1S - Thème 1 / Croissance et mondialisation depuis 1850 - Question 1 / Croissance économique et mondialisation depuis le milieu du XIXème siècle

Plan

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I. LA CROISSANCE ECONOMIQUE ET SES DIFFERENTES PHASES DEPUIS 1850

 A.       « REVOLUTION INDUSTRIELLE » OU « PREMIERE INDUSTRIALISATION » ?

   1.       En 1850, une première industrialisation inégalement avancée

   2.       D’importantes variantes nationales

 B.       LE TEMPS DE LA « DEUXIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE » (1880-1973)

   1.       1880-1914 : naissance des technologies du XXème siècle

   2.       La civilisation de masse (1914-1973)

 C.       APRES 1974, RALENTISSEMENT DE LA CROISSANCE ET « TROISIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE »

   1.       Le ralentissement de la hausse de la productivité

   2.       L’augmentation du chômage et la « troisième révolution industrielle »

II. MONDIALISATION : LES ECONOMIES-MONDE SUCCESSIVES

 A.       AU XIXème SIECLE, « BRITANNIA RULES THE WAVES »

   1.       Le Royaume-Uni : centre de l'économie mondiale au XIXème siècle

   2.       Le décrochage de l'économie britannique à partir des années 1870

 B.       L’ECONOMIE-MONDE ETATSUNIENNE (1945-1989)

   1.       Les fondements de l’économie-monde américaine

   2.       Après la Seconde Guerre mondiale : affirmation de la superpuissance étatsunienne

   3.       Au cœur de l’économie-monde, une ville globale : New-York

 C.       L'ECONOMIE-MONDE MULTIPOLAIRE

   1.       Une nouvelle phase de la mondialisation

   2.       Permanences : la puissance économique des États-Unis et de la Triade perdure

   3.       Mutations : l’émergence de nouvelles puissances

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Manuel p.16 à 41

Introduction

Présentation p.16-17- Cette question traite des mutations de l’économie mondiale depuis le milieu du XIXème siècle. Sur cette longue période, on observe un mouvement de fond de croissance, rythmé par la succession des « économies-monde » et les étapes de la mondialisation.

Comment croissance économique et mondialisation se nourrissent-elles mutuellement ?

I. La croissance économique[1] et ses différentes phases depuis 1850

Comment la croissance économique mondiale évolue-t-elle de 1850 à nos jours ?

A. « Révolution industrielle » ou « première industrialisation » ?

On désigne communément par « révolution industrielle »les mutations des économies et des sociétés de l’Europe de l’Ouest et des États-Unis entre 1750 et 1880. L’expression, déjà banale au XIXème siècle, a le mérite de souligner la transformation profonde des économies, de l’organisation du travail, des modes et des cadres de vie des sociétés occidentales. Mais à la notion de « révolution industrielle » l’historiographie récente préfère celle de « première industrialisation[2] », qui met davantage l’accent sur les continuités que sur les ruptures.

1. En 1850, une première industrialisation inégalement avancée

a. À l’origine, l’expansion et la diversification des marchés : une « révolution des consommateurs »

Contrairement à ce que les premiers historiens de l’industrialisation ont pu penser, l’impulsion première n’est pas venue d’une vague d’inventions spontanées : les inventions qui ne répondent pas un besoin économique ne deviennent pas des innovations[3]. La « Révolution industrielle » repose d’abord sur de nouveaux produits correspondant aux changements de comportement du consommateur[4]. En Grande-Bretagne, le phénomène entraîne dès la fin du XVIIIème siècle une évolution des infrastructures commerciales, quand dans les villes s’installent des boutiques présentant les marchandises dans des devantures vitrées pour tenter le passant.

Le processus d’imitation de modes vestimentaires éphémères, restées jusqu’alors limitées à la haute société, s’infiltrait des classes supérieures aux classes moyennes, grâce à l’essor des cotonnades (les « indiennes ») qui, moins coûteuses, permettaient de diversifier et renouveler plus fréquemment les garde-robes. Avec cette « révolution des consommateurs » (XVIIIème-XIXème siècles), naît le désir d’acheter, de posséder des biens autres que ceux liés à la simple survie, et qui comportent une part de rêve et de symbolique sociale (désir d'imitation des classes supérieures par les classes moyennes)[5].

La structure sociale joue alors un rôle déterminant : ce sont les classes moyennes qui représentent un marché pour les industries nouvelles, comme en Angleterre dès le XVIIIème siècle, puis progressivement dans le reste du monde occidental[6].

b. Mutation des modes de production

Dans un premier temps, l’augmentation de la production s’est faite sans modification des techniques de fabrication : la productivité[7] du travail industriel augmente peu ; on a simplement mis en œuvre des quantités croissantes de travail, dans un cadre « proto-industriel » reposant sur le travail rural à domicile[8]. Puis survient le changement qualitatif désigné par l’expression « révolution industrielle », qui consiste en une double mutation : 1) la mécanisation, 2) la concentration des travailleurs dans des usines. À la croissance extensive succède une croissance intensive.

La mécanisation

Les inventions les plus importantes concernent trois secteurs : le textile, la sidérurgie et la production de l’énergie mécanique.

En 1733, John Kay invente la navette volante[9], qui double la vitesse du tissage. Pour répondre à cette innovation, en 1764, Hargreaves invente la spinning jenny, une machine permettant de filer plusieurs fils en même temps. Le water frame d’Arkwright reprend en 1769 le même principe, mais actionné par une force mécanique (moulin à eau, puis machine à vapeur[10]). Les métiers à tisser mécaniques apparaissent dans les années 1780.

Dans la sidérurgie, l’innovation majeure consiste à substituer le coke[11] au charbon de bois comme combustible pour fondre le minerai de fer. Abraham Darby y parvient en 1709, ce qui facilite la fabrication en grande quantité d’un acier de qualité. Ce processus ne se généralise néanmoins qu’au cours du XIXème siècle.

La machine à vapeur devient utilisable comme moteur industriel avec les améliorations apportées dans les années 1780 par James Watt, qui augmentent le rendement énergétique et convertissent le mouvement alternatif en mouvement circulaire : son utilisation pour le transport devient désormais possible. Les premiers bateaux et les premières locomotives à vapeur apparaissent dans les années 1810.

En s’appuyant sur ces innovations, le « cercle vertueux de la croissance » se met en place au cours du XIXème siècle : la mécanisation, qui répond à une demande que le système proto-industriel peinait à satisfaire, augmente la productivité du travail et diminue le prix du produit, le rendant accessible à des catégories sociales nouvelles, jusqu’à ce que la consommation du produit atteigne sa saturation, même dans les classes populaires[12].

La mise en place progressive du factory system (« système usinier »)

L’entrée dans l’âge industriel se traduit par le passage du travail dispersé au travail groupé en usine, avec des horaires et une discipline du travail[13]. La concentration en usines répond à la fois à des nécessités techniques et au désir de contrôler la main-d’œuvre et la qualité du produit.

2. D’importantes variantes nationales

Le phénomène d’industrialisation s’est accompagné d’une convergence des sociétés, qui se ressemblent de plus en plus au cours du XIXème puis du XXème siècle. Mais cela n’empêche pas les spécificités des développements nationaux –doc.4 p.19, Croissance du PIB et de la productivité.

a. Spécificité de la voie britannique

Elle est unique parce qu’elle est la première. Forte de son avance économique, commerciale, bancaire et technologique par rapport au continent, la Grande-Bretagne a été le seul pays à s’industrialiser dans un monde non encore industrialisé.

En Angleterre, les villes industrielles, comme Manchester ou Birmingham ont poussé comme des champignons, avec une croissance sauvage, sans plan d’urbanisme et sans infrastructure sociale. Elles étaient insalubres, malsaines et un sous-prolétariat misérable s’y entassait. Le pays le plus riche du monde était aussi caractérisé par l’ampleur de sa pauvreté[14].

b. Des adaptations aux caractéristiques nationales

Dans les autres pays, les modalités de l’industrialisation sont différentes. Par exemple, en France, l’usage des machines à vapeur était plus limité : l’industrialisation s’est faite avec le moulin à eau[15]. De même, aux États-Unis, la rareté de la main-d’œuvre stimule la mécanisation[16] : dès le milieu du XIXème siècle, elle était en avance sur celle de la Grande-Bretagne.

B. Le temps de la « deuxième révolution industrielle » (1880-1973)

1. 1880-1914 : naissance des technologies du XXème siècle

Les années 1880-1914 ont fondé le XXème siècle. Après une forte expansion de 1830 à 1860, puis un ralentissement de 1873 à 1896[17], on assiste à un nouvel essor, marqué par la diffusion de l’industrialisation dans le reste de l’Europe et par un approfondissement technologique : électricité, turbine à vapeur, chimie, moteur à explosion…

a. Les acteurs de l’innovation

La recherche

Elle a connu au fil du XIXème siècle une transformation radicale :

  • internalisée aux grandes entreprises, elle s’est professionnalisée[18] ;
  • elle s’est institutionnalisée, avec le développement de l’enseignement scientifique (universités) et de l’enseignement technologique supérieur[19].
Les entreprises

Elles se présentent sous deux modèles dominants :

  • les entreprises de taille moyenne sous le contrôle direct de leurs propriétaires[20] ;
  • les très grandes entreprises, dirigées par des managers salariés (capitalisme managérial).
Les consommateurs et le marketing

Les inventeurs de nouveaux produits prospectent la frontière la plus avancée des désirs humains ; ils s’adressent dans un premier temps à des consommateurs « pionniers » à hauts revenus qui sont en quelque sorte des cobayes volontaires[21].

b. Les domaines de l’innovation

Le rôle de l’économie domestique

Au cours du XIXème siècle, avec la concentration des hommes dans les villes et l’amélioration des niveaux de vie, des modes de vie nouveaux se sont diffusés, au fur et à mesure de la mise au point des procédés de production de masse : la glace dans les logements, les produits textiles, le sucre, le chocolat, le journal, les produits liés aux nouvelles technologies se répandent :

  • Tâches ménagères : les réchauds et cuisinières à gaz étaient d’un usage courant début XXème siècle, l’industrie du froid s’était développée[22], et les premières machines à laver ainsi que les premiers aspirateurs se répandent après 1880[23]. Mais le premier appareil de consommation ménagère de large diffusion est la machine à coudre[24].
  • Éclairage : des progrès considérables sont enregistrés au cours du XIXème siècle, avec notamment la mise au point par Edison de l’ampoule à incandescence (1879) qui permet l’abandon progressif de l’éclairage au gaz.
Chimie et matériaux

Début XXème siècle, la chimie s’étend à l’ensemble des activités humaines : teintures synthétiques, engrais azotés, aluminium, premiers tissus synthétiques et matières plastiques (bakélite), produits d’hygiène et d’alimentation[25].

Transports, technologies de l’information et de la communication

Avant 1914, les transports de masse, plus sûrs, plus rapides[26], moins coûteux ont fait leur apparition dans le transport maritime[27] et dans le transport ferroviaire[28].

Les technologies de l’information et de la communication décollent après 1850 :

  •  les techniques de l’imprimerie et la photographie ont permis l’essor de la culture de masse : livre populaire, presse[29] ;
  •  le cinéma avait déjà en 1914 acquis ses lettres de noblesse[30] ;
  •  le phonographe, conçu en 1877 par Edison, enregistre quelques progrès, même si la reproduction du son reste rudimentaire ;
  •  les techniques de télécommunication connaissent un fort développement : 1/ l’extension mondiale des réseaux de télégraphie[31] accompagne l’essor du grand commerce maritime et des empires coloniaux ; 2/ le téléphone se déploie aux États-Unis puis en Europe[32] ;
  •  apparue dans les années 1890, la TSF (télégraphie sans fil) connaît d’importantes améliorations par Marconi, permettant à partir de 1906 de transmettre la voix : la radio était née ;
Naissance du fordisme

L’introduction de l’électricité dans le processus de mécanisation crée une rupture en faisant fonctionner des machines-outils plus précises, plus puissantes, plus aptes à la production de masse. La manifestation la plus spectaculaire de cette rupture est la conception aux usines Ford de Detroit de la première chaîne de fabrication d’automobiles (1913) –Étude p.20-21, Le fordisme[33], modèle productif du XXème siècle.

Sous l’impulsion de Ford, l’automobile à moteur à explosion est à sa naissance dans les années 1890 à peine plus qu’un jouet, rencontre un marché, appelé à un avenir planétaire. Le pas est franchi aux États-Unis avec la Ford T, la « voiture pour les masses », vendue à 15 millions d’exemplaires entre 1908 et 1927[34].

Le fordisme-taylorisme est bien plus qu’un mode d’organisation de la production : il est le fondement du capitalisme occidental jusqu’aux années 1970 et de la civilisation de masse[35].

2. La civilisation de masse (1914-1973)

Marquée par deux guerres mondiales, par une crise économique[36] qui déboucha dans les années 1930 sur un chômage industriel massif –Étude p.22-23, La crise de 1929[37], cette période s’achève au terme des Trente Glorieuses par le triomphe de la production et de la consommation de masse –Étude p.24-25, La France des Trente Glorieuses.

En multipliant les biens et les services mis à la disposition des individus, la société de masse répond au projet, formé dès le XIXème siècle, de construire un système social assurant au plus grand nombre le bien-être et la jouissance des fruits du « progrès », sous la forme de produits nouveaux. Parmi ces produits, figurent notamment les produits électroménagers et l’automobile –doc.2 p.19, Une production de masse.

Dans les Trente Glorieuses, la grande consommation inspirée de l'American Way of Life s'impose comme un moteur de la croissance économique : la généralisation du crédit et la publicité stimulent la consommation, les « grandes surfaces » -doc.2 p.24, L’essor de la consommation et la vente par correspondance contribuent à l’accroissement de la demande.

La répartition des dépenses des ménages évolue : baisse des dépenses alimentaires[38] et vestimentaires, émergence d'autres postes de dépenses[39]. Dans ce contexte, le caractère symbolique et onirique de la consommation est renforcé : il ne s'agit plus seulement de se faciliter la vie quotidienne mais aussi d'affirmer son appartenance à un groupe social, selon les mécanismes de la « distinction sociale »[40].

Encensée à ses débuts, la société de consommation est l’objet de critiques[41]. Les opinions publiques s’interrogent sur le prix de la croissance, accusée de gaspiller les richesses naturelles et d'aliéner la liberté des hommes en les livrant à un travail absurde débouchant sur des consommations toujours plus vaines -doc.5 p.19, Les limites de la croissance + doc.5 p.25, Les Trente Glorieuses vues par de Gaulle + doc.6 p.25, Des années pas si glorieuses ?

C. Après 1974, ralentissement de la croissance et « troisième révolution industrielle »

La crise économique de 1974, marquée par un net fléchissement de la croissance, a longtemps été interprétée comme un accident conjoncturel lié au choc pétrolier. On s’accorde aujourd’hui à considérer que ses causes sont davantage structurelles.

1. Le ralentissement de la hausse de la productivité

Un cercle vertueux avait porté l’économie la Seconde révolution industrielle : la hausse de la productivité entraîne l’accroissement des revenus réels et une augmentation de la demande, qui permet à des activités nouvelles, telles que les services, de se développer. En 1974, ce cercle vertueux est brisé.

L’ancien cercle vertueux semble avoir été remplacé par un cercle vicieux dans lequel une hausse insuffisante de la productivité ne permet pas aux revenus réels et à la demande d’offrir du travail à tous les demandeurs d’emploi : d’où une explosion du chômage.

2. L’augmentation du chômage[42] et la « troisième révolution industrielle »

Pour surmonter ces difficultés, il fallait approfondir et développer les technologies nouvelles. En effet, si l’emploi dans les secteurs manufacturiers de haute technologie (informatique, aéronautique, pharmacie, électronique…) s’est accru, il s’est en revanche réduit dans les industries à de main-d’œuvre (textile, alimentation, bois, industrie électrique…), principalement du fait de l’introduction de nouvelles méthodes de production. Ces évolutions correspondent à une recomposition du système technique et à la fin de l’ère du fordisme-taylorisme, que certains qualifient de « troisième révolution industrielle ».

II. Mondialisation : les économies-monde successives

Cours 2 p.26, Les étapes de la mondialisation + doc.1 p.26, L’essor des échanges + Mondialisation : vocabulaire p.26- La mondialisation est un processus géohistorique multiséculaire[43], nourri par l’urbanisation, l’essor des transports, l’essor des « économies-monde », la diffusion du système capitaliste à tout l'espace planétaire. « Fin de la préhistoire du monde »[44], la mondialisation se traduit dans l’espace mondial par une mise en relation et en interdépendance des différentes parties du monde, qui s’articulent en système.

Économie-monde : vocabulaire p.26- La notion d'économie-monde éclaire la genèse de l'économie mondialisée dans laquelle nous vivons. Une économie-monde est définie par Fernand Braudel[45] comme un espace économiquement autonome, constitué d’espaces politiques et culturels différenciés et hiérarchisés, qu’elle englobe sous la domination d’un « centre » constitué par une ville ou un État. Malgré cette hétérogénéité, elle possède un système propre qui la démarque de l’extérieur.

Appliquée au processus de mondialisation, la notion d'économie-monde renvoie à la capacité que possède un pays, à un moment donné, d'exercer une domination commerciale et financière à l'échelle du système-monde. Depuis les années 1850, plusieurs puissances ont été le centre de gravité de l'espace mondial : le Royaume-Uni au XIXème siècle, puis les États-Unis au XXème siècle. L'affirmation récente de puissances émergentes indique l'entrée dans une économie-monde multipolaire.

Comment le centre de gravité du monde se déplace-t-il depuis 1850 ?

A. Au XIXème siècle, « Britannia rules the waves »[46]

Paragraphe 1 p.26, L’Angleterre, atelier du monde au XIXème siècle + Dossier HDA p.30-31, L. Walden, peintre de la modernité industrielle + doc.1 p.27, Le port de Londres en 1841.

1. Le Royaume-Uni : centre de l'économie mondiale au XIXème siècle

a. au cœur des flux internationaux, à la tête d'un vaste Empire

À l'époque victorienne[47], le Royaume-Uni est le centre d'impulsion d'une grande partie des flux qui irriguent le monde :

  • population, vers les colonies de peuplement ou les « pays neufs ») ;
  • marchandises (produits primaires importés des colonies, produits manufacturés exportés dans le monde entier) et capitaux.

Grand angle p.28-29 : « L’économie-monde britannique »- Le Royaume-Uni possède un vaste Empire colonial réparti sur tous les continents (25% de la superficie terrestre et 450 millions d’habitants en 1914, soit 20% de l’humanité). Cet empire puis le Commonwealth offrent aux Britanniques des partenaires économiques précieux[48].

b. La première puissance commerciale

Berceau de la première révolution industrielle, zélateur du libre-échange[49], le Royaume-Uni concentre en 1860 53% de la production mondiale de fer et 25% des exportations alors qu’il ne représente que 2% de la population mondiale[50] ; les industries de la première révolution industrielle (charbon, fer, coton) en font la première puissance industrielle mondiale.

Le Royaume-Uni dispose de la première marine marchande du monde (60% du trafic mondial), et de ports situés sur les principaux axes maritimes (Alexandrie à proximité du Canal de Suez percé en 1869, Le Cap, Bombay, Singapour…) : il fait figure de « thalassocratie », avec une Merchant navy triomphante. Seule la marine marchande américaine peut prétendre la concurrencer[51].

c. La première puissance financière

Londres, capitale mondiale sans rivale, incarnation de l’âge industriel[52], est la capitale financière internationale (Cf. la City) : en 1913, près de la moitié des capitaux investis dans le monde sont britanniques. La livre sterling est la monnaie internationale de référence : en 1913, la moitié des transactions internationales s’effectuent en livres sterling.

2. Le décrochage de l'économie britannique à partir des années 1870

a. Grande dépression, érosion de l’avance technologique

La « Grande Dépression » des années 1873-1896 ébranle la suprématie britannique. Les Britanniques ont perdu le monopole de l'innovation (la deuxième révolution industrielle est largement impulsée par des innovations américaines ou allemandes), et leur domination commerciale est de plus en plus contestée par les États-Unis et l’Allemagne.

b. Déclin relatif de la puissance maritime

Tandis que les voiliers cèdent la place aux vapeurs[53], la Merchant Navy régresse de 60% à 50% du trafic –mais elle conserve son premier rang mondial. La marine marchande allemande, soutenue par des subventions publiques, progresse en tonnage et en performance : elle remporte le « ruban bleu » de 1897 à 1903. Pour relever ce défi, le gouvernement britannique subventionne en 1903 la construction par la Cunard du Lusitania[54], le plus grand paquebot du monde.

B. L’économie-monde étatsunienne (1945-1989)

Paragraphe 2 p.26, L’économie-monde américaine + Grand angle p.32-33

Les travaux d’Angus Maddison[55] montrent la forte croissance et la position des États-Unis tout au long du XXème siècle. En effet, l’essor de la puissance étatsunienne, sensible dès la fin du XIXème siècle, s’accentue après la Première Guerre mondiale du fait du déclin des puissances européennes, et plus encore après la Seconde Guerre mondiale, avec l’accession au rang de superpuissance dans le contexte de la guerre froide.

L’économie-monde étatsunienne est, conformément à la définition braudélienne, constituée d’un centre dominant (les États-Unis) et de périphéries plus ou moins intégrées (ses alliés), face au monde communiste.

1. Les fondements de l’économie-monde américaine

a. Des hommes, des territoires

Les États-Unis bénéficient d’un dynamisme démographique permanent : 25 millions d’habitants en 1850, 100 millions en 1915, 200 en 1960, 300 en 2006.

L’achèvement de la conquête d’un territoire immense permet l’exploitation de vastes ressources agricoles, minières et énergétiques. Fin XIXème siècle, l’essor industriel est spectaculaire. Les États-Unis, à l'origine d'innovations majeures[56], impulsent avec l’Allemagne la deuxième révolution industrielle. Cette capacité d'innovation leur permet de jouer un rôle pionnier dans les industries comme la construction automobile. Dès 1913, ils sont la première économie mondiale.

b. Un « modèle »

L’esprit pionnier[57], la foi dans la libre entreprise et la réussite individuelle déterminent un contexte propice à l’innovation. Dès l’entre-deux-guerres, le mode de vie étatsunien[58] exerce une attraction et une fascination à l’échelle mondiale : il est appelé à une diffusion planétaire après la Seconde Guerre mondiale.

2. Après la Seconde Guerre mondiale : affirmation de la superpuissance étatsunienne

a. Puissance financière et commerciale

Au lendemain du conflit, les États-Unis sont les premiers créanciers du monde[59], et leur domination financière sur l’économie-monde est incontestable :

  • les accords de Bretton Woods (juillet 1944) -Vocabulaire p.26, font du dollar la monnaie de référence du système monétaire international, seule monnaie convertible-or[60] jusqu’en 1971. Au FMI[61], fondé à la même occasion, les États-Unis détiennent à eux seuls une part déterminante des suffrages.
  • La bourse de Wall Street à New York (NYSE[62]) prend l’ascendant sur Londres.
  • Fondé en 1947, le GATT[63] (qui devient l’OMC[64] en 1995) a pour objectif de favoriser la libéralisation et le développement du commerce international.

b. Une puissance militaire et diplomatique au service de l’hégémonie économique

Pendant la Guerre froide (1947-1989), la puissance militaire et diplomatique renforce l'hégémonie économique. En 1948, le plan Marshall finance la reconstruction en Europe occidentale et permet aux entreprises américaines de s’y implanter. Elles y diffusent les produits américains, le mode de vie ainsi que les « valeurs » du modèle, qui s’opposent à celles de l’Union soviétique. Dès l’après-guerre, Les FMN (ou FTN[65]) étatsuniennes connaissent un essor spectaculaire et partent à la conquête des marchés mondiaux.

La course aux armements dans le contexte de la guerre froide stimule les innovations technologiques et renforce le complexe militaro-industriel : nucléaire, conquête spatiale, informatique[66].

Dans les années 1980, les États-Unis représentent 25% de la production mondiale des biens et des services pour 5% de la population mondiale : si l’avance s’est naturellement réduite depuis 1945[67], le leadership étatsunien demeure incontestable.

3. Au cœur de l’économie-monde, une ville globale : New-York

Après Londres, c’est New York qui s’affirme comme la ville mondiale par excellence. Une ville mondiale (ou ville globale[68]) est une ville qui exerce des fonctions stratégiques à l'échelle mondiale, un centre qui organise des flux et s'inscrit dans des réseaux, un pôle de commandement dans la mondialisation. Au cœur de la mégalopole nord-américaine, New York fait figure de centre d’impulsion de l’économie-monde et de pôle de diffusion du modèle de société de consommation.

La verticalisation de l’architecture urbaine est une des traductions spatiales les plus spectaculaires de ces mutations. Les centres-villes des métropoles étatsuniennes se couvrent de gratte-ciel (skyscraper) et prennent progressivement leur physionomie actuelle (CBD : Central Business District) : Cf. le Chrysler Building, symbolique de la puissance américaine et emblématique des mutations économiques et architecturales contemporaines).

C. L’économie-Monde multipolaire

Paragraphe 3 p.26, Une économie multipolaire + Grand angle p.34-35, « L’économie-monde multipolaire »

À la fin du XXème siècle, la fin de la guerre froide (1989-1991) semble couronner le « siècle américain », et une mondialisation synonyme d’américanisation… Mais la réalité est plus complexe, car c’est précisément le moment où un processus amorcé dans les années 1970 achève de dessiner un monde multipolaire, caractérisé par l’émergence de nouveaux acteurs, à la fois partenaires et concurrents des États-Unis.

1. Une nouvelle phase de la mondialisation

Le processus de mondialisation est entré dans une phase nouvelle, marquée par une circulation accélérée des marchandises, des capitaux et des informations :

  • sous l’effet du recul des barrières douanières, des progrès dans les transports (conteneurisation, réduction des coûts…), les flux de biens et de services ont pris une ampleur inédite doc.1 p.26, L’essor des échanges ;
  • idem pour les flux financiers : le flux annuel des IDE[69] passe ainsi de 25 milliards de dollars (années 1970) à 200 milliards (1990), puis 1 700 (2009).

La révolution à l'œuvre dans les technologies de l'information (internet –Carte 1 p.30 : « Équipement numérique et flux Internet », téléphonie mobile, etc.) joue un rôle déterminant dans ces évolutions. Cette phase nouvelle de la mondialisation se caractérise également par une interdépendance accrue entre les différentes composantes de l’économie-monde. Initiée par les pays du Nord dès le XIXème siècle, remodelée en permanence par les FTN en fonction de stratégies planétaires, la nouvelle DIT[70] est au cœur du processus de mondialisation.

2. Permanences : la puissance économique des États-Unis et de la Triade perdure

a. États-Unis

Les États-Unis demeurent une puissance économique majeure au début du XXIème siècle. Le PIB américain occupe toujours le premier rang mondial, ainsi que les FTN étatsuniennes. Le dollar reste la monnaie de référence pour les échanges internationaux, et un instrument de l’hégémonie financière des États-Unis. L’organisation de l’espace économique des États-Unis s’adapte à la nouvelle donne mondiale : Cf. reconversion de la « manufacturing belt », essor de la « Sunbelt », évolution des espaces agricoles[71]

Cependant, les États-Unis ne sont plus que le troisième exportateur mondial de marchandises. Le déficit commercial et la dette publique américaine ont atteint un niveau alarmant, dans un contexte de crise financière persistant depuis 2007.

b. Triade

L'Union européenne et le Japon restent des pôles de puissance et de prospérité[72], mais semblent en perte de vitesse : pays vieillissants (en 2010, 22,6% de la population japonaise est âgée de plus de 65 ans), leur capacité d'innovation semble par ailleurs s'émousser face à la concurrence des États-Unis[73] ou même de certains pays émergents.

La crise mondiale (crise bancaire dans un premier temps, crise de la dette par la suite) qui a débuté en 2007 les a durement frappés.

3. Mutations : l’émergence de nouvelles puissances

Doc.3 p.27, La montée en puissance de l’Asie- Si les pays du Nord, en particulier les trois pôles qui constituent la Triade, continuent aujourd'hui de jouer les premiers rôles, de nouvelles puissances industrielles et commerciales émergent. Un monde multipolaire se dessine en effet au début du XXIème siècle.

Après l’émergence des NPIA[74] dans les années 1960-1970, c’est autour des BRIC (Chine[75] -doc.4 p.27, La Chine, atelier du Monde, Inde, Brésil, Russie) de bénéficier d’une forte croissance depuis le début du XXIème siècle et de bousculer la hiérarchie des puissances. Leur poids économique ne cesse de croître : leur PIB cumulé représentait 23,8% du total mondial en 2009. Des firmes originaires des BRIC investissent non seulement dans les pays du Sud, mais aussi dans les pôles de la Triade –du reste, le premier créancier des États-Unis n’est autre que… la Chine ! Ces pays émergents apparaissent comme les nouveaux moteurs de l’économie mondiale.

De nouvelles villes globales ont émergé aux côtés de New York, Londres et Tokyo et constituent autant de centres d’impulsion de la mondialisation : Hong Kong, Singapour, Shanghaï, Sidney, Bombay, Seoul, Kuala Lumpur…

En même temps, de nombreux pays restent mal intégrés au processus de mondialisation. C'est le cas des pays en retard de développement (Cf. les PMA[76], particulièrement nombreux en Afrique subsaharienne), des pays en proie à une instabilité politique chronique (Haïti) ou des dictatures (Corée du Nord). C'est aussi le cas des pays ou des régions qui se trouvent éloignés des littoraux ou des grandes métropoles (Chine intérieure, etc.) –doc.5 p.27, Mondialisation et inégalités économiques.

Conclusion

Révision p.36-37, Méthode bac p.38

 


[1] Croissance économique : accroissement durable de la production globale d’une économie, mesurée par les évolutions du produit intérieur brut (PIB), c’est-à-dire la somme des richesses produites dans un espace donné durant une année –mots-clés p.18.

[2] Industrialisation : processus de longue durée au cours duquel l’industrie devient la principale activité économique. L’industrialisation s’accompagne de la transformation des marchés, des techniques, des communications et des sociétés –mots-clés p.18.

[3] L'innovation est une solution technique trouvée pour résoudre un problème économique. Par exemple, la fonte au coke, dont la première coulée date de 1709, ne se généralise dans la sidérurgie britannique qu’après 1780 et sur le continent européen qu’au milieu du XIXème siècle.

[4] Dès la fin du XVIIème siècle en Grande-Bretagne, les inventaires après décès indiquent que la majorité de la population ne possédait presque rien : quelques vêtements et du linge usagés, des meubles rudimentaires, une marmite, des écuelles en bois, un pot pour faire bouillir la soupe. À la fin du XVIIIème siècle, les inventaires révèlent désormais un ensemble de meubles, des vêtements diversifiés, en bon état, souvent à la mode. Ils mentionnent aussi des rideaux, des miroirs, de la vaisselle, une théière, des tasses, parfois quelques couverts en argent, une montre ou une pendule.

[5] En plus de la naissance de l’industrie moderne du coton, la progression de la consommation porte sur nombre d’objets d’ameublement et d’équipement ménager (miroirs, rideaux, faïences, matériel culinaire...).

[6] Les classes populaires, elles, ne deviennent un véritable marché que dans les dernières années du XIXème siècle, dessinant les prémices de la consommation de masse.

[7] Productivité : rapport entre la production et les facteurs de production, c’est-à-dire entre le capital et le travail –Mots-clés p.18.

[8] Les paysans travaillaient à domicile pour des entrepreneurs qui leur apportaient la matière première et revenaient chercher le produit fini.

[9] Il s’agit d’un mécanisme de renvoi automatique de la navette. L'objectif était de faciliter le tissage de pièces dont la largeur dépassait celle des bras du tisserand.

[10] Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Water_frame.

[11] Le coke est un combustible obtenu par distillation de la houille dans un four à l'abri de l'air.

[12] Cf. notion de « cycle de vie » du produit.

[13] …difficile à imposer à une main-d’œuvre venue du travail à domicile, jusqu’alors maîtresse de son temps et de son travail

[14] La condition des laissés pour compte de la société victorienne est décrite et dénoncée par le très populaire Charles Dickens dans Hard Times dès 1854.

[15] NB : plutôt que des signes d’archaïsme, ces particularités étaient des adaptations rationnelles à un environnement économique différent de celui de l’Angleterre. Là où le charbon était cher, le moulin à eau était un moteur plus économique que la machine à vapeur.

[16] Même l’agriculture était mécanisée, car il n’y avait pas assez d’ouvriers agricoles.

[17] La Grande Dépression de 1873 (1873-1896) est une crise économique mondiale de grande ampleur qui marqua la fin du XIXème siècle après la crise bancaire de mai 1873. Néanmoins, il s'agissait plutôt d'un ralentissement économique ou d'une stagnation économique, et non d'une « vraie » dépression, car la production a continué à croître sur la période.

[18] …notion de « recherche captive ». Cf. le fameux laboratoire de recherche de la General Electric.

[19] Cf. en France École des Mines, École centrale, Écoles des Arts et Métiers, puis École de Physique et de Chimie de Paris, École supérieure d’électricité ; Cf. aux États-Unis, création du MIT en 1865.

[20] Souvent des inventeurs indépendants comme Bell et Edison aux États-Unis, les frères Philips et les frères Michelin en Europe…

[21] « Ni les premières voitures ni les premiers aspirateurs n’étaient fiables » (F. Caron, Les deux révolutions industrielles du XXème siècle, 1997).

[22] Les ménagères utilisaient des glacières alimentées en blocs de glace livrés à domicile.

[23] Il faudra attendre 1908 et les premiers modèles Hoover (États-Unis) pour bénéficier d’outils fiables.

[24] Cf. exportations de Singer en Europe dès 1860, grâce à des méthodes de marketing et de SAV innovantes.

[25] Cf. la firme US Lever, qui commercialise dans le monde entier une marque de savon et une margarine, Cf. également la lessive Persil en Allemagne en 1907.

[26] …supériorité du mouvement rotatif sur le mouvement alternatif.

[27] Le tonnage de la flotte mondiale a augmenté de 25% de 1900 à 1913 avec la multiplication des lignes et la spécialisation accrue des navires.

[28] Les voies de chemin de fer dans le monde s’étalent sur 356 000 km en 1880, 750 000 en 1900, 1 086 000 km en 1920. En même temps, le tramway électrique, puis le métropolitain se développent.

[29] La presse quotidienne rencontre un vif succès. En 1912, en France, on compte 73 titres de quotidiens à Paris (tirage : 5 millions d’exemplaires / jour) et 242 titres en province.

[30] Pathé et Gaumont en France, Hollywood aux États-Unis.

[31] En 1914, 500000 km de câbles sous-marins, essentiellement sous contrôle britannique.

[32] Brevets de Bell et de Gray (1876)

[33] On mentionne souvent des similitudes avec les travaux de FW Taylor (« fordisme-taylorisme ») -« fordisme » et « taylorisme », mots-clés p.18.

[34] Cf. The Nation : « le marché automobile est sans limite. » (1909)

[35] Cf. https://www.canal-u.tv/video/canal_aunege/taylorisme_et_fordisme_l_apogee_du_capitalisme_managerial.14791

[36] Crise : période brève de difficultés économiques, marquée par une baisse du PIB. Si la croissance du PIB devient négative, on parle de récession ; si la récession se prolonge, on parle de dépression –Mots-clés p.18.

[37] Cf. également : http://www.economie.gouv.fr/facileco/crise-1929-et-grande-depression

[38] Le « panier de la ménagère », qui représentait la moitié du revenu des ménages en 1950, n’en représente plus que le tiers en 1960, le cinquième en 1980.

[39] …tels l’achat du logement –doc.4 p.25, Consommer à crédit, du mobilier, des appareils électroménagers, de l’automobile (années 1950), puis des services liés à la santé, la culture et les loisirs (années 1960).

[40] Cf. Pierre Bourdieu, La Distinction : critique sociale du jugement, 1979

[41] Cf. critique par Pierre Kende dans un numéro spécial d’Esprit (1969) des « adeptes trop enthousiastes de quelques auteurs anglo-saxons plus ou moins bien compris », qui ont vulgarisé l’idée « d’une marche irrésistible vers le bien-être généralisé grâce aux révolutions industrielles provoquées par le capitalisme et qui ont porté la productivité du travail humain à un niveau sans précédent » : contestation, non de la réalité du progrès technico-économique, mais de « l’affirmation d’un rapport quasi automatique entre progrès et bien-être général ».

[42] Pays de l’OCDE : 1947-1973, 10 millions de chômeurs ; 1994, 35 millions.

[43] L. Carroué, D. Collet, C. Ruiz, La mondialisation, 2006.

[44] J. Levy, L’invention du Monde, 2008

[45] La Méditerranée et le monde méditerranéen à l'époque de Philippe II, par Fernand Braudel, 1949.

[46] Rule Britannia est un chant patriotique britannique, issu du poème écrit par James Thomson et mis en musique par Thomas Arne en 1740. Il célèbre la puissance impériale du Royaume-Uni : « Rule, Britannia ! Britannia, rule the waves / Britons never, never, never shall be slaves »)

[47] La reine Victoria est née le 24 mai 1819 et décédée le 22 janvier 1901. Son long règne (1837-1901) fut marqué par une impressionnante expansion de l’Empire britannique, devenu la première puissance mondiale, et par la révolution industrielle. Ce règne fut ainsi appelé « ère victorienne », époque de splendeur mais aussi de sévérité dans les mœurs et de tensions sociales.

[48] Entre 1850 et 1910, les colonies représentent le quart des importations et le tiers des exportations britanniques.

[49] Le Royaume-Uni opte très tôt pour le libre-échange avec ses colonies comme avec les autres nations. Cf. 1843, abolition des droits sur les produits finis et semi-finis ; 1846 : lois sur le blé ; 1860, traité Cobden-Chevalier, qui abolit les taxes douanières sur les matières premières et la majorité des produits alimentaires entre la France et le Royaume-Uni. Ces accords sont soit négociés, soit imposés par la force (Cf. installation de concessions à Shanghai en 1842). Toutefois la Grande Dépression de 1873-1896 entraîne un retour vers des politiques plus protectionnistes.

[50] C’est « l’atelier du monde » dans les années 1850-1860 : la sidérurgie britannique produit plus de fonte et d’acier que tout le reste du monde réuni ; la production de coton filé dépasse la production cumulée des États-Unis, de France et de l’Allemagne.

[51] Dès 1838, une compétition officieuse s'est ouverte entre les vapeurs anglais et américains pour la traversée de l'Atlantique la plus rapide. Cette course, dite du « Ruban bleu », est remportée par les Américains entre 1850 et 1855 couvrant le trajet Liverpool-New York en moins de dix jours.

[52] Londres : 1 million d’habitants en 1815, 6,5 millions en 1901.

[53] Les navires à vapeur représentent la moitié de la flotte mondiale en 1890, et 65% en 1900.

[54] Le Lusitania reprend le "Ruban bleu" aux Allemands en 1907. http://fr.wikipedia.org/wiki/Lusitania

[55] Angus Maddison, L’économie mondiale : une perspective millénaire, 2001

[56] Cf. Thomas Edison, qui met au point l'ampoule électrique (à partir de 1879) ; Cf. Henry Ford qui adopte le travail à la chaîne dans ses usines de Détroit (1913).

[57] Cf. « mythe de la Frontière »

[58] American way of life : société de consommation, d’idéal de vie fondé sur la mobilité, la propriété de la maison individuelle, le niveau de vie élevé...

[59] Les États-Unis détiennent alors 60% des réserves d’or de la planète.

[60]35 dollars = 1 once d’or (31,1 grammes)

[61] FMI : Fonds monétaire international.

[62] NYSE : New York Stock Exchange.

[63] GATT : General Accord on Trade and Taxes (accord général sur le commerce et les droits de douane).

[64] Organisation mondiale du commerce.

[65] FMN : firme multinationale ; FTN : firme transnationale.

[66] Une véritable révolution informatique naît dans les années 1970 en Californie, au cœur de la Silicon Valley, le premier technopôle de l'histoire

[67] En 1950, 51% des produits manufacturés de la planète étaient produits par les États-Unis, et encore 44% en 1960.

[68] Saskia Sassen, The Global city : New York, London, Tokyo, 1991.

[69] IDE : investissements directs à l'étranger.

[70] DIT : division internationale du travail.

[71] Les États-Unis sont aussi la première puissance agricole du monde.

[72] Le PIB total de l'Union européenne est équivalent à celui des États-Unis et six des dix premiers exportateurs de marchandises à l'échelle mondiale sont des membres de l'UE.

[73] L'Union européenne ne consacre que 1,8% de son PIB à la R&D contre 2,8% pour les États-Unis.

[74] NPIA : nouveaux pays industriels d’Asie, c’est-à-dire Singapour, Taiwan, Corée du Sud –et Hong Kong jusqu’à sa rétrocession à la Chine en 1997.

[75] Suite aux réformes économiques (« Quatre modernisations ») lancées par Deng Xiaoping, la Chine s'ouvre au monde en 1979 et bénéficie d'une croissance très rapide (+10 % par an en moyenne de 1990 à 2004) : elle est devenue le premier exportateur mondial de marchandises en 2009 et son PIB a atteint le deuxième rang mondial en 2010. Sa monnaie délibérément sous-évaluée et ses réserves de change lui donnent également un rôle clé dans le système financier mondial.

[76] PMA : pays les moins avancés.