1S - Thème 2 / Aménager et développer le territoire français - Question 1 / Valoriser et ménager les milieux

Plan

pdf ppt 

I. La gestion durable d’un milieu (étude de cas) : Gruissan et le littoral du Languedoc

A. La mise en tourisme du littoral du Languedoc

1. Un projet emblématique de l’action de la DATAR

2. Des objectifs atteints

3. Les limites du succès

B. Un demi-siècle après, de nouveaux enjeux

1. Face aux impératifs du développement durable

2. Face à l’urbanisation de la région et aux nouvelles pratiques touristiques

II. Potentialités et contraintes du territoire français

A. Les potentialités majeures

1. Une forte diversité des milieux

2. Un espace structuré, ouvert sur l’Europe et sur le monde

B. Les contraintes, souvent surmontées

1. Surmonter la contrainte naturelle : territoires répulsifs hier, attractifs aujourd’hui

2. Prendre en compte les risques

C. Des fragilités : un espace fortement transformé, à ménager

1. Des ressources à préserver ou à restaurer

2. Vers une nouvelle gestion de l’environnement

1s g2 1

Manuel p.264-289

 Problématiques p.264-265- Le territoire français présente une grande diversité de milieux. Leur gestion, en particulier la valorisation de leurs ressources, est l’objet d’enjeux économiques, sociaux et environnementaux. Des compromis sont recherchés entre « valoriser » et « ménager » ces milieux. Quelle gestion durable des milieux est mise en œuvre ?

  • Quels milieux composent le territoire français ? Comment les hommes les ont-ils transformés ? Quelles formes d’équilibres et de déséquilibres (inégalités socio-spatiales, exposition aux risques majeurs…) résultent des actions et des aménagements ?
  • Quelles nouvelles exigences, parfois contradictoires, la prise en compte du développement durable introduit-elle ? Comment valoriser les potentialités du territoire tout en préservant les ressources ? Comment concilier la recherche d’une performance économique des territoires dans la mondialisation, et l’équité entre citoyens d’un territoire et entre territoires, ainsi que la qualité environnementale ? Comment mieux gérer les territoires en prenant davantage en compte les différents acteurs concernés ?

I. La gestion durable d’un milieu (étude de cas[1]) : Gruissan et le littoral du Languedoc

Gruissan est une station touristique intégrée[2] située sur le littoral languedocien, née de la politique d’aménagement du territoire (mission Racine[3]) dans les années 1960.

A. La mise en tourisme du littoral du Languedoc

Questionnaire : questions 1 à 7

1. Un projet emblématique de l’action de la DATAR

Cet aménagement est représentatif de la politique d’aménagement du territoire des années 1960 : un acteur, l’État, pour remplir ses objectifs, construit avec la DATAR[4] une politique pour assurer la mise en tourisme d’un littoral. Le choix du littoral du Languedoc pour ces aménagements touristiques ne doit rien au hasard : il s’agit pour l’aménageur, en tenant compte des atouts et contraintes de cet « espace du vide » en concurrence avec le littoral espagnol à l’Ouest, complémentaire avec la Côte d’Azur à l’Est.

2. Des objectifs atteints

L’aménagement du littoral languedocien est d’emblée considéré comme un succès. La ville compte environ 3 000 habitants l’hiver contre plus de 60 000 durant la période estivale. Toute la palette des activités récréatives balnéaires a été développée, et l’impact de la mise en tourisme sur le développement local est positif : les activités traditionnelles comme la pêche et l’agriculture se maintiennent en profitant de l’afflux de touristes. En somme, le projet a répondu à ses objectifs : offrir les infrastructures nécessaires à un tourisme de masse, français, majoritairement populaire.

3. Les limites du succès

Dans son action, l’aménageur perçoit le littoral comme un espace neutre à développer. La tour Barberousse du XIIIème siècle, le village médiéval et les « chalets » des pêcheurs construits sur le lido ne sont pas pensés comme un patrimoine à protéger et à sauvegarder par l’État. Le lido[5], le cordon littoral, la lagune ou les zones humides ne sont pas considérés comme patrimoine naturel.

Or, les projets urbanistiques et architecturaux, les pyramides en étoile, symboles de la modernité et de la massification, se heurtent à la mobilisation d’un village méditerranéen de 1200 habitants à forte identité pratiquant la pêche et l’agriculture : il y a donc conflits d’usage[6] aussi bien pour l’habitat, les activités que pour le patrimoine.

B. Un demi-siècle après, de nouveaux enjeux

Questionnaire : question 8 à 15

1. Face aux impératifs du développement durable

La question de la durabilité de l’aménagement se pose aujourd’hui, car le rapport à l’environnement et aux espaces naturels n’est plus le même que dans les années soixante.

Le relief de Gruissan est constitué d’un lido, d’une lagune et d’étangs. Cette bande de sable, au cœur de l’aménagement des années soixante, permet la construction des hébergements et le développement des activités touristiques avec un accès direct à la plage. L’aménagement du lido l’empêche de suivre son cycle naturel[7] et soumet l’espace à une forte érosion en fixant le cordon sableux et en asséchant les zones humides : la mer détruit progressivement le lido, argument principal du lieu pour la mise en tourisme !

2. Face à l’urbanisation de la région et aux nouvelles pratiques touristiques

La station, pensée pour le tourisme de masse populaire, doit répondre à la mutation des pratiques touristiques et à l’étalement du front d’urbanisation de Narbonne. Aujourd’hui, Gruissan subit une forte pression démographique liée à sa situation littorale et à sa proximité de Narbonne, ce qui entraîne une concurrence entre habitat et tourisme. De station intégrée, elle doit devenir ville touristique.

Ces dynamiques nouvelles sont lisibles dans le processus de l’aménagement récent d’un nouveau quartier sur le lido, dans le prolongement du construit des années soixante, qui répond à deux nouvelles préoccupations : protéger le patrimoine naturel de la périurbanisation et donc éviter le mitage urbain du littoral, et proposer un quartier d’habitat permanent.

Cette requalification est le fait de nouveaux acteurs, qui se substituent à l’État : la gouvernance est assurée par l’EPCI (la communauté d’agglomération) du Grand Narbonne et le Conservatoire du littoral. Les nouveaux acteurs cherchent à réaménager et à requalifier la station intégrée, héritage des années soixante.

Les aménagements urbains et les hébergements construits dans le cadre du Plan Racine consistent en une juxtaposition d’unités d’habitations[8] de 15 à 18 m² pensées pour les vacances d’une famille « consommant » pendant une ou deux semaines des aménités[9] limitées à la plage et aux activités récréatives balnéaires. Ce lieu, pensé dans le contexte des années soixante, répond moins à la demande touristique actuelle[10] mais offre de nombreux atouts dans un contexte de métropolisation et de périurbanisation.

Dans ce contexte nouveau, l’aménageur doit donc veiller au risque d’un mitage urbain dans les espaces naturels du lido, adapter les logements et des activités proposés à Gruissan, et éviter les conflits d’usage nés de la concurrence entre tourisme balnéaire et l’habitat.

II. Potentialités et contraintes du territoire français

Carte « Grand angle » p.266-267, cours 1 p.270- Les potentialités[11] et contraintes[12] d’un territoire résultent de la confrontation des données physiques du territoire (climats, reliefs, sols…) avec les attentes ou les besoins des populations et les aménagements réalisés pour les satisfaire dans les domaines agricole, industriel, touristique, des transports, etc. De nombreuses interactions se produisent entre sociétés et espaces.

Le territoire français est donc façonné à la fois par des constituants physiques (relief, climatologie, réseau hydrographique, espaces maritimes, sols et végétation) et par la manière dont l’homme l’a aménagé au cours du temps.

A. Les potentialités majeures

Cours 1-1 p.270 : « Des milieux riches en ressources »- L’espace métropolitain français est le Finisterre[13] du continent européen et un isthme[14] entre Atlantique et Méditerranée, qui présente une grande diversité de milieux ouverts, aménagés depuis deux millénaires.

1. Une forte diversité des milieux

Atlas- cartes p.270 + Repère p.270- L’espace français présente une multitude de milieux issus de la combinaison de facteurs physiques multiples, qui offrent des potentialités et des contraintes importantes.

Carte 1 p.244- De grandes surfaces planes, les bassins sédimentaires parisien et aquitain, constituent des espaces faciles à parcourir et à exploiter. Ces espaces s’opposent aux montagnes du Centre, de l’Est et du Sud-Ouest de la France (Massif Central, Alpes et Pyrénées), zones longtemps ségréguées (séparées et isolées), aux pentes raides et souvent enneigées.

Carte 3 p.245- Par ailleurs, trois grands espaces climatiques peuvent être identifiés : l’ouest au climat océanique (doux et pluvieux), l’est à l’influence continentale (hivers rudes) et le sud méditerranéen (sécheresse estivale). Cette répartition climatique est également modifiée par les reliefs avec des climats spécifiques aux espaces montagneux : rigueur climatique l’hiver et étés frais et ensoleillés.

L’espace français, ce sont aussi des territoires lointains aux milieux très variés –Carte p.384-385. Cette France de l’Outre-Mer répartie à l’échelle du globe est très diverse : forêts tropicales ou équatoriales des Antilles Françaises, de la Guyane ou de la Réunion ou climats polaires de l’archipel des Kerguelen.

Au total, la France offre plusieurs types de milieux « naturels » principaux :

  • Le milieu océanique à l’ouest et au nord.
  • Le milieu semi-continental à l’est.
  • Le milieu méditerranéen dans le Sud-Est.
  • Le milieu montagnard dans les six massifs métropolitains (Alpes, Corse, Jura, Massif Central, Pyrénées, Vosges).
  • Les milieux tropical, équatorial et même froid et polaire dans les DROM.

Cette diversité lui offre le bénéfice d’abondantes ressources naturelles à travers son potentiel agricole[15], et son potentiel forestier[16]. Carte « Grand angle » p.266-267, carte 2 p.268- Ces milieux sont inégalement transformés et utilisés de manières diverses. Les ressources énergétiques renouvelables sont tout aussi abondantes[17], à la différence des ressources non renouvelables[18].

2. Un espace structuré, ouvert sur l’Europe et sur le monde

a. Un espace fortement structuré par son réseau hydrographique

Ce réseau est exploité depuis très longtemps, d’où un aménagement ancien et continu des fleuves, pour réduire l’impact des aléas naturels (crues), exploiter le potentiel énergétique du courant (moulins, barrages hydro-électriques) ou faciliter la circulation intérieure (ponts, viaducs).

Carte 1 p.244- Les grandes vallées de la Seine, de la Loire et de la Garonne constituent des axes de circulation naturels et aisés pour l’ouest de la France. Durant de nombreux siècles ces trois axes de communication naturels ont connu une circulation dense, aujourd’hui seule la Seine constitue un axe navigable très fréquenté. Au Sud et à l’Est, la vallée du Rhône et de la Saône relie l’Europe du Nord et l’Europe méditerranéenne, et le Rhin, frontière naturelle avec l’Allemagne, axe de communication paneuropéen avec le Danube, débouche sur les ports néerlandais ouverts sur le système-monde. Ces axes fluviaux majeurs servent de trame aux principaux réseaux routiers et ferroviaires.

b. Un espace ouvert sur le continent et le monde

Le réseau fluvial français est connecté à trois façades maritimes : Manche et mer du Nord, océan Atlantique, mer Méditerranée. Ces interconnexions entre les façades maritimes et les réseaux fluviaux ont entraîné la littoralisation de certaines activités liées à la mondialisation. Ainsi, certains secteurs littoraux sont fortement aménagés pour accueillir ports et complexes industrialo-portuaires.

Le bassin de la Seine et le bassin du Rhin sont connectés au couloir de navigation maritime le plus emprunté du monde, le Northern Range[19]. Deux ports français, Le Havre et Dunkerque se trouvent sur cet axe de communication et participent activement aux échanges commerciaux. Le bassin du Rhône s’ouvre sur la façade méditerranéenne via le port de Marseille[20], qui connecte la France à l’Afrique, au Moyen-Orient et à l’Asie depuis deux millénaires.

B. Les contraintes, souvent surmontées

Les contraintes sont de nature variée et intègrent les risques et aléas majeurs (cyclones tropicaux, éruptions volcaniques, érosion, inondations, incendies...). Ces contraintes sont prises en compte et font l’objet d’une gestion plus ou moins anticipée : aménagements, stratégies à moyen ou long terme, plans de prévention des risques (PPR)…

Les sociétés ont su aménager certains espaces depuis très longtemps pour en faire la base de leur développement – Carte « Grand angle » p.266-267. Cependant, certains constituants physiques de la géographie française ont posé de sérieuses contraintes durant de nombreux siècles. Mais ils ont été surmontés grâce à des avancées technologiques ou culturelles importantes.

1. Surmonter la contrainte naturelle : territoires répulsifs hier, attractifs aujourd’hui

a. L’attractivité des montagnes

Les secteurs montagneux de l’espace français, font obstacle aux liaisons intérieures et aux échanges avec les voisins européens[21].

Certains secteurs montagneux ont été aménagés très précocement. Par exemple, l’aménagement des Alpes a été un objectif politique dès le XIXème siècle, qui se parachève fin XXème avec la réalisation de nombreux projets de grande ampleur : construction des tunnels routiers et autoroutiers comme le tunnel du Mont-Blanc[22] (1965) ou ferroviaires comme celui du Fréjus (1980). Aujourd’hui, c’est le projet de construction de la ligne TGV entre Turin et Lyon qui alimente l’actualité… et la polémique.

Ainsi, certaines contraintes posées par ces espaces ont été dépassées. De nouvelles autoroutes transversales et des ouvrages spectaculaires comme le viaduc de Millau[23] au cœur du Massif central, ont permis de mettre en réseau des espaces jusque-là fortement ségrégués par les contraintes topographiques et négligés dans la mise en réseau de l’espace français. Cette volonté politique se retrouve d’ailleurs dans les Pyrénées et les Alpes. En effet, depuis les années 1960, ces espaces sont aménagés afin de favoriser l’exploitation touristique hivernale (et de plus en plus estivale) des hautes et moyennes montagnes (« or blanc », « tourisme vert »)[24]. Ainsi, ces espaces longtemps jugés comme répulsifs ont trouvé un attrait récréatif.

b. La mise en valeur des marges méditerranéennes

L’espace méditerranéen autrefois considéré comme répulsif a été rendu attractif par l’activité touristique et le développement des cultures spécialisées.

C’est au cours du XIXème siècle que le bassin méditerranéen est devenu un espace attractif, perçu comme le symbole des loisirs, du soleil et de la mer. L’héliotropisme a fait des régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Languedoc-Roussillon un des plus importants espaces touristiques et de loisirs de France et de l’arc méditerranéen. Ce tourisme littoral a débuté avec le Second Empire et l’arrivée du chemin de fer dans les années 1860, mais ces deux zones ont plus récemment connu d’importantes transformations. En effet, pour répondre à la demande touristique, de nombreux complexes hôteliers et des ports de plaisance se sont développés sur ces côtes.

Longtemps abandonnées aux marécages et aux moustiques, les plaines méditerranéennes ont aussi fait l’objet d’aménagements pour y développer une nouvelle agriculture[25].

Ainsi, montagnes et littoraux français ont été longtemps des espaces de marge, en périphérie des espaces nationaux dominants, mais leurs contraintes ont souvent été dépassées ou converties en atouts par le développement touristique et agricole. Cependant, ces espaces comportent toujours des contraintes et des risques.

2. Prendre en compte les risques

Cours 1, Paragraphe 3 p.270- Les îles tropicales françaises sont particulièrement affectées par les risques sismiques, les éruptions volcaniques[26] -Analyse de documents p.286-287, Des risques liés au milieu : le cas de la Réunion, les cyclones tropicaux ou les risques épidémiologiques[27].

Pour la France métropolitaine, les séismes constituent un aléa moins important, quoique réel dans certaines régions[28]. Elle est davantage exposée aux inondations, aux incendies de forêts, aux avalanches et aux risques climatiques ponctuels[29]. Les aménagements et les activités humaines ont globalement tendance à accroître indirectement l’exposition à certains de ces aléas naturels, et sont directement à l’origine de risques technologiques. En effet :

  • les implantations touristiques en montagne[30] sont exposées aux risques d’avalanches ;
  • le réchauffement climatique récent augmente le risque d’incendies de forêt –doc.3 p.271, Risque d’incendie de forêt et changement climatique.
  • l’intensification de l’occupation des vallées par les infrastructures de communication, par l’agriculture intensive, par les installations industrielles et par les habitations 1/ accroît l’artificialisation des sols, 2/ restreint le lit des cours d’eau (en aménageant les zones inondables à l’abri de digues et de barrages), ce qui renforce l’effet des crues[31] ;
  • à cela s’ajoutent les risques technologiques dont les conséquences peuvent être dramatiques : rupture d’un barrage[32], explosion d’usines chimiques[33], accident dans une centrale nucléaire... –doc.2 p.271, Un plan de prévention des risques technologiques.

C’est à l’impératif d’une approche globale de la notion de risque que répondent les nombreux dispositifs de type « Plan de prévention des risques » -Vocabulaire p.270[34].

C. Des fragilités : un espace fortement transformé, à ménager

Cours 2 p.272 : « Comment aménager des milieux fragiles ? »- L’espace français est aménagé depuis deux millénaires et les sociétés ont fortement modifié les milieux. Ces paysages anthropiques ou « anthroposystèmes » constituent, au même titre que les paysages naturels, une richesse à préserver. La protection de l’environnement a évolué d’une politique fondée sur la protection d’éléments « naturels » à une approche plus globale en phase avec l’idée de développement durable des territoires.

1. Des ressources à préserver ou à restaurer

L’exploitation des ressources[35] –Vocabulaire p.270 naturelles par les sociétés engendre mécaniquement une diminution de leur diversité et de leur quantité. L’évolution des modes de vie et l’augmentation de la population entraînent une pression accrue sur la qualité des eaux, de l’air et des sols.

La qualité des eaux et l’équilibre écologique des principaux cours d’eau est aujourd’hui en péril. Les agences de l’eau sont chargées de garantir la qualité des ressources en eau pour la population ; les normes de potabilité, de traitement des rejets sont de plus en plus sévères. Les rives des fleuves sont densément occupées par les activités humaines : urbanisation, agriculture intensive[36], industries, voies de communication sont de puissants vecteurs de pollution de leurs eaux. L’exploitation hydroélectrique a également un impact écologique : les transports sédimentaires sont modifiés, les migrations de certaines espèces[37] sont impossibles.

Ce qui est vrai pour la qualité des eaux l’est également pour la qualité de l’air. Depuis la loi sur la qualité de l’air (1976) et la création de l’Agence pour la qualité de l’air, des plans nationaux et régionaux[38] préviennent la population urbaine de la qualité de l’air qu’elle respire et de ses conséquences[39].

En plus de l’air et de l’eau, de nombreuses autres ressources comme les sols doivent être protégées et préservées par des organismes agréés, ce qui pose aussi bien la question du traitement des anciens sites chimiques, miniers, etc. que celle de la gestion des déchets ménagers[40].

La définition même de « ressource » est élargie avec la protection des paysages[41] : les milieux actuels sont majoritairement des héritages de modes de gestion passés, à préserver, voire à restaurer.

2. Vers une nouvelle gestion de l’environnement

À partir de la seconde moitié du XXème siècle, une politique volontariste de préservation des milieux est mise en place en France. Cette politique s’appuie entre autres sur la création des Parcs naturels[42], nationaux, régionaux et marins –Vocabulaire p.272, du Conservatoire du littoral et des rivages lacustres[43].

Le « développement durable », popularisé en 1987 par le rapport Brundtland[44], est devenu un des objectifs de la politique d’aménagement du territoire[45]-Vocabulaire p.272 + doc.3 p.273, Les difficultés d’une gestion durable. Suite à la Conférence de Rio (1992), la France s’est engagée dans différents processus et programmes comme les Agendas 21 ou le protocole de Kyoto et doit adapter les modes d’exploitation de son territoire. D’où l’évolution rapide du droit environnemental –Vocabulaire p.272.

Conclusion

L’espace français possède un potentiel de ressources très important et fortement mis en valeur par la population. Dans leur histoire, les Français ont réussi à s’approprier des espaces à fortes contraintes naturelles (littoraux, montagnes, volcans…). L’État, les collectivités publiques, mais aussi les entreprises et chaque citoyen ont la responsabilité de valoriser tout en les préservant les ressources et les richesses patrimoniales pour les générations futures.

 


[1] Étude de cas : cf. http://prezi.com/cav8qnblmuno/?utm_campaign=share&utm_medium=copy

[2] La station intégrée est une station (balnéaire, de montagne...) où les touristes peuvent trouver tout ce qui leur est nécessaire (logement, commerces, restaurants, activités, etc.)

[3] La mission interministérielle d’aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon, également connue sous le nom de mission Racine, est une structure administrative créée en 1963 par l’État pour conduire de grands travaux d’infrastructure en vue de développer le littoral de la Méditerranée dans le Gard, l’Hérault, l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Cette mission, dirigée par Pierre Racine, était rattachée à DATAR. Elle est à l’origine de la création des stations balnéaires de Port-Camargue, la Grande-Motte, Le Cap d’Agde, Gruissan, Port Leucate, Port Barcarès et Saint Cyprien.

[4] La Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) est une administration chargée de préparer les orientations et de mettre en œuvre la politique nationale d’aménagement et de développement du territoire. Créée le 14 février 1963 avec le même sigle sous l’appellation Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, la DATAR a porté le nom de Délégation interministérielle à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (DIACT) de 2005 à 2009, avant de prendre son nom actuel.

[5] Le Lido est le nom donné à la formation géologique sableuse allongée qui ferme la lagune de Venise ; par extension le mot s’emploie pour tout cordon littoral fermant une lagune.

[6] Les conflits d’usage naissent de l’émergence de volontés antagonistes ou compétitives d’utilisation d’un espace ; le passage d’une tension au conflit se concrétise par un acte d’engagement crédible posé par au moins un des acteurs, qui peut être de nature variable : prise de parole publique, recours aux tribunaux, etc.

[7] À chaque tempête, un lido se déplace vers l’intérieur des terres.

[8] Cf. archétype de la Grande-Motte : les tours et pyramides en étoile.

[9] Éléments qui contribuent à l’attractivité d’un espace.

[10] Les pratiques touristiques évoluent : elles sont moins saisonnières, elles privilégient les courts séjours, elles recherchent des activités complémentaires associées à la consommation de la plage, notamment la découverte d’un patrimoine historique et naturel.

[11] Potentialités : qualités d’un lieu qui pourraient être mises en valeur –Vocabulaire p.270.

[12] Contraintes : difficultés liées, notamment au relief ou climat, que rencontrent les hommes dans la mise en valeur d’un espace.

[13] Finisterre : du latin finibus terrae.

[14] Isthme : étroite bande de terre séparant deux mers ou deux golfes et réunissant deux grandes étendues de terre.

[15] À titre d’exemples, les sols bruns forestiers sont riches, les précipitations du milieu océanique sont favorables aux prairies tandis que les climats méditerranéen et tropical permettent les cultures des plantes à parfum

[16] La forêt couvre 30% du territoire métropolitain (ce qui en fait la première forêt d’Europe), 90% de la Guyane. Elle présente des profils très différents : forêt de feuillus (chênes et hêtres principalement), forêt de conifères (en altitude notamment) et forêt tropicale dans les DROM. La forêt constitue une importante ressource sur les plans environnemental (piège à CO², stabilisation des sols), économique (filière bois et énergie) et sociétal (espace de loisirs).

[17] Cf. le potentiel hydraulique (irrigation et énergie)

[18] NB : hors gaz et pétrole de schiste, que la France a pour l’heure décidé de ne pas exploiter.

[19] La Rangée nord-européenne, ou « Northern range » est la deuxième façade maritime mondiale et la première européenne. Elle s’étend du Havre à Hambourg et présente une forte concentration de ports, dont Rotterdam, Anvers ou Amsterdam. Ce sont des ports d’importations (produits bruts comme les hydrocarbures en provenance du Moyen-Orient, produits finis en provenance d’Asie orientale), et d’exportations des produits industriels qui viennent de l’arrière-pays européen (Hinterland), notamment de l’Europe rhénane.

[20] Marseille-Fos, premier port français, est notamment spécialisé dans le raffinage des produits pétroliers.

[21] Par exemple, la chaîne des Pyrénées fut et demeure un obstacle majeur à la circulation entre France et Espagne.

[22] http://www.rts.ch/archives/tv/divers/documentaires/3645862-tunnel-du-mont-blanc.html

[23] Le viaduc de Millau a été inauguré en 2004.

[24] Cf. création d’Isola 2000 en 1972.

[25] Cf., outre l’étude de cas que nous avons consacrée au littoral languedocien, l’exemple des marécages de la Camargue –dossier p.274-277 : durant plusieurs siècles, cette zone a été délaissée à cause de la présence de moustiques (paludisme) et des risques d’inondations par les crues du Rhône. Ce n’est que par la mise en place d’une politique volontariste et très coûteuse d’assèchement de ces marais, d’épandage de produits insecticides, et d’endiguement des bras du fleuve que ces espaces sont devenus attractifs pour l’agriculture (vigne, cultures irriguées, riziculture). Cf. également la plaine orientale de Corse, devenue l’un des vergers méditerranéens de la France.

[26] L’une des plus grandes catastrophes du XXème siècle a été l’éruption de la Montagne Pelée à la Martinique, rayant de la carte la ville de Saint-Pierre, faisant 28000 victimes en 1902.

[27] Cf. l’épidémie de chikungunya à la Réunion.

[28] Cf. ce point sur les risques sismiques dans le département (source : DDRM de la Préfecture des Alpes maritimes)

[29] Comme la sécheresse de 1976, qui se traduisit par une très forte baisse de la production de céréales, la tempête de décembre 1999, qui a ravagé une grande partie des forêts de la moitié nord de la France, ou la canicule de 2003 qui eut, notamment, pour conséquence une surmortalité de 40%.

[30] Le développement touristique de la haute montagne pour le sport d’hiver a favorisé l’implantation humaine à haute altitude (les stations intégrées, dites de troisième génération, issues du « Plan Neige », sont à près de 2000 m) sur les ubacs, c’est-à-dire sur les versants les plus enneigés, où les risques d’avalanche sont les plus importants, surtout si la pente est forte.

[31] Cf. les inondations meurtrières dans le Var en 2010 et dans les Alpes maritimes en 2015.

[32] Cf. en 1959, la catastrophe du barrage de Malpasset (Var) + vidéo INA.

[33] Cf. l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en septembre 2001.

[34] Plan de prévention des risques (PPR) : document d’urbanisme visant à limiter l’exposition de la population aux risques majeurs en l’informant, en organisant les secours et en réglementant l’utilisation des sols d’une commune.

[35] Ressource : richesse potentielle que l’homme peut utiliser pour ses besoins. Elle doit être exploitable à un coût acceptable.

[36] Cf. cet article consacré à l’impact de l’agriculture intensive sur l’eau.

[37] Cf. le cas du saumon.

[38] Cf. les informations diffusées par le site internet « Air-Paca ».

[39] Cf. risques accrus de développement de maladies pulmonaires pour les enfants.

[40] Cf. l’importance du rôle de l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)…

[41] Le terme de « paysage » prend une valeur législative avec la loi de 1993.

[42] Le premier parc national implanté en France a été le Parc de la Vanoise en 1963. Un parc naturel a pour finalité la préservation des espaces naturels et des espèces animales et végétales y vivant. Aujourd’hui, les Parcs naturels couvrent près de 10% du territoire français.

[43] Créé en 1975, il a pour mission d’assurer la protection des littoraux contre l’emprise des hommes, et en particulier contre le mitage du littoral par les constructions liées au tourisme et à l’urbanisation.

[44] Le Rapport Brundtland, officiellement intitulé Notre avenir à tous (Our Common Future), est une publication (1987) de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU, présidée par la Norvégienne Gro Harlem Brundtland. Utilisé comme base au Sommet de la Terre de 1992, le rapport définit ainsi la notion de développement durable : « mode de développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. » Le texte intégral du rapport est consultable en ligne ici : http://fr.wikisource.org/wiki/Notre_avenir_%C3%A0_tous_-_Rapport_Brundtland.

[45] Cf. loi d’orientation pour l’aménagement et le développement durable du territoire du 25 juin 1999.