TSTMG - Thème 1 / Les territoires dans la mondialisation

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Plan

I. CENTRES D’IMPULSION ET INÉGALE INTÉGRATION (QUESTION OBLIGATOIRE)
 A. LES PRINCIPALES AIRES DE PUISSANCE ET LEURS CARACTÈRES SPÉCIFIQUES
  1. La domination persistante de la Triade
  2. Trois aires de puissance aux caractères spécifiques
 B. LES MÉGALOPOLES, CENTRES D’IMPULSION ET DE COMMANDEMENT DU SYSTÈME MONDIAL
  1. Un réseau de métropoles dominé par quelques régions motrices
  2. Trois mégalopoles dominent le monde
  3. Un archipel mégalopolitain mondial en perpétuelle évolution
 C. POLARISATION, MARGINALISATION : UN SYSTÈME MONDIAL FORTEMENT HIÉRARCHISÉ ET INTERDÉPENDANT
  1. « Triade », « limite Nord-Sud »… : une grille de lecture pertinente, mais désormais insuffisante
  2. Une proposition de typologie
 CONCLUSION
II. UNE VILLE MONDIALE : SHANGHAI
 A. SHANGHAI, UNE VILLE MONDIALE, SYMBOLE DU DYNAMISME ET DE L'OUVERTURE DE LA CHINE
 B. LA NOUVELLE ZONE DE PUDONG ET LE PORT DE YANGSHAN : LES TERRITOIRES DE LA MODERNITÉ
 C. LES ENJEUX ACTUELS POUR MAÎTRISER LA CROISSANCE ET LA GESTION DE LA VILLE

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Manuel p.136-153

Présentation du thème p.136-137

Introduction

Définition

Certains géographes décrivent la mondialisation comme un « processus pluriséculaire de mise en réseau du monde » [1] et distinguent dans l’histoire de la planète trois mondialisations successives :

  • la première, portée par les Grandes Découvertes et le capitalisme marchand naissant (XVème-XVIème siècles) ;
  • la seconde, issue de la révolution industrielle du XIXème siècle et du début du XXème siècle, marqué par la mise en place d’un système économique industriel et capitaliste international ;
  • la troisième (celle que nous connaissons actuellement et qui nous intéresse ici), est la mondialisation libérale et financière qui commence à se déployer à partir des années 1960 pour s’élargir à l’ensemble du globe à la fin des années 1980.

« Fin de la préhistoire du monde »[2], la mondialisation se caractérise par une mise en relation et en interdépendance des lieux, des économies et des sociétés à l’échelle du monde. Plusieurs champs concourent à cette dynamique :

  • le champ économique : renforcement des échanges à l’échelle de la planète, sous le double l’effet de la généralisation de l’économie de marché fondée sur la financiarisation, et de la libre localisation des facteurs de production ;
  • le champ politique : constitution de grandes entités supranationales ; politiques de dérégulation des États ;
  • le champ technique : développement des réseaux et massification des flux de marchandises et d’information ;
  • le champ socio-culturel : diversification des migrations, mobilités, réseaux sociaux, diasporas, élites mondialisées.

Problématique

Notre étude analyse la construction d’un système mondial à la fois fortement hiérarchisé et interdépendant où s’accélèrent les phénomènes d’intégration et de marginalisation à diverses échelles.

Pourquoi et comment la mondialisation crée-t-elle à la fois une concentration des pouvoirs sur des espaces réduits et une marginalisation de certains territoires et de leurs populations ?

Notions-clés[3]

Aire de puissance

Espace regroupant plusieurs États qui domine le monde par son influence économique, culturelle, diplomatique et militaire.

Centre d’impulsion

Espace de décision qui concentre les différents aspects de la puissance (politique, économique, culturelle...) et qui peut les diffuser à l'échelle mondiale.

Mégalopole

Vaste région urbaine formée de plusieurs métropoles s'étendant sur des centaines de kilomètres et regroupant des dizaines de millions d'habitants. Les réseaux de transport mettent en relation les différents pôles de cet espace.

Interface

Zone de contact entre deux espaces de nature différente.

Intégration/marginalisation

Intégration : Processus qui permet à un espace d’être très bien relié au centre et de profiter de toutes les opportunités offertes.

Marginalisation : processus qui exclut certains espaces d’un phénomène car ils sont trop éloignés du centre et peu reliés à lui.

Intégration et marginalisation sont donc deux phénomènes inverses. Attention néanmoins : il existe différents degrés d'intégration et de marginalisation.

I. Centres d’impulsion et inégale intégration (question obligatoire)

A.  Les principales aires de puissance[4] et leurs caractères spécifiques

1.   La domination persistante de la Triade[5]

L’organisation de l’espace mondial est dominée par la Triade, c’est-à-dire par l’Amérique du Nord, l’Europe occidentale, l’Asie orientale (Japon, Corée du Sud, Singapour, Taïwan, littoral oriental de la Chine) dans tous les domaines d’expression de la puissance :

  • Dans la production de richesses -Carte-dé 2 p. 139, Les inégalités de richesse à l’échelle mondiale : 20% de la population dispose de 80% du PNB, 70% de l’industrie, 85% de la recherche-développement, 60% des services de transports et du stock d’IDE.
  • Dans la finance : concentration de la capitalisation boursière[6] et des IDE[7].
  • Dans les domaines militaire et diplomatique.
  • Dans l’éducation et la culture, où le rayonnement de chacune de ces aires de puissance relève du « soft power » -doc.4 p.145, Des aires de puissance culturelle.

2.   Trois aires de puissance aux caractères spécifiques

Chacune de ces aires de puissance présente des caractères spécifiques :

  • Texte 2 p.144, Les spécificités de deux puissances majeures : États-Unis et Europe- Avec 28% du PIB mondial, les États-Unis demeurent la première puissance mondiale, grâce à l’adaptation de leur économie à la mondialisation actuelle : leur puissance repose sur une industrie de plus en plus tournée vers les hautes technologies, sur les services et sur l’importance du dollar, principale monnaie des échanges internationaux. La puissance des États-Unis est aussi diplomatique et militaire : leur capacité militaire leur permet d'intervenir partout dans le monde (avec ou sans l'aval de la communauté internationale), leur poids à l’ONU est considérable, et leurs alliances militaires (OTAN principalement) leur assurent une influence planétaire. Enfin, la puissance américaine s’exerce dans le domaine culturel par l’influence de ses media, de son cinéma, etc. Associés dans le cadre de l’ALENA au Canada et au Mexique, les États-Unis sont les leaders de l’aire de puissance nord-américaine.
  • Texte 2 p.144, Les spécificités de deux puissances majeures : États-Unis et Europe- L’Europe Occidentale constitue le premier pôle du commerce mondial. L’Union Européenne (28 États-membres), concentre près du tiers du PIB mondial, verse la moitié de l'aide au développement dans le monde et constitue la plus grande zone de libre-échange de la planète avec plus d’un demi-milliard d’habitants. L’intégration de l’Europe occidentale est supérieure à celle de toutes les autres organisations régionales, mais elle reste à cette heure inachevée, chaque État-membre conservant une large part d’indépendance en matière économique, et surtout politique : de fait, l'Europe peine à s'imposer comme acteur diplomatico-militaire[8]
  • L'Asie orientale constitue une aire de puissance en expansion –Carte.3 p.144, L'Asie orientale, une aire de puissance en expansion, qui est en voie de réussir son « rattrapage » économique de l’Occident. Dans ce « rattrapage de l'Asie », la Chine et l'Inde ont été précédées par le Japon (dès la fin du XIXème siècle), puis par les « Nouveaux Pays Industrialisés (NPIA) »[9]. Attention néanmoins : la mondialisation a été un facteur favorable (ouverture des marchés l’exportation, afflux d’IDE…), mais elle n’est pas le seul moteur du rattrapage : les politiques étatiques (protectionnisme ciblé, importance du secteur public, investissement éducatif…) ont également joué un rôle déterminant. Dans cette aire de puissance en expansion, dominée par la Chine et le Japon[10], presque tous les pays se développent très rapidement (Chine, mais aussi Vietnam, Thaïlande, Indonésie…), mais ils connaissent aussi de profondes inégalités de richesse et de développement. L’Asie orientale est devenue la première façade maritime et industrielle de la planète et au Sud, plusieurs États se sont associés dans une zone de libre-échange : l’ASEAN.

B.  Les mégalopoles, centres d’impulsion et de commandement du système mondial

En favorisant le processus de métropolisation -Vocabulaire p.270[11], la mondialisation a fait des grandes métropoles des centres d’impulsion –Notion-clé p.152[12] et de commandement du système mondial.

Dans les grandes métropoles, les activités industrielles, redéployées en périphérie ou délocalisées, ont été remplacées par d’autres activités, les NBIC -Vocabulaire p.147[13] situés dans les technopoles -Vocabulaire p.271[14] ; les fonctions de commandement -Vocabulaire p.147[15] économiques (sièges de firmes multinationales –Carte 3 p.141 Les centres de commandement : sièges sociaux des 500 premières FTN, sièges de banques, assurances, places boursières), politiques (sièges du pouvoir national ou d’institutions internationales) et culturelles (musées, grandes universités…) se sont concentrées dans les CBD –Photo 5 p.147, Au cœur des métropoles : le CBD de Singapour + Vocabulaire p.268[16].

Les grandes métropoles échangent entre elles par des flux d'hommes, de marchandises, de capitaux et d'informations. Elles forment un vaste réseau mondial, dans lequel elles sont à la fois interdépendantes et concurrentes.

1.   Un réseau de métropoles dominé par quelques régions motrices

En dépit du poids grandissant des métropoles du Sud[17] –Texte 2 p.146, Carte-clé 3 p. 139, la hiérarchie mondiale est dominée par trois grandes villes du Nord –Carte 3 p.139, Les grandes agglomérations et leur degré d’intégration à la mondialisation : New York, Londres, Tokyo, qui sont devenues, avec Paris, des villes-monde -Vocabulaire p.270[18], proposant une gamme de services complète aux grandes FTN.

La métropolisation aboutit à la formation de vastes ensembles urbains : les mégalopoles –Notion-clé p.152[19] forment le cœur du réseau de « l'archipel mégalopolitain mondial » –Carte 1 p.146, L'archipel mégalopolitain mondial, qui domine l’organisation de l’espace mondial.

2.  Trois mégalopoles dominent le monde

Carte 3 p.139, Les grandes agglomérations et leur degré d’intégration à la mondialisation- La Mégalopolis se trouve aux États-Unis entre Boston et Washington, sur 800 km. Texte 3 p.146, Une ville-monde : New York- Elle est dominée par New York, ville mondiale qui est le principal centre décisionnel de la planète. La mégalopole de la côte Est et la région des grands lacs (Chicago, Détroit) forment l’espace le plus industrialisé, le plus riche et le plus peuplé d’Amérique du Nord.

Carte 4 p.146, Les 5 critères de l’espace mégalopolitain japonais- La mégalopole japonaise s'étend de Tokyo à Fukuoka. Son cœur historique, formé par Tokyo, Nagoya, et Osaka-Kobé, s’appelle le Tokaido. C’est un espace très industrialisé et très densément peuplé, qui s’étale sur un axe de plus de 1000 km, sur trois îles de l’archipel nippon. La façade pacifique (« Japon de l’endroit ») comporte une façade littorale très active et fortement connectée au système-monde par de puissants ports (Cf. ports de la baie de Tokyo).

La mégalopole européenne s'étend de Londres à Milan. Joignant la Manche à la Méditerranée en englobant l’Europe rhénane et la Northern Range[20], elle constitue, avec ses 70 millions d'habitants, le cœur dynamique de l'Union européenne. C’est l’espace le plus riche, le plus urbanisé et le plus industrialisé d’Europe. En effet, il comporte de nombreuses métropoles, dont deux villes mondiales (Londres et Paris) et concentre d’importantes fonctions décisionnelles comme les bourses de Londres, Francfort et Milan.

3.   Un archipel mégalopolitain mondial en perpétuelle évolution

Des mégalopoles secondaires se forment sur la côte ouest des États-Unis, au Brésil, mais surtout en Asie, sous l'effet d'une forte croissance démographique et économique. En effet, on constate l’émergence des grandes métropoles chinoises (Hong Kong, Shanghai, Pékin, Tianjin), sud-coréennes (Séoul et Pusan), taiwanaises (Taipei) et Singapour. En dépit des distances qui les séparent, ces villes sont de plus en plus interconnectées et interdépendantes : on peut dire que les métropoles d’Asie orientale de Tokyo à Singapour forment un archipel mégalopolitain asiatique.

C.  Polarisation, marginalisation : un système mondial fortement hiérarchisé et interdépendant

Le processus de mondialisation, en mettant les territoires en relations, renforce leurs interdépendances et accroît la concurrence qu’ils se livrent. Les effets d’un tel processus sur les territoires sont donc extrêmement contrastés.

1.   « Triade », « limite Nord-Sud »… : une grille de lecture pertinente, mais désormais insuffisante

Carte-dé 2 p. 139, Les inégalités de richesse à l’échelle mondiale- Dans le droit fil de la pensée de Kenichi Ohmae, l’opposition entre la Triade et ses annexes d’une part et le « Tiers-monde » d’autre part, entre « Nord » et « Sud », a fourni une grille d’analyse pertinente de la hiérarchisation des lieux à l’échelle mondiale.

Cartes 1 p.144, Des aires de puissance en relatif repli + Texte 2 p.142, L’affirmation d’un monde multipolaire- Aujourd’hui néanmoins, alors que la phase actuelle de la mondialisation a accouché d’une économie-monde multipolaire, si la prédominance de la Triade persiste, la hiérarchie mondiale s’est complexifiée, du fait notamment 1/ de l’intégration de l’ancien bloc socialiste dans la mondialisation capitaliste ; 2/ des nouvelles formes de l’insertion des PED dans l’économie-monde : aujourd’hui, les puissances émergentes (BRIC, BRICS –photo 3 p.148, Une organisation des puissances régionales, BASIC, etc.) contestent l’hégémonie de la Triade -doc.3 p.142, L’évolution des rapports géopolitiques dans le monde depuis 1945 + carte .1 p.148, Des puissances régionales de plus en plus importantes à l’échelle mondiale + tableau 2 p.148, Évolution du rang des nouvelles puissances régionales dans le commerce mondial.

2.   Une proposition de typologie

Pour beaucoup d’observateurs[21], les notions de « Tiers-Monde » ou de « pays en développement » qui avaient cours autrefois ne sont plus opérationnelles aujourd'hui. L’opposition Nord-Sud doit être remplacée par l'image de cercles concentriques qui mesurent l'intégration des économies nationales dans la globalisation, ou leur marginalisation. Dans cette construction,

les économies industrialisées de la Triade sont au centre ;

  • un premier cercle de périphéries intégrées est formé par des territoires situés en dehors des aires de puissance mais très liés à celles-ci : les pays d’Europe de l’Est récemment intégrés dans l’Union européenne, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ou encore les pays exportateurs d’hydrocarbures ;
  • les économies émergentes (une quinzaine de pays d'Asie et d'Amérique latine et du Sud) forment un second cercle de périphéries intégrées ;
  • un troisième cercle est composé d'un ensemble mouvant et instable formé d'économies situées aux marges du groupe précédent et qui ont plus ou moins vocation à s'y intégrer un jour en fonction du climat des affaires –doc.4 p. 143, Le projet Atlantic, une zone franche au Maroc (2010);
  • enfin, les périphéries en marge de la mondialisation forment le cercle des PMA[22], principalement situés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud. Ces périphéries en marge de la mondialisation sont souvent mal équipées en infrastructures, peu industrialisées, et exportent peu ou « mal »[23].

Le processus de la mondialisation affecte différemment les territoires de la planète. Une grande partie du monde reste exclue des bénéfices d’une mondialisation qui se caractérise avant tout par sa sélectivité (un processus à la fois d’intégration et d’exclusion), à toutes les échelles –Leçon p.150-151, Les territoires dans la mondialisation, une intégration à géométrie variable.

Conclusion

Révisions p.152-153

II. Une ville mondiale : Shanghai

Profitant pleinement de la dynamique du littoral chinois et de son importance croissante dans les échanges internationaux, Shanghai s’impose comme ville mondiale. Le poids du port de Yangshan et la croissance extrêmement rapide du quartier d’affaires du Pudong en constituent deux éléments majeurs. Si sa croissance est principalement localisée dans la métropole portuaire et le littoral, renforçant ainsi les disparités sociales et territoriales, la politique d’aménagement de la vallée du Yangzi tente de mieux la redistribuer vers l’intérieur du pays.

A. Shanghai, une ville mondiale, symbole du dynamisme et de l'ouverture de la Chine

Shanghai, en plein essor depuis son ouverture économique dans les années 1980, concurrence les grandes métropoles mondiales occidentales. Elle est devenue un grand pôle industriel, portuaire, financier, touristique et commercial. Par son poids économique[24] et démographique[25], Shanghai est la première ville chinoise. Avec plus de 120 nouveaux gratte-ciel chaque année, Shanghai présente toutes les caractéristiques d'une ville-monde et incarne une Chine conquérante.

  1.   Présentez les éléments qui ont permis à Shanghai de se développer (documents 2 et 3 p.165).

Plusieurs facteurs expliquent le développement de Shanghai :

  • Sa situation exceptionnelle au centre du littoral de la mer de Chine orientale, à l’embouchure du Yangzi (6500 km de long, 38% de la population chinoise sur son bassin versant) ;
  • Le fait que le gouvernement central favorise son renouveau métropolitain, par sa politique de réforme et d’ouverture depuis les années 1980 (la ville de Shanghai a été « ouverte » en 1984) ;

  2.   Relevez les résultats économiques actuels et caractérisez les domaines dans lesquels Shanghai domine sur le plan mondial (documents 2, 3 et 4 p.165).

Les résultats économiques actuels de Shanghai sont impressionnants :

  • 10 milliards de dollars d’IDE reçus en 2007
  • Seule ville chinoise présentant un PIB/habitant supérieur à 7000 dollars en 2008, Shanghai contribue au PIB chinois à hauteur de 5%, grâce à la première zone franche chinoise, qui accueille une industrie puissante (1/3 de la production nationale de voitures, 25% de la microélectronique, 50% des constructions navales) et enregistre un développement spectaculaire des hautes technologies (334 sièges de R & D en 2011)
  • Une place boursière qui s’affirme en atteignant le 3e rang mondial pour le volume des échanges et le second pour la capitalisation boursière en 2010
  • 1er port mondial pour le volume de marchandises (650 millions de tonnes en 2010) et pour le trafic de conteneurs (30 millions de conteneurs en 2011)
  • Une forte attractivité pour les sièges d’entreprises, avec plus de 350 sièges de FTN

Grâce à ces résultats, Shanghai a acquis une position dominante à l’échelle mondiale dans plusieurs domaines stratégique : finance, commerce maritime, industrie, hautes technologies…

   3.   Démontrez que Shanghai connaît une tertiarisation de son économie (documents 3 et 4 p.165).

La tertiarisation de l’économie shanghaienne est portée par :

  • une Bourse en plein essor (3e rang mondial pour le volume des échanges et le second pour la capitalisation boursière en 2010) ;
  • la présence d’un grand nombre de représentations d’entreprises chinoises et étrangères : Shanghai compte en effet plus de 350 sièges régionaux de FTN ;
  • des activités liées au transport maritime en pleine expansion, grâce aux effets induits du premier port mondial ;
  • le développement des hautes technologies, dont témoignent les 334 centres de R&D dénombrés en 2011 ;
  • un tourisme florissant (60 millions de touristes étrangers en 2007).

   4.   Montrez comment Shanghai cherche à acquérir une renommée culturelle internationale (document 1 p.164).

Shanghai, pour prétendre au statut de ville mondiale, cherche à acquérir une renommée culturelle internationale. À cet égard, l’organisation en 2010 de l’Exposition universelle « Meilleure Ville, Meilleure Vie » constitue une opportunité pour Shanghai, qui a accueilli lors de cette manifestation 73 millions de visiteurs dans les stands de 246 participants, dont 189 pays.

   5.   En quelques lignes, expliquez l'origine du développement de Shanghai, ses résultats actuels et les aspects de sa domination mondiale.

Le développement de la puissance de Shanghai trouve son origine dans la situation exceptionnelle de la « ville sur la mer » (centre du littoral et embouchure du Yangzi), dans les réformes entreprises par le gouvernement depuis les années 1980.

Ses résultats économiques sont impressionnants, qu’il s’agisse des IDE attirés, du PIB/hab., de la part dans la production industrielle nationale, de ses activités financières, de son trafic portuaire ou encore du nombre de sièges de FTN qui viennent s’y installer.

Cette dynamique a permis à Shanghai d’accéder au rang de ville mondiale, dont la puissance industrielle et tertiaire (finance, hautes technologies, tourisme, transports…) rayonne à l’échelle planétaire et rivalise avec les plus grandes capitales des pays développés à économie de marché.

B. La nouvelle zone de Pudong et le port de Yangshan : les territoires de la modernité

Deux lieux symbolisent le dynamisme économique de Shanghai : le nouveau quartier de Pudong avec son centre d'affaires, et le port de conteneurs de Yangshan, le premier de la planète. Ces espaces sont nés de la volonté du gouvernement chinois et de la municipalité de Shanghai d'ancrer la ville dans la mondialisation et d'en faire la vitrine du pays.

La nouvelle zone de Pudong, ancien quartier d'entrepôts et de chantiers navals à l'image dégradée, est devenue un quartier moderne, attractif, aux aménagements spectaculaires. Tout autant spectaculaire, le port de Yangshan a fait de Shanghai le premier port mondial.

1.   Décrivez les différentes activités de la nouvelle zone de Pudong (document 5 p.166).

La nouvelle zone de Pudong accueille des activités :

  • Industrielles traditionnelles (automobile, chantier naval) ou liées aux nouvelles technologies (télécommunications, informatique, électronique, pharmacie…)
  • Tertiaires (banques, sièges de FTN, recherche, transports, tourisme)

  2.   Expliquez quels éléments font de Lujiazui le nouveau centre de la ville de Shanghai (document 6 p.166).

Situé face au Bund à l’extrémité Ouest de la zone de Pudong, l’ancien centre de l’époque impériale, Lujiazui fait figure de nouveau centre pour Shanghai.

En effet, ce CBD accueille non seulement les principales tours de la skyline shanghaienne (Tour de la perle de l’Orient, Tour Jin Bao, Shanghai Tower…) mais aussi des hauts lieux culturels (musée, aquarium océanographique, temple) et une université. C’est en outre vers Lujiazui que converge tout le réseau du métro shanghaien et que le MAGLEV[26] achemine les voyageurs fraîchement débarqués de l’Aéroport international de Pudong.

3.   Présentez la localisation et l'organisation du port de Yangshan (documents 7 et 8 p.167).

Le port en eau profonde de Yangshan assure la suprématie portuaire mondiale de Shanghai. En effet, depuis sa mise en service en 2005 pour compléter le port de Waigaoqiao alors saturé, il a permis à Shanghai de devenir le premier port mondial.

Construit sur un polder sur une île au Sud de Shanghai, il est relié au continent par le plus grand pont du monde, le pont de Donghai, qui soutient une route de 6 voies sur 32 km.

Le port de Yangshan comporte d’immenses quais (plus de 5 km de long), dont les gigantesques grues chargent les porte-conteneurs (6 à la fois) 24h/24.

4.   Montrez la volonté chinoise de s'ancrer dans la mondialisation par la démesure des aménagements réalisés à Shanghai (documents 5, 7, 8 et 9 p.166-167).

La nouvelle zone de Pudong et le port de Yangshan sont nés de la volonté des autorités d’ancrer la ville dans la mondialisation.

Pour la zone de Pudong, la forte concentration de fonctions de production (secteur secondaire traditionnel et de hautes technologies) dans la zone industrielle et de fonctions de commandement dans un CBD à la skyline grandiose[27] montre la puissance accumulée par Shanghai.

Le port de Yangshan, construit au prix d’aménagements spectaculaires, connecte la ville aux principaux axes du commerce maritime mondial et donc au système-monde.

5.   En quelques lignes, expliquez en quoi Pudong et Yangshan sont les territoires de la modernité et s'intègrent à la mondialisation.

Pudong et Yangshan sont donc par excellence les territoires de la modernité shanghaienne. Fruits de la politique d’ouverture des autorités et de leur volonté d’amener la Chine au premier rang des puissances mondiales, pôle industriel et centre de commandement, 1er port mondial et principal débouché du premier pays exportateur mondial, ils sont les moyens d’une ambition d’un XXIe siècle qui pourrait bien être chinois.

C. Les enjeux actuels pour maîtriser la croissance et la gestion de la ville

La gestion et l'aménagement de cette ville en perpétuel mouvement constituent de réels enjeux économiques, sociaux et environnementaux. En effet, face à la croissance démographique et économique fulgurante de Shanghai et du delta du Yangzi, gérer les aménagements, l'extension urbaine, les activités et les nuisances est un réel enjeu pour parvenir à un développement maîtrisé dans le cadre de la mondialisation.

1.   Montrez que Shanghai domine le delta du Yangzi et qu'une diffusion de la croissance est en cours (document 10 p.168).

À l’interface[28] entre l’intérieur de la Chine et le système-monde, Shanghai est la principale métropole du delta du Yangzi : un pôle majeur intégré à l’économie mondiale. Sa domination s’exerce de manière décroissante au fur et à mesure que l’on s’avance à l’intérieur des terres, au-delà de 100 km et d’1h30 de trajet. L’amélioration du réseau de transports connectant Shanghai à son arrière-pays (axe fluvial, voie ferrée, autoroutes) contribue à la diffusion des activités économiques et de la croissance depuis Shanghai vers l’intérieur des terres, en suivant le Yangzi.

2.   Présentez les solutions envisagées pour répondre à la croissance démographique de Shanghai (documents 10, 13, 15 p.168-169).

En diffusant les activités économiques et la croissance dans le delta du Yangzi et y en améliorant les infrastructures de transport (métro par exemple : 17 lignes, 500 km delong), Shanghai permet le développement de sa périphérie, ce qui soulage la ville-centre. C’est dans cette optique que le plan d’aménagement de Shanghai (1999-2020) vise à favoriser le polycentrisme : le développement, voire la création, de villes secondaires comme Luchaogang, Songjiang, Jiading, etc. permet de limiter la pression sur Shanghai, où la verticalisation de l’architecture ne peut seule répondre à la croissance démographique galopante.

3.   Expliquez les problèmes environnementaux et sociaux auxquels la ville est confrontée (documents 11, 12, 14, 15 p.168-169).

La croissance démographique, économique, spatiale de Shanghai génère des problèmes environnementaux considérables :

  • Phénomène très répandu dans les villes chinoises, un épais nuage de pollution industrielle recouvre souvent Shanghai, produisant de graves effets sanitaires et dégrade la qualité de vie d’une population soumise par ailleurs au bruit et aux embouteillages permanents de cette métropole hyperactive.
  • L’urbanisation intensive a provoqué l’affaissement du sol de Shanghai, constitué de sédiments en provenance du Yangzi. Dans le quartier de Pudong par exemple, ce phénomène (-2,6m depuis 1921 !) fait peser sur les tours du CBD un risque important.
  • La rénovation urbaine, avec la destruction des lilong, s’accompagne de la verticalisation de l’architecture, mais aussi de l’augmentation des loyers et chasse les populations les plus modestes dans les arrondissements périphériques. Ces quartiers connaissent un processus de gentrification[29]

4.   Caractérisez la nature des différents enjeux présents à Shanghai (documents 10 à 15 p.168-169).

Les enjeux auxquels Shanghai est confrontée du fait de sa croissance démographique et économique fulgurante sont de nature économique, environnementale, sanitaire, et sociale.

5.   En quelques lignes, décrivez la croissance urbaine de Shanghai, les problèmes qui y sont liés et les solutions envisagées pour y remédier.

La croissance urbaine de Shanghai, stimulée par une croissance économique et démographique fulgurante est spectaculaire : dans le delta du Yangzi, la population de Shanghai et des 182 pôles urbains secondaires s’élève désormais à 60 millions d’habitants.

Saturée, congestionnée, Shanghai, dont le sous-sol se dérobe sous les tours, souffre non seulement de l’engorgement, du bruit et de la pollution atmosphérique, mais aussi de problèmes sociaux liés à la gentrification de la ville-centre.

Le gigantisme de cette région urbaine rend indispensable l’édification d’un réseau de transport efficace (autoroute, métro, voie ferrée…) et le développement de centres urbains secondaires.


[1] Laurent CARROUÉ, La mondialisation, 2010

[2] Jacques LEVY, L’invention du monde, 2007

[3] Elles figurent toutes p.152 du manuel, et doivent toutes être apprises et maîtrisées en vue de l’examen et pour une compréhension réelle de la question.

[4] Notion-clé p.152- Aire de puissance : espace regroupant plusieurs États qui domine le monde par son influence économique, culturelle, diplomatique et militaire.

[5] L'Amérique du Nord, l'Europe occidentale et l'Asie orientale concentrent environ 80% des échanges du monde. En 1985, l’économiste japonais Kenichi Ohmae a utilisé et popularisé (K. OHMAE, Triade Power : The Coming Shape of Global Competition, 1985) le terme de Triade pour désigner les trois pôles dominants de l’économie mondiale.

[6] La hiérarchie boursière mondiale est dominée par New York (le NYSE est la première Bourse mondiale), Tokyo et Londres (Euronext)

[7] Vocabulaire p.270- IDE (investissements directs à l’étranger) : mouvement international de capitaux réalisé par une firme dans le but de créer, de développer ou de maintenir une filiale à l’étranger.

[8] Malgré l’appartenance de la France et du Royaume-Uni au Conseil de sécurité de l’ONU.

[9] Ou encore « dragons d’Asie ».

[10] 2ème et 3ème puissances économiques mondiales –NB : certains classements récents, établis notamment par la Banque mondiale, placent la Chine en 1ère position.

[11] Métropolisation : processus de renforcement de la puissance des métropoles par l’accroissement de la population, la densité des réseaux de communication, la concentration des activités de commandement et des fonctions tertiaires supérieures.

[12] Centre d’impulsion : espace de décision qui concentre les différents aspects de la puissance (politique, économique, culturelle…)

[13] NBIC: champ scientifique multidisciplinaire se situant au carrefour des nanotechnologies, des biotechnologies, de l'informatique et des sciences cognitives.

[14] Technopole : ville disposant d’un parc réunissant en un même lieu des industries de pointe et des centres de recherche.

[15] Fonctions de commandement : ensemble des activités de direction dont le nombre et l'importance s'élèvent proportionnellement à la taille et à l'influence de la ville.

[16] CBD : Central Business District, quartier d’affaires d’une métropole.

[17] Au « Sud », d’autres villes mondiales émergent comme Shanghai, Beijing, Mumbai ou Sao Paolo.

[18] Ville-monde, ville globale : ville qui concentre à un degré supérieur les fonctions de commandement. Elle est un nœud de communication et constitue le cœur des différents réseaux induits par la mondialisation.

[19] Mégalopole : vaste région urbaine formée de plusieurs métropoles s'étendant sur des centaines de kilomètres et regroupant des dizaines de millions d'habitants. Les réseaux de transport mettent en relation les différents pôles de cet espace.

[20] Northern Range : nom anglais (littéralement : « rangée du Nord ») désignant la façade maritime de l’Union européenne qui s’étend du Havre à Hambourg et qui est dominée par les ports de Rotterdam et Anvers.

[21] Charles-Albert Michalet (2002), Laurent Carroué (2006), etc.

[22] PMA : pour la Banque mondiale, les pays les moins avancés. Ils sont au nombre de 48.

[23] La marginalisation des territoires peut aussi s’expliquer par des motifs politiques (Corée du Nord, Cuba) ou des situations de conflit (Afghanistan, Syrie).

[24] Si Pékin est bien la capitale politique, Shanghai est assurément la capitale économique de la Chine

[25] 19 millions d'habitants

[26] MAGLEV : 1er train à sustentation magnétique, le plus rapide du monde.

[27] Shanghai est en 2014 la 3e ville accueillant le plus grand nombre de gratte-ciel derrière New York et Toronto, d’après le site www.skycraperpage.com.

[28] Interface : une zone limitrophe entre deux espaces (région, ville, pays..) qui sert à des échanges commerciaux et culturels.

[29] Gentrification : La gentrification (anglicisme créé à partir de gentry, « petite noblesse ») est un phénomène urbain par lequel des arrivants plus aisés s'approprient un espace initialement occupé par des habitants ou usagers moins favorisés, transformant ainsi le profil économique et social du quartier au profit exclusif d'une couche sociale supérieure. Sur ce point de vocabulaire et d’autres, lisez ce très bon article paru dans Slate.