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I. FRANÇAIS DES CHAMPS
A. Le poids de la fiscalité et des droits féodaux sur le monde paysan
B. L’amélioration progressive de la condition des paysans au XVIIIe siècle
II. FRANÇAIS DES VILLES
A. Hiérarchies sociales nouvelles et anciennes
B. La diffusion des idées nouvelles
Manuel p.234-261
Introduction
La société française d’Ancien Régime est constituée de trois ordres, hérités des oratores, bellatores, laboratores de la société médiévale : le clergé, la noblesse et le tiers état, définis juridiquement par Charles Loyseau dans son Traité des ordres et simples dignités (1610) et dotés de droits différents -Schéma p.239 + Sociétés d’ordres. Vocabulaire p.238. Sa structure n’est pour autant ni complètement homogène, ni complètement figée : en effet, au sein de chaque ordre, les inégalités sont importantes ; par ailleurs, il existe des mobilités sociales, même limitées ; enfin, de fortes tensions opposent les différentes composantes de la société[1].
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, marqués par l’émergence de l’État moderne, le mouvement des Lumières et le développement des sciences, on assiste à des transformations profondes dans les villes et les campagnes françaises, accompagnées de nouvelles tensions.
Comment la société d’ordres se transforme-t-elle aux XVIIe et XVIIIe siècles ?
I. Français des champs
A. Le poids de la fiscalité et des droits féodaux sur le monde paysan
Exercice 4.2.1639. La révolte des Nu-pieds et la condition paysanne- Cet épisode historique -PDP p.242-243 nous renseigne sur la manière dont la fiscalité -Vocabulaire p.238, pèse sur la paysannerie française -doc.2 p.237. Taxes payées par la paysannerie au XVIIIe siècle, et sur les tensions qui en découlent. En effet, les deux premiers ordres bénéficiant de privilèges fiscaux[2] Vocabulaire p.238, le tiers état, et surtout les paysans, supporte l’essentiel de la fiscalité royale, croissante en ces temps d’affirmation de l’État, à laquelle s’ajoute une fiscalité seigneuriale héritée du Moyen-Âge, en nature et en argent -Redevances seigneuriales. Vocabulaire p.238. Dans ces conditions, il est logique que de nombreuses révoltes populaires éclatent -Carte 1 p.236. Les révoltes populaires du XVIIe siècle.
B. L’amélioration progressive de la condition des paysans au XVIIIe siècle
Peu à peu, les progrès en agronomie favorisent de meilleures récoltes et une croissance démographique[3]. Les outils et les techniques se perfectionnent, les terres cultivables s’étendent et de nouvelles cultures font leur apparition (maïs, pommes de terre). On assiste à l’émergence d’une paysannerie aisée, à l’image des laboureurs, ces paysans propriétaires de leurs terres et de l’équipement moderne pour les exploiter. Néanmoins, pour le plus grand nombre, la condition paysanne reste fragile et exposée à des crises récurrentes, qui entraînent la multiplication des révoltes à part des années 1760 -doc.4 p.237. Les révoltes populaires au XVIIIe siècle.
II. Français des villes
A. Hiérarchies sociales nouvelles et anciennes
PDP p.244-245. Riches et pauvres à Paris- Dans les villes françaises et en particulier à Paris, les inégalités sont criantes et les hiérarchies sociales connaissent de profondes mutations. En effet, au XVIIe et plus encore au XVIIIe siècle, les hiérarchies traditionnelles perdurent, mais elles subissent l’émergence de hiérarchies nouvelles :
- Essor de la bourgeoisie issue du droit (avocats, notaires), du commerce maritime, de l’industrie, etc. Cette bourgeoisie enrichie imite les pratiques sociales de la noblesse : modes vestimentaires, pratiques alimentaires, équipements domestiques, etc.
- Évolution de la noblesse, qui voit cohabiter l’ancienne noblesse d’épée avec la plus récente noblesse de robe, tandis qu’une partie de cette élite sociale investit dans l’industrie naissante et le commerce lointain.
Ces évolutions sont particulièrement sensibles dans les villes portuaires comme Bordeaux, qui connaissent un développement spectaculaire fondé sur le commerce du vin, des produits de l’économie de plantation (sucre, café, cacao…) -PDP p.250-251 Les ports français et le développement de l’économie de plantation et de la traite.
B. La diffusion des idées nouvelles
La ville est par excellence le lieu de la circulation des savoirs et des idées nouvelles, par l’édition et la formation bien sûr, mais aussi par de nouvelles pratiques sociales, qui se développent au XVIIIe siècle :
- À Paris, les cafés, lieux de sociabilité quotidienne qui accueillent des débats passionnés[4], se multiplient tout au long du XVIIIe siècle[5]. Un des plus anciens, et le plus célèbre, s’appelle le Procope -doc.1 p.246. Le café Procope vers 1779. Fondé en 1686, il est assidument fréquenté par des philosophes comme Voltaire, Montesquieu et Diderot.
- PDP p.248-249. Les salons parisiens au XVIIIe siècle- Les salons réunissent des personnalités influentes, des artistes, des philosophes, etc -doc.3 p.249. Un salon de gentilhomme. Quand ils sont tenus par des femmes (comme Mme de Tencin -Biographie p.248), ils leur permettent de participer à la vie « du monde », mais aussi à la vie culturelle, et même politique.
Conclusion
Révisions p.256-258
Exercices p.259-261
[1] Entre paysans riches et moins riches, entre bourgeois et travailleurs des villes, entre noblesse de robe et noblesse d’épée, entre la monarchie et la noblesse, etc.
[2] Le clergé verse chaque année une contribution libre au roi et les nobles peuvent combattre au service du roi, mais les uns comme les autres sont exemptés d’impôts.
[3] La population française progresse de 20 à 28 millions d’habitants entre 1600 et 1789.
[4] …à tel point qu’ils sont souvent fréquentés par les « mouches », les espions de la police.
[5] 400 en 1725, plus de 2000 à la veille de la Révolution.


