1ES/L - Thème 1 / Comprendre les territoires de proximité - Question 2 / La région, territoire de vie, territoire aménagé

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Plan

I. ETUDE DE CAS : LA REGION PACA

 A. L’identité de la région PACA

  1. Une région attractive

  2. Permanences et mutations économiques

 B. L’organisation de l’espace régional

 C. Des actions, des projets, des enjeux

  1. La région PACA au quotidien

  2. Les enjeux d’aménagement

 D. La région PACA en France et en Europe : une région ouverte sur l’extérieur

II. LA PLACE ET LE ROLE DES REGIONS EN FRANCE ET DANS UN AUTRE PAYS EUROPEEN

 A. Le fait régional en France

  1. La notion géographique de région

  2. Les régions administratives en France

  3. Les institutions régionales françaises et leurs prérogatives

 B. La région dans les États de l’Union européenne

  1. Des référents historiques variés

  2. Des compétences inégales

  3. Des attentes fortes vis-à-vis de la politique régionale de l’Union européenne

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Manuel p.38 à 58

Problématiques p.38-39, cartes « enjeux » p.40-41

En quoi la région est-elle un « territoire de vie » ? De quelle façon le territoire régional est-il présent dans l’organisation de la vie quotidienne des Français ? Quels sont le rôle et la place des régions en France ?

I. Étude de cas : la région PACA

La région Provence Alpes-Côte d’Azur est formée de six départements : Alpes de Haute-Provence, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Vaucluse, Var. Entre Alpes et Méditerranée, elle englobe le comté de Provence, le Comtat Venaissin, une partie du Dauphiné et le comté de Nice.

A. L’identité de la région PACA

Quels sont les caractères spécifiques de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur ?

1. Une région attractive

La région Provence-Alpes-Côte d’Azur est, avec 4,9 millions d’habitants (2009) résidant à 92% dans des unités urbaines, une des plus peuplées et des plus urbanisées de France. Son territoire, d’une grande diversité, est particulièrement attractif : PACA a gagné deux millions d’habitants en moins d’un demi-siècle[1].

2. Permanences et mutations économiques

Le poids économique de la région est important : 3ème PIB régional de France. La tertiarisation de l’économie est marquée, en raison notamment du poids du tourisme, qui draine une clientèle française, européenne et mondiale. Née au XIXème siècle sur la Côte d’Azur, cette spécialisation touristique s’est ensuite étendue sur une grande partie du territoire : généralisation du tourisme littoral, développement des résidences secondaires dans l’arrière-pays provençal, essor du tourisme en montagne.

L’industrie a un poids relativement faible, mais bénéficie de pôles dynamiques[2] confrontés au processus de mondialisation et de concurrence internationale.

L’agriculture, dominée par la vigne, les fruits et légumes et les fleurs, se concentre à l’Ouest et au Sud. Les espaces agricoles régressent face à la forêt en montagne, face à l’urbanisation dans les plaines.

B. L’organisation de l’espace régional

Comment les principales zones d’habitat et d’activités sont-elles distribuées dans l’espace régional ?

La région PACA présente de forts contrastes régionaux.

En effet, l’organisation spatiale est marquée par l’opposition entre les massifs alpins moyennement peuplés et un espace qui s’étend des rivages de la Méditerranée à la vallée du Rhône, où se concentrent la population, les activités économiques, les infrastructures de transports.

Le réseau urbain (91% de population urbaine) s’organise suivant un axe en forme d’arc, sur lequel se succèdent, en chapelet, les principales aires urbaines : Avignon, Marseille-Aix, Toulon, l’Est varois et la conurbation azuréenne. La coexistence de deux métropoles à rayonnement européen, Marseille-Aix et Nice-Côte d’Azur, entraîne une bipolarisation de la région entre ces deux pôles concurrents.

L’étalement urbain se traduit par une croissance accrue de la population et une forte consommation d’espace dans les moyen-pays sous la forme 1/ d’une périurbanisation résidentielle (« marée pavillonnaire ») ; 2/ de l’implantation, à la périphérie des villes centres, de pôles d’activités[3]. De même le tourisme gagne progressivement la Provence intérieure et la montagne.

C. Des actions, des projets, des enjeux

Quels sont les grands projets d’aménagement en cours ou prévus ? Quels sont les acteurs qui les conçoivent, les financent et les utilisent ?

1. La région PACA au quotidien

La Région est, aux côtés de l’État, un acteur spatial chargé d’améliorer le cadre de vie quotidien des habitants et de mettre en œuvre une politique de développement et de solidarité des différents territoires.

Les transports régionaux, les lycées, la formation professionnelle et l’apprentissage sont les principaux domaines de compétences obligatoires du Conseil régional. Les autres champs d’intervention résultent de choix politiques du conseil régional.
Les équilibres entre compétitivité du territoire et préservation de l’environnement, dans le cadre d’un « développement durable » souhaité, sont difficiles à atteindre. En effet, l’aménagement régional est un enjeu important qui vise à la fois le développement et la solidarité des différents territoires qui constituent la région. Du fait de la décentralisation, la Région joue un rôle grandissant, donnant en particulier une cohérence aux initiatives locales.

L’aménagement concerne de multiples acteurs spatiaux qui interviennent à différentes échelles, depuis l’État[4] jusqu’aux collectivités de proximité.

2. Les enjeux d’aménagement

La croissance des déplacements automobiles générés par la périurbanisation et l’évolution des modes de vie conduit à la saturation des réseaux autoroutiers. Aussi les collectivités territoriales ont-elles mis au cœur de leurs priorités le développement de réseaux de transports en commun en site propre (métro, tramway, TER –dossier p.54-55 : « Les TER, une priorité régionale »).

Plus globalement, la région PACA doit faire face à de multiples défis : dynamiser son développement par l’aménagement d’infrastructures de transports à l’échelle européenne et le renforcement des pôles de compétitivité, maîtriser l’étalement urbain.

C. La région PACA en France et en Europe : une région ouverte sur l’extérieur

Quelles sont les forces et les faiblesses de la région, dans le cadre national et européen ?

Après le temps du tourisme naissant, qui inventa la Côte d’Azur, et celui de l’empire colonial, qui fit la fortune de Marseille, la région PACA continue largement d’alimenter sa croissance par son ouverture sur la France, l’Europe et le monde.

Le dynamisme économique et démographique de la région repose en grande partie sur les flux résidentiels et touristiques issus de France et d’Europe. Alors que le port de Marseille joue un rôle de premier plan pour certaines importations nationales (hydrocarbures), il est fortement concurrencé par les ports des métropoles de l’arc latin[5] méditerranéen. C’est vers ces métropoles dynamiques que la région cherche à développer ses relations notamment par l’aménagement des infrastructures de communication vers l’Italie et l’Espagne.

En effet, alors que l’axe historique Nord-Sud bénéficie d’infrastructures multiples, comme la ligne TGV Paris-Marseille, les liaisons Est-Ouest sont saturées. Des projets majeurs visent à intensifier et fluidifier ces flux : LGV PACA, LGV Nice-Gênes, tunnel sous le Montgenèvre pour la traversée des Alpes par ferroutage. L’extension et la modernisation du port de Marseille (Fos 2XL) visent à lutter contre la concurrence des autres grands ports.

II. La place et le rôle des régions en France et en Europe[6]

A. Le fait régional en France

1. La notion géographique de région

Le mot région, très utilisé en géographie, est difficile à définir. On distingue :

  • la région « homogène », qui regroupe des facteurs communs empruntés au cadre naturel, à l’histoire, et à la population, qui lui confèrent une unité ;
  • la région « fonctionnelle », qui se définit comme l’aire polarisée d’une grande ville relayée par un réseau de villes petites et moyennes.

En France, les régions administratives résultent, le plus souvent, de la superposition de ces deux espaces. La géographie sociale a enrichi récemment la réflexion en faisant de la région un « espace vécu »…

2. Les régions administratives en France

D’un point de vue institutionnel, la région correspond à une circonscription administrative d’échelle intermédiaire entre l’échelle nationale et l’échelle locale. La politique d’aménagement du territoire au début des Trente glorieuses conduit en 1955 à la naissance des « régions de programme » : 21, puis 22 regroupements de départements métropolitains.

La France, compte actuellement 26 régions[7], dont le découpage est censé répondre à deux considérations principales : une homogénéité de taille relative (par la superficie et la population) et une volonté d’estomper la suprématie parisienne.

Mais les critiques concernant ces découpages ont été nombreuses : outre le fait que le poids démographique et économique des régions demeure très inégal, les limites ne respectent pas toujours les liens historiques ni les aires d’influence des pôles urbains qui animent le territoire français[8].

Néanmoins, les 22 régions existent, elles s’appuient sur la tradition départementale et prennent de plus en plus conscience de leur existence en affirmant leur identité régionale.

3. Les institutions régionales françaises et leurs prérogatives

La région est un acteur de plus en plus stratégique dans les politiques territoriales, même si ses nombreuses prérogatives ne sont pas toujours connues du grand public. L'organe politique régional est récent et s'affirme progressivement : ce n’est qu’en 1982[9] que la région devient une collectivité territoriale avec un conseil régional élu au suffrage universel, un budget propre et des compétences spécifiques, et elle n’est reconnue comme autonome juridiquement et fiscalement qu'avec la loi du 28 mars 2003.

B. La région dans les États de l’Union européenne

Le terme région est utilisé par l’Union européenne pour les besoins de la politique régionale, mais est inconnu dans certains États. Les régions sont inégales en taille, en richesse, en références historiques et en pouvoirs d’un pays à l’autre. Elles ne correspondent pas nécessairement aux NUTS[10] utilisées par l’Union européenne.

1. Des référents historiques variés

La Bavière ou la Catalogne sont, par exemple, des régions historiques très anciennes. La Bavière avait encore en 1914 un ambassadeur à Paris ; la Catalogne constitue « une nation » qui a fêté son millénaire en 1988 et qui, dans la constitution espagnole de 1978, a retrouvé son statut de Généralité, organisme politique original créé en 1354, et est reconnue comme nation depuis le 19 juin 2006 au sein de l'Espagne.

À l’inverse, d’autres régions témoignent d’une régionalisation formelle destinée à fournir à l’Union européenne des territoires pour l’application de la politique régionale. Celle-ci s’est, en effet, amplifiée au fur et à mesure que les élargissements successifs conduisaient à l’accroissement des disparités entre les régions.

2. Des compétences inégales

La loi fondamentale du 23 mai 1949 fait de l’Allemagne un État fédéral. Elle garantit l’unité à l’extérieur et la diversité à l’intérieur en laissant une très large autonomie aux 17 länder, dotés d’un gouvernement et d’un parlement.

En 1978 l’État espagnol crée 17 communautés autonomes avec leur gouvernement élu, disposant de pouvoirs importants dans les domaines culturels et économiques ; le Pays Basque et la Catalogne ont même des pouvoirs supplémentaires et leur propre langue officielle au côté de l’espagnol. Le roi est le garant de l’unité du pays.

Le Royaume-Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord est composé de quatre nations : Angleterre, Pays de Galles rattachée à la couronne en 1536, Écosse associée par le traité de l’Union avec l’Angleterre en 1707 et l’Irlande du Nord détachée de l’Irlande en 1921. Les lois de Dévolution de 1988 accordent aux Gallois et Écossais une large autonomie au sein du Royaume-Uni[11]. La Couronne assure le lien entre les nations.

3. Des attentes fortes vis-à-vis de la politique régionale de l’Union européenne

Quelles que soient leurs compétences politiques, les régions des pays de l’Union européenne, étant dans des situations économiques, sociales et culturelles variées, ont la volonté d’exploiter les perspectives de développement offertes par l’intégration européenne dans le cadre des programmes INTERREG et des aides dispensées par les fonds structurels[12] au titre des divers objectifs.

Elles développent également des partenariats, fondés sur des proximités géographiques et des problèmes économiques ou culturels communs. La région Saar-Lor-Lux[13] fournit un exemple de partenariat transfrontalier pour trouver des solutions à la crise des industries lourdes, la Bretagne a intégré l’Arc atlantique.

Le Nord-Pas-de-Calais, le Kent (Royaume Uni), la Flandre (Belgique) ont signé des accords de coopérations transfrontalières (transports, haute technologie). L’intégration européenne atteint son maximum en Allemagne où tous les espaces frontaliers sont impliqués dans de tels accords de coopérations.

La politique régionale de l’Union européenne visant à atténuer les disparités internes est l’un des points forts de l’intégration européenne.


[1] Cette progression, longtemps la plus rapide de France, est aujourd’hui moins forte que celle d’autres régions, mais elle reste importante, alimentée par de fortes migrations et un solde naturel positif.

[2]Sidérurgie, chimie, microélectronique, aéronautique et aérospatiale, pharmacie, parfumerie, agroalimentaire...

[3] Cf. technopôles comme Sophia-Antipolis (Alpes maritimes), zones commerciales comme Château-Gombert (Bouches du Rhône)…

[4] Malgré la décentralisation, l’État reste un acteur majeur à travers le contrat de projets État-Région.

[5] L’Arc Latin est une organisation de coopération politique et technique entre certaines collectivités appartenant à trois pays de l'Union européenne : Espagne, France et Italie.

[6] Cf. également Chapitre 1. Approches des territoires du quotidien / II. Acteurs et enjeux de l’aménagement / A. Les acteurs / 2. Des collectivités territoriales aux compétences étendues / C. La région, un acteur de plus en plus stratégique : http://e.michelangeli.free.fr/index.php/cours/geographie/161-1e-theme-1-comprendre-les-territoires-de-proximite-chapitre-1-approches-des-territoires-du-quotidien

[7] France d’Outre-mer comprise

[8] Ainsi, la partie sud de la région Picardie (Beauvais) regarde plus vers Paris que vers Amiens.

[9] Lois « Defferre »

[10] Nomenclature des unités territoriales statistiques. Système de division territorial des États membres de l’Union européenne visant à établir un système cohérent de statistiques régionales.

[11] Gallois et Écossais ont en effet obtenu une assemblée dotée de pouvoirs politiques jusqu’alors réservés au Parlement de Westminster et, pour l’Écosse, un parlement qui siège à Édimbourg.

[12] Institutions de financement de la politique régionale de l’Union européenne. Les plus importantes sont : le Feoga, le FSE, le Feder (fonds européen de développement régional. Cf. http://europa.eu/legislation_summaries/employment_and_social_policy/job_creation_measures/l60015_fr.htm).

[13] La Grande Région est une entité regroupant la Lorraine, le Luxembourg, la Rhénanie-Palatinat, la Sarre, la Wallonie et la communauté germanophone de Belgique. Elle est située entre le Rhin, la Moselle, la Sarre et la Meuse. La Grande Région a pour but d'améliorer la coopération politique, économique et les partenariats entre les différents acteurs.