TSTMG - Thème 2 / La mondialisation : acteurs, flux et réseaux

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Plan

I. MONDIALISATION ET FIRMES TRANSNATIONALES (QUESTION OBLIGATOIRE)
 A. Un système de relations complexes : des réseaux, des flux, des nœuds.
  1. Accroissement et polarisation des flux de capitaux
  2. Accroissement et polarisation de la production et des échanges
  3. Des réseaux polarisés et inégaux organisent le monde
 B. Le rôle croissant des FTN
  1. La firme et son organisation technique et géographique
  2. Une montée en puissance spectaculaire
  3. FTN et mondialisation : pôles et marges délaissées
 C. Le rôle des États en question
  1. L’État, une structure dépassée, aux pouvoirs limités ?
  2. Le retour de l’État ?


II. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES (SUJET D'ETUDE AU CHOIX)
 A. Les flux migratoires : distribution, typologie
 B. Les migrants, acteurs de la mondialisation
 C. Les politiques migratoires

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Manuel p.180-197

Le processus de mondialisation a pour effet de mettre les différents territoires de la planète en réseau, en s’appuyant sur des mobilités et des échanges toujours plus importants, dans le cadre d’une division internationale du travail en constante évolution.

La question obligatoire insiste sur le rôle des acteurs dans ce processus, en particulier celui des firmes transnationales. L’étude au choix est consacrée aux migrations internationales.

I. Mondialisation et firmes transnationales (question obligatoire)

En quoi les firmes transnationales (FTN) sont-elles au cœur de la mondialisation ?

A. Un système de relations complexes : des réseaux, des flux, des nœuds.

L’analyse de cartes à l’échelle planétaire révèle l’existence d’un système de relations complexes tissées par la mondialisation.

L’accroissement des échanges de marchandises, services, capitaux et informations est continu depuis le XIXème siècle. Mais depuis la phase actuelle de la mondialisation, le rythme de cet accroissement s’est accéléré, qu’il s’agisse :

  • des matières premières (ressources énergétiques, minerais, matériaux, etc.),
  • de produits manufacturés,
  • des flux de capitaux,
  • ou enfin des mobilités humaines (flux migratoires, flux touristiques).

1. Accroissement et polarisation des flux de capitaux

La déréglementation des marchés favorise le libre la libre circulation des capitaux.

Carte 2 p.183, La planète financière- La géographie du pouvoir financier est très concentrée, essentiellement entre les mains d’une vingtaine de places financières, connectées à une cinquantaine de paradis fiscaux. Les réseaux numériques et les télécommunications jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement interconnecté des marchés financiers.

2. Accroissement et polarisation de la production et des échanges

Carte 1 p.182, La dynamique des flux commerciaux- Les progrès des moyens de transport terrestres, maritimes et aériens permettent la massification des échanges de marchandises et des mobilités. Ainsi, la conteneurisation et la modernisation des ports (Cf. les ports de Shanghai) expliquent l’essor des flux de marchandises.

Aujourd’hui, une économie de plus en plus mondialisée[1] est en train d’émerger, structurée par une nouvelle DIT[2]–Carte 1 p.184, L’activité industrielle entre intégration et diffusion, Notion-clé p.196 :

  • qui se caractérise par la diffusion des productions de masse banalisées, sous l'effet notamment de l'internationalisation de l'appareil productif des FTN (Cf. délocalisations),
  • et par la polarisation des hautes technologies[3] par la Triade et particulièrement les métropoles.

3. Des réseaux polarisés et inégaux organisent le monde

Des réseaux -Notions p. 196 divers animent l’espace mondial ; ils empruntent :

  • certaines voies maritimes ou terrestres pour les transports de marchandises ;
  • câble, fibre optique, liaisons satellite pour la transmission d'informations ;

Les réseaux sont structurés par des nœuds[4] formés par des types différents d’infrastructures : ports, aéroports, voies ferrées, routes, stations satellites, serveurs Internet -Carte-clé 3 p. 183, L’explosion des flux aériens. Localisés sur les façades maritimes les plus actives et dans les métropoles, ils polarisent les flux.

Tous les territoires de la planète ne sont pas affectés de la même façon par l’essor des flux :

  • Les pays développés de la Triade et les puissances émergentes polarisent la grande majorité des flux commerciaux et financiers, en particulier sur les grandes façades maritimes et dans grandes métropoles qui sont de grands nœuds de transport et de communication.
  • Les pays du Sud exportateurs de matières premières ainsi que les pays-ateliers entretiennent des échanges asymétriques avec les pays du Nord et les puissances émergentes car ils exportent beaucoup mais importent peu.
  • Enfin certains pays du Sud, en particulier les PMA (Pays les moins avancés), sont en marge des échanges et des flux mondialisés.

B. Le rôle croissant des FTN

La mondialisation est dynamisée par l’action des firmes transnationales (FTN) qui bénéficient de l’évolution des moyens de transports et des techniques de communication.

1. La firme et son organisation technique et géographique

FTN : Notion-clé p.196- Si les petites et moyennes entreprises (PME) regroupent en général sur un seul site toutes leurs fonctions, les grandes entreprises se déploient sur plusieurs sites. Parmi ces entreprises, certaines sont définies comme des firmes transnationales, c’est-à-dire des entreprises développant leur activité à l'échelle internationale en étant présentes, à travers des filiales[5] productives ou commerciales, dans au moins cinq États différents.

 Plus une firme est importante, plus elle spécialise fonctionnellement ses établissements[6]. Cette segmentation fonctionnelle débouche sur une segmentation spatiale, c'est-à-dire sur la spécialisation des territoires par types d'activités, d'emplois et de niveaux de salaires.

L'organisation technique et spatiale d'une FTN dépend souvent de son secteur d'activité[7] :

  • dans les produits de base (agriculture, agroalimentaire, mines ou énergie) les firmes déploient des stratégies d'approvisionnement pour contrôler les espaces de production ;
  • dans les branches à faible contenu technologique, les entreprises adoptent souvent des stratégies de main-d’œuvre (recherche des faibles coûts salariaux) ;
  • dans les biens à haute valeur ajoutée, les entreprises préfèrent le plus souvent une implantation locale ;

2. Une montée en puissance spectaculaire

Depuis les années 1960, les firmes transnationales connaissent un essor vigoureux : au nombre de 6 000 en 1967, elles sont 82 000 aujourd’hui et réalisent 65% du commerce mondial. Elles contrôlent plus de 800 000 filiales dans le monde et emploient plus de 75 millions de salariés.

La géographie des centres de commandement demeure très largement dominée par les pays développés, dont les deux tiers sont originaires[8]. Elles ont un fort ancrage national[9] et développent des stratégies à l’échelle planétaire –doc.4 p.188, Une FTN : Toyota. Mais pour s’imposer, les FTN doivent s'adapter aux valeurs culturelles et aux représentations des populations.

Opérant dans des secteurs d'activité divers[10], fortes de chiffres d’affaires parfois supérieurs au PIB de certains États –doc.1 p.188, Chiffres d’affaires comparés aux PIB d’États, les FTN disposent d'une influence considérable à toutes les échelles[11], ce qui leur permet de créer les conditions réglementaires, idéologiques et politiques les plus favorables pour leurs activités. Elles sont accusées de profiter d'une main-d'œuvre mal protégée par des lois sociales peu développées –doc.3 p.188, Une ONG enquête chez un sous-traitant d’Apple, Foxconn, d'imposer leur volonté aux États, et d’être peu soucieuses des questions environnementales.

3. FTN et mondialisation : pôles et marges délaissées

Les IDE[12] des FTN créent des emplois dans les pays émergents et favorisent la diffusion de nouvelles technologies : elles contribuent ainsi à l'intégration des territoires dans la mondialisation.

La Triade et les périphéries intégrées polarisent les IDE : dix à quinze États polarisent 80% du total des IDE.

Les pays en développement ne reçoivent que 11% du total mondial[13]. Seule l'émergence de la Chine (12% du stock mondial) et dans une moindre mesure du Brésil, modifie ces équilibres.

C. Le rôle des États en question

La phase actuelle de la mondialisation, marquée par le développement rapide des échanges internationaux a été impulsée par les États, qui ont fait le choix d’ouvrir leurs marchés nationaux dans la seconde moitié du XXème siècle. Au début du XXIème siècle, la mondialisation semble avoir fait de l’État une structure dépassée, aux pouvoirs limités. Est-ce vraiment le cas ?

1. L’État, une structure dépassée, aux pouvoirs limités ?

La mondialisation favorise les échanges illégaux. Des réseaux criminels transnationaux organisent des trafics (drogue, êtres humains, produits de contrefaçon, etc.) que les États ont du mal à combattre.

La puissance des FTN –doc.1 p.188, Chiffres d’affaires comparés aux PIB d’États, l'influence des marchés financiers, le rôle des agences de notation[14] –doc.3 p.290, Des États sous surveillance posent la question des rapports entre le pouvoir politique dévolu par les citoyens aux États et le pouvoir économique détenu par un nombre restreint d’acteurs privés : pour certains, le pouvoir économique a désormais pris le pas sur le pouvoir politique.

D'autres acteurs transnationaux cherchent à suppléer aux États considérés comme défaillants : des ONG[15] comme Greenpeace, WWF ou Max Havelaar agissent dans de nombreux domaines (développement, commerce équitable[16], environnement, santé, etc.) et participent à la construction d'une opinion publique mondiale –doc.4 p.191, Une nouvelle façon de concevoir la consommation.

2. Le retour de l’État ?

Doc.2 p.190, Un appel à la gouvernance mondiale- La mondialisation pose la question de la mise en place d’une « gouvernance mondiale »[17] à partir d’organisations internationales existantes (FMI, OMC, G20 –doc.1 p.190, Les États du G20...) ou à venir. Or, seuls les États sont réellement capables de créer de la régulation au niveau mondial, car les institutions internationales en sont les émanations, de même que les organisations régionales (UE, ALENA…) : pour preuve, leur rôle dans le sauvetage du système bancaire lors de la crise de 2008 qui a démontré qu’ils demeuraient des acteurs économiques essentiels.

L’idée selon laquelle les États se dilueraient dans une mondialisation destructrice des frontières est donc excessive, tant les politiques économiques nationales sont encore différentes[18].

Paradoxalement, la mondialisation pourrait donc conduire à une réhabilitation du rôle des États.

II. Les migrations internationales (Sujet d’étude au choix)


 


[1] Vocabulaire p.187, Économie-monde- organisation économique de la planète dominée par un centre (unique ou multipolaire) en capacité d’imposer aux autres régions du monde les différents aspects de sa puissance ainsi que son système de valeurs.

[2] DIT : division internationale du travail. La division internationale du travail désigne le fait que les pays se sont spécialisés pour produire certains biens économiques : ils ne travaillent pas tous sur les mêmes produits et, de ce fait, échangent entre eux leur production –source Wikipédia.

[3] Informatique, télécommunications, électronique, pharmacie, logiciels, aéronautique, spatial...

[4] Nœud : point de convergence des flux dans un réseau –Lexique p.270

[5] Filiale : entreprise contrôlée par une société dite « société-mère »détenant une part importante de son capital –Vocabulaire p.189

[6] Une FTN déploie cinq fonctions principales : les fonctions de commandement, de gestion et de coordination (management, comptabilité, trésorerie, planification...) sont assurées par le siège social, l'innovation par un centre de recherche, la production concrète des produits par l'usine ; la logistique, la manutention et le transport sont réalisés dans les entrepôts ; enfin, les fonctions commerciales (marketing, publicité, vente, maintenance...) sont prises en charge par des bureaux spécialisés.

[7] Cinq grands types d'activité peuvent être identifiés : les industries extractives (directement liées aux gisements à exploiter) ; industries de haute technologie (aéronautique, pharmacie, informatique) ; industries qualifiées (biens d'équipement industriel, mécanique-robotique, matériel de précision, industrie électrique, ferroviaire...) ; industries spécialisées (fonderie, caoutchouc, ameublement, plastiques, textile, agroalimentaire, électronique grand public).

[8] Les FTN des pays du Sud représentent désormais le tiers des FTN du monde. Le groupe pétrolier chinois Sinopec ou le constructeur automobile indien Tata sont de nouveaux acteurs qui concurrencent les FTN de la Triade –doc.2 p.188, Les ambitions d’un grand patron du Sud.

[9] Leurs fonctions stratégiques (sièges sociaux, recherche, production à haute valeur ajoutée, etc.) sont situées principalement dans leur pays d'origine

[10] Énergie (Exxon, Gazprom, Total), agroalimentaire (Nestlé, Coca-Cola), automobile (Toyota, General Motors), grande distribution (WalMart, Carrefour), télécommunications (Nokia, Apple), finance (Japan Post Holdings)…

[11] 1/ Aux échelles nationales, à travers par exemple les liens étroits tissés avec le personnel politique et le financement des campagnes électorales (cf. présidents des États-Unis : À ce sujet, lire cet article sur Slate.fr). 2/ Aux échelles régionales et continentales, où leurs pressions sont permanentes, par exemple sur les organes de direction de l'Union européenne ou de l'ALENA. 3/ Aux échelles mondiales, où l'osmose avec les directions de l’OCDE, du FMI, de la Banque mondiale ou de l’OMC est parfois surprenante.

[12] IDE : investissements directs à l’étranger ; mouvement international de capitaux réalisé par une firme dans le but de créer, de développer ou de maintenir une filiale à l’étranger –Lexique p.270.

[13] Les FTN recourent à une évaluation fine des situations locales, nationales et régionales dont témoigne la multiplication des études sur les risques-pays et la prise en charge des risques par des assureurs-crédits.

[14] Agences de notation : entreprises privées (Standard & Poor's, Moody's, Fitch) chargées d'évaluer la rentabilité des entreprises et la solvabilité des États -Vocabulaire p.191.

[15] ONG (Organisation non gouvernementale) : organisation dont la gestion est indépendante de l’autorité d’un État et qui s’investit dans différents domaines, en particulier l’aide humanitaire, aussi bien sur le territoire national que dans les pays étrangers –Lexique p.270.

[16] Commerce équitable : système d'échanges aux objectifs économiques mais aussi sociaux (assurer un revenu convenable aux producteurs) et environnementaux -Vocabulaire p.191.

[17] Gouvernance mondiale : ensemble de règles d'organisation à l'échelle de la planète dans divers domaines (politique, économique, environnemental), associant des acteurs publics et privés –Vocabulaire p.191.

[18] En outre, l’efficacité de l’État demeure un facteur déterminant pour expliquer l’inégal développement