1S - Thème 2 / La guerre et les régimes totalitaires au XXème siècle - Question 1 / La Première Guerre mondiale : l’expérience combattante dans une guerre totale

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Plan

I. ETUDE : LA BATAILLE DE VERDUN (FEVRIER-DECEMBRE 1916)

II. LES COMBATTANTS : UNE EXPERIENCE INEDITE

 A. NOUVELLES PRATIQUES, NOUVELLES EXPERIENCES

    1. L'expérience de la solitude

    2. L'expérience de la durée

 B. LES CORPS

    1. Corps dressés, corps couchés

    2. Corps impuissants, corps niés

    3. La blessure, la mort

 C. LES ESPRITS

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Manuel p.42-63

Introduction

Dans son acception actuelle, le concept de « guerre totale » -vocabulaire p.70 est formulé à l’issue de la Première Guerre mondiale[1] -Chronologie p.46-47, Les étapes de la Première Guerre mondiale. Il désigne la mobilisation de toutes les ressources des États –étude p.54-55, La mobilisation de l’arrière et l’extension de l’affrontement à de très larges portions du monde dans un but d’anéantissement de l’adversaire –Carte p.44-45, L’Europe dans une guerre mondiale. Cette notion implique un changement global, à une échelle inconnue jusqu’alors, affectant toute la structure politique, économique, sociale des États concernés.

Durant cet affrontement marqué par la durée du conflit –Chronologie p.43, par sa dimension industrielle et par une mortalité de masse, ce sont les combattants qui paient le tribut le plus élevé tant sur le plan physique que sur le plan moral. À travers eux, c’est toute la société qui est bouleversée[2].

Problématique p.42- Il s’agira ici d’étudier comment l’expérience de la « violence de guerre » porte en elle les germes de la transformation des sociétés et de leurs rapports à l’État : comment les individus, les groupes et les nations ont-ils été marqués par les situations de violence extrême intervenues dans le cadre de la guerre ?

I. Étude : la bataille de Verdun (février-décembre 1916)

Étude p.50-51 : « Combattre à Verdun»

Après les offensives meurtrières d’août-septembre 1914[3], les combats du front occidental s'enlisent dans une guerre de tranchées dès le mois d'octobre 1914, chacun des adversaires s'enfonçant dans le sol pour échapper à la puissance de feu de l'adversaire, après les terribles pertes de l'été 1914. C’est dans ce contexte que Falkenhayn[4] déclenche en 1916 une « guerre d’usure » sur le front français, par laquelle il entend « saigner à blanc » l’armée française. Il choisit Verdun, saillant en communication précaire avec l’armée et qui peut être attaqué de différents côtés.

La bataille de Verdun est déclenchée le 21 février 1916, avec l'attaque allemande, et reste particulièrement intense pendant près de quatre mois. Les Allemands cherchent à s'emparer des forts et des positions stratégiques situés au nord de la Meuse. De février à mai 1916, le général Philippe Pétain réussit à contenir l'avancée de la Vème armée allemande commandée par le Kronprinz[5], avec vingt-quatre divisions françaises ravitaillées par la Voie sacrée. Son successeur, le général Nivelle, finit par repousser les troupes du Reich, d'octobre à décembre 1916.

La lutte engagée est faite de gigantesques duels d'artillerie, d'attaques et de contre-attaques d'infanterie contre les positions adverses. Au plus fort de la bataille, on compte un canon tous les 20 mètres. Les longues préparations d'artillerie censées appuyer l'offensive de l'infanterie et rétablir une guerre de mouvement échouent : la guerre des tranchées implique toujours des pertes effroyables chez l'assaillant pour une avancée dérisoire.

Jamais auparavant dans l’histoire militaire, une bataille n’avait exigé autant d’abnégation de la part des combattants et coûté aussi cher en vies humaines. Au total, les pertes s'élèveraient à 310 000 morts et disparus, et 400 000 blessés.

II.  Les combattants : une expérience inédite

Cours 1 p.48 : « L’expérience combattante »

Si aujourd'hui, les opinions occidentales voient la Grande Guerre comme une « boucherie » inutile et un suicide de l'Europe, il faut savoir que cette vision réductrice procède d'une reconstruction mémorielle assez éloignée de ce que les acteurs et témoins du conflit ont pu ressentir. Or, « Le décalage est considérable entre le sens dont les hommes et les femmes du début du siècle ont investi la guerre et son absence de signification qui nous frappe aujourd’hui jusqu’à l’absurde »[6]. Il faut s’interroger sur les raisons pour lesquelles, les « poilus » de 14-18, partis pour quelques semaines, ont supporté quatre ans durant le froid, la boue, les rats, les poux, le danger, la peur, la mort toujours présente. Pour répondre à cette question, deux thèses s’affrontent, d’une part la thèse dite « du consentement », d’autre part la thèse dite « de la contrainte »[7].

Il y a en réalité, de la contrainte dans le consentement, et inversement. Une forme de consentement, scellé par la naissance d’une « culture de guerre » -Vocabulaire p.48 faite de patriotisme, de haine du boche –doc.5 p.49, La propagande de guerre, de camaraderie –doc.2 p.49, Une communauté combattante… et bientôt porteuse de « brutalisation »[8], est indéniable. Mais ce consentement connaît des limites et des moments d’affaissement, ce qui interdit d’ignorer certains phénomènes de refus comme en témoignent le mouvement pacifiste, les révoltes et mutineries qui culminent en 1917.

A. Nouvelles pratiques, nouvelles expériences

Cette violence nouvelle du champ de bataille a entraîné l'émergence de pratiques et d’expériences inédites.

1. L'expérience de la solitude

Les combattants du début du XIXème siècle affrontaient l'ennemi serrés les uns contre les autres : ils vivaient ensemble la terreur du combat, ils subissaient ensemble le feu ennemi, la charge de l'infanterie ou de la cavalerie adverse ; les blessés ne restaient pas seuls. À l'inverse, le champ de bataille moderne est vide. C’est un no man’s land, dans lequel les soldats sont dispersés, et c'est très souvent seul que le combattant subit le feu, qu'il est blessé, qu'il meurt : on meurt souvent « comme un chien » [9].

2. L'expérience de la durée

Chronologies p.43 + p.46-47- La nouvelle expérience du combat devient une épreuve si prolongée que l'on hésite parfois à la comparer aux affrontements d'autrefois. Le « modèle occidental de la guerre », centré depuis l'Antiquité sur le modèle de la bataille suppose un affrontement d'une violence extrême mais bref. Les « batailles » de la Première Guerre mondiale n'ont en effet de bataille que le nom : il s'agit bien davantage de sièges interminables, mettant en œuvre toutes les techniques (retrouvées et modernisées) de la guerre de siège traditionnelle : lignes de tranchées (ces remparts en creux, en quelque sorte), travail de sape sous les positions adverses, artillerie à tir courbe, etc.

La vie au front est rythmée par les attaques que chaque camp lance pour conquérir des positions sur l'adversaire (pas aussi fréquentes que ne le dit la mémoire collective), ainsi que par des bombardements permanents. Les pertes sont moins importantes en proportion que durant la guerre de mouvement de l’été 1914, mais leur régularité affecte le moral des troupes, infligeant des combats-stress au-delà des possibilités humaines, et confrontant les combattants à des expériences corporelles et psychiques sans précédent dans l'histoire de la guerre en occident.

Dans un tel contexte, c’est tout le système occidental de normes de l'affrontement guerrier qui vole en éclats, jusqu’au droit de la guerre. Celui-ci, censé protéger les soldats blessés et désarmés ainsi que les civils, avait fait l'objet au XIXème siècle et au début du XXème siècle d'une codification internationale écrite[10]. Mais dans la guerre totale, les procédures de limitation de la violence disparaissent[11] : ainsi, la trêve des brancardiers n’est respectée que de manière exceptionnelle, et les blessés agonisent longuement sur les lieux du combat…

B. Les corps

Toute expérience combattante est d'abord expérience corporelle : à la guerre en effet, ce sont les corps qui infligent la violence, et c'est aux corps que la violence est infligée. Or, les techniques corporelles du combat moderne sont en nette rupture avec celles du siècle précédent.

1. Corps dressés, corps couchés

Le fantassin du XIXème siècle est un soldat dressé : il combat debout. Son arme est le fusil à poudre[12], qu’il recharge deux fois par minute, debout. Et c'est également debout qu’il tire, qu'il charge à la baïonnette… La position verticale est non seulement dictée par les conditions techniques du combat, elle est aussi valorisée -et valorisante- aux yeux des soldats. Les coiffures tendent d’ailleurs à grandir encore la silhouette combattante. Sur le champ de bataille, on se tient droit. Physiquement, mais aussi, suppose-t-on, moralement.

Fin XIXème siècle, puis surtout pendant la Première Guerre mondiale, l’évolution technologique transforme radicalement la technique corporelle du combattant : le fusil à répétition envoie plus de dix balles[13] par minute ; la mitrailleuse, arme typique de la guerre industrielle, dresse devant elle un mur de balles de quatre cents à six cents projectiles par minute ; l'artillerie peut désormais écraser sous les obus un champ de bataille sur une profondeur de plusieurs kilomètres[14].

La guerre de tranchée –Vocabulaire p.48 est une véritable impasse stratégique et tactique : seule la puissance de feu déployée peut en venir à bout. On assiste donc, dès 1915, à une industrialisation de la guerre –doc.1 p.48, Une guerre mécanisée, qui confère une importance stratégique déterminante aux usines de l'arrière. Les grandes offensives lancées par les Alliés[15] ou par les Allemands[16] ne parviennent pas à sortir de l'enlisement des tranchées[17].

Le soldat de la Grande Guerre au combat n’est plus un soldat dressé : il doit s'accroupir pour se déplacer dans toute zone exposée, et se coucher dès qu'il est sous le feu. Recroquevillé sur lui-même, il s'écrase contre la terre au moment du danger, au point parfois, au comble de la terreur provoquée par un martèlement massif, de tenter de s’enfouir le corps et le visage dans le sol. Lorsqu‘il en a la possibilité, il trouve refuge dans un trou individuel, une tranchée, un abri collectif –doc.2 p.52, Les combats de Thiepval décrits par un soldat allemand.

Parallèlement, un élément longtemps central dans l'activité guerrière occidentale disparaît : le cheval de bataille et son cavalier, auxquels le char et l'avion se substituent.

2. Corps impuissants, corps niés

Une évolution du même ordre touche le vêtement combattant. Dès avant la Première Guerre mondiale pour certaines armées occidentales (Allemagne, Grande-Bretagne), ou au cours des années 1914 et 1915 pour d'autres (France), un riche héritage uniformologique disparaît de manière définitive : pièces de couleur, cuirasses métalliques, parties brillantes des uniformes, coiffures hautes s'effacent au profit de tenues plus propices au camouflage. Ce combattant couché, si possible invisible et dénué de toute élégance vestimentaire, devient aussi dans une large mesure un combattant impuissant devant l'intensité du feu, terrorisé, humilié par sa propre terreur et ses manifestations physiologiques. Un combattant dont l'entraînement, l'expérience, les qualités physiques et psychiques dans l'activité de combat, pèsent désormais peu face à l’efficacité anonyme du feu[18], caractéristique du combat moderne. Le champ de bataille cesse définitivement d’être ce « champ de gloire » des campagnes du Premier Empire. L'expérience combattante est sous la plume de très nombreux témoins, évoquée comme une « boucherie » : le sens même du combat tend à disparaître, et la guerre à devenir une expérience déshumanisante, d’une répugnante absurdité[19].

De moins en moins, l'expérience du combat put continuer de générer une profonde estime de soi, malgré tous les mécanismes mis en œuvre en termes d'économie morale de la reconnaissance (décorations, discours, commémorations).

3. La blessure, la mort

Doc.4 p.49, L’expérience de la mort- Les nouvelles munitions infligent des blessures d'une gravité sans précédent en raison de leur force de pénétration et de l'effet de souffle de leur impact. Les éclats d'obus, amputent et déchiquètent les corps : l'expérience combattante, c’est d'abord un vécu terrifiant du bombardement, par canon, par mortier, lance-roquettes, bombe d’avions. Le sentiment de vulnérabilité corporelle du combattant est encore accentué par le recours aux gaz de combat, l’action des chars et des avions.

C. Les esprits

Doc.5 p.53, Les traumatismes liés au combat- Ce sont les conflits modernes qui ont, à la fois, considérablement accru le nombre des « blessés psychiques », et forcé les services de santé des armées à prendre leur cas en considération et à mettre en place des procédures thérapeutiques. 1914-1918 constitue la rupture majeure : du côté français par exemple, les « pertes » psychiques s’élèvent à 14% du total des indisponibilités.

L'agression sensorielle représentée par le combat moderne fut donc hautement traumatique pour ceux qui eurent à la traverser :

  • choc visuel du spectacle des ruines, et des cadavres déchiquetés, dont la vision est inséparable de l’anticipation de ce qui peut advenir de son propre corps ;
  •  le toucher est affecté quand il y a projection sur sa peau de fragments du corps de camarades proches, ou lorsque l'on ne peut éviter de marcher sur celui de camarades tués ou blessés ;
  • l'odorat est agressé par l’odeur des cadavres en décomposition quand la dangerosité du champ de bataille empêche de les enterrer ;
  • l'ouïe, subit le bruit des explosions ou le cri des blessés.

La campagne continue, en allongeant la durée des stress combattants, suscite un épuisement physique et psychique total[20]. En outre, les troubles s'inscrivent ensuite dans le long terme. Tout se passe comme si les formes du combat au XXème siècle avaient outrepassé les capacités de ceux chargés de les mettre en œuvre.

Conclusion

Le bilan de la Grande Guerre est terrible :

  • en termes de pertes humaines : 10 millions de morts, 20 millions de blessés ;
  • en termes de pertes matérielles ;
  • en termes géopolitiques, avec un règlement du conflit qui contenait en germe, dans le traité de Versailles (28 juin 1919), la guerre mondiale suivante[21].
  • en termes de traumatisme moral.

[1] Léon Daudet écrivain, journaliste et homme politique français (1867-1942), emploie l’expression « guerre totale » dès 1918, reprise par le maréchal allemand Ludendorff dans ses mémoires, publiées en 1936. Elle est également employée dans un célèbre discours de J. Goebbels (ministre de la propagande nazi) en février 1943.

[2] Certains historiens tentent depuis une vingtaine d’années de rendre compte de ce phénomène à travers les concepts (discutés) de « brutalisation » -vocabulaire p.70 des sociétés européennes et de « banalisation de la violence ». La « brutalisation » est un concept historique majeur élaboré par l'historien George L. Mosse, pour caractériser l'enracinement de la violence dans les sociétés européennes après la Grande guerre. Ses travaux font néanmoins l’objet de critiques : Cf. notamment http://www.crid1418.org/bibliographie/commentaires/mosse_cazals.html.

[3] En août-septembre 1914, les plans d'attaque allemand (Plan Schlieffen) et français (Plan XVII, car c'est le 17ème depuis la défaite de 1870) sont mis œuvre. Cette « guerre de mouvement » est particulièrement sanglante : Cf. « Les premiers mois de la guerre : un massacre à marche forcée », Le Monde, 3 août 2014 ; « Le massacre du 22 août 1914 », Le Monde, 28 août 2014

[4] Erich Von Falkenhayn (1861-1922) : chef suprême de l'armée allemande de septembre 1914 à août 1916.

[5] Kronprinz : prince héritier de l'Empire allemand –en l’occurrence, celui qui fut le dernier Kronprinz, Guillaume de Hohenzollern (1882-1951).

[6] Stéphane Audoin-Rouzeau et Annette Becker, 14-18, retrouver la guerre, p. 110.

[7] Cf. Elise Julien, « À propos de l’historiographie française de la première guerre mondiale », Labyrinthes, printemps-été 2008 ; Cf. également Jean Birnbaum, « 1914-1918, guerre de tranchées entre historiens », Le Monde, 10 mars 2006, et la (petite) synthèse proposée par Wikipédia.

[8] Cf. ci-après (II. C.) ; Cf. Thème 2, Question 2, Genèse et affirmation des régimes totalitaires

[9] D'où le nombre si élevé de « disparus » et de combattants dont les corps ne purent jamais être retrouvés.

[10] Les conventions de Genève de 1864 (complétées en 1929 et 1949), celles de La Haye de 1899 et 1907 (prolongées en 1922-1923) prenaient la suite d'un jus belli coutumier bien plus ancien.

[11] Ce passage de la violence de combat à une cruauté qui devient son propre objet, atteint également les populations civiles. Cf. invasions de l'été 1914 en Belgique et dans la France du Nord et de l'Est, où des milliers de civils sont assassinés, et où le viol de masse est systématisé : dans la guerre moderne, tout se passe comme si la prise de force du corps des femmes de l'ennemi le plus souvent donnait à l'activité de combat sa signification la plus profonde.

[12] Les balles sont alors rondes, peu pénétrantes, et ne portent guère au-delà de 100m.

[13] Les balles sont devenues coniques, rapides, pivotantes, et donc extrêmement vulnérantes, jusqu'à une distance utile de six cents mètres environ.

[14] Dans ces conditions, le caractère massif des pertes humaines n’est pas surprenant : en moyenne 900 tués par jour pour la France, 1300 pour l'Allemagne, 1450 pour la Russie ; en une seule journée de combat sur la Somme (1er juillet 1916), les Britanniques subissent 20 000 morts et 40 000 blessés.

[15] 1915 : Artois, Champagne, Woëvre ; 1916 : Somme –étude p.52-53 ; 1917 : Chemin des Dames.

[16] 1916: Verdun

[17] Et quand en mars 1918, les Allemands réussissent enfin la percée tant rêvée en enfonçant le front français sur le Chemin des Dames (où avait échoué, un an auparavant, le commandant en chef des armées françaises, le général Robert Nivelle), ils s'approchent à quelques dizaines de kilomètres de Paris (comme en 1914)... Mais leurs troupes sont épuisées par les efforts et les pertes de cette guerre de mouvement redécouverte : à partir du début de juillet 1918, les Alliés, rejoints par les troupes américaines, reprennent l'initiative, pour ne plus la perdre jusqu'au 11 novembre 1918.

[18] Cette violence nouvelle se caractérise également par l’anonymat de la blessure et de la mort infligées, lié à la portée des armes : on ne sait qui on tue ni qui vous tue.

[19] Notre relation contemporaine d’hostilité au phénomène guerrier procède sans doute de cette mutation capitale des champs de bataille du XXème siècle.

[20] La photographie de guerre abonde ainsi en images de soldats prostrés, le regard vide, ou encore affalés et endormis dans les positions les plus surprenantes.

[21] Cf. « La Seconde Guerre mondiale est finie, la Première continue », Le Monde.fr, 1er juillet 2014