TSTMG - Thème 1 / Les relations internationales

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Plan

I. LE JEU DES PUISSANCES DANS UN ESPACE MONDIALISÉ DE 1945 À NOS JOURS (QUESTION OBLIGATOIRE)
 A. 1947-1949 : LA BIPOLARISATION DU MONDE
  1. La guerre froide, un conflit d’un type nouveau
  2. La séparation des deux Allemagnes symbolise la bipolarisation du monde
 B. 1989-1991 : LA FIN DE LA GUERRE FROIDE
  1. 1989-1991 : la fin des démocraties populaires
  2. 1991 : la fin de l’Union soviétique
 C. AU DÉBUT DU XXIÈME SIÈCLE, DE NOUVELLES CONFLICTUALITÉS, DE NOUVEAUX RAPPORTS DE FORCE : UN MONDE MULTIPOLAIRE
  1. L’illusion du « nouvel ordre mondial » et le tournant du 11 septembre 2001
  2. De nouveaux rapports de puissance
  3. De nouvelles conflictualités
 CONCLUSION
II. SUJET D’ÉTUDE AU CHOIX. L’AMÉRIQUE LATINE : ENTRE DOMINATION TRADITIONNELLE DES ÉTATS-UNIS ET REMISE EN CAUSE DU LEADERSHIP NORD-AMÉRICAIN
 A. PENDANT LA GUERRE FROIDE : L’IMPÉRIALISME ÉTATSUNIEN ET SA CONTESTATION
 B. LES ÉVOLUTIONS POST-GUERRE FROIDE : UN MONDE PERDU PAR LES ÉTATS-UNIS ?

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Manuel p.10-53

Comment les rapports de puissance ont-ils évolué dans le monde depuis 1945 ?

I. Le jeu des puissances dans un espace mondialisé de 1945 à nos jours (Question obligatoire)

La question invite à porter un éclairage sur trois moments de l’histoire des relations internationales, depuis la bipolarisation du monde pendant la guerre froide, jusqu’à l’émergence d’un monde multipolaire au début du XXIème siècle –Schéma bilan + Synthèse p.31.

A. 1947-1949 : la bipolarisation du monde

Entre 1947 et 1949, la rupture entre les deux principales puissances issues en 1945 de la Seconde Guerre mondiale (Union soviétique et États-Unis), et la division du monde qu’elle entraîne, se cristallise dans la Guerre froide, un conflit d’un type nouveau.

1. La guerre froide, un conflit d’un type nouveau

L’expression « guerre froide »[1] désigne en même temps une période de l’histoire contemporaine (1947-1991) et un conflit multiforme, d’intensité variable, dressant l’un contre l’autre deux blocs visant l’extension maximale de leur influence et l’endiguement voire le refoulement de l’adversaire. L’opposition idéologique de ces deux puissances qui se craignent et se diabolisent mutuellement –Affiche 1 p.16, Le danger communiste vu par les Américains rend la paix impossible, tandis que le risque nucléaire rend la guerre improbable[2].

La guerre froide demande donc à être abordée selon deux aspects : conflit idéologique entre deux modèles antagonistes, conflit de puissances. Ce conflit idéologique entre deux systèmes prétendant incarner l’avenir du monde est également rivalité de puissances pour le contrôle de régions entières[3] -Cartes-clés 1, La mise en place d’un monde bipolaire + 2, L’Europe divisée au début de la guerre froide p.12-13.

2. La séparation des deux Allemagnes symbolise la bipolarisation du monde

Cours p.20-21 : « L’Allemagne, théâtre d’affrontement de la guerre froide (1947-1949) »- À la fin de la guerre, la Grande Alliance américano-soviétique permet certaines décisions communes, dans la continuité de la Conférence de Yalta (4-11 février 1945) où il est décidé, entre autres, que l'Allemagne vaincue serait occupée : par les Soviétiques pour les territoires situés à l'Est, les Britanniques, les Américains et les Français à l’Ouest. Berlin, enclavée dans la zone d'occupation soviétique, est également découpée en quatre zones d’occupation.

Toutefois, États-Unis et Union soviétique s’efforçant tous deux d’élargir leur sphère d’influence respective, la défiance s’installe entre les deux superpuissances, et quand le Plan Marshall -Vocabulaire p.17 propose en juin 1947 aux États européens une aide collective, l'Union soviétique rejette la proposition et riposte par la création en octobre 1947 fonde le Kominform -Vocabulaire p.19, doc.2 16, la définition de deux modèles antagoniques.

C’est dans ce contexte qu’éclate la crise de Berlin (juin 1948-mai 1949). En juin 1948, Français, Anglais et Américains unifient leurs zones d'occupation, les dotent d’une monnaie (le Deutsche Mark), et décident l’élection d’une assemblée constituante. Les Soviétiques ripostent par un blocus terrestre de Berlin (26 juin 1948) –doc.1 p.20 : « Le blocus de Berlin » (1948-1949), que les États-Unis contournent en ravitaillant Berlin-Ouest par un pont aérien ; en juin 1949, les Soviétiques sont contraints de lever le blocus de Berlin. À la suite de cette crise, deux Allemagnes sont créées : la RFA (9 mai 1949) et la RDA (7 octobre 1949)[4].

L’opposition RFA/RDA –doc.2 p.20, Deux régimes aux modèles idéologiques concurrents symbolise la bipolarisation du monde :

  • En RFA, la Loi fondamentale[5] instaure un État fédéral –Vocabulaire p.21. Bonn devient la nouvelle capitale politique. Grâce au plan Marshall qui accélère sa reconstruction et l'ancre nettement dans le bloc occidental, la RFA connaît un redressement est spectaculaire. La société de consommation qui s'y développe donne une image de prospérité et de liberté attractive : la RFA est la vitrine du modèle occidental.
  • La République démocratique allemande (RDA), est une démocratie populaire –Vocabulaire p.21, dans laquelle un parti communiste unique, le SED, monopolise le pouvoir, dans un régime d’inspiration soviétique aux forts accents totalitaires –Vocabulaire p.21 (police politique -la Stasi- omniprésente, économie collectivisée et planifiée, culture –doc.3 p.20, l’art au service du projet communiste, presse et école au service du régime, embrigadement de la population.

B. 1989-1991 : la fin de la guerre froide

Cours p.22-23 : « L’effondrement du bloc soviétique » (1989-1991).

1. 1989-1991 : la fin des démocraties populaires

En Europe de l’Est, les manifestations de l’été et de l’automne 1989 portent au pouvoir de nouveaux gouvernements :

  • en Pologne, où l’opposition remporte les élections (18 juin 1989) ;
  • En RDA, où les manifestations de rue contre les dirigeants se multiplient pendant l’été 1989 et aboutissent le 9 novembre 1989 quand les autorités décident d’ouvrir le mur de Berlin et la frontière interallemande[6] -doc.1 p.22, La chute du mur de Berlin ;
  • en Roumanie, où le régime dictatorial est renversé (22 décembre 1989) et le dictateur Ceausescu exécuté ;
  • en Tchécoslovaquie, où le régime communiste chute sans effusion de sang le 29 décembre 1989[7] -doc.2 p.22, La révolution de velours en Tchécoslovaquie.

À plusieurs reprises par le passé, quand les citoyens des démocraties populaires avaient remis en cause le régime, l’Union soviétique était intervenue militairement pour restaurer sa tutelle et imposer son modèle politique[8]. À partir de 1989, ce n’est plus le cas…

2. 1991 : la fin de l’Union soviétique

Depuis son accession à la tête de l’Union soviétique (11 mars 1985), Mikhaïl Gorbatchev tente de sauver un modèle soviétique à bout de souffle[9] en le réformant : il lance la perestroïka (restructuration)[10] –Vocabulaire p.23 et la glasnost (transparence)[11], qui changent en profondeur l'État et de la société soviétiques.

Mais Gorbatchev échoue : l’Union soviétique subit une grave désorganisation économique, et le pays implose sous la poussée des nationalismes –Vocabulaire p.23 quand les Républiques proclament leur souveraineté[12]. Les présidents de Russie, Ukraine et Biélorussie créent une Communauté d'États Indépendants (CEI), à laquelle toutes les autres Républiques adhèrent. Isolé et privé de tout pouvoir, Gorbatchev démissionne le 25 décembre 1991 –doc.4 p.22, La fin de l’URSS.

C’est la fin de l’Union soviétique –photo 2 p.24, Le démantèlement des symboles du communisme, et de la guerre froide. Cela implique à la fois :

  • une redistribution des cartes en Europe –Carte-clé p.14, L’Europe recomposée depuis 1989,
  • une transition difficile vers la démocratie libérale à économie de marché pour les pays de l’ex bloc communiste –Texte 3 p.24, Une transition difficile + Vocabulaire p.25, « Ostalgie »,
  • l’apparition de foyers de conflits liés au réveil des nationalismes, comme en Yougoslavie -Carte 4 p.24, L’éclatement de la Yougoslavie (1991-1995) + Paragraphe 3 p.25, « Le retour de la guerre en Europe »,
  • un changement radical des rapports de puissance à l’échelle mondiale : le monde bipolaire a vécu –Schéma bilan p.31…

C. Au début du XXIème siècle, de nouvelles conflictualités, de nouveaux rapports de force : un monde multipolaire

Carte-clé 2 p.15, Un monde multipolaire instable au début du XXIème siècle- Le début du XXIème siècle voit apparaître de nouveaux types de conflictualité et de nouveaux rapports de force.

1. L’illusion du « nouvel ordre mondial » et le tournant du 11 septembre 2001

À partir des années 1990, les États-Unis deviennent la seule puissance mondiale à combiner pouvoir économique, force militaire et rayonnement culturel à l'échelle planétaire : ils sont une « hyperpuissance » (militaire, économique, technologique, culturelle) –doc.2 p.26, L’hyperpuissance américaine.

Certains annoncent l’avènement d’un Nouvel Ordre Mondial, reposant sur les grands principes de l’ONU et sur l’engagement de la puissance étatsunienne au service de la paix et de la démocratie à l’échelle planétaire. Ainsi les États-Unis sont apparus comme les « gendarmes du monde », comme la première guerre du Golfe (1990-1991)[13] semble le confirmer.

Mais l’illusion de « l’Empire bienveillant » est de courte durée : cette hégémonie suscite des critiques, des résistances, et même des attaques terroristes. Le 11 septembre 2001, les attentats menés par Al-Qaïda[14] -Photo p.10-11, Le choc du 11 septembre 2001 révèlent la puissance et la détermination de mouvements islamistes radicaux.

Les États-Unis, sous la présidence de George W. Bush (2000-2008), déclarent alors « la guerre au terrorisme », marquée par une intervention militaire en Afghanistan (2001), puis dénoncent un « Axe du Mal » constitué d’États accusés de soutenir le terrorisme et de vouloir se doter d’« armes de destruction massive », ce qui les conduit à l’invasion de l’Irak en 2003, décidée unilatéralement –carte-clé p.15.

Confrontés aux critiques suscitées par leur unilatéralisme –Vocabulaire p.27 et à d’importantes difficultés militaires en Afghanistan et en Irak, les États-Unis ont, depuis l’élection de Barack Obama, infléchi leur orientation et leurs méthodes.

2. De nouveaux rapports de puissance

En effet, le monde n’est pas devenu « unipolaire » après la disparition de l’Union soviétique : il est devenu multipolaire.

En plus du leader américain, d’autres puissances s’affirment :

  • Carte 3 p.26, L’influence européenne dans le monde- L’Union Européenne est en quête d’un rôle international. Acteur majeur de la mondialisation, l'Union européenne est en effet le premier pôle du commerce mondial. Faible militairement, divisée sur quasiment tous les grands dossiers, elle éprouve néanmoins des difficultés à s'affirmer comme un acteur respecté dans les relations internationales.
  • Doc.4 p.27, Les ambitions de la Chine- La Chine, puissance montante avant tout par ses succès économiques, elle s’emploie à renforcer son rôle dans les relations internationales. Disposant d'un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU, dotée de l'arme nucléaire, elle reste essentiellement une puissance régionale, mais avec les autres pays émergents, les BRICS –Vocabulaire p.27, elle contribue à une reconfiguration des relations internationales.

3. De nouvelles conflictualités

Doc.1 p.28, La multiplication des conflits- Loin d’ouvrir une ère de paix comme cela a pu être annoncé en 1991, la fin de la guerre froide a réveillé de nouvelles formes d’affrontements, qui ne sont plus le fait des seuls États.

Si les conflits interétatiques se sont raréfiés, les conflits intra-étatiques –Vocabulaire p.29 se sont multipliés, en particulier dans les États défaillants : revendications d’indépendance de certaines populations, affrontements idéologiques, religieux ou ethniques… Dans ce contexte, aux armées régulières viennent s’ajouter des groupes armés plus informels… et non moins dangereux, souvent adeptes de guérillas, mais capables parfois de de mener des actions de grande ampleur.

Conclusion

Révisions p.30-31

II. L’Amérique latine : entre domination traditionnelle des États-Unis et remise en cause du leadership nord-américain (sujet d’étude)

L'Amérique latine inclut les États d'Amérique centrale, des Caraïbes et de l’Amérique du sud où l’on parle principalement l'Espagnol ou le Portugais comme au Brésil. Malgré de nombreuses contestations, l’Amérique latine a longtemps vécu et particulièrement depuis 1945, sous la domination des États-Unis. Si celle-ci reste forte, le sous-continent assiste en ce début du XXIème siècle à l’influence croissante du Brésil et aux tentatives d’affirmation de l’ALBA.

A. Pendant la guerre froide : l’impérialisme étatsunien et sa contestation

L'Amérique latine est la « chasse gardée » des États-Unis depuis la doctrine Monroe[15] définie en 1823. Doc.4 p.41, Les États-Unis, gendarmes de l’Amérique latine- Dans le contexte de la guerre froide, l’impérialisme[16] des États-Unis sur l’Amérique Latine se renforce, sur le plan économique[17], militaire[18] et surtout sur le plan politique : conformément à la doctrine Truman[19], les États-Unis luttent par tous les moyens contre la diffusion du communisme –doc.3 p.41, La charte de Punta del Este….

Cet impérialisme rencontre des résistances, notamment lorsque la révolution cubaine (1959) porte Fidel Castro et Ernesto « Che » Guevara –doc.9 p.42, Ernesto Guevara, figure emblématique de la lutte anti-impérialiste au pouvoir malgré l’hostilité étatsunienne –doc.5 p.41, Le fiasco de la Baie des cochons : dans toute l’Amérique latine des mouvements de contestation des régimes autoritaires et des États-Unis se multiplient. Ils peinent néanmoins à desserrer l’étreinte des États-Unis, qui parviennent imposer des régimes politiques « amis » -doc.2 p.41, La multiplication des dictatures conservatrices + doc.10 p.43, Les États-Unis contre la « contagion » révolutionnaire en Amérique latine + Juntes : vocabulaire p.43  : ainsi en 1954 au Guatemala[20], en 1973 au Chili[21]...

1. Identifiez les acteurs et les victimes du coup d'État de 1954. Pourquoi parle-t-on de « république bananière » ? (Document 1 p.40)

En 1954, au Guatemala, la CIA est l’auteur d’un coup d’État visant à défendre les intérêts de la United Fruit Company[22]. J. A. Guzman, le président démocratiquement élu du Guatemala, en est la première victime puisqu’il est remplacé par CC Armas ; plus largement, tous les paysans qui auraient pu bénéficier de la réforme agraire[23] que celui-ci souhaitait engager sont victimes de ce coup d’État.

Le fait qu’une compagnie bananière ait le pouvoir de faire et défaire certains gouvernements d’Amérique centrale a popularisé le terme de « république bananière » pour désigner et dénoncer ces régimes corrompus –à l’instar du peintre Diego Rivera dans son tableau « Gloriosa Victoria ».

2. Caractérisez le type de régime politique qui se multiplie à partir de 1947 (document 2 p.41). Quelles garanties offre-t-il aux États-Unis pendant la guerre froide ?

À partir de 1947, les coups d’État conduits par des juntes militaires se multiplient (1948 au Pérou et au Venezuela, 1950 à Haïti, 1955 en Argentine, etc.) et portent au pouvoir des dictatures conservatrices.

Les États-Unis trouvent dans ces régimes dictatoriaux de précieux alliés qui préservent :

  • leurs intérêts politiques en combattant la diffusion du communisme sur le continent américain ;
  • leurs intérêts économiques en facilitant les activités des FTN étatsuniennes.

3. Recensez les autres moyens utilisés par les États-Unis pour renforcer leur rôle sur le continent (documents 3, 4 et 5 p.41).

En plus de leurs manœuvres pour installer des gouvernements « amis », les États-Unis renforcent leur rôle sur le continent par tous les moyens :

  • Interventions militaires
  • Alliances militaires (OEA, Pacte de Rio)
  • Aide au développement –Cf. la Charte de Punta del Este (1961) qui fixe des objectifs à atteindre (augmentation du niveau de vie, lutte contre l’analphabétisme, etc.) et les engagements des États-Unis pour les atteindre (20 milliards de dollars en 10 ans).

4. Décrivez le déroulement de la crise de Cuba (documents 6 et 7 p.42).

À la suite de la révolution cubaine qui renverse le dictateur pro-étatsunien Batista, le gouvernement installé par Fidel Castro et Ernesto « Che » Guevara prend des décisions défavorables aux États-Unis (nationalisation des entreprises étatsuniennes, accord commercial avec l’Union soviétique). Les États-Unis, qui n’acceptent pas la présence d’un État communiste à quelques dizaines de kilomètres de leurs côtes, imposent un embargo sur le commerce avec Cuba et tentent (vainement) de renverser Fidel Castro par un débarquement militaire en 1961.

L’Union soviétique renforce alors son aide à Cuba, au point d’y installer des bases de lancement de missiles nucléaires : pointés vers les États-Unis, ils peuvent atteindre une large partie de leur territoire. C’est ce qui déclenche la crise de Cuba, à partir du 17 octobre 1962, qui se traduit par le blocus de l’île par les américains (les bateaux soviétiques font finalement demi-tour) et la mise en alerte de toutes les forces américaines stationnées dans le monde : la Troisième guerre mondiale n’était pas loin.

5. Expliquez en quoi le règlement de la crise de Cuba met en difficulté les États-Unis en Amérique latine (documents 8 et 9 p.42).

Au terme de la crise, le président américain, J.F. Kennedy, obtient du dirigeant soviétique, N. Khrouchtchev, le démantèlement de ses installations nucléaires, en échange de l’engagement de ne pas envahir Cuba. Les États-Unis doivent donc désormais composer avec la présence de ce régime hostile à leurs portes, qui appelle partout dans le monde et particulièrement en Amérique latine à la lutte contre l’impérialisme étatsunien, ce qui encourage les mouvements révolutionnaires en Amérique latine et ailleurs.

6. Identifiez comment les États-Unis agissent contre la « contagion révolutionnaire » (document 10 p.43). Développez votre réponse à l'aide de l'exemple chilien (document 12 p.43).

Les États-Unis agissent contre la contagion révolutionnaire :

  • par des interventions armées directes comme en République dominicaine en 1965, au Panama en 1969…
  • par la participation officieuse de la CIA dans la préparation de coups d’État (au Brésil en 1964, au Chili en 1973…)
  • en déployant le plan Condor[24] dans une grande partie du sous-continent sud-américain.

Au Chili, quand S. Allende est élu président (1970), « le pays est alors une démocratie stable et solide », les FTN menacées de nationalisations (notamment la firme NT&T) obtiennent l’intervention du président des États-Unis, R. Nixon, qui demande à la CIA de programmer « le chaos économique au Chili » : grèves, tentatives putschistes se succèdent, jusqu’à la prise du pouvoir par Augusto Pinochet le 11 septembre 1973. Sa dictature militaire durera jusqu’en 1989.

B. Les évolutions post-guerre froide : un monde perdu par les États-Unis ?

Dans les années 1980, la guerre froide s’apaise[25] ; les États-Unis n’ont donc plus besoin de leurs embarrassants « amis » : d’où un mouvement de démocratisation sans précédent[26] -doc.13 p.44, La démocratisation de l’Amérique latine. Les questions de la transition démocratique, du jugement des dictateurs et de leurs complices, et de la réconciliation nationale se posent alors[27], en même temps que celle de l’évolution des relations avec les États-Unis.

Depuis la fin de la guerre froide et la définition de nouvelles priorités pour les États-Unis –doc.14 p.44, Des rapports normalisés avec les États-Unis ?, l'Amérique latine s'émancipe politiquement et économiquement de la domination étatsunienne, qu’elle conteste ouvertement. De nombreux gouvernements dénoncent le rôle joué par les États-Unis dans la persistance du sous-développement en Amérique Latine. Ils rejettent le projet américain de ZLEA[28] et recherchent de nouveaux partenaires comme l’Union Européenne ou la Chine. Surtout, ils s’engagent dans l’intégration régionale[29] à l’échelle latino-américaine, avec des organisations comme le Mercosur[30], l’ALBA[31] -doc.17, Le président vénézuélien Hugo Chavez… + doc.18 p.45, L’ALBA, une proposition alternative d’intégration régionale, ou encore l’UNASUR[32]. Le Brésil, 6° puissance économique mondiale et puissance latino-américaine dominante, joue un rôle moteur dans ces évolutions : doc.15 p.45, Le Brésil puissance émergente- puissance émergente[33], son influence régionale ne cesse de s’accroître –doc.16 p.45, L’affirmation du Brésil.

1. Décrivez et datez les modalités de la transition démocratique en Amérique latine (document 13 p.44).

La transition de la dictature à la démocratie s’est faite plus ou moins tardivement (entre 1949 et 1990) de diverses manières :

  • le plus souvent par une élection, comme au Brésil en 1985 ;
  • parfois précocement, comme au Venezuela dès 1959 ;
  • parfois dans la violence, comme au Paraguay en 1989.

NB : le document mentionne une transition démocratique « par nomination » en 1980 au Salvador, mais le déroulement précis des faits est plus complexe que cela, une guerre civile déchirant le pays de 1979 à 1992…

2. Relevez les facteurs qui expliquent la transformation des relations entre les États-Unis et l'Amérique latine (document 14 p.44).

Depuis la fin de la guerre froide et plus encore après le 11 septembre 2001, les États-Unis, fortement mobilisés dans les conflits du Moyen-Orient ont cessé de considérer l’Amérique latine comme leur priorité, d’autant que celle-ci est désormais démocratisée et dénucléarisée : les dirigeants américains peuvent (provisoirement ?) renoncer au « big stick »[34] et favoriser le « soft power »[35].

3. Caractérisez la nature de ces nouvelles relations (documents 14 et 15 p.44, 18 p.45).

Dans ces conditions (question 2), les relations entre l’Amérique latine et les États-Unis évoluent : les États latino-américains jouissent désormais d’une large autonomie politique, dont ils usent par exemple pour dénoncer la politique étrangère américaine notamment au Moyen-Orient (Mexique, Chili…) ou pour défendre leurs intérêts économiques, par exemple en rejetant la proposition étatsunienne de fonder une ZLEA (Argentine, Brésil…).

Le Brésil a une place particulière dans ces nouvelles relations, dans la mesure où il s’affirme comme une puissance émergente, qui s’affirme non seulement à l’échelle régionale, mais aussi à l’échelle mondiale (voir question 4).

Enfin, l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), un accord de coopération renforcée lancée par le Venezuela[36] en 2005, rapproche les pays d’Amérique latine et des Caraïbes dans une intégration régionale[37] conçue en opposition au libéralisme économique et à l’impérialisme américain.

4. Mettez en évidence les caractéristiques qui font du Brésil une puissance émergente (document 15 p.44, 16 et 17 p.45).

« 5e plus grand pays du monde par sa population et sa dimension », le PIB du Brésil (12e rang mondial), représente les 2/3 de celui de l’Amérique du Sud. Puissant exportateur diversifié tant par les produits qu’il exporte que par ses partenaires (c’est un « global trader »), il joue un rôle éminent à l’OMC[38].

Dans ces conditions, il est en tant que puissance régionale le leader du MERCOSUR, et assume des responsabilités y compris hors de l’aire latino-américaine dans des missions de maintien de la paix que l’ONU lui confie (par exemple à Haïti).

5. Conclusion

Si le leadership américain en Amérique latine reste perceptible, le sous-continent assiste à l'influence croissante du Brésil et aux tentatives d'affirmation de l'ALBA.

 


[1] Inventée en 1947 par l’homme politique américain Bernard Baruch et popularisée par le journaliste américain Walter Lippmann.

[2] Cf. la formule de Raymond Aron, philosophe français : « guerre improbable, paix impossible ».

[3] Volonté des États-Unis d’éviter la domination du continent eurasiatique par l’URSS (containment), volonté de l’URSS de protéger ses frontières occidentales et des États-Unis celle de sa zone d’influence privilégiée, reproduction des vieilles rivalités impériales dans les pays du tiers monde…

[4] NB : attention, le fameux « mur » de Berlin ne sera construit qu’en 1961

[5] C’est le nom donné à la Constitution ouest-allemande adopté en août 1949.

[6] L'unification allemande est effective le 3 octobre 1990.

[7] C’est la « Révolution de velours ».

[8] En RDA en 1953, en Hongrie en 1956, en Tchécoslovaquie en 1968.

[9] Le modèle soviétique est en crise : son économie ne répond pas aux attentes de la population –doc.3 p.22, Les contre-performances de l’économie soviétique, notamment à cause du coût de la course aux armements. Par ailleurs, militairement, l’Union soviétique s’est enlisée en Afghanistan depuis 1979 –doc.5 p.23, L’échec soviétique en Afghanistan.

[10] Perestroïka : nom donné aux réformes économiques et sociales menées par Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique de 1985 à 1991.

[11] Glasnost : politique de liberté d'expression et de publication des informations officielles, introduite par Mikhaïl Gorbatchev en Union soviétique de 1985 à 1991.

[12] Indépendance de la Géorgie (avril 1991) des pays Baltes -Estonie, Lettonie, Lituanie-, de la Moldavie de l'Azerbaïdjan, de la Kirghizie et de l'Ouzbékistan (août 1991), de l'Ukraine (décembre 1991)

[13] La Guerre du Golfe est un conflit qui opposa l'Irak de Saddam Hussein à une coalition de 34 États, soutenue par l'Organisation des Nations unies entre 1990 et 1991, consécutive à l’invasion irakienne du Koweït à l’été 1990. La victoire de la coalition, aisée, entraîna la libération du Koweït.

[14] Deux symboles de la puissance américaine, le World Trade Center à New York et le Pentagone à Washington, sont visés.

[15] Doctrine Monroe : énoncée en 1823 par le président des États-Unis James Monroe, elle refuse toute intervention européenne sur le continent américain, qui doit relever de la seule sphère d’influence des États-Unis –Lexique p.269.

[16] Impérialisme : politique visant la domination d'un État sur d'autres États –Vocabulaire p.41.

[17] Les firmes américaines contrôlent les gisements miniers ou de vastes domaines agricoles –doc.1 p.40, Le Guatemala en 1954 : une « république bananière ».

[18] Cf. fondation en 1948 de l’Organisation des États d’Amérique (OEA), qui place l’Amérique latine sous la tutelle militaire des États-Unis dans le cadre d’un pacte de défense mutuelle –Vocabulaire p.41.

[19] Doctrine Truman : énoncée en mars 1947 par le Président américain Harry Truman, elle affirme la nécessité de faire barrage au communisme (Cf. endiguement ou containment) –Vocabulaire p.41

[20] Renversement du gouvernement démocratique par la CIA pour défendre les intérêts de la United Fruits -doc.1 p.40, Le Guatemala en 1954 : une « république bananière »

[21] Le gouvernement de Salvador Allende, démocratiquement élu mais jugé trop anti-américain, est renversé par un coup d’État militaire soutenu par les États-Unis au Chili en 1973 –docs.11 et 12 p.43, Le renversement du Président Allende au Chili + Le coup d’État du général Pinochet.

[22] FTN étatsunienne propriétaire de 85% des terres cultivables et de l'essentiel du réseau de communications du Guatemala, la United Fruit Company est spécialisée dans le commerce des fruits tropicaux, à l’échelle mondiale.

[23] Une réforme agraire est une réforme offrant des terres aux paysans qui la cultivent, éventuellement en les confisquant aux grands propriétaires.

[24] Plan Condor : programme d'élimination des opposants politiques aux juntes au pouvoir en Amérique latine mis en place par les juntes en 1975 et soutenu par la CIA –Vocabulaire p.43.

[25] La guerre froide s’apaise surtout dans la deuxième moitié des années 1980 (Gorbatchev accède au pouvoir en Union soviétique en 1985), avant de s’achever définitivement en 1991.

[26] Fin de la dictature militaire en Bolivie (1982), en argentine (1983), au Brésil (1985), en Uruguay (1985) au Paraguay (1989), etc.

[27] Par exemple, en Argentine on exige la vérité sur les disparus lors de la dictature militaire : Cf. mouvement des « mères de la place de mai » (et des « grands-mères de la place de mai ») qui, chaque semaine depuis 30 ans manifestent à Buenos Aires.

[28] Signe des temps, le président Obama a proposé au sommet des Amériques en 2009 une relation nouvelle, « d’égal à égal ».

[29] Intégration régionale : création d'un espace économique et/ou politique unifié entre pays voisins –Vocabulaire p.45.

[30] MERCOSUR : en espagnol Mercado Comun del Sur. Marché commun créé en 1991 qui rassemble plusieurs pays d'Amérique latine –Vocabulaire p.45.

[31] ALBA: Alliance Bolivarienne pour Les Amériques. Accord de coopération renforcée lancé par le Venezuela en 2005 qui rapproche des pays d'Amérique latine et des Caraïbes fédérés par leur opposition aux États-Unis –Vocabulaire p.45.

[32]

[33] Puissance émergente : pays qui grâce à une croissance économique rapide exerce une influence à l'échelle régionale voire mondiale –Vocabulaire p.45.

[34] Doctrine géopolitique du président des États-Unis (1901-1909) Theodore Roosevelt. Cf. article Wikipédia.

[35] Soft Power (« puissance douce ») : rayonnement d’un modèle économique, politique, culturel. S’oppose au « hard power » (force militaire, pressions économiques, etc.) –Lexique p.271.

[36] Fondée en 2005, l’ALBA est un projet conçu par le président vénézuélien Hugo Chavez pour concurrencer la ZLEA

[37] Intégration régionale : création d’un espace économique

[38] Du reste, Roberto Azevedo, le président de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) est brésilien.