1941 la Ligue pour l'indépendance du Viêt-Nam, le Viêt-Minh.
  • En Tunisie (protectorat français), le Néo-Destour d’Habib Bourguiba se réclame des idéaux de la démocratie française pour revendiquer l'indépendance. En 1938, après une émeute à Tunis, il est dissout et ses leaders sont incarcérés.
  • Au Maroc (protectorat français), les nationalistes, regroupés autour du sultan Mohammed, fondent l'Istiqlal (parti de l'Indépendance) en 1944. L’agitation est stoppée par les Forces françaises libres et plusieurs dirigeants de l'Istiqlal sont emprisonnés.
  • En Algérie enfin, la situation du mouvement nationaliste est complexe. Le courant traditionaliste est animé par le Cheikh Ben Badis. Le courant moderniste est partagé entre deux grands mouvements : les réformistes de Ferhat Abbas et le parti du peuple algérien, qui prône l’insurrection contre le pouvoir colonial. Cf. soulèvement et répression de Sétif[20].

La Seconde Guerre mondiale se traduit d’abord par la perte de prestige suscitée par la capitulation, en 1940, des Pays-Bas et de la France, et par celle des Britanniques à Singapour en 1942, qui mettent à mal le mythe de l'invulnérabilité des puissances coloniales. Certaines colonies changent de mains et/ou subissent l'occupation d'une puissance étrangère s’appliquant à saper les fondements du colonialisme[21]. D'une façon générale, la guerre coïncide avec une détérioration des relations entre colonisateur et colonisé et débouche sur une radicalisation des revendications.

L'effacement sur le plan international des pays coloniaux s’accompagne de la promotion des deux grands vainqueurs de la guerre, favorables l'un et l'autre à la décolonisation : les États-Unis par tradition historique, l'Union soviétique par référence idéologique[22] -Repères p.160. Les deux Grands et la décolonisation. Fondée sur le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, l'ONU a contribué à la décolonisation. Elle a été, notamment lors des sessions annuelles de l'assemblée générale, une tribune et un lieu de tractations en faveur des indépendances.

b. La première vague de la décolonisation (1945-1954)

L’Asie britannique
  • Après la victoire des travaillistes en Angleterre, en juillet 1945, le Premier ministre Attlee est convaincu que le Royaume-Uni n'a plus les moyens de maintenir le British Raj par la force. Les Britanniques et le parti du Congrès envisagent un État indien pluriethnique et pluri-religieux, mais pas la Ligue musulmane, qui réclame un État musulman distincts. Deux États, membres du Commonwealth, sont fondés : l'Union indienne et le Pakistan. Le partage des territoires suscite de graves affrontements[23].
  • L’indépendance est accordée à la Birmanie en 1948, à la Malaisie en 1957, puis à Singapour en 1965.
Les archipels d’Asie du Sud-Est
  • Longtemps espagnoles, devenues américaines fin XIXe siècle, les Philippines ont été occupées par les Japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1946, les Etats-Unis leur accordent l’indépendance ; en échange, 23 bases aéronavales étatsuniennes sont implantées sur l’archipel.
  • En Indonésie, après le départ des Japonais, l’armée de Sukarno prend le contrôle du pays, et l’indépendance est déclarée le 17 août 1945. Les Pays-Bas reconnaissent en 1946 la souveraineté de l'Indonésie[24]
La guerre d'Indochine (1946-1954)

PDP#17 p.156-157. Les guerres d’Indochine et du Vietnam- En Indochine, la France se heurte au Vietnam à la détermination du Viêt-Minh -Le sens des mots p.156. Celui-ci se soulève contre les Japonais en 1945, avant de proclamer la République démocratique du Vietnam -doc.2 p.156. L’indépendance du Vietnam. Les accords de Fontainebleau, signés, en 1946 avec Ho Chi Minh, aboutissent à la reconnaissance du Vietnam comme un État libre « au sein de la Fédération indochinoise et de l'Union française ».

De fait, Les Français refusent de remettre en cause leur souveraineté sur l’Indochine, et prennent pour prétexte un incident pour faire bombarder le port d’Haiphong par le croiseur Suffren (26 novembre 1946), et occuper la ville après de sanglants combats (6000 morts). Le 19 décembre 1946, le Viêt-Minh attaque Haiphong et Hanoi, massacrant de nombreux Européens : c’est la guerre.

Le conflit se déroule au début comme une classique guerre de décolonisation : les Français tiennent les villes et les régions accessibles du pays, et dans les zones d'accès difficile, le Viêt-Minh instaure sa propre autorité, partageant les terres, dirigeant l'économie, les écoles, la police… Mais après la révolution chinoise (1949), le Viêt-Minh reçoit une aide qui lui permet de mener une guerre plus « conventionnelle »[25]. Malgré l’aide américaine, la situation se dégrade pour la France, et une conférence est prévue courant 1954 à Genève. Décidé à obtenir un succès décisif avant la conférence, l'état-major français tente de « prendre au piège » la principale armée Viêt-Minh, et occupe de la cuvette de Dien Bien Phu. Mais le piège se referme sur les Français encerclés, qui capitulent le 6 mai 1954. Pierre Mendès-France, récemment investi à la tête du gouvernement français, signe les accords de Genève (juillet 1954), qui coupent le Vietnam en deux.

2.     La deuxième vague de la décolonisation (1955-1962)

Elle intéresse essentiellement le continent africain et s’opère de façon accélérée, selon un processus que le politologue suisse Jacques Freymond a appelé « interaction cumulative », les pays nouvellement venus à l'indépendance militant activement en faveur des territoires encore soumis aux puissances coloniales et précipitant leur émancipation.

a.       La décolonisation des pays du Maghreb (1954-1962)

Tunisie et Maroc

Au Maroc, les Français emprisonnent le sultan Mohammed en 1953, provoquant des troubles graves, suivis d'une répression sévère. Finalement, le sultan est rapatrié de Madagascar, et l'indépendance est accordée au Maroc (mars 1956).

En Tunisie, l'agitation larvée prend un caractère radical à partir de 1951-1952, notamment dans le Sud où opèrent des bandes de fellaghas. Le chef du néo-Destour, Habib Bourguiba, est à emprisonné, mais l’indépendance est finalement accordée à la Tunisie en juin 1956. Un an plus tard, le régime du bey est aboli et la République est proclamée. Le premier président n’est autre que… Bourguiba.

La guerre d'Algérie (1954-1962)

Le cas de l'Algérie est différent de la Tunisie et du Maroc car il s’agit d'une colonie « de peuplement » prolongement organique de la métropole sur lequel vivaient, depuis plusieurs générations, un million de Français. En 1954, l’Algérie est confrontée à des problèmes :

  • Politiques : l’Algérie a à sa tête un gouverneur général, et les habitants se divisent en deux catégories : Européens et musulmans de « statut coranique ». Depuis 1947, une Assemblée algérienne, aux prérogatives restreintes, est élue[26].
  • Économiques et sociaux : l'agriculture moderne et le secteur industriel sont entièrement contrôlés par les Européens, au niveau de vie supérieur à celui des musulmans, mais inférieur à celui de la métropole, qui refusent toute réforme qui irait dans le sens de l'égalité avec les musulmans.

Le conflit algérien éclate avec l'insurrection de la Toussaint 1954, préparée par un groupe animé notamment par Ahmed Ben Bella et consistant en actions simultanées sur l'ensemble de l’Algérie (attaques de bâtiments civils et militaires, bombes, attentats, etc.). à cette date, le Front de libération nationale (FLN) et une Armée de libération nationale (ALN) sont créés. Paris multiplie les déclarations énergiques.

Les 20 et 21 août 1955, le FLN déclenche l'attaque des quartiers européens et de fermes isolées autour de Constantine, provoquant une centaine de morts. Les Européens répliquent : 1 273 manifestants (12 000 selon le FLN) sont tués. Désormais, les Français d'Algérie font bloc contre les musulmans, et ceux-ci rejoignent massivement le camp du FLN. L’engrenage « terrorisme-répression-élargissement du mouvement insurrectionnel » est amorcé.

À partir de 1956, Paris s'engage dans une guerre à outrance. Le rappel des réservistes et le recours aux appelés portent les effectifs militaires à 400 000 hommes. À Alger, face à la guérilla urbaine, le général Massu conduit en 1957 la « bataille d'Alger » : fouilles, rafles, arrestations, torture répondent aux attentats du FLN. Dans tout le pays, la multiplication des contrôles, les villages rasés, la torture, les « corvées de bois » (alors qu’officiellement, les autorités continuent de présenter ces opérations comme relevant du « rétablissement de l’ordre » et non d’une guerre de décolonisation) exacerbent l'hostilité des musulmans ; parallèlement, la terreur que fait régner le FLN contre ceux qui collaborent avec les Français précipite les ralliements, volontaires ou forcés.

Le général de Gaulle, revenu au pouvoir par l’insurrection d'Alger, prépare l'indépendance en dépit de ses discours de juin 1958 à Alger (« Je vous ai compris ! ») et à Mostaganem (« vive l’Algérie française ! »), poussé par la détermination du FLN[27], par le désaveu de l'opinion internationale, et par l'opposition croissante à la guerre en métropole. Pour lui, l'essentiel est que la France cesse d’être discréditée par une guerre coloniale d’un autre âge. Sa prudence sur la conduite du processus n'empêchera toutefois pas de graves troubles en France métropolitaine comme en Algérie :

  • émeutes de 1960 à Alger (« semaine des barricades »),
  • tentative de putsch des généraux en 1961,
  • actions terroristes de l'OAS, culminant en août 1962 avec l'attentat du Petit-Clamart,
  • massacre de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961,
  • répression meurtrière du métro Charonne (7 février 1962),

Des pourparlers avec le FLN, engagés en 1961, aboutiront en mars 1962 à la signature des accords d'Évian, ratifiés avec plus de 90% des suffrages au référendum d'avril. L’Algérie accède à l’indépendance le 3 juillet 1962, sous la présidence d’Ahmed Ben Bella, dans un contexte dramatique d'exode massif de la communauté française[28].

Aujourd’hui encore, les mémoires de la guerre d’Algérie restent vives, côté algérien comme côté français[29].

b.      La décolonisation de l'Afrique noire (trois phases)

1957-1960, Afrique occidentale

Par son ampleur (une quinzaine de colonies accèdent à l'indépendance) comme par son caractère négocié et pacifique, le processus est souvent cité comme modèle d'émancipation réussie -à nuancer. La Gold Coast, devenue Ghana sous la direction de Kwame n’Krumah, donne le signal en 1957. Ces exemples contagieux abrègent l'existence de la Communauté franco-africaine instaurée par le général de Gaulle[30] qui reconnaît en 1960 l'indépendance de douze possessions françaises et des deux territoires sous tutelle (Togo et Cameroun), alors que le Congo belge l'obtient dans une totale impréparation[31].

1960-1965 : dernières possessions britanniques

La seconde phase, plus hésitante, voit l’indépendance en Afrique occidentale du Nigeria, du Sierra Leone ; en Afrique orientale, du Tanganyika, du Kenya, de l’Ouganda ; en Afrique centrale, du Nyassaland et de la Rhodésie du Nord. Des compromis laborieux sont conclus, fondés en principe sur la triple garantie du régime parlementaire, de la représentation équitable des minorités et de l'appartenance au Commonwealth des futurs États.

La proclamation unilatérale de l'indépendance de la Rhodésie du Sud par la minorité blanche, en novembre 1965, ouvre une troisième phase. Plus longue et plus conflictuelle, elle est dominée par la résistance des « bastions blancs » (colonies portugaises, Rhodésie et Afrique du Sud) à toute perspective d'indépendance négociée.

Après 1965 : possessions portugaises, tensions sud-africaines

La troisième phase est marquée par l'obstination du Portugal, alors dirigé par le président Salazar, à maintenir coûte que coûte les derniers vestiges d'un empire déchu. La « Révolution des œillets » à Lisbonne, en avril 1974, permet aux possessions portugaises d'accéder à l'indépendance l'année suivante. Mais il faut attendre 1980 pour que la guérilla sud-rhodésienne impose l'indépendance du Zimbabwe, et dix ans encore pour que l'écroulement de l'apartheid permette à la Namibie d'accéder à l'indépendance.

 B.    Émergence du Tiers-monde

1.     Le « tiers monde » à la recherche d’une troisième voie

L'un des héritages majeurs de la décolonisation réside dans la distinction de deux espaces différenciés, un Nord développé, celui des anciennes puissances impériales, et un Sud politiquement émancipé mais économiquement dépendant. Depuis les années 1950, à la suite d'Alfred Sauvy, on désigne appartenant au « Tiers Monde »[32] -Le sens des mots p.161 les pays, pour la plupart récemment indépendants, économiquement « sous-développés », qui n’appartiennent à aucun des deux blocs de la guerre froide -Carte p.161. L’émergence du tiers-monde.

a.       De Bandung (1955) à Belgrade (1961) : le non-alignement

Dossier p.162. La conférence de Bandung- Les représentants de 29 États[33] se retrouvent à Bandung, en Indonésie, du 18 au 24 avril 1955.

La déclaration finale affirme le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, la souveraineté et l'égalité de toutes les nations, le refus des pressions des grandes puissances et du néo-colonialisme, l'interdiction des armes atomiques et le « droit fondamental des peuples à étudier leur propre langue et leur propre culture ».

La conférence de Bandung a eu un immense retentissement international. Pour la première fois, des États de second ordre affichaient leur souveraineté, leur solidarité, leur refus de voir les affaires du monde gérées par les seuls pays riches, et l'espoir que, les peuples du Tiers Monde (Nasser : « l'internationale des pauvres », puissent faire prévaloir une « troisième voie ».

C'est à la Conférence de Belgrade (1961) que le refus de l'alignement est érigé en doctrine et que s'organise le mouvement des « non-alignés » -Vocabulaire p.160 Les principaux animateurs de cette conférence sont le yougoslave Tito, l’Égyptien Nasser, le Cubain Castro et l’Indien Nehru Participation également de N'Krumah, de Soekarno, de Bourguiba, etc.

b.      Après 1970, la remise en cause de l'ordre économique mondial

Les années 1970 sont riches en débats, dans le cadre notamment de la CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) fondée en 1964 par l'ONU, qui tient de nombreux sommets jusqu'en 1983. Les Conférences de Lusaka (Zambie, 1970) puis d’Alger (1973), mettent pour la première fois l'accent non seulement sur la paix, l'indépendance, le refus des blocs, mais aussi sur les problèmes du développement et sur la nécessité de promouvoir un nouvel ordre économique mondial, fondé sur la coopération entre pays riches et pauvres.

Cela rejoint les préoccupations que les représentants des pays pauvres tentent de faire prévaloir dans le cadre de la conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED) par l’intermédiaire du « groupe des 77 » : volonté de modifier les règles de l'ordre économique qui enrichit davantage les pays riches et accroît la pauvreté et la dépendance des déshérités.

2.     Le « dialogue Nord-Sud »

a.       Le Nord au chevet du Sud

La France est à plusieurs reprises l’initiatrice d’un « dialogue » avec le Sud. Le Général de Gaulle appelle à une politique de coopération : « Nous autres, qui vivons entre l'Atlantique et l'Oural ; nous autres, qui sommes l'Europe disposant avec l'Amérique, sa fille, des sources et ressources principales de la civilisation ; nous autres, qui avons de quoi manger, nous vêtir, nous loger, nous chauffer ; nous autres, qui possédons des mines et des usines en pleine activité [...] que ne dressons-nous, tous ensemble, la fraternelle organisation qui prêtera son concours aux autres. » (1959) ; « la paix restera précaire tant que deux milliards d'hommes demeureront plongés dans la misère devant leurs frères bien pourvus. » (1960). L’idée d’une coopération avec les États du tiers-monde est approfondie par Valéry Giscard d'Estaing : Cf. Paris, 1975, « Conférence Nord-Sud ».

Les résultats obtenus par la CEE sont plus concrets : les accords de Lomé (1975) permettent aux pays africains signataires d’exporter sans restriction vers la CEE et de bénéficier d’une garantie d’un revenu minimal pour les ventes de leurs principales matières premières. Entrée en vigueur le 1er janvier 1976, la convention est renouvelée en 1979 (Lomé-II), 1984 (Lomé-III) et 1989 (Lomé-IV).

C’est d’ailleurs à l’initiative de la France que se tient le sommet Nord-Sud de Cancun en 1981, au Mexique, qui décide l’ouverture, au sein de l’ONU, de « négociations globales » sur les grands problèmes économiques mondiaux. F. Mitterrand : « Il n'y a pas de stabilité politique sans justice sociale et quand les inégalités, les injustices, les retards d'une société dépassent la mesure, il n'y a pas d'ordre établi, pour répressif qu'il soit, qui puisse résister au soulèvement de la vie. ».

Mais l’esprit de Cancun, ou de Lomé sont à contre-courant d’un monde occidental sur le point d’adopter le credo libéral en vigueur aux États-Unis et au Royaume-Uni.

b.      « Trade, not aid »

Dès la fin des années 1970, la conjoncture économique et diplomatique a bouleversé le rapport des forces aux dépens des pays du tiers-monde.

Dès le début de la décennie 1980, le surendettement du tiers-monde est devenu le problème majeur des rapports Nord-Sud. Ainsi, en 1982, le Mexique est le premier pays à se placer en cessation de paiement. Pour la plupart des pays créanciers, l'heure n'est plus à l'éthique de la redistribution mais à la réaffirmation des principes libéraux : la formule trade, not aid (« du commerce mais pas d'aide ») guide les rapports Nord-Sud. D’où le désengagement des grandes institutions internationales, accusées d'encourager des politiques économiques dirigistes, en faisant payer la note par le Nord : ainsi, le

Royaume-Uni et les États-Unis se retirent de l'UNESCO (1983), puis réduisent leur contribution au budget de l’ONU (1985) : l’heure est désormais au « consensus de Washington ».

C.    Affirmation d’un nouvel acteur international : la Chine de Mao Zedong (1949-1976)

La première moitié du XXème siècle se caractérise par la dépendance de la Chine vis-à-vis des puissances étrangères[34]. La victoire des Communistes en 1949[35] fait entrer le pays dans une nouvelle période, marquée par la construction d’un État fort et par une quête de puissance à travers la reconquête de la souveraineté et le développement d’une influence en Asie, puis dans le monde.

Bien que l'organisation du Parti communiste chinois (PCC) soit supposée collégiale et démocratique, le prestige de Mao Zedong et son habileté lui permettent d'imposer ses vues -d’où la notion de période « maoïste ».

1.     1949-1956 : l’enracinement du pouvoir du PCC

a.       De la « Nouvelle Démocratie » au modèle soviétique

Le PCC a gagné la guerre civile en ralliant la population à son programme dit « Nouvelle Démocratie », dont les grandes orientations avaient été définies par Mao Zedong dès janvier 1940. Selon cette ligne modérée,

  • le PCC a pour vocation de prendre la tête d'une alliance entre toutes les classes progressistes de la société : même la bourgeoisie participe au processus révolutionnaire ;
  • les libertés individuelles doivent être respectées ;
  • pour rassurer la bourgeoisie et les petits entrepreneurs, la collectivisation ne concerne initialement que l'industrie lourde et le secteur bancaire.

Mais tandis qu’un rétablissement économique spectaculaire s'opère[36], les coups commencent bientôt à pleuvoir sur la petite bourgeoisie, dans le cadre de la campagne dite des « Trois Contre »[37], puis celle des « Cinq Contre »[38] (1951-1952).

Dans le même temps, la Chine se met à l'école de l'Union soviétique (qui fournit des prêts et des experts), et fait le choix d'une économie planifiée : le premier plan quinquennal, qui débute en 1953, privilégie l'industrie lourde et les infrastructures de transports et sacrifie le monde rural[39].

b.      Vers une société totalitaire

Dans les campagnes, la réforme agraire qui s'engage de 1949 à 1952 s’attache, par une redistribution des terres accompagnée de violences, à briser les élites locales traditionnelles (propriétaires fonciers, paysans riches) et à assurer la fidélité des paysans pauvres aux cadres locaux du Parti.

Par la loi du 1er mai 1950 sur le mariage qui légalise le divorce et instaure le libre consentement des époux, le Parti communiste s'attaque au caractère patriarcal de la société chinoise. C'est un pas important fait vers l'émancipation des femmes… et en même temps une étape indispensable à la mise en place d'une société totalitaire strictement encadrée :

  • l'endoctrinement commence dès l'enfance dans les organisations de jeunesse ;
  • l’encadrement des masses rurales est assuré par les coopératives ;
  • dans les villes, l’encadrement des individus revient à l'unité de travail (danwei) qui fournit logement, salaire, permet l'accès aux soins médicaux et aux rations de nourriture (le danwei exerce aussi une surveillance étroite sur ses membres, y compris dans leur vie privée) ;
  • la mobilité est encadrée par l'instauration d'un passeport limitant les déplacements à l'intérieur du pays (le hukou) ;
  • la répression a largement recours aux camps de rééducation par le travail (l’équivalent chinois du goulag : le laogai).

En 1954, la Chine se donne une Constitution calquée sur le modèle soviétique. Le Parti est partout, il contrôle tout et aucune opposition n'est tolérée[40]. La censure sévit. Après avoir encouragé les intellectuels à exercer un droit de critique lors de l'épisode des Cent Fleurs (1956-1957), la campagne antidroitière lancée le 8 juin 1957 réprime les imprudents qui avaient fait entendre une voix discordante[41].

c.       Les premiers pas de la puissance

Quand la République populaire de Chine est proclamée en 1949, elle n'est reconnue que par les pays communistes. Mao Zedong signe un traité par lequel l'URSS accorde à la Chine sa protection militaire. Tournant le dos à la mer, la Chine redevient rapidement une puissance régionale :

  • Elle restaure dès 1950 l’intégrité de son territoire continental, en reprenant le Tibet par la force, et en récupérant par la négociation des territoires frontaliers avec l’Union soviétique.
  • Elle intervient en Asie :
    • En soutenant le parti communiste indochinois d’Ho Chi Minh pendant la guerre d'Indochine (1946-1954) ;
    • En envoyant des troupes en Corée contre les États-Unis en 1950.

Dans un second temps, elle s’émancipe de la tutelle soviétique. Cette rupture s’explique par la persistance de différends frontaliers, par la volonté soviétique de maintenir la Chine dans une situation de dépendance[42] et par la déstalinisation -Vocabulaire p.150 engagée par Khrouchtchev en février 1956[43]. À partir de 1958, la Chine sort de l'orbite soviétique et s’affirme à la fois comme une puissance indépendante, et comme un leader du tiers-monde[44] et des non-alignés et du camp communiste. De fait, dans les années 1960, le rayonnement du modèle chinois est loin d’être négligeable[45].

2.     Deux campagnes meurtrières

Dans ce contexte, le Grand Bond en avant et la révolution culturelle doit être considéré comme une tentative de frayer une voie originale vers le socialisme. En effet, un des traits caractéristiques du maoïsme consiste dans une vision de la Révolution non comme une phase transitoire mais comme un état permanent[46]. C’est dans cette perspective qu’il faut considérer la période 1949-1976 comme une série de mobilisations des masses destinées à ranimer l'élan révolutionnaire.

a.       La plus grande famine de l'histoire chinoise : le Grand Bond en avant

Le Grand Bond en avant, politique menée entre 1958 et 1961, vise à accélérer le développement économique du pays pour l'amener vers le communisme. En rupture avec le modèle de l'industrialisation « par le haut », qui avait été mis en place avec l'aide des techniciens soviétiques, cette politique mise sur la mobilisation de l'ensemble d'une population galvanisée par l'idéologie et le culte de la personnalité[47]. Réquisitionnés par des travaux d'infrastructures ou accaparés par les célèbres « petits hauts-fourneaux »[48], les paysans sont obligés de délaisser les travaux des champs et les récoltes.

En résulte une totale désorganisation de la production, et une des famines les plus terribles de l'histoire chinoise (environ 30 millions de morts). Pire : la remontée de rapports issus des échelons régionaux de l'administration rivalisant d'exagération concernant les chiffres de la production diffère considérablement la prise de conscience du désastre. Mao Zedong apparaît de plus en plus coupé des réalités dans sa résidence luxueuse de Pékin, et ses visites sur le terrain sont de simples mises en scène orchestrées par le Parti. Dans ce contexte, Liu Shaoqi, président de la République depuis 1959, se pose de plus en plus comme un successeur potentiel de Mao, dont le prestige a été entamé par le fiasco du Grand Bond.

b.      Le désastre de la Révolution culturelle

Pour affirmer une « voie chinoise » dans l’édification du socialisme, mais aussi et surtout pour stopper la montée en puissance de la ligne pragmatique incarnée par Liu Shaoqi, Mao Zedong lance la jeunesse contre les intellectuels et les fonctionnaires du Parti en mai 1966 : la Révolution culturelle représente ainsi une projection dramatique sur l'ensemble de la société des luttes internes au plus haut niveau de l'appareil politique. Avec les encouragements de Mao, les campus se soulèvent violemment. La Révolution culturelle prend rapidement l'aspect d'une lutte à de multiples niveaux. C'est un affrontement intergénérationnel : les gardes rouges, des adolescents ou de très jeunes adultes fanatisés[49], s'en prennent à tous les détenteurs d'une autorité tels que cadres du Parti, professeurs, etc.

Sur le plan économique et social, la désorganisation est patente. Des dommages irréparables sont causés[50], des intellectuels sont humiliés et maltraités[51]. Le nombre de morts causés par la Révolution culturelle est estimé entre 1 et 3 millions.

Une nouvelle fois, le pays est à genoux, mais Mao Zedong triomphe : Liu Shaoqi, jeté en prison dès 1967, y meurt en 1969, victime de mauvais traitements[52]. Le culte de la personnalité devient délirant et toute opposition au pouvoir personnel de Mao a été balayée : il est, plus que jamais, le maître du pays. Pour mettre un terme à l'anarchie et affaiblir les factions de gardes rouges, il organise à partir de 1969 l'envoi massif des « jeunes instruits » dans les campagnes[53].

3.     La fin du règne de Mao

Après la mort de Lin Biao[54], un courant radical (la « Bande des Quatre » : Jiang Qing, la femme de Mao, Zhang Chunqiao, Wang Hongwen et Yao Wenyuan) et une faction plus modérée (Zhou Enlai et Deng Xiaoping) s’affrontent.

Durant ces années, les relations avec l'URSS se détériorent encore, tandis qu’un rapprochement se dessine avec les États-Unis. D'abord timide (l’équipe de ping-pong américaine est invitée à Pékin en 1971), il s’affirme avec la visite du président Nixon en février 1972 et permet à la Chine populaire de récupérer (dès octobre 1971) le siège occupé depuis 1949 par Taïwan au Conseil de sécurité des Nations unies.

À la mort de Mao (9 septembre 1976), la Chine semble arrêtée dans son développement. Elle a réussi à devenir une puissance politique dotée d’une légitimité internationale, mais n'est pas encore une puissance économique -Dossier p.164-165. La Chine maoïste : l’affirmation d’une puissance internationale.

Pour lui succéder, Deng Xiaoping[55], grâce à sa connaissance intime de l'appareil politique du Parti (et malgré sa mise à l’écart pendant la révolution culturelle), s’impose progressivement comme successeur de Mao et entame une politique d’ouverture et de conversion progressive à l'économie de marché en 1978.

III. Les conflits du Proche et du Moyen-Orient

Après la première guerre israélo-arabe, la région devient un des principaux foyers de tensions internationales.

A.    1956, la crise de Suez

Dossier p.163. La nationalisation du canal de Suez- Achevé en 1869 après 37 années de travaux conduits par le Français Ferdinand de Lesseps, le Canal de Suez fut la propriété des actionnaires de la Compagnie universelle de Suez jusqu’en 1956. Cet axe de 164 km relie la mer Rouge à la mer Méditerranée, et sépare l’Asie de l’Afrique. Sa position et l’importance de son trafic en font un des lieux éminemment stratégiques de la région et du monde[56].

1.     La nationalisation du canal

Gamal Abdel Nasser, président de l’Égypte (1954-1970), leader du monde arabe, souhaite construire un immense barrage sur le Nil, à Assouan pour favoriser le développement et l'indépendance économiques de l’Égypte. Il se tourne vers les puissances occidentales pour obtenir un financement, en vain.

En réponse, Nasser nationalise la compagnie du canal de Suez, dont les revenus devront financer le barrage d'Assouan. L'annonce officielle est faite le 26 juillet 1956 lors d'un célèbre discours à Alexandrie -doc.1 p. 173. « Ce canal est la propriété de l’Égypte ». La liesse populaire est à son comble, Nasser est célébré comme un héros. Membre fondateur du mouvement des non-alignés, l'Égypte de Nasser incarne dans le monde arabe et dans le « Tiers-monde » naissant un nationalisme volontaire qui, au temps de la Guerre froide, a su s'affirmer sur la scène mondiale.

2.     La réaction franco-britannique

Après avoir épuisé toutes les solutions diplomatiques, Français et Britanniques préparent une offensive armée et obtiennent l’appui d’Israël[57] : il est convenu que les forces israéliennes attaqueront les premières l'Égypte, et que Français et Britanniques débarqueront dans la zone du canal pour imposer un cessez-le-feu… puis marcher sur Le Caire pour renverser Nasser, réoccuper le canal et dessiner une nouvelle carte de la région[58]. C’est le « plan Mousquetaire »

3.     L'échec de l'opération « Mousquetaire »

L'attaque israélienne commence le 29 octobre 1956. Les Israéliens occupent le Sinaï et s'arrêtent à 15 kilomètres du canal de Suez. Nasser retire son armée du Sinaï et fait couler dans le canal des bateaux pour le rendre impraticable.

Le 2 novembre, l'Assemblée générale de l'ONU vote une résolution exigeant l'arrêt des combats et le retrait des forces israéliennes du Sinaï. Le 4 novembre, l'Assemblée générale décide l’envoi d'une force internationale d'interposition, rendant caduque l'intervention franco-britannique. Sous la pression conjointe des États-Unis et de l'Union soviétique, Anglais et Français sont contraints de se retirer. Israël évacue le Sinaï et Gaza, où les forces de l'ONU sont déployées.

La crise de Suez représente le chant du cygne de la présence française et britannique au Proche-Orient. Cet échec consacre la montée en force de l’URSS et des États-Unis : la confrontation directe entre les deux grands commence alors dans la région.

B.    1967, la guerre des Six jours

Dossier p.168-169. La guerre des Six-Jours

1.     L’offensive israélienne

Mai 1967, Nasser ordonne le départ des casques bleus du Sinaï, rendant désormais possible une attaque égyptienne sur Israël. Mais le 5 juin, c’est Israël qui déclenche une offensive aérienne (neutralisation de l’aviation égyptienne), puis terrestre (les blindés de Tsahal[59] prennent Gaza et le Sinaï). La Syrie et la Jordanie attaquent Israël, mais sont repoussées et perdent la Cisjordanie et une partie du plateau du Golan. La guerre des Six jours se solde, pour les États arabes, par une défaite cuisante et de lourdes pertes territoriales.

2.  Les conséquences de la victoire israélienne

L'équilibre régional est bouleversé : Israël occupe le Sinaï, la bande de Gaza, la Cisjordanie, une partie du Golan, ainsi que Jérusalem-Est -Carte 1 p.168. Les conséquences de la guerre + Repères p.169. Jérusalem. En réaction en novembre 1967, le Conseil de sécurité de l'ONU adopte la résolution 242[60], qui reste lettre morte -doc.2 p.168. La réaction des Nations unies.

Après la guerre, 300 000 Palestiniens supplémentaires rejoignent des camps dans les États voisins[61], ou un exil plus lointain, et 1 million de Palestiniens sont désormais à Gaza et en Cisjordanie sous la domination directe des Israéliens -doc.4 p.169. Le choc de 1967 vu par un Palestinien. Le prestige des dirigeants nationalistes arabes est durablement atteint : les Palestiniens comptent de moins en moins sur la Ligue arabe, ce qui se traduit par la prise de contrôle de l’OLP -Vocabulaire p.160 par le Fatah[62] de Yasser Arafat (1969). Fondée en 1964 par la Ligue arabe comme un mouvement nationaliste, l’OLP devient alors une organisation de guérilla palestinienne, qui multiplie les actions armées[63].

C.    1973, la guerre du Kippour

 1.     Un nouvel affrontement régional

Revanchards après l’humiliation de 1967, Égyptiens et Syriens recherchent l’effet de surprise. Fixée au 6 octobre pour des raisons à la fois techniques (vitesse du courant, hauteur de la lune) et stratégiques (Yom Kippour + Ramadan), une offensive égyptienne est lancée sur le canal de Suez. L’armement soviétique permet aux Égyptiens de progresser dans le Sinaï. Épaulés par des unités marocaines, koweïtiennes, irakiennes, saoudiennes et jordaniennes, les Syriens s’engagent sur le plateau du Golan.

Côté syrien, le front se stabilise le 10 octobre, puis l'armée israélienne reprend le terrain perdu. Côté égyptien, le front se stabilise le 12 octobre après une contre-offensive israélienne.

2.     Une crise internationale

Soviétiques et Américains interviennent. Moscou installe un pont aérien pour ravitailler Syriens et Égyptiens en armes et en munitions, renforce la flotte de Méditerranée et met en alerte des divisions aéroportées. Exemple suivi par Washington en faveur des Israéliens. Après un voyage-éclair de Kissinger à Moscou, l’ONU vote le 22 octobre sa résolution 338 : cessez-le-feu sur les positions acquises, application de la résolution 242 et ouverture de négociations.

3.     Les conséquences du conflit

Une conférence de paix se tient en décembre 1973 à Genève, avec les Etats-Unis, l’URSS, l’Égypte, Israël et la Jordanie. La Syrie et les Palestiniens ne sont pas présents. La conférence est un échec, chacun restant sur ses positions, mais Henry Kissinger parvient à faire signer un accord le 11 janvier 1974 : retrait des troupes israéliennes du canal remplacées par des troupes de l’ONU, réouverture du canal de Suez par l’Égypte. Cet accord ouvre la voie, à moyen terme, à des négociations de paix entre l’Égypte et Israël, qui se concrétiseront par les accords de Camp David, qui seront signés en 1978, mettant fin à 30 ans d’opposition entre les deux États.

Si un apaisement relatif des relations israélo arabes semble possible, les relations israélo-palestiniennes restent dans l’impasse.

Conclusion

Synthèse p.170-171

Sujets bac p. 172-173


[1] Goulag : 2,5 Millions de prisonniers dans les années 1950.

[2] Désormais, la densité des rencontres et des échanges devient le baromètre des relations Est-Ouest, exprimées en vocabulaire mécanique (tension/détente) ou thermodynamique (refroidissement / réchauffement), et dépendant souvent d'incidents (affaires d'espionnage, violations d'espaces aériens, etc.).

[3] En Hongrie, Imre Nagy, après avoir dénoncé les abus de la police et la collectivisation systématique des terres, est relevé de ses fonctions et exclu du parti (1955). Les manifestations d'octobre 1956 tournent à l'insurrection ; le nouveau gouvernement, dirigé par Imre Nagy, proclame la neutralité de la Hongrie (1-3 novembre 1956) et le pluripartisme. L'Union soviétique envoie l’armée Rouge à Budapest le 4 novembre. Nagy est arrêté et remplacé par Janos Kadar. Il rétablit le parti unique, la Hongrie réintègre le pacte de Varsovie et la « normalisation » s’engage. Imre Nagy est jugé et exécuté en 1958.

[4] Les difficultés agricoles et industrielles expliquent, en plus de la résistance du PCUS à la déstalinisation et de la crise de Cuba (Cf. ci-après), la chute de Khrouchtchev.

[5] Il est alors détenue pendant 8 ans au goulag. Sa nouvelle sur le bagne (Une journée d’Ivan Denissovitch), est publiée en 1962, avant l’interdiction sous Brejnev de toutes ses œuvres (Le premier cercle, L’archipel du Goulag). Prix Nobel de littérature en 1970, arrêté en 1974, déchu de la citoyenneté soviétique, s’exile avant de rejoindre la Russie où il décède en 2008).

[6] Des sociologues s’amusent à lui substituer un salad bowl.

[7] Cf. émeutes de Watts en 1965, Cf. l’éclat des Black Panthers à Mexico en 1968, Cf. assassinat de Martin Luther King en 1968.

[8] Traité de collaboration en matière économique, sociale et culturelle et de légitime défense collective, signé à Bruxelles le 17 mars 1948 par la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg, en réaction au « coup de Prague » (février 1948)

[9] Le gouvernement américain fait voter par le Sénat une résolution autorisant la signature d’alliances en temps de paix : la résolution Vandenberg, qui tranche définitivement le débat sur l’isolationnisme ou l’interventionnisme étatsunien.

[10] Par exemple, Khrouchtchev rencontre Eisenhower aux États-Unis en 1959, de Gaulle en France en 1960, Kennedy à Vienne en 1961.

[11] En échange du démantèlement d’installation nucléaires américaines à la frontière turco-soviétique et de l’engagement des États-Unis de ne pas envahir Cuba.

[12] …épaulé par son secrétaire d’État Henry Kissinger.

[13] Gel pour cinq ans des armements stratégiques, arrêt de la construction de rampes de lancement fixe pour les missiles intercontinentaux, et de lanceurs installés sur sous-marins.

[14] Cf. reconnaissance de la Chine populaire, Cf. retrait partiel de l'OTAN (et donc évacuation des bases américaines établies en France : 20 000 soldats américains transférés hors de France). Le rapprochement franco-soviétique illustré par le voyage en Union soviétique en juillet 1966 est perçu par les Américains comme annonciateur d’un véritable renversement des alliances. Cf. voyage au Cambodge (1966) et critique de la politique américaine au Vietnam ; Cf. prise de position contre Israël dans la guerre des Six Jours (1967), Cf. « Vive le Québec libre ! », à Montréal (1967).

[15] Dès 1957, le gouvernement de Pékin reproche aux Soviétiques d'abandonner la stratégie révolutionnaire pour s'engager dans le révisionnisme. Mao Zedong lance en 1958 le « Grand Bond en avant » et fait bombarder les îlots appartenant à Taïwan. C'est un double défi chinois à l'Union soviétique et aux États-Unis. Khrouchtchev suspend son aide à la Chine et rapatrie des milliers d'experts soviétiques. Le divorce entre les deux États éclate au grand jour en 1962 quand, à l'occasion de la crise de Cuba, les Chinois accusent les Soviétiques d'avoir capitulé devant l'impérialisme américain. Une lutte s'engage entre les deux États pour le leadership du communisme mondial.

[16] Les dirigeants tchèques libérés et réintégrés dans leurs fonctions sont convoqués au Kremlin et signent le 26 août les accords de Moscou, qui marquent une limitation sérieuse à la libéralisation et aux réformes entreprises. Le stationnement « temporaire » de troupes soviétiques sur le territoire tchécoslovaque est décidé. En mars/avril 1969, Dubcek est évincé, et la « normalisation » poursuit son cours.

[17] Plus de cent villes et bases sont attaquées simultanément, y compris Saigon.

[18] Appliqué à la contestation des peuples dominés et à leur revendication indépendantiste, le terme de nationalisme soulève certaines questions. En effet, le nationalisme procède d'une nation préalablement constituée, alors que dans les colonies c'est lui qui fonde la nation. Il suppose une instrumentalisation de l'histoire et la valorisation du patrimoine commun. Cette dimension, en ce qui concerne les colonies, est restée le fait de rares intellectuels et a été, dans l'ensemble, délaissée par les leaders politiques. Cependant, l'expression de "nationalisme colonial" étant communément admise, on en conservera l'usage (Bernard Droz, « La décolonisation », La Documentation Photographique n°8062, 2008).

[19] L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme est un livre écrit par Lénine en 1916. Lénine rédige cette brochure en exil en Suisse, au printemps 1916. Il y expose son point de vue sur les transformations récentes du capitalisme et sur leurs conséquences politiques, dans le contexte de la Première Guerre mondiale. Lénine définit l'impérialisme ainsi : « L'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s'est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes. ». Pour lui, l'expansionnisme et le colonialisme sont intrinsèquement liés à la nouvelle phase du développement capitaliste, et la guerre est une conséquence inévitable des rivalités entre impérialismes pour le repartage du monde. Il s'ensuit que le seul moyen d'en finir avec la guerre, c'est d'œuvrer à la révolution socialiste.

[20] Le soulèvement et la répression de Sétif se déroulent en 1945 dans le département de Constantine (Algérie coloniale française). Le 8 mai 1945, pour fêter la fin des hostilités et la victoire des Alliés sur les forces de l'Axe, un défilé est organisé par les autorités françaises. Parallèlement, les partis nationalistes algériens, profitant de l'audience particulière donnée à cette journée, décident de manifester. Après des heurts entre policiers et nationalistes, les manifestations dégénèrent en émeutes et des Européens sont massacrés dans les régions de Sétif et Guelma. L'armée française exerce alors une répression qui va prendre des proportions considérables et durer plusieurs semaines. Il y aura parmi les Européens plus d'une centaine de morts et autant de blessés. Le nombre des victimes autochtones, difficile à établir, est encore sujet à débat ; les autorités françaises de l'époque fixèrent le nombre de 1165 tués, un rapport des services secrets américains à Alger en 1945 comptait 17 000 morts et 20 000 blessés, le gouvernement algérien avance le nombre de 45 000 morts.

[21] C'est le cas lors du débarquement américain en Afrique du Nord, où Roosevelt soutient le sultan marocain, et bien davantage encore de l'occupation japonaise en Asie.

[22] Cet anticolonialisme n'est pas exempt d'arrière-pensées dans la mesure où il s'accommode d'un impérialisme (pas toujours très éloigné du colonialisme) des deux puissances sur leurs sphères de domination respectives, dans la mesure aussi où ce zèle masque mal une certaine convoitise sur les dépouilles des empires coloniaux

[23] Le tracé de Radcliffe définit un Pakistan formé de deux parties séparées géographiquement, le Pakistan oriental, devenu aujourd'hui le Bangladesh, et Pakistan occidental, toutes deux à population majoritairement musulmane. L'Inde, quant à elle, est constituée des régions à majorité hindoue. Le dispositif de la partition est fortement controversé et il est largement responsable d'une grande partie de la tension que le sous-continent indien connaît depuis sa mise en place. Il entraîna des échanges massifs de population entre les deux nations nouvellement créées, un mois seulement après la partition. Certaines études estiment à un million le nombre de morts. 15 millions de personnes franchissent les frontières dans les deux sens : 9 millions d'hindous et de sikhs quittent le Pakistan alors que 6 millions de musulmans s'exilent d'Inde.

[24] Ils tentent néanmoins à deux reprises de la reconquérir ; un accord élaboré par l’ONU, met fin aux hostilités en 1949.

[25] Unités importantes dotées d'armements modernes, d'artillerie et de blindés…

[26] …selon le principe du « double collège » : 8,5 millions de musulmans élisent le même nombre de députés qu’un million d’Européens.

[27] Cf. constitution en septembre 1958 d’un gouvernement provisoire, présidé par Ferhat Abbas

[28] Exercice facultatif à consulter ici.

[29] Cf. rapport commandé par l’Élysée en juillet 2020 à l’historien Benjamin Stora -rapport remis en janvier 2021.

[30] Une décolonisation progressive et pacifique s’était amorcée sous la IVe République (loi-cadre Defferre en 1956). En 1958, de Gaulle offre le choix aux dépendances de la France entre le statu quo, l'indépendance avec rupture des liens avec la métropole, ou l'association avec elle par l'adhésion à la « Communauté ». Seule la Guinée de Sékou Touré choisit l'indépendance immédiate.

[31] Belge depuis 1908, le Congo est le plus vaste territoire colonisé d'Afrique, et l'un des plus riches (cuivre et uranium du Katanga). Le système colonial belge consiste en un paternalisme teinté de racisme et une exploitation économique intense.

En 1960, la Belgique proclame l'indépendance du pays (1er ministre, Patrice Lumumba), mais des incidents éclatent avec des Belges restés sur place. Pour les protéger, Bruxelles intervient militairement.

Le Katanga fait sécession. Pour y mettre fin, Patrice Lumumba obtient l’aide de l’URSS (avions, camions, « conseillers techniques »). Sept. 1960, le général Mobutu expulse les soviétiques, arrête Lumumba et le livre aux Katangais et à leurs « conseillers » (des mercenaires recrutés en Belgique et en France, parmi les anciens soldats des guerres coloniales et dans les rangs d’organisations d'extrême droite), qui l’exécutent. Le Congo est réunifié en 1964 ; en 1965, J. Mobutu devient président de la République démocratique du Congo, qu’il dirigera jusqu’en 1997. Aujourd’hui encore un conflit de mémoire oppose l’État belge à la République démocratique du Congo. Cf. ce reportage récent sur France 24.

[32] Le terme « tiers monde » a été inventé par l'économiste et démographe français Alfred Sauvy en 1952, en référence au tiers état (de l'abbé Sieyès) français sous l'Ancien Régime, afin de désigner l'ensemble des pays du globe qui n'appartenaient ni au bloc occidental (Amérique du Nord, Israël, Europe de l'Ouest, Australie…), ni au bloc communiste (URSS, Chine, Europe de l'Est…). « …car enfin, ce tiers monde ignoré, exploité, méprisé comme le tiers état, veut lui aussi, être quelque chose » (article paru dans L'Observateur du 14 août 1952 : « Trois mondes, une planète ».

Après la chute du mur de Berlin et surtout avec la diversification des Tiers-mondes, l’expression tombe en désuétude. A. Sauvy lui-même la désavoue en 1989 dans un article du Monde : « Que l'on permette au créateur de l'expression tiers-monde, il y a déjà près de quarante ans, de la répudier, tant elle fait oublier la diversité croissante des cas. Englober dans le même terme les pays d'Afrique noire et « les quatre dragons » ne peut mener bien loin. »

[33] Quinze pays d'Asie (Afghanistan, Birmanie, Cambodge, Ceylan (l'actuel Sri Lanka), République populaire de Chine, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Népal, Pakistan, Philippines, Siam (l'actuelle Thaïlande), République populaire du Vietnam, neuf du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Égypte, Iran, Irak, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie et Yémen) et cinq pays africains (Golden Coast (l'actuel Ghana), Éthiopie, Libéria Soudan et Libye)

[34] Depuis le XIXème siècle, Européens, Américains et Japonais ont imposé leur influence à la Chine.

[35] Après la défaite japonaise (1945), une guerre civile oppose de 1944 à 1949 les communistes dirigés par Mao Zedong aux nationalistes du Guomindang dirigés par Tchang Kaï-Chek. Malgré le soutien des États-Unis, Tchang Kaï-Chek est vaincu et contraint à l’exil sur l’île de Taïwan, où il fonde la République de Chine, tandis que Mao Zedong proclame la République populaire de Chine (1er octobre 1949).

[36] L'inflation est jugulée, à la grande satisfaction de la population.

[37] Ou « Trois Anti » : anticorruption, antigaspillage, antibureaucratie.

[38] Ou « Cinq Anti » : pots-de-vin, fraude fiscale, détournements de biens publics, escroqueries dans les contrats passés avec l'État et obtention illicite d'informations économiques auprès de l'État.

[39] En dépit de la rhétorique officielle qui fait des paysans le fer de lance de la Révolution, la livraison des récoltes se fait à des prix fixés exagérément bas.

[40] Il existe bien des partis politiques « alliés » (qui perdurent jusqu'à aujourd'hui), comme la Ligue démocratique, mais ce n'est qu'une fiction de démocratie.

[41] La campagne des Cent fleurs se déroule de février à juin 1957. Mao, pour rétablir son autorité sur le Parti, affaiblie depuis le VIIIe Congrès, appelle à une « campagne de rectification ». Le principe est de redonner une certaine liberté d'expression à la population, tout particulièrement aux intellectuels, pour critiquer le Parti. La campagne des Cent fleurs est l'histoire d'« une comédie qui va se muer en tragédie » (Jean-Luc Domenach). En effet, le Parti réagit à la contestation en lançant une répression féroce qui fera plusieurs centaines de milliers de victimes emprisonnées, déportées et parfois exécutées. (Source : Wikipédia)

[42] Les dirigeants chinois reprochent aux Soviétiques de ne pas leur fournir toute l'assistance technique et financière dont ils ont besoin, notamment pour se doter de l’arme nucléaire –dont elle disposera finalement dès 1964.

[43] Mao Zedong apprécie peu les remises en cause du culte de la personnalité et du pouvoir personnel, qui pourraient fort bien s'appliquer à lui.

[44] Sa présence lors de la conférence de Bandung (1955) puis son ralliement aux non-alignés annoncent déjà le rôle de chef de file qu'elle entend jouer auprès des nouveaux pays décolonisés.

[45] Cf. : « Son audience internationale est exceptionnelle, Mao incarnant l'espoir révolutionnaire des années 1960. Pour de nombreux intellectuels et étudiants déçus par l'URSS, la Chine maoïste est le laboratoire d'une société égalitaire brisant les hiérarchies élitistes. Pour les ressortissants du tiers-monde, elle se présente comme un modèle de développement autonome adapté aux contraintes des pays pauvres, restés ruraux et faisant face à une forte croissance démographique ».

[46] Cf. la notion de « révolution permanente », initialement théorisée par Marx, réinterprétée par Trotsky puis Mao, entre autres.

[47] L'enthousiasme révolutionnaire est censé aplanir toutes les difficultés techniques. Le Grand Bond en avant pousse à l'extrême la logique de la collectivisation dans le monde rural : toutes les terres et tous les biens sont mis en commun dans le cadre des communes. Les repas ne sont plus préparés et consommés dans les familles, mais dans des cantines collectives (Cf. article Wikipédia).

[48] …qui, du reste, produisent un acier inutilisable.

[49] Témoignages et mémoires de cette période troublée… Lire : http://weibo.blog.lemonde.fr/2014/01/13/en-chine-le-repentir-de-lancienne-garde-rouge-enragee/

[50] …destruction de temples, de livres, d'œuvres d'art, etc.

[51] Cf. le célèbre écrivain Lao She, poussé au suicide en 1966. À lire : « Vie et mort de Lao She racontées par son fils », Libération, 25 juin 1998

[52] Lin Biao, dont la servilité à l'égard de Mao semble absolue, est alors désigné comme son successeur.

[53] En dix ans, plus de 17 millions de jeunes gens resteront en moyenne six ans à la campagne pour, selon la phraséologie du moment, « apprendre des masses ». Une génération entière (à laquelle appartiennent par exemple les prix Nobel de littérature Gao Xingjian et Mo Yan ou encore le réalisateur Zhang Yimou) en a été profondément marquée.

[54] Le 13 septembre 1971, dans des conditions rocambolesques. Longtemps présenté comme un traître, il est réhabilité en 2007.

[55] Il dirigera la Chine jusqu’en 1992.

[56] Ernest Renan souligna l'importance géopolitique que prenait la région lorsque Ferdinand de Lesseps, diplomate responsable de son percement, fut reçu à l'Académie française en 1885 : "Un seul

Bosphore avait suffi jusqu'ici aux embarras du monde; vous en avez créé un second, bien plus important que l'autre, car il ne met pas seulement en communication deux parties de la mer intérieure ; il sert de couloir de communication à toutes les grandes mers du globe. En cas de guerre maritime, il serait le suprême intérêt, le point pour l'occupation duquel tout le monde lutterait de vitesse. Vous avez ainsi marqué la place des grandes batailles de l'avenir."

[57] Un accord est conclu à cet effet à Sèvres le 22 octobre 1956 entre les trois pays.

[58] Il s’agirait d’imposer non seulement un régime « pacifique et ami » en Égypte, mais aussi en Syrie.

[59] Tsahal : l’armée israélienne.

[60] La résolution 242 de l’ONU affirme « l'inadmissibilité de l'acquisition de territoires par la guerre » et le droit de tous les États du Moyen-Orient de « vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues ».

[61] NB. En Jordanie, les fedayin ouvrent un front le long du Jourdain. En septembre 1970, se sentant menacé par le Fatah, Hussein de Jordanie lance l'armée jordanienne contre eux (« septembre noir »). Les Palestiniens quittent en masse la Jordanie pour le Sud du Liban.

[62] Le Fatah (« conquête » en arabe) est fondé en 1959 au Koweït par Yasser Arafat.

[63] Cf. les premiers détournements d'avions, ou le massacre par un commando d'une partie des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich (1972) ...