TS - Thème 2 / Grandes puissances et conflits dans le monde depuis 1945 - Question 1 / Les chemins de la puissance. Les Etats-Unis et le monde depuis 1945 / La Chine et le monde depuis 1949

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Plan

I. LES ETATS-UNIS ET LE MONDE DEPUIS 1945

 A. PENDANT LA GUERRE FROIDE, LES ETATS-UNIS DANS LE CAMP ET A LA TETE DU MONDE LIBRE

   1. Un engagement total

   2. L’instauration d’une économie-monde étatsunienne et l’affirmation d’une puissance complète

 B. LES ETATS-UNIS ET LE MONDE APRES LA GUERRE FROIDE : LES QUESTIONS DU LEADERSHIP

   1. Le bref moment unipolaire ou l’illusion de l’Empire (1991-2001)

   2. Les États-Unis à la recherche d’un nouveau leadership

 

II. LA CHINE ET LE MONDE DEPUIS 1949

 A. LA PERIODE MAOISTE (1949-1976)

   1. 1949-1956 : l’enracinement du pouvoir du PCC

   2. Deux campagnes meurtrières

   3. La fin du règne de Mao

 B. LES NOUVEAUX CHEMINS DE LA PUISSANCE (DEPUIS 1976)

   1. La Chine des réformes (1978-2000)

   2. La Chine, puissance montante du XXIème siècle

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Manuel p.66-131

Introduction

Contexte et repères p.68-69, cartes p.70-71 : Les États-Unis et le monde pendant la guerre froide ; les États-Unis et le monde au XXIème siècle- Ces deux États, bien que fort différents l’un de l’autre, forment aujourd’hui deux pôles majeurs du système mondial. Il s’agira ici de s’interroger sur les origines et sur l’évolution, les étapes, et les manifestations de la puissance des États-Unis et de la Chine, afin de proposer à partir de cette étude une réflexion sur la notion de puissance au début du XXIe siècle.

Comment la notion de puissance telle que nous la considérons aujourd’hui est-elle forgée par l’exemple des États-Unis depuis 1945 ?

Peut-on dire que la Chine, à l’issue d’un parcours très différent, incarne désormais elle aussi cette notion ?

I. Les États-Unis et le monde depuis 1945

Manuel p.66-99

On s’accorde communément à considérer le XXème siècle comme « le siècle américain »[1], mais c’est la fin du second conflit mondial qui amorce une évolution conduisant les États-Unis à se doter d’une puissance complète et globale sans précédent, jusqu’à la situation actuelle, marquée par une remise en cause de leur domination.

Cela pose la question des origines, de l’évolution, des étapes, et des manifestations de la puissance des États-Unis. Cela interroge également la notion de puissance au XXème siècle et au début du XXIème siècle.

Comment la notion de puissance est-elle modelée et transformée au XXème siècle par les États-Unis ?

A. Pendant la guerre froide, les États-Unis « dans le camp et à la tête du monde libre »

Cours 1 p.72, « L’affirmation de la puissance américaine (1945-1950) » + Cours 2 p.74, « Une superpuissance de la guerre froide ».

Cours 1A p.72, Les États-Unis, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale- Au lendemain du conflit se produit un tournant majeur dans la politique des États-Unis au XXème siècle : sortis vainqueurs et renforcés de la Seconde Guerre mondiale[2], dominant un monde en ruines, auréolés de leur image de défenseurs de la liberté et pénétrés du sentiment qu’ils représentent le meilleur modèle de développement économique et social, ils « assument » leur puissance et s’engagent dans la marche du monde –Citation p.72. C’est ainsi que la « destinée manifeste »des États-Unis, concept formulé au XIXème siècle pendant le processus de formation territoriale des États-Unis, change d’échelle et trouve sa traduction contemporaine.

1. Un engagement total

Lorsqu’éclate la guerre froide, les États-Unis interviennent dans le cadre de la politique d’« endiguement », leur priorité devenant dès lors de contrecarrer l’influence de l’Union soviétique.

La guerre froide (« Expression popularisée par le journaliste américain Walter Lippmann en 1947. Elle synthétise l’impossibilité d’affrontement entre États-Unis et Union soviétique, deux nations nucléaires » -Vocabulaire p.74[3]), qui n’oppose jamais les deux « grands » dans un conflit militaire direct[4] est à appréhender comme un affrontement multiforme (à la fois confrontation idéologique et choc de puissances) d’intensité variable, dans un contexte de peur et de diabolisation de l’adversaire. Si ce conflit alterne périodes de tensions[5] et de détente (« duopole » américano-soviétique pendant la détente), on notera que tout au long de la période (1947-1991), l’engagement des États-Unis contre le communisme est total, qu’il s’inscrive :         

  • Cours 1C p.72, Les États-Unis, leaders du monde libre- à ses débuts, sous la présidence Truman (1945-1953) –Biographie p.72, dans la théorie du containment (« politique officielle des États-Unis à partir de 1947 pour faire barrage à l’essor du communisme » -Vocabulaire p.72 + doc.3 p.73, La doctrine Truman) laquelle se traduit entre autres : 1/ dans la « pactomanie », c’est-à-dire la mise en place d’une stratégie visant à encercler le bloc soviétique en multipliant les alliances militaires (ANZUS, OTAN –doc.2 p.73, Le Pacte atlantique (1949)…, OTASE, Pacte de Bagdad…) et les bases militaires dans les zones « de contact » entre les deux blocs –doc.2 p.75, Le Pacifique, « lac américain » (1947-1989) ; 2/dans un interventionnisme militaire assumé, que ce soit en Europe (blocus de Berlin, 1948-1949 –doc.1 p.80, L’Europe en ruines au lendemain de la guerre) ou en Asie (Guerre de Corée, 1950-1953) ;
  • pendant la coexistence pacifique (1953-1962), dans la paranoïa exprimée durant la période du MacCarthysme (1950-1954)[6], dans la fermeté manifestée par Kennedy –Biographie p.81 lors de la construction du mur de Berlin (1961) ou lors de la crise de Cuba (1962), dans la course aux armements[7] et à l’espace[8] -doc.2 p.82, La politique spatiale (1961) ;
  • Paragraphe B p.74, Le leadership américain remis en question (milieu des années 1960 - fin des années 1970)- pendant la détente (1962-1975), où la mise en place du « duopole » n’empêcha pas l’entêtement étatsunien dans le long conflit vietnamien, en vertu de la « théorie des dominos » –avec un résultat désastreux, malgré les contestations internes au camp occidental[9] et un recul global de leur influence dans le monde, particulièrement auprès du tiers-monde–vocabulaire p.74 (Nicaragua, Iran, Afrique…) ;
  •   Paragraphe C p.74, le leadership retrouvé- sous la présidence Reagan (1979-1987)[10], dans la relance de la course aux armements et dans le soutien inconditionnel apporté à des régimes et des mouvements peu recommandables[11], pour peu qu’ils soient anti-communistes…

Au 25 décembre 1991, quand l’Union soviétique disparaît, la guerre froide, déjà bien apaisée par l’arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au Kremlin (1985)[12], s’achève. Cette victoire couronne le « siècle américain », et certains n’hésitent pas à y voir une « fin de l’histoire »[13], sous « l’Empire bienveillant »[14] de l’unique superpuissance (« hyperpuissance » -Vocabulaire p.76 : terme inventé par le ministre français des affaires étrangères, Hubert Védrine. Il rend compte de l’exceptionnelle avance prise par les États-Unis sur les autres pays au lendemain de la guerre froide).

2. L’instauration d’une économie-monde étatsunienne et l’affirmation d’une puissance complète

Au-delà des seuls objectifs stratégiques de la guerre froide, les États-Unis assurent la promotion de la libre entreprise, du libre-échange et de la démocratie libérale.

Étude 1 p.78-79, « En 1945, les architectes du nouvel ordre mondial »- Ainsi, le nouvel ordre mondial engagé dans la foulée de la création de l’ONU –doc.1 p.78, La déclaration de l’Europe libérée… + doc.5 p.79, Le siège des Nations unies… assied-il durablement la puissance économique et financière étasunienne : les accords de Bretton Woods[15] -doc.4 p.79, Le regard d’un historien sur la conférence de Bretton Woods consacrent la suprématie de la seule monnaie alors convertible en or, le dollar –doc.1 p.74, Les réserves en or des États-Unis, 1945-1970. La création du FMI, de la Banque mondiale[16] et du GATT achève de dessiner le cadre d’une économie-monde étatsunienne[17]. Dans le même ordre d’idée, le plan Marshall (« Programme d’aide à la reconstruction des pays européens, proposé par le secrétaire d’État George Marshall en 1947. Il leur octroie des crédits et la fourniture de matériel et d’experts » -Vocabulaire p.72 + doc.4 p.73, Une affiche française en faveur du plan Marshall (1947) + doc.3 p.80, Qui bénéficie du plan Marshall ? + Sujet Bac p.97) proposé aux alliés d’Europe occidentale en 1947, bénéfique pour leur reconstruction, offre aux États-Unis de nouveaux débouchés commerciaux et une forme de contrôle sur la politique économique de ses partenaires.

La force économique et financière des États-Unis leur permet de développer toutes les autres facettes d’une puissance complète : militaire –doc.4 p.75, Le président Eisenhower et le système militaire américain (1961), technologique, mais aussi culturelle à travers le « soft power »[18] et l’attractivité de l’« american way of life » -doc.3 p.75, Simone de Beauvoir et le modèle américain.

B. Les États-Unis et le monde après la guerre froide : les questions du leadership

Cours 3 p.76, « Depuis 1991, la seule puissance mondiale ? »

1. Le bref moment unipolaire ou l’illusion de l’Empire (1991-2001)

La disparition de l’Union soviétique laisse les États-Unis seule puissance incontestable. Mais la guerre froide achevée, la pax americana ne règne pas pour autant. En réalité, la fin de l’Union soviétique gêne les États-Unis autant qu’elle les place dans une position unique[19] : la première guerre du Golfe (1991)[20] semble confirmer le rôle des États-Unis comme « gendarmes du monde », en charge de l’établissement d’un nouvel ordre mondial –Cf. Vocabulaire p.76, « Enlargement » : -ou doctrine Clinton. Elle consiste à promouvoir dans le monde l’économie de marché, la démocratie et le respect des droits de l’homme...

Pendant cette période, les États-Unis semblent exercer un leadership mondial et pratiquer un interventionnisme « au nom du droit » -doc.1 p.77, Les principales interventions militaires américaines… mais à géométrie variable : ainsi leur forte implication au Moyen-Orient, qui permet d’aboutir aux accords d’Oslo entre Palestiniens et Israéliens[21] contraste avec le retrait hâtif de Somalie[22] ; de même, la Maison-Blanche, après s’être tenue à l’écart, prend finalement en main le dossier de l'ex-Yougoslavie[23] -doc.2 p.77, Les États-Unis impliqués dans le conflit yougoslave… Rapidement, ce leadership rencontre des difficultés : impasse des négociations israélo-palestiniennes[24], imprécations contre les « États voyous » (rogue States), vagues d'anti-américanisme et de violences[25]

2. Les États-Unis à la recherche d’un nouveau leadership

Confrontés à un monde désormais multipolaire[26], les États-Unis prétendent incarner à eux seuls le nouvel ordre mondial dans une posture résolument unilatérale[27], puis explorent d’autres voies.

a. Le temps de l’unilatéralisme

Étude p.86-87, Les États-Unis en guerre contre le terrorisme- Les attentats du 11 Septembre 2001 révèlent et font advenir un changement profond dans les relations de Washington avec le reste du monde.

Ces attentats contre le World Trade Center à New York –doc.1 p.86, L’attentat du World Trade Center et le Pentagone à Washington, tout en marquant un passage à un nouvel âge du terrorisme[28], suscitent une immense émotion dans le monde occidental : quand l'administration américaine déclare la guerre au terrorisme –doc.2 p.86, G. W. Bush réagit aux attentats du 11 septembre 2001, c’est avec l’approbation du Conseil de sécurité, et la solidarité des membres de l’OTAN[29].

L'autre effet de ces attentats est d’ouvrir un changement profond dans les relations entre Washington et le monde. Alors qu'au cours de ses premiers mois, l’administration G. W. Bush –Biographie p.86 ne semblait guère s'intéresser aux relations internationales, tout change le 11 Septembre 2001. À ses yeux, la lutte contre le terrorisme relève d’un « choc des civilisations »[30] et nécessite une liberté d'action totale des États-Unis, qui ne veulent plus être entravés par aucune contrainte internationale, même dans l'emploi de la force. C’est dans le discours de G. W. Bush sur l’état de l’Union[31] du 29 janvier 2002 que cette pensée est formulée de la manière la plus claire. Et c’est dans cet état d’esprit qu’à la suite de la guerre d'Afghanistan, les États-Unis développent la notion d’emploi de la force à titre préventif[32], en l’occurrence contre l'Irak de Saddam Hussein, avec l'objectif affiché d’instaurer plus largement un ordre nouveau au Moyen-Orient, fondé sur la démocratie, la défense des libertés et les droits de l'homme.

Accusé de complicité avec Al Qaeda, mais surtout de produire des armes de destruction massive et de chercher à se doter de l’arme nucléaire, Bagdad dément et accepte que des inspecteurs de l'AIEA[33] (qu'il avait expulsés en décembre 1998) viennent contrôler la nature de son armement. G. W. Bush recherche l'accord des pays membres du Conseil de sécurité, mais, confronté à l'opposition de la France, de l'Allemagne et de la Russie, il décide, avec le Royaume-Uni, de se passer de l’ONU. La guerre est rondement menée (20 mars-30 avril 2003) et l'armée de Saddam Hussein facilement mise en déroute[34], mais la doctrine américaine d'action préventive met profondément en cause le système de sécurité collective et la place de l'ONU dans le système international et soulève une vague de protestation mondiale.

b. À la recherche du Smart Power : changement de paradigme

Le bref moment unipolaire fait place à une ère de doute et de remise en cause. Si la puissance se jauge à la faculté d'imposer aux autres pays ses propres volontés, il est indéniable que les États-Unis connaissent un affaiblissement, mesurable par de nombreux indices convergents[35]. Faut-il aller jusqu'à évoquer le déclin de l'Empire américain ?

Comme Fareed Zakaria[36], Joseph S. Nye[37] propose une autre interprétation : la position hégémonique des États-Unis diminuerait sous l'effet d'un ensemble de facteurs (concurrence commerciale, enlisements militaires, défiance politique, etc.), mais plutôt qu'en termes de déclin, il conviendrait de comprendre la fin de la toute-puissance en la replaçant dans le nouveau contexte d'interdépendances et de multipolarité. Plus aucune puissance (les États-Unis pas plus qu'aucune autre) ne peut plus s'imposer isolément, sans prendre en considération le point de vue des autres nations. Pour J. Nye, les États-Unis doivent s’appuyer sur leur capacité à convaincre les autres pays sans utiliser exclusivement la force. Les relations internationales ne fonctionneraient plus sur le mode de la coercition, mais sur celui de la cooptation : l'image positive d'un État, son degré d'ouverture, l'exemplarité de son comportement, l’attractivité de sa culture sont déterminants. Les États-Unis ne peuvent plus maîtriser seuls la mondialisation, et doivent adapter leur leadership.

Les mandats de Barack Obama –Biographie p.87 mettent un terme à ce que les détracteurs de George W. Bush désignaient sous le nom de cow-boy diplomacy. Pour l’administration démocrate, l'influence américaine ne doit plus recourir à une géostratégie manichéenne. Le leadership américain doit s'adapter à un monde de plus en plus complexe et multipolaire, marqué par des interdépendances multiples, et où la menace a changé de nature. Le 30 mars 2009, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton annonce l’abandon de la terminologie belliciste (« guerre contre le terrorisme », « guerre contre la terreur », etc.). Avec l’administration Obama, les États-Unis changent de paradigme et adoptent une stratégie de politique extérieure fondée sur la restauration de l'image positive des États-Unis –doc.3 p.87, Au Caire, Barack Obama s’adresse au monde musulman (2009) et sur la prise en compte du multilatéralisme : d’où la doctrine du smart power (« puissance intelligente »)[38], au service d’un « nouveau leadership américain » ; d’où également les expressions de leading from behind[39] et d’« hégémonie discrète »[40].

II. La Chine et le monde depuis 1949

Manuel p.100-131

Photo p.100, Chronologie p.102-103, Cartes p.104-105- La situation de la Chine est très différente de celle des États-Unis. Elle s’inscrit en effet dans une évolution originale qui la mène, de révolution en révolution[41], d’une situation de sous-développement économique et de mise sous tutelle politique à une position économique (et, de plus en plus, politique) mondiale de premier plan.

Comment la Chine, affaiblie et dominée par les puissances étrangères au début du XXème siècle, est-elle (re)devenue en quelques décennies une grande puissance mondiale ?

A. La période maoïste (1949-1976)

 Cours 1 p.106, La recherche d’une voie chinoise (1949-1978)- La première moitié du XXème siècle se caractérise par la dépendance de la Chine vis-à-vis des puissances étrangères[42]. La victoire des Communistes en 1949[43] fait entrer le pays dans une nouvelle période, marquée par la construction d’un État fort et par une quête de puissance à travers la reconquête de la souveraineté et le développement d’une influence en Asie.

Bien que l'organisation du Parti communiste chinois (PCC) soit supposée collégiale et démocratique, le prestige de Mao Zedong –Biographie p.113 et son habileté lui permettent d'imposer ses vues -d’où la notion de période « maoïste ».

1. 1949-1956 : l’enracinement du pouvoir du PCC

a. De la « Nouvelle Démocratie » au modèle soviétique

Le PCC a gagné la guerre civile en ralliant la population à son programme dit « Nouvelle Démocratie », dont les grandes orientations avaient été définies par Mao Zedong dès janvier 1940. Selon cette ligne modérée,

  • le PCC a pour vocation de prendre la tête d'une alliance entre toutes les classes progressistes de la société : même la bourgeoisie participe au processus révolutionnaire ;
  • les libertés individuelles doivent être respectées ;
  • pour rassurer la bourgeoisie et les petits entrepreneurs, la collectivisation ne concerne initialement que l'industrie lourde et le secteur bancaire.

Mais tandis qu’un rétablissement économique spectaculaire s'opère[44], les coups commencent bientôt à pleuvoir sur la petite bourgeoisie, dans le cadre de la campagne dite des « Trois Contre »[45], puis celle des « Cinq Contre »[46] (1951-1952).

Dans le même temps, la Chine se met à l'école de l'Union soviétique (qui fournit des prêts et des experts), et fait le choix d'une économie planifiée : le premier plan quinquennal, qui débute en 1953, privilégie l'industrie lourde et les infrastructures de transports et sacrifie le monde rural[47] -doc.2 p.110, Hommage funèbre à Staline.

b. Vers une société totalitaire

Dans les campagnes, la réforme agraire qui s'engage de 1949 à 1952 s’attache, par une redistribution des terres accompagnée de violences, à briser les élites locales traditionnelles (propriétaires fonciers, paysans riches) et à assurer la fidélité des paysans pauvres aux cadres locaux du Parti.

Par la loi du 1er mai 1950 sur le mariage qui légalise le divorce et instaure le libre consentement des époux, le Parti communiste s'attaque au caractère patriarcal de la société chinoise. C'est un pas important fait vers l'émancipation des femmes… et en même temps une étape indispensable à la mise en place d'une société totalitaire strictement encadrée :

  • l'endoctrinement commence dès l'enfance dans les organisations de jeunesse ;
  • l’encadrement des masses rurales est assuré par les coopératives ;
  • dans les villes, l’encadrement des individus revient à l'unité de travail (danwei) qui fournit logement, salaire, permet l'accès aux soins médicaux et aux rations de nourriture (le danwei exerce aussi une surveillance étroite sur ses membres, y compris dans leur vie privée) ;
  • la mobilité est encadrée par l'instauration d'un passeport limitant les déplacements à l'intérieur du pays (le hukou) ;
  • la répression a largement recours aux camps de rééducation par le travail (l’équivalent chinois du goulag : le laogai).

En 1954, la Chine se donne une Constitution calquée sur le modèle soviétique. Le Parti est partout, il contrôle tout et aucune opposition n'est tolérée[48]. La censure sévit. Après avoir encouragé les intellectuels à exercer un droit de critique lors de l'épisode des Cent Fleurs (1956-1957), la campagne antidroitière lancée le 8 juin 1957 réprime les imprudents qui avaient fait entendre une voix discordante[49].

c. Les premiers pas de la puissance

Quand la République populaire de Chine est proclamée en 1949, elle n'est reconnue que par les pays communistes. Mao Zedong signe un traité par lequel l'URSS accorde à la Chine sa protection militaire. Tournant le dos à la mer, la Chine redevient rapidement une puissance régionale :

  • Elle restaure dès 1950 l’intégrité de son territoire continental, en reprenant le Tibet par la force –Carte 1 p.104, La Chine en 1949-1951, et en récupérant par la négociation des territoires frontaliers avec l’Union soviétique.
  • Elle intervient en Asie : 1/ en soutenant le parti communiste indochinois d’Ho Chi Minh pendant la guerre d'Indochine (1946-1954) ; 2/ en envoyant des troupes en Corée contre les États-Unis en 1950 –doc.4 p.111, La propagande pendant la guerre de Corée (1950-1953).

Dans un second temps, elle s’émancipe de la tutelle soviétique. Cette rupture s’explique par la persistance de différends frontaliers, par la volonté soviétique de maintenir la Chine dans une situation de dépendance[50] et par la déstalinisation engagée par Khrouchtchev en février 1956 –Carte 1 p.104, La Chine en 1949-1951[51]. À partir de 1958, la Chine sort de l'orbite soviétique –doc.5 p.111, Les affrontements sino-soviétiques dans les années 1960-1970 et s’affirme à la fois comme une puissance indépendante, et comme un leader du tiers-monde[52] et des non-alignés –Troisième voie : vocabulaire p.106 + doc.1 p.107, Zhou Enlai à la Conférence de Bandung et du camp communiste. De fait, dans les années 1960, le rayonnement du modèle chinois est loin d’être négligeable[53] -Étude p.112-113, Mao, icône controversée du communisme chinois + Étude p.114-115, L’influence chinoise dans les pays des Suds.

2. Deux campagnes meurtrières

Doc.4 p.113, Un bilan du Grand Bond en avant et de la Révolution culturelle- Dans ce contexte, le Grand Bond en avant et la révolution culturelle –Vocabulaire p.106 doit être considéré comme une tentative de frayer une voie originale vers le socialisme. En effet, un des traits caractéristiques du maoïsme consiste dans une vision de la Révolution non comme une phase transitoire mais comme un état permanent[54]. C’est dans cette perspective qu’il faut considérer la période 1949-1976 comme une série de mobilisations des masses destinées à ranimer l'élan révolutionnaire.

a. La plus grande famine de l'histoire chinoise : le Grand Bond en avant

Doc.3 p.110, L’annonce du « Grand Bond en avant » (1955)- Le Grand Bond en avant, politique menée entre 1958 et 1961, vise à accélérer le développement économique du pays pour l'amener vers le communisme. En rupture avec le modèle de l'industrialisation « par le haut », qui avait été mis en place avec l'aide des techniciens soviétiques, cette politique mise sur la mobilisation de l'ensemble d'une population galvanisée par l'idéologie et le culte de la personnalité[55]. Réquisitionnés par des travaux d'infrastructures ou accaparés par les célèbres « petits hauts-fourneaux »[56], les paysans sont obligés de délaisser les travaux des champs et les récoltes.

En résulte une totale désorganisation de la production, et une des famines les plus terribles de l'histoire chinoise (environ 30 millions de morts). Pire : la remontée de rapports issus des échelons régionaux de l'administration rivalisant d'exagération concernant les chiffres de la production diffère considérablement la prise de conscience du désastre. Mao Zedong apparaît de plus en plus coupé des réalités dans sa résidence luxueuse de Pékin, et ses visites sur le terrain sont de simples mises en scène orchestrées par le Parti. Dans ce contexte, Liu Shaoqi, président de la République depuis 1959, se pose de plus en plus comme un successeur potentiel de Mao, dont le prestige a été entamé par le fiasco du Grand Bond.

b. Le désastre de la Révolution culturelle

Pour affirmer une « voie chinoise » dans l’édification du socialisme, mais aussi et surtout pour stopper la montée en puissance de la ligne pragmatique incarnée par Liu Shaoqi, Mao Zedong lance la jeunesse contre les intellectuels et les fonctionnaires du Parti en mai 1966 –doc.4 p.107, Les débuts de la Révolution culturelle : la Révolution culturelle –vocabulaire p.106 représente ainsi une projection dramatique sur l'ensemble de la société des luttes internes au plus haut niveau de l'appareil politique. Avec les encouragements de Mao, les campus se soulèvent violemment. La Révolution culturelle prend rapidement l'aspect d'une lutte à de multiples niveaux. C'est un affrontement intergénérationnel : les gardes rouges, des adolescents ou de très jeunes adultes fanatisés[57], s'en prennent à tous les détenteurs d'une autorité tels que cadres du Parti, professeurs, etc.

Sur le plan économique et social, la désorganisation est patente. Des dommages irréparables sont causés[58], des intellectuels sont humiliés et maltraités[59]. Le nombre de morts causés par la Révolution culturelle est estimé entre 1 et 3 millions.

Une nouvelle fois, le pays est à genoux, mais Mao Zedong triomphe : Liu Shaoqi, jeté en prison dès 1967, y meurt en 1969, victime de mauvais traitements[60]. Doc.1 p.110, « La pensée de Mao est la plus grande ! »- Le culte de la personnalité devient délirant et toute opposition au pouvoir personnel de Mao a été balayée : il est, plus que jamais, le maître du pays. Pour mettre un terme à l'anarchie et affaiblir les factions de gardes rouges, il organise à partir de 1969 l'envoi massif des « jeunes instruits » dans les campagnes[61].

3. La fin du règne de Mao

Après la mort de Lin Biao[62], un courant radical (la « Bande des Quatre » : Jiang Qing, la femme de Mao, Zhang Chunqiao, Wang Hongwen et Yao Wenyuan) et une faction plus modérée (Zhou Enlai et Deng Xiaoping) s’affrontent.

Durant ces années, les relations avec l'URSS se détériorent encore, tandis qu’un rapprochement se dessine avec les États-Unis. D'abord timide (l’équipe de ping-pong américaine est invitée à Pékin en 1971), il s’affirme avec la visite du président Nixon en février 1972, qui avait permis à la Chine populaire de récupérer (dès octobre 1971) le siège occupé depuis 1949 par Taïwan au Conseil de sécurité des Nations unies.

À la mort de Mao (9 septembre 1976), la Chine semble arrêtée dans son développement. Elle a réussi à devenir une puissance politique avec une certaine légitimité internationale, mais n'est pas encore une puissance économique. Pour lui succéder, Deng Xiaoping[63] -Biographie p.108, grâce à sa connaissance intime de l'appareil politique du Parti (et malgré sa mise à l’écart pendant la révolution culturelle), s’impose progressivement comme successeur de Mao et entame une politique d’ouverture et de conversion progressive à l'économie de marché en 1978.

B. Les nouveaux chemins de la puissance (depuis 1976)

Cours 2 p.108, Depuis 1976, une affirmation progressive de la puissance- La mort de Mao Zedong (1976) ouvre une ère nouvelle. En une trentaine d’années, la Chine acquiert un statut de puissance économique et financière mondiale. Elle se donne désormais pour objectif de dépasser la puissance des États-Unis, auxquels elle se heurte de plus en plus dans les domaines économique et diplomatique.

1. La Chine des réformes (1978-2000)

a. Ouverture économique, politique de l'enfant unique

Citation p.108 + doc.2 p.109, Le programme de Deng Xiaoping (1982)- La politique des réformes économiques se traduit, dans les années 1980, par la décollectivisation du secteur agricole, l’abandon de la planification et l’installation progressive d’une économie de marché : pour qualifier ce nouveau système économique, le PCC invente le concept de « socialisme de marché » –Vocabulaire + citation p.108. Le primat du politique disparaît[64] : l'objectif prioritaire consiste désormais dans les « quatre modernisations » (agriculture, industrie, sciences et forces armées) –Vocabulaire p.108. L'ouverture aux investissements étrangers est dans un premier temps limitée aux Zones économiques spéciales (ZES) –Vocabulaire p.108 situées sur la côte, où des conditions très favorables sont offertes pour attirer technologies et capitaux[65]. La Chine connaît alors une forte croissance[66] -doc.3 p.109, Le développement économique de la Chine depuis 1978, portée par une très importante industrie de biens de consommation[67] destinés à l’exportation qui emploie une main-d’œuvre bon marché, abondante et docile[68].

L'adoption d'une politique volontariste de maîtrise de la croissance démographique marque un autre tournant majeur en 1979, avec la politique de l'enfant unique, qui parvient à ralentir une inquiétante explosion démographique[69].

b. Le tournant de Tian’Anmen

Doc.1 p.109, La répression de la place Tian’anmen- En 1989, les étudiants prennent la tête d’un mouvement contestataire et réclament une démocratisation politique (la « cinquième modernisation »). Ils dénoncent également la corruption dans les rangs de l'administration et du PCC. L’expression la plus symbolique du mouvement est l'occupation, à la mi-avril 1989, de la place Tiananmen, au cœur de Pékin, à côté des principaux centres du pouvoir. Après quelques semaines, le mouvement est réprimé dans un bain de sang (1800 morts) par l'armée durant la nuit du 3 au 4 juin. S’ensuit une reprise en main radicale de la société, qui représente un moment décisif : si les réformes économiques se poursuivent et même s'accélèrent à partir de 1992[70], il n'est pas question de concéder des libertés politiques.

En fait, le PCC fait un pari (gagnant jusqu'à présent) : la prospérité, fruit d'une accélération des réformes, contribue à minimiser l'expression des mécontentements. Par ailleurs, il reprend la main en matière de propagande :

  • en mettant en avant une rhétorique antioccidentale ;
  • en abandonnant la rhétorique révolutionnaire au profit du nationalisme.

Après Deng Xiaoping, la promotion des dirigeants s'effectue selon un processus qui, n'a évidemment rien de démocratique mais qui exclut désormais les violences physiques. Après les mandats de Jiang Zemin[71] et Hu Jin tao[72], il peut être considéré comme à peu près rodé : le numéro un désigné cumule les fonctions de secrétaire général du PCC et la présidence de la République. Après deux mandats de cinq ans, il s'efface. C'est ainsi que le nouveau président, Xi Jinping, a été investi lors du dernier congrès du PCC (le 18ème) à l'automne 2012.

c. Fin XXème siècle, une politique étrangère de plus en plus active

La Chine obtient la rétrocession de la possession britannique de Hong Kong (1997) et de la colonie portugaise de Macao (1999)[73]. Ces deux rétrocessions ont été un incontestable succès, d’autant plus que les autorités chinoises ont veillé à ne pas tuer la poule aux œufs d'or, en faisant bénéficier Hong Kong et Macao d'un cadre légal spécifique (selon la doctrine « Un pays, deux systèmes »)[74].

2. La Chine, puissance montante du XXIème siècle

Dans un ordre mondial profondément renouvelé après la fin du monde bipolaire, dominé désormais par les logiques de marché, et à l'issue de plus de trente années de réformes chinoises, la croissance économique exceptionnelle de la Chine a permis son émergence en tant que nouvelle puissance asiatique et mondiale.

a. L'émergence d'une grande puissance économique...

La Chine s'est urbanisée, un exode rural colossal[75] drainant plus de 200 millions de personnes, principalement vers les grandes villes de la côte.

Le maintien d'un fort taux de croissance économique annuel (environ 10%) a décuplé le PIB depuis 1978, permettant à la Chine de dépasser en 2010 le Japon pour devenir la seconde économie du monde derrière les États-Unis[76], et d’améliorer le niveau de vie de la population –de manière très inégale.

Son modèle de développement reposait jusqu'à présent sur la production de biens de consommation à faible valeur ajoutée destinés à l'exportation[77]. Désormais, la Chine s'efforce, avec succès, d'effectuer une montée en gamme : non contente de devenir par exemple aujourd'hui premier producteur mondial d'acier, d'aluminium, de ciment ou d'automobiles, elle produit, grâce à des transferts de technologies bien négociés et à l’investissement dans la R&D, des ordinateurs, des trains à grande vitesse et des avions.

b. ...aux faiblesses multiples

Faiblesses économiques, sociales, environnementales
  • La forte dépendance de l’économie chinoise aux débouchés des marchés nord-américain, japonais et européen la rend vulnérable à un retournement de la conjoncture mondiale comme à une montée des protectionnismes.
  • La concurrence de pays d'Asie aux coûts salariaux encore très faibles (Vietnam, Bangladesh) commence à se faire sentir.
  • L'enrichissement d'une élite et l'émergence d'une classe moyenne urbaine s'accompagnent du creusement des inégalités sociales entre catégories sociales comme entre régions littorales et intérieures, etc.
  • Des dommages irréparables ont été causés à l'environnement par l'usage massif d'engrais et de pesticides, l'industrialisation à outrance, l’essor de la consommation et le laxisme avec lequel la réglementation, quand elle existe, est appliquée[78].
Faiblesses politiques

Sur le plan politique, malgré certaines concessions[79], le régime reste autoritaire, et la mainmise du parti sur la société incontestée[80]. Quelques progrès vers un État de droit ont été faits, mais il n'y a pas de séparation des pouvoirs.

Les médias restent très contrôlés, y compris Internet. Le PCC continue à réprimer avec force toute forme d'organisation échappant à son contrôle[81].

c. Au-delà de la puissance économique

À l’échelle régionale, un acteur incontournable

 La Chine nie toute volonté hégémonique en Asie, mais elle s'y positionne comme une puissance régionale incontournable. Ainsi, elle y défend ses intérêts au sein d'alliances régionales comme l'Organisation de coopération de Shanghai ou de l'ASEAN[82] à laquelle elle est associée. Elle intensifie aussi depuis peu ses relations commerciales avec l'Océanie (achat de matières premières, notamment à l’Australie).

Le sort de Taïwan est une des préoccupations principales de la politique étrangère de la Chine populaire qui clame sa souveraineté sur l'île. Les entreprises taïwanaises ont beaucoup investi sur le continent depuis les réformes et les deux économies sont de plus en plus étroitement liées. Pékin mise sur cette interdépendance et sur le temps : une réunification par la force semble donc exclue, et le statu quo devrait perdurer à moyen terme.

Aujourd'hui, les frontières terrestres chinoises sont globalement fixées[83], mais les litiges restent vifs à propos des frontières maritimes en mer de Chine (avec le Japon essentiellement, mais aussi les Philippines et le Vietnam) à propos de la souveraineté sur certaines îles : îles Senkaku (Diaoyu en chinois) [84], îles Spratley, îles Paracels.

À l’échelle mondiale, une superpuissance en devenir ?
Le soft power chinois

Étude 5 p.118, Le soft power chinois- La Chine affirme de plus en plus son soft power. L'organisation réussie des Jeux olympiques de Pékin de 2008 –doc.2 p.118, L’ouverture des JO de Pékin (2008) et de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010 ont offert l’occasion au régime de présenter le visage d'un pays puissant et en voie de modernisation rapide. Le développement des instituts Confucius[85] -Carte 1 p.118, Les instituts Confucius en 2010 à travers le monde témoigne également de cette volonté d'affirmer une présence culturelle[86].

La Chine conçoit les communautés de Chinois d'outre-mer[87] comme un levier de sa puissance et saisit chaque occasion de mobiliser sa diaspora : celle-ci doit se sentir redevable de la Chine et contribuer par conséquent à son développement.

Un leader des « Sud »

Étude 3 p.114-115, L’influence chinoise dans les Suds- Depuis les années 1990, à mesure que croissent ses moyens financiers, la Chine renforce ses positions. Les excédents commerciaux qui lui ont permis de constituer d'immenses réserves de change s'avèrent une arme diplomatique redoutable[88] pour étendre son influence :

  • Parce qu’elles ont permis à la Chine de constituer un important fonds souverain.
  • Parce qu’elles ont permis l’essor des IDE chinois ; ceux-ci ont été multipliés par six entre 2004 et 2010, pour dépasser les 300 milliards de dollars. Avec les grandes compagnies minières et pétrolières d’abord[89], puis avec le rachat de sociétés étrangères par les entreprises chinoises[90].
  • Parce qu’elles permettent de financer une politique d’aide au développement, notamment à destination de l’Afrique.

La Chine prend en effet une part de plus en plus importante dans la vie économique des pays d’Afrique, multipliant les partenariats pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières, particulièrement dans le domaine énergétique.

Renforcement et modernisation du potentiel militaire

Les dépenses militaires de la Chine sont en hausse constante depuis les années 1990 ; son budget militaire est aujourd'hui le deuxième du monde[91]. Cela suscite l'inquiétude des États voisins, ainsi que des États-Unis.

Conclusion

La Chine est dorénavant l'une des principales puissances mondiales. Son retour sur la scène internationale et la force de son développement économique ont été parmi les facteurs majeurs de recomposition des équilibres mondiaux après la fin du fractionnement bipolaire qui a dominé le monde au XXème siècle. L'émergence chinoise nous fait entrer de plain-pied dans un nouveau siècle, qui, au-delà des oppositions idéologiques d'hier, remet aussi en question des lectures ancrées depuis longtemps dans nos esprits : empire américain, domination des pays industrialisés, suprématie de la modernité occidentale. Dans un monde où l'augmentation des interdépendances économiques s'accompagne de nouvelles tensions et revendications identitaires, le poids de la Chine, plus encore que celui du Japon, place l'Asie orientale comme un partenaire décisif de notre propre avenir.

Débat p.122-123, États-Unis vs Chine : quel basculement des puissances ?


[1] Cf. dans le programme de 1ère, le passage progressif d’une économie-monde britannique (1850-1945) à une économie-monde étatsunienne (1945-1991).

[2] Le conflit n’a pas affecté le territoire étatsunien (hormis Pearl Harbour), et les pertes sont certes importantes (300.000 morts), mais sans commune mesure avec celles des autres belligérants (par exemple l’Union soviétique compte 25 millions de morts). Surtout, il ne faut pas perdre de vue que c’est l’effort de guerre qui a effacé les séquelles de la crise de 1929 (plus encore que le New Deal) en relançant l’économie et en annihilant le chômage.

[3] Cf. la formule du philosophe français Raymond Aron : « paix impossible, guerre improbable ».

[4] Mais les conflits « périphériques » sont légion.

[5] Cf. blocus de Berlin (1948-1949), guerre de Corée (1950-1953), crise de Cuba (1962)

[6] Le maccarthysme est un épisode connu également sous le nom de « Peur Rouge » (Red Scare) et qualifié fréquemment de « chasse aux sorcières » (witch hunts). Il s'étend de 1950, l'apparition du sénateur Joseph McCarthy sur le devant de la scène politique américaine, à 1954, le vote de censure contre McCarthy. En 1953-1954, la commission présidée par McCarthy traqua d'éventuels agents, militants ou sympathisants communistes aux États-Unis dans une ambiance anticommuniste et paranoïaque. Source : Wikipédia.

[7] Les Américains bénéficient du monopole nucléaire en 1945, mais les Soviétiques se dotent de cette technologie en 1949 ; alors qu’en 1951, les États-Unis inventent l’explosif thermonucléaire (la « bombe H »), les Soviétiques y parviennent en 1952, instaurant dans le monde un « équilibre de la terreur ».

[8] Les Soviétiques prennent une longueur d’avance en plaçant les premiers en 1957 un satellite en orbite, le Spoutnik et en envoyant en 1961 le premier homme dans l’espace, Youri Gagarine.

[9] Cf. la « politique de grandeur » de la France du Général de Gaulle qui manifeste bruyamment son indépendance vis-à-vis des États-Unis, ou les mouvements révolutionnaires en Amérique latine.

[10] Cf. « America’s back ! », ou encore « the Devil Empire ».

[11] Dictatures militaires latino-américaines, régime d’apartheid en Afrique du Sud, contras nicaraguayens, combattants islamistes d’Afghanistan…

[12] L’Union soviétique et les États-Unis connaissent à partir de 1985 une nouvelle période de « réchauffement » de leurs relations : ils signent alors des accords de désarmement nucléaire (Accords de Washington en 1987, accords START en 1991).

[13] C’est le propos de Francis Fukuyama (Cf. programme de 1ère)

[14] Pour Robert Kagan –à lire : cet article sur la question.

[15] Les accords de Bretton Woods dessinent les grandes lignes du système financier international en juillet 1944. Leur objectif principal fut de mettre en place une organisation monétaire mondiale et de favoriser la reconstruction et le développement économique des pays touchés par la guerre (source : Wikipédia)

[16] Sur ces deux organisations au cœur du processus de la mondialisation, Cf. programme de géographie, Thème 3, question 1.

[17] Au sujet de l’économie-monde étatsunienne, Cf. programme de 1ère, Thème 1, Question 1.

[18] Sur l’expression « Soft Power », voir les travaux de Joseph Nye (Soft Power, 2004) : lire à ce sujet son interview donnée à France-Culture en 2010.

[19] En mai 1988, Georgyi Arbatov, conseiller de Mikhaïl Gorbatchev, annonçait à ses homologues américains : « Nous allons vous rendre le pire des services : vous priver d'ennemi. »

[20] Cf. programme de 1ère ES/L, Thème 2, Question 2.

[21] Cf. programme de TES/L, Thème 2, Question 2.

[22] Sitôt élu (2012), le président Clinton –Biographie p.76 met un terme à l’opération Restore Hope en Somalie, et se tient longtemps à l’écart du premier conflit Yougoslave (1991-1995).

[23] Intervention militaire en Bosnie en 1994 (Cf. programme de 1ère S, ici)

[24] …qui débouche sur la « seconde Intifada » en 2000.

[25] Attentats contre les ambassades en Tanzanie et au Kenya, août 1998.

[26] Montée en puissance des « émergents » (Chine, Inde, Brésil), concurrence des autres pôles de la Triade (notamment l’UE), ambitions de puissance russe (fin de l’ère Eltsine), développement des pôles hostiles au leadership américain (en Afrique, en Amérique latine, au Moyen-Orient…), etc.

[27] Unilatéralisme : politique étrangère d’un État qui refuse toute concertation avec ses alliés ou avec la communauté internationale –Vocabulaire p.76.

[28] Ils expriment un terrorisme singulier dans ses objectifs, ses moyens et ses effets. Les objectifs visés sont symboliques (l'emblème du commerce international et le siège de la puissance militaire), les moyens utilisés combinent le recours aux avions et le sacrifice de martyrs ; les effets se reflètent dans le nombre de victimes (environ 3 000 morts), c'est-à-dire dans la destruction de masse. Cf. dans le programme de 1ère ES/L, ici.

[29] L’ennemi désigné est le régime taliban au pouvoir en Afghanistan depuis 1996 et protecteur de l'organisation islamiste Al-Qaïda dirigée par Oussama Ben Laden, un Saoudien fanatique. La campagne militaire (« Justice sans limite », rebaptisée « Liberté immuable »), d’octobre à novembre 2001 est un succès, qui débouche sur le déploiement, sous mandat de l'ONU, d'une force internationale chargée d'assurer la sécurité (International Security Assistance Force, ISAF) à Kaboul et dans sa région, et à instituer un gouvernement intérimaire rassemblant toutes les factions afghanes. Après un long enlisement malgré l’implication massive des États-Unis (100°000 boys au plus fort des combats), les derniers soldats américains ont quitté l’Afghanistan le 18 décembre 2011, avec des pertes évaluées à 2000 hommes. Ici encore, Cf. le cours de 1ère ES/L, ici.

[30] Dans Le Choc des civilisations (1996), Samuel Huntington, professeur à Harvard, annonçait le passage d'un monde caractérisé par des oppositions idéologiques (entre communisme et capitalisme) à un monde marqué par des clivages civilisationnels. Il en veut pour preuve la résurgence des sentiments identitaires, que ce soit dans le monde musulman, en Asie ou en Europe orientale. Il estime que c'est l'islam qui explique l'échec de la démocratie dans la majeure partie du monde musulman. À l'inverse, les cultures issues du christianisme favoriseraient la prospérité et la démocratie.

[31] Le discours sur l'état de l'Union (State of the Union address) est un évènement annuel où le président des États-Unis présente son programme pour l'année. Ce discours est prononcé à Washington au Capitole, où les deux chambres (la Chambre des représentants et le Sénat) sont réunies (Source : Wikipédia).

[32] La thèse de Samuel Huntington nourrit la vision du monde de l'administration républicaine. Ainsi, le document définissant la notion de guerre préventive (National Security Strategy 2002) évoque les alliés de la terreur comme des « ennemis de la civilisation ». Cf. « L'Amérique a été prise pour cible parce qu'elle est le phare le plus brillant de la liberté et de la possibilité d'entreprendre dans le monde » (G. W. Bush, 20 septembre 2001)

[33] AIEA : Agence internationale de l'énergie atomique, organisme indépendant agissant sous l’égide de l’ONU chargée de promouvoir les usages pacifiques de l’énergie atomique et d’en contrôler les usages militaires.

[34] À la suite de cette victoire, Washington crée en mai 2003 une « coalition des volontaires », force de stabilisation internationale d'une quinzaine de pays, chargée sous l'égide des États-Unis de sécuriser la reconstruction de l'Irak… L’opération Iraqi Freedom ne tarde pas à tourner au « bourbier », et l’avenir du pays reste incertain.

[35] Le retrait des troupes d'Irak puis d'Afghanistan démontre l’incapacité étatsunienne de l'emporter par la force des armes. Le 6 août 2011, la dégradation de la note des États-Unis (perte du triple A) par l'agence Standard & Poor's remet en cause l’immunité financière américaine. Les révélations du site WikiLeaks montrent la difficulté pour l'État américain de conserver les secrets de son armée et de sa diplomatie. Après la Révolution égyptienne, c’est à Pékin –et non à Washington- que le nouveau président Mohamed Morsi réserve sa première visite officielle.

[36] Fareed Zakaria, The Post-American World, 2008

[37] Joseph Nye, Bound to Lead. The Changing Nature of American Power, 1991

[38] On entend par smart power une combinaison raisonnée de soft et de hard power. Dans le modèle de J. Nye, un pays ne peut être puissant sur la scène internationale qu'en opérant une combinaison habile de « hard » et de « soft power », afin de mobiliser un pouvoir qualifié d’« intelligent », le « smart power ». Hillary Clinton, dès son accession au titre de Secrétaire d'État, se réfère, dans son tout premier discours, au « smart power » tel que le conçoit Nye et confirme ainsi les orientations données par Barack Obama dans son discours de politique générale, où les notions de « soft » et « smart power » occupaient une place essentielle. Au XXIème siècle, la théorie de Machiavel, selon laquelle mieux vaut pour un prince d'être craint que d'être aimé, n'est plus d'actualité ; aujourd'hui, la juste position consiste à être simultanément une figure de menace et de séduction.

[39] B. Obama, 2011. Cf. http://politique-etrangere.com/2011/07/18/manifest-destiny-leading-from-behind-quel-avenir-pour-la-diplomatie-americaine-obama/

[40] Cf. Courrier international, http://www.ladocumentationfrancaise.fr/informations/espace-presse/communiques-de-presse/cp000258-etats-unis.-vers-une-hegemonie-discrete

[41] « …celle de Mao Zedong, en 1949, qui instaure une République populaire, l’étatisation de l’économie et la dictature du Parti communiste ; celle de Deng, en 1979, qui a fait de la Chine un pays où le capitalisme triomphe, mais pas la démocratie. » -E. Izraelewicz, Chine, de la Révolution à la naissance d’un géant, 2013

[42] Depuis le XIXème siècle, Européens, Américains et Japonais ont imposé leur influence à la Chine.

[43] Après la défaite japonaise (1945), une guerre civile oppose de 1944 à 1949 les communistes dirigés par Mao Zedong –Biographie p.113 aux nationalistes du Guomindang dirigés par Tchang Kaï-Chek. Malgré le soutien des États-Unis, Tchang Kaï-Chek est vaincu et contraint à l’exil sur l’île de Taïwan, où il fonde la République de Chine, tandis que Mao Zedong proclame la République populaire de Chine (1er octobre 1949).

[44] L'inflation est jugulée, à la grande satisfaction de la population.

[45] Ou « Trois Anti » : anticorruption, antigaspillage, antibureaucratie.

[46] Ou « Cinq Anti » : pots-de-vin, fraude fiscale, détournements de biens publics, escroqueries dans les contrats passés avec l'État et obtention illicite d'informations économiques auprès de l'État.

[47] En dépit de la rhétorique officielle qui fait des paysans le fer de lance de la Révolution, la livraison des récoltes se fait à des prix fixés exagérément bas.

[48] Il existe bien des partis politiques « alliés » (qui perdurent jusqu'à aujourd'hui), comme la Ligue démocratique, mais ce n'est qu'une fiction de démocratie.

[49] La campagne des Cent fleurs se déroule de février à juin 1957. Mao, pour rétablir son autorité sur le Parti, affaiblie depuis le VIIIe Congrès, appelle à une « campagne de rectification ». Le principe est de redonner une certaine liberté d'expression à la population, tout particulièrement aux intellectuels, pour critiquer le Parti. La campagne des Cent fleurs est l'histoire d'« une comédie qui va se muer en tragédie » (Jean-Luc Domenach). En effet, le Parti réagit à la contestation en lançant une répression féroce qui fera plusieurs centaines de milliers de victimes emprisonnées, déportées et parfois exécutées. (Source : Wikipédia)

[50] Les dirigeants chinois reprochent aux Soviétiques de ne pas leur fournir toute l'assistance technique et financière dont ils ont besoin, notamment pour se doter de l’arme nucléaire –dont elle disposera finalement dès 1964.

[51] Mao Zedong apprécie peu les remises en cause du culte de la personnalité et du pouvoir personnel, qui pourraient fort bien s'appliquer à lui.

[52] Sa présence lors de la conférence de Bandung (1955) puis son ralliement aux non-alignés –non-alignement : vocabulaire p.241 annoncent déjà le rôle de chef de file qu'elle entend jouer auprès des nouveaux pays décolonisés.

[53] Cf. manuel Nathan p.241 : « Son audience internationale est exceptionnelle, Mao incarnant l'espoir révolutionnaire des années 1960. Pour de nombreux intellectuels et étudiants déçus par l'URSS, la Chine maoïste est le laboratoire d'une société égalitaire brisant les hiérarchies élitistes. Pour les ressortissants du tiers-monde, elle se présente comme un modèle de développement autonome adapté aux contraintes des pays pauvres, restés ruraux et faisant face à une forte croissance démographique ».

[54] Cf. la notion de « révolution permanente », initialement théorisée par Marx, réinterprétée par Trotsky puis Mao, entre autres.

[55] L'enthousiasme révolutionnaire est censé aplanir toutes les difficultés techniques. Le Grand Bond en avant pousse à l'extrême la logique de la collectivisation dans le monde rural : toutes les terres et tous les biens sont mis en commun dans le cadre des communes. Les repas ne sont plus préparés et consommés dans les familles, mais dans des cantines collectives (Cf. article Wikipédia).

[56] …qui, du reste, produisent un acier inutilisable.

[57] Témoignages et mémoires de cette période troublée… Lire : http://weibo.blog.lemonde.fr/2014/01/13/en-chine-le-repentir-de-lancienne-garde-rouge-enragee/

[58] …destruction de temples, de livres, d'œuvres d'art, etc.

[59] Cf. le célèbre écrivain Lao She, poussé au suicide en 1966. À lire : « Vie et mort de Lao She racontées par son fils », Libération, 25 juin 1998

[60] Lin Biao, dont la servilité à l'égard de Mao semble absolue, est alors désigné comme son successeur.

[61] En dix ans, plus de 17 millions de jeunes gens resteront en moyenne six ans à la campagne pour, selon la phraséologie du moment, « apprendre des masses ». Une génération entière (à laquelle appartiennent par exemple les prix Nobel de littérature Gao Xingjian et Mo Yan ou encore le réalisateur Zhang Yimou) en a été profondément marquée.

[62] Le 13 septembre 1971, dans des conditions rocambolesques. Longtemps présenté comme un traître, il est réhabilité en 2007.

[63] Il dirigera la Chine jusqu’en 1992.

[64] Cf. le fameux dicton repris par Deng Xiaoping : « Peu importe qu'un chat soit blanc ou noir, s'il attrape la souris, c'est un bon chat » (1960)

[65] NB : un part importante des investissements réalisés en Chine proviennent de Hong Kong, de Taïwan et des Chinois d'outre-mer.

[66] NB : une partie de l'essor économique de cette époque constitue un rattrapage des années de la Révolution culturelle.

[67] Dans un premier temps, il s’agit de biens courants destinés à l’exportation ; la « montée en gamme » sera postérieure.

[68] Il n'est bien sûr pas question de syndicats indépendants…

[69] La barre du milliard d’habitants n'est franchie qu'au début des années 1980. En 2011, la population chinoise s'élevait à 1,347 milliard.

[70] Début d’une vague de privatisations.

[71] Jiang Zemin : président de la République populaire de Chine entre 1993 et 2003

[72] Hu Jin Tao : président de la République populaire de Chine du 15 mars 2003 au 14 mars 2013.

[73] L'île de Hong Kong étant devenue une propriété de la couronne britannique à l'issue de la première guerre de l'opium et du traité de Nankin qui y mettait fin en 1842.

[74] De cette façon, leur retour dans son giron ne s'est traduit ni par un exode de population, ni par des fuites de capitaux, ni par un ralentissement économique. À lire : Hong Kong et Macao, modalités d’une rétrocession réussie… ce qui n’empêche pas certaines tensions, comme lors de la « révolution des parapluies » de l’automne 2014.

[75] À découvrir, parmi 24 documentaires multimédia, un portrait édifiant… et émouvant : « Zhang, une jeunesse chinoise » : http://www.france5.fr/portraits-d-un-nouveau-monde/#/theme/chine/zhang-une-jeunesse-chinoise/

[76] En termes de PIB par habitant, en revanche, la Chine reste loin derrière les pays occidentaux et le Japon (5430 dollars en 2011 contre plus de 40000 au Japon).

[77] Grâce à sa politique d'ouverture, la Chine a intégré tous les organismes financiers internationaux : FMI et Banque mondiale en 1980-1981, OMC en 2001.

[78] Seize des vingt villes les plus polluées du monde se trouvent en Chine. À lire, Le Monde, 21 octobre 2013, « En Chine, Harbin paralysée par la pollution »

[79] L’automne 2013 est marqué par des annonces fortes : assouplissement de la politique de l’enfant unique, abolition du Hukou, fermeture des laogai.

[80] Le PCC, tout puissant, voit ses effectifs dépasser aujourd'hui les 80 millions. Le terme de « communiste » ne doit plus faire illusion : adhérer au PCC concrétise surtout une réussite sociale (40% des entrepreneurs en sont membres).

[81] Cf. la lutte contre le Falungong (mouvement syncrétique prônant une doctrine moralisatrice, messianiste et apocalyptique ainsi que la pratique de la méditation et de techniques corporelles) depuis la fin des années 1990. Comptant des dizaines de millions de membres, excellant à utiliser les techniques les plus modernes de communication, ce mouvement est perçu comme une intolérable menace.

[82] ASEAN : Association des nations de l'Asie du Sud-Est (10 membres : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Viêt Nam, Laos, Birmanie, Cambodge)

[83] Accord avec le Vietnam en 1999, la Russie en 2004. Des différends demeurent néanmoins avec l’Inde au sujet du Tibet.

[84] La Chine s'oppose au Japon à propos de la souveraineté sur les îles Senkaku (en japonais / Diaoyu (en chinois). La décision récente du Japon de nationaliser ces îles, rachetées à leurs propriétaires privés, a été interprétée comme une provocation par Pékin.

[85] Depuis 2004, les instituts Confucius ont pour but est de diffuser la langue et la culture chinoises. Ils sont environ 700, répartis dans environ 100 pays, dont une quinzaine en France.

[86] Le soft power chinois s'affirme par d'autres voies comme le cinéma ou la mode. Le secteur des dessins animés est qualitativement en net progrès et on peut parier sur des succès à l'exportation dans les années qui viennent.

[87] Soit environ 35 millions de personnes en 2011.

[88] En 2010, elles s’élevaient à 2850 milliards de dollars.

[89] Investissements dans des pays en voie de développement et en Australie au début des années 2000.

[90] Certaines de ces opérations sont très médiatisées, comme l'acquisition de la branche d'IBM fabriquant des ordinateurs par le groupe chinois Lenovo en 2005, qui fait de ce dernier l'un des leaders mondiaux du secteur.

[91] Par exemple, son premier porte-avions est entré en service en septembre 2012