TSTMG - Thème 2 / La mondialisation : acteurs, flux et réseaux

pdf ppt 

Plan

I. MONDIALISATION ET FIRMES TRANSNATIONALES (QUESTION OBLIGATOIRE)
 A. Un système de relations complexes : des réseaux, des flux, des nœuds.
  1. Accroissement et polarisation des flux de capitaux
  2. Accroissement et polarisation de la production et des échanges
  3. Des réseaux polarisés et inégaux organisent le monde
 B. Le rôle croissant des FTN
  1. La firme et son organisation technique et géographique
  2. Une montée en puissance spectaculaire
  3. FTN et mondialisation : pôles et marges délaissées
 C. Le rôle des États en question
  1. L’État, une structure dépassée, aux pouvoirs limités ?
  2. Le retour de l’État ?


II. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES (SUJET D'ETUDE AU CHOIX)
 A. Les flux migratoires : distribution, typologie
 B. Les migrants, acteurs de la mondialisation
 C. Les politiques migratoires

tstmg g2

Manuel p.180-197

Le processus de mondialisation a pour effet de mettre les différents territoires de la planète en réseau, en s’appuyant sur des mobilités et des échanges toujours plus importants, dans le cadre d’une division internationale du travail en constante évolution.

La question obligatoire insiste sur le rôle des acteurs dans ce processus, en particulier celui des firmes transnationales. L’étude au choix est consacrée aux migrations internationales.

I. Mondialisation et firmes transnationales (question obligatoire)

En quoi les firmes transnationales (FTN) sont-elles au cœur de la mondialisation ?

A. Un système de relations complexes : des réseaux, des flux, des nœuds.

L’analyse de cartes à l’échelle planétaire révèle l’existence d’un système de relations complexes tissées par la mondialisation.

L’accroissement des échanges de marchandises, services, capitaux et informations est continu depuis le XIXème siècle. Mais depuis la phase actuelle de la mondialisation, le rythme de cet accroissement s’est accéléré, qu’il s’agisse :

  • des matières premières (ressources énergétiques, minerais, matériaux, etc.),
  • de produits manufacturés,
  • des flux de capitaux,
  • ou enfin des mobilités humaines (flux migratoires, flux touristiques).

1. Accroissement et polarisation des flux de capitaux

La déréglementation des marchés favorise le libre la libre circulation des capitaux.

Carte 2 p.183, La planète financière- La géographie du pouvoir financier est très concentrée, essentiellement entre les mains d’une vingtaine de places financières, connectées à une cinquantaine de paradis fiscaux. Les réseaux numériques et les télécommunications jouent un rôle déterminant dans le fonctionnement interconnecté des marchés financiers.

2. Accroissement et polarisation de la production et des échanges

Carte 1 p.182, La dynamique des flux commerciaux- Les progrès des moyens de transport terrestres, maritimes et aériens permettent la massification des échanges de marchandises et des mobilités. Ainsi, la conteneurisation et la modernisation des ports (Cf. les ports de Shanghai) expliquent l’essor des flux de marchandises.

Aujourd’hui, une économie de plus en plus mondialisée[1] est en train d’émerger, structurée par une nouvelle DIT[2]–Carte 1 p.184, L’activité industrielle entre intégration et diffusion, Notion-clé p.196 :

  • qui se caractérise par la diffusion des productions de masse banalisées, sous l'effet notamment de l'internationalisation de l'appareil productif des FTN (Cf. délocalisations),
  • et par la polarisation des hautes technologies[3] par la Triade et particulièrement les métropoles.

3. Des réseaux polarisés et inégaux organisent le monde

Des réseaux -Notions p. 196 divers animent l’espace mondial ; ils empruntent :

  • certaines voies maritimes ou terrestres pour les transports de marchandises ;
  • câble, fibre optique, liaisons satellite pour la transmission d'informations ;

Les réseaux sont structurés par des nœuds[4] formés par des types différents d’infrastructures : ports, aéroports, voies ferrées, routes, stations satellites, serveurs Internet -Carte-clé 3 p. 183, L’explosion des flux aériens. Localisés sur les façades maritimes les plus actives et dans les métropoles, ils polarisent les flux.

Tous les territoires de la planète ne sont pas affectés de la même façon par l’essor des flux :

  • Les pays développés de la Triade et les puissances émergentes polarisent la grande majorité des flux commerciaux et financiers, en particulier sur les grandes façades maritimes et dans grandes métropoles qui sont de grands nœuds de transport et de communication.
  • Les pays du Sud exportateurs de matières premières ainsi que les pays-ateliers entretiennent des échanges asymétriques avec les pays du Nord et les puissances émergentes car ils exportent beaucoup mais importent peu.
  • Enfin certains pays du Sud, en particulier les PMA (Pays les moins avancés), sont en marge des échanges et des flux mondialisés.

B. Le rôle croissant des FTN

La mondialisation est dynamisée par l’action des firmes transnationales (FTN) qui bénéficient de l’évolution des moyens de transports et des techniques de communication.

1. La firme et son organisation technique et géographique

FTN : Notion-clé p.196- Si les petites et moyennes entreprises (PME) regroupent en général sur un seul site toutes leurs fonctions, les grandes entreprises se déploient sur plusieurs sites. Parmi ces entreprises, certaines sont définies comme des firmes transnationales, c’est-à-dire des entreprises développant leur activité à l'échelle internationale en étant présentes, à travers des filiales[5] productives ou commerciales, dans au moins cinq États différents.

 Plus une firme est importante, plus elle spécialise fonctionnellement ses établissements[6]. Cette segmentation fonctionnelle débouche sur une segmentation spatiale, c'est-à-dire sur la spécialisation des territoires par types d'activités, d'emplois et de niveaux de salaires.

L'organisation technique et spatiale d'une FTN dépend souvent de son secteur d'activité[7] :

  • dans les produits de base (agriculture, agroalimentaire, mines ou énergie) les firmes déploient des stratégies d'approvisionnement pour contrôler les espaces de production ;
  • dans les branches à faible contenu technologique, les entreprises adoptent souvent des stratégies de main-d’œuvre (recherche des faibles coûts salariaux) ;
  • dans les biens à haute valeur ajoutée, les entreprises préfèrent le plus souvent une implantation locale ;

2. Une montée en puissance spectaculaire

Depuis les années 1960, les firmes transnationales connaissent un essor vigoureux : au nombre de 6 000 en 1967, elles sont 82 000 aujourd’hui et réalisent 65% du commerce mondial. Elles contrôlent plus de 800 000 filiales dans le monde et emploient plus de 75 millions de salariés.

La géographie des centres de commandement demeure très largement dominée par les pays développés, dont les deux tiers sont originaires[8]. Elles ont un fort ancrage national[9] et développent des stratégies à l’échelle planétaire –doc.4 p.188, Une FTN : Toyota. Mais pour s’imposer, les FTN doivent s'adapter aux valeurs culturelles et aux représentations des populations.

Opérant dans des secteurs d'activité divers[10], fortes de chiffres d’affaires parfois supérieurs au PIB de certains États –doc.1 p.188, Chiffres d’affaires comparés aux PIB d’États, les FTN disposent d'une influence considérable à toutes les échelles[11], ce qui leur permet de créer les conditions réglementaires, idéologiques et politiques les plus favorables pour leurs activités. Elles sont accusées de profiter d'une main-d'œuvre mal protégée par des lois sociales peu développées –doc.3 p.188, Une ONG enquête chez un sous-traitant d’Apple, Foxconn, d'imposer leur volonté aux États, et d’être peu soucieuses des questions environnementales.

3. FTN et mondialisation : pôles et marges délaissées

Les IDE[12] des FTN créent des emplois dans les pays émergents et favorisent la diffusion de nouvelles technologies : elles contribuent ainsi à l'intégration des territoires dans la mondialisation.

La Triade et les périphéries intégrées polarisent les IDE : dix à quinze États polarisent 80% du total des IDE.

Les pays en développement ne reçoivent que 11% du total mondial[13]. Seule l'émergence de la Chine (12% du stock mondial) et dans une moindre mesure du Brésil, modifie ces équilibres.

C. Le rôle des États en question

La phase actuelle de la mondialisation, marquée par le développement rapide des échanges internationaux a été impulsée par les États, qui ont fait le choix d’ouvrir leurs marchés nationaux dans la seconde moitié du XXème siècle. Au début du XXIème siècle, la mondialisation semble avoir fait de l’État une structure dépassée, aux pouvoirs limités. Est-ce vraiment le cas ?

1. L’État, une structure dépassée, aux pouvoirs limités ?

La mondialisation favorise les échanges illégaux. Des réseaux criminels transnationaux organisent des trafics (drogue, êtres humains, produits de contrefaçon, etc.) que les États ont du mal à combattre.

La puissance des FTN –doc.1 p.188, Chiffres d’affaires comparés aux PIB d’États, l'influence des marchés financiers, le rôle des agences de notation[14] –doc.3 p.290, Des États sous surveillance posent la question des rapports entre le pouvoir politique dévolu par les citoyens aux États et le pouvoir économique détenu par un nombre restreint d’acteurs privés : pour certains, le pouvoir économique a désormais pris le pas sur le pouvoir politique.

D'autres acteurs transnationaux cherchent à suppléer aux États considérés comme défaillants : des ONG[15] comme Greenpeace, WWF ou Max Havelaar agissent dans de nombreux domaines (développement, commerce équitable[16], environnement, santé, etc.) et participent à la construction d'une opinion publique mondiale –doc.4 p.191, Une nouvelle façon de concevoir la consommation.

2. Le retour de l’État ?

Doc.2 p.190, Un appel à la gouvernance mondiale- La mondialisation pose la question de la mise en place d’une « gouvernance mondiale »[17] à partir d’organisations internationales existantes (FMI, OMC, G20 –doc.1 p.190, Les États du G20...) ou à venir. Or, seuls les États sont réellement capables de créer de la régulation au niveau mondial, car les institutions internationales en sont les émanations, de même que les organisations régionales (UE, ALENA…) : pour preuve, leur rôle dans le sauvetage du système bancaire lors de la crise de 2008 qui a démontré qu’ils demeuraient des acteurs économiques essentiels.

L’idée selon laquelle les États se dilueraient dans une mondialisation destructrice des frontières est donc excessive, tant les politiques économiques nationales sont encore différentes[18].

Paradoxalement, la mondialisation pourrait donc conduire à une réhabilitation du rôle des États.

II. Les migrations internationales (Sujet d’étude au choix)

A. Les flux migratoires : distribution, typologie

Les migrations[19] internationales sont un phénomène permanent comme en témoigne la présence de nombreuses diasporas[20] à travers le monde. Doc.1 p.208, Le système migratoire mondial- Elles sont aujourd’hui un des traits caractéristiques de la mondialisation : en dépit des difficultés souvent rencontrées –doc.4, La Bestia, un corridor migratoire, le nombre de migrants a en effet doublé au cours des 20 dernières années –Doc.5 p.209, L’évolution des mobilités humaines.

Docs.2, Travailleurs immigrés à Dubaï + 3 Un monde en mouvement- Migrations des conflits, de la pauvreté ou stratégies de recherche de meilleures conditions de travail et d’existence, elles font écho aux écarts de richesse, aux guerres, aux besoins de mains-d’œuvre spécifiques.

1. Identifiez les principaux foyers émetteurs et récepteurs de migrants et analysez ces localisations (documents 1, 2, 3, 4 p.208-209).

Les principaux foyers émetteurs de flux migratoires (11 à 20 millions d’émigrants en 2005) sont : le Mexique et l’Amérique latine, la CEI, l’Asie du Sud. D’autres foyers sont plus modestes, tout en émettant un nombre considérable de migrants, entre 5,5 et 10 millions en 2005 : Les Caraïbes, l’Asie du Sud-Est, l’Asie orientale, l’Afrique de l’Ouest, le Proche-Orient, le Kazakhstan, l’Afghanistan.

Les principaux foyers récepteurs, vers lesquels les flux migratoires les plus importants convergent, sont les trois pôles de la Triade, auxquels s’ajoutent l’Australie et les pays du Golfe persique.

D’une manière générale, les flux sont orientés « Sud-Nord », c’est-à-dire de pays en développement et/ou agités par des conflits vers les pays de l’OCDE. Néanmoins, on observe que les flux tendent à se diversifier et à se complexifier : ainsi, les flux « Sud-Sud », « Nord-Nord » voire « Nord-Sud » se développent.

2. Analysez l'évolution des migrations au cours de ces trente dernières années (documents 3 et 5 p.209).

Le volume global des migrations a plus que doublé entre 1980 et 2010, passant de 100 à 220 millions de migrants par une augmentation constante durant ces trois décennies.

Les flux migratoires ont également évolué d’un point de vue qualitatif : jadis limités à quelques foyers de départ et d’arrivée, les flux concernent désormais toutes les régions du monde, « certaines d’entre elles devenant à la fois des pays d’entrée, de départ et de transit ». Quant aux migrants, ils se sont beaucoup diversifiés alors qu’autrefois, il s’agissait presque exclusivement d’hommes destinés à des tâches peu qualifiées.

3. Identifiez les différentes catégories de migrants et les difficultés auxquelles ils peuvent être confrontés (2, 3, 4, 5).

On trouve désormais parmi les migrants des femmes, des mineurs non accompagnés, des étudiants, des réfugiés, des élites qualifiées, des déplacés environnementaux. Autrefois, des hommes adultes peu qualifiés migraient pour grossir les rangs d’une main-d’œuvre agricole, ouvrière ou de service vouée à des fonctions d’exécution (« Trente glorieuses ») ; désormais, dans la phase actuelle de la mondialisation, d’autres flux sont à l’œuvre, suscités par le rapprochement familial, le réchauffement planétaire, les besoins en main d’œuvre étrangère qualifiée des technopoles, universités, centres de recherche, etc.

Leur chemin n’en est pas moins semé d’embuches. En effet, les pays « d’accueil » se montrant de moins en moins « accueillants », ils doivent souvent avoir recours à des intermédiaires peu recommandables pour migrer de manière clandestine, voyagent dans des conditions souvent difficiles et dangereuses, et sont souvent victimes d’exactions et de violences, comme dans le corridor migratoire de « la Bestia », entre Mexique et États-Unis. Un rapport d’Amnesty International (2010) décrit la traversée du Mexique comme « un des voyages les plus dangereux du monde ».

4. Synthèse- En quelques lignes, montrez en quoi les migrations internationales illustrent les différences de développement dans le monde

Les flux migratoires sont à la fois un reflet et un facteur de la mondialisation actuelle. Ils résultent de ses interdépendances et de ses dynamiques d’intégration et de marginalisation des territoires.

À la complexité des dynamiques de la mondialisation, font écho la complexification et la diversification des flux migratoires (plus seulement orientés « Sud-Nord », plus seulement constitués de travailleurs peu qualifiés, etc.), même si ils mettent majoritairement en mouvement des populations en quête de meilleures conditions de vie.

B. Les migrants, acteurs de la mondialisation

Les migrants sont des acteurs clés de la mondialisation. En effet, ils participent au phénomène d’interdépendances des États et des sociétés :

  • par les flux financiers qu’ils alimentent
  • par leur rôle dans les sociétés des pays récepteurs et des pays émetteurs de flux migratoires

1. Les migrants alimentent d’importants transferts financiers (diapo 24 : vidéos 1 et 2, doc.17 p.213)

a. En vous appuyant sur des chiffres et des exemples précis, démontrez l’importance des transferts financiers des migrants vers leurs pays d’origine

Les 200 millions de migrants recensés dans le monde ne représentent qu’environ 3% de la population mondiale, mais ils jouent un rôle économique majeur du fait des transferts financiers qu’ils alimentent à destination de leurs pays d’origine. En effet, le montant total de ces transferts représentait selon la Banque mondiale près de 340 milliards de dollars pour l’année 2008 (l’équivalent du PIB du Danemark), plus que la totalité de l’aide publique au développement versée par les pays de l’OCDE aux PED. On estime qu’en moyenne un émigré fait vivre dix personnes dans son pays d’origine par ses transferts financiers.

Ainsi, l’Inde a reçu 27 milliards de dollars de sa diaspora (26 milliards pour la Chine, 25 pour le Mexique, 17 pour les Philippines… et 12 milliards pour la France). Pour certains pays, ces flux représentent une proportion significative de leur PIB : 20% environ pour la Bolivie, le Salvador, la Jamaïque, l’Arménie, la Jordanie ; 25% pour le Honduras, 36 et 35% pour la Moldavie et le Tadjikistan.

b. À l’aide d’exemples précis, décrivez les effets de ces flux financiers sur le développement des pays d’origine des migrants

Les effets de ces transferts financiers sur le développement sont variables.

En effet, l’exemple du Salvador (6,7 millions d’habitants, 2 millions d’émigrés aux États-Unis) est caractéristique de transferts de fonds qui aident à réduire la pauvreté (revenu complémentaire appréciable pour les ménages) sans contribuer pour autant au développement du pays : peu d’investissements productifs, pas de stratégie économique à moyen ou long terme… Ici, les transferts de fonds réduisent les conséquences du mal-développement (la pauvreté), mais ne permettent pas de s’attaquer à leurs causes (la faiblesse de l’économie). Pire, en suscitant le départ des jeunes diplômés (« fuite des cerveaux »), cette dynamique a pour effet de retarder le développement.

En revanche, l’État du Kerala (Inde) fournit 50% de la main-d’œuvre immigrée indienne dans les pays du Golfe persique, faute de pourvoir aux besoins de ses 33 millions d’habitants avec ses activités traditionnelles (pêche, agriculture). Au Kerala, l’argent des transferts des migrants est employé certes aux dépenses domestiques des ménages, mais permet également la création de PME, de petits commerces, le financement d’écoles et d’infrastructures de santé. Il représente 30% du PIB de l’État, soit vingt fois plus que le commerce des épices, quatorze fois plus que la pêche, dix fois plus que les subventions de l’État fédéral indien, et ses retombées positives en termes de développement sont mesurables : le Kerala est l’État le plus alphabétisé d’Inde, y compris chez les filles, ce qui est déterminant pour le développement économique.

2. Les migrants satisfont certains besoins de leurs pays d’accueil (diapo 26 : vidéo + doc.7 p.210, 16, 18 p.213)

a. Pourquoi la France et les autres pays d’Europe de l’Ouest ont-ils d’importants besoins en personnels médicaux ?

En France et en Europe de l’Ouest, la population est vieillissante : la structure démographique induite par le baby-boom et l’augmentation de l’espérance de vie fait des pays d’Europe les nations les plus âgées du monde (entre ¼ et 1/6e de la population âgée de 60 ans et plus), avec le Japon et le Canada. D’ici trente ans, la part des plus de 80 ans devrait doubler en Europe (un Européen sur neuf en 2050).

Cette population vieillissante, plus exposée à certaines maladies, mobilise des personnels soignants de plus en plus nombreux, que l’on recrute de plus en plus à l’étranger.

b. Quels avantages leur procure le personnel médical étranger ?

En 2050, la population active européenne ne devrait plus représenter que 45% de la population totale (57% aujourd’hui), ce qui pose un problème de pénurie de main-d’œuvre dans les professions médicales (particulièrement chez les infirmières et aides-soignantes, dont les métiers sont difficiles et mal rémunérés).

Les pays européens trouvent donc dans les migrations internationales un précieux renfort, à des conditions financières très avantageuses.

c. Quels inconvénients cela entraîne-t-il pour les pays d’origine de ces migrants ?

La plupart des pays d’Afrique manquent de personnels soignants. L’OMS estime qu’il en faut au moins 10 pour 1000 habitants : à ce compte-là, il manque à l’Afrique, qui compte 25% des malades du monde, n’a pour les soigner que 1,3% des personnels médicaux, un million de personnels soignants. Or, il en part près de 20000 par an vers les pays de l’OCDE, à la recherche de meilleures conditions de vie et de travail : par exemple, 81% des infirmières et aides-soignantes du Libéria exercent à l’étranger. Cette fuite des cerveaux est particulièrement préjudiciable au développement, puisqu’elle prive de personnels qualifiés des pays qui ont investi dans leur formation.

3. Les migrants constituent des diasporas « qui changent le monde »

a. Proposez une définition pour « espaces sociaux transnationaux »

Les migrants, même quand ils sont partis depuis longtemps, entretiennent une multiplicité de liens avec leurs régions d'origine. Ces liens qu'entretiennent des personnes, des organisations, des réseaux dont l'activité transcende les frontières des États-nations constituent des espaces sociaux transnationaux. Ils peuvent être informels (par exemple au sein d'une famille), ou institutionnalisés (par exemple dans le cas d'un parti politique possédant des délégations à l’étranger).

b. Quels sont les effets du développement du transnationalisme :

  • Sur le plan culturel ?

Les espaces sociaux transnationaux constituent des sortes de corridors culturels au sein desquels transitent des personnes, des symboles, des pratiques, des écrits. En effet, ils entrainent souvent des pratiques culturelles syncrétiques ou des identités hybrides (algéro-française par exemple), qui sont soit combattues soit acceptées, mais que l’on ne peut pas résumer à un état transitoire entre l’appartenance à une identité collective « passée » et une « à venir ».

  • Sur le plan économique ?

Sur le plan économique, les transferts financiers, qui ont plus que doublé au cours des années 1990, excèdent aujourd'hui l'aide au développement financée par les gouvernements.

Au-delà des seuls transferts financiers, l’impact économique des transferts de technologies (par exemple ceux qui transitent par les réseaux de scientifiques et d'experts entre États-Unis et Chine), ou de savoir-faire variés, ne saurait être négligé.

  • Sur le plan politique ?

Sur le plan politique, le droit à de multiples nationalités peut être considéré comme le fondement politique de l'expérience transnationale, dans la mesure où il permet aux migrants et à leurs enfants de mener des vies multiples, entre ici et là-bas. Or au cours des dernières décennies, plus de la moitié des États souverains en sont venus à tolérer ce principe, qui permet de donner une traduction politique au phénomène culturel des identités hybrides.

Politiquement, le développement du transnationalisme pose la question de la représentation des diasporas dans les pays d’accueil, voire dans certains cas de phénomènes dits « communautaristes ». Elle a aussi des implications dans les pays d’origine des migrants, avec la diffusion des idées relatives à l'État de droit, à la bonne gouvernance, à la démocratie, aux droits de l'homme. Il n’est pas interdit de songer que cela a joué (et continue de jouer) un rôle dans les évènements des « printemps arabes » depuis 2011.

C. Les politiques migratoires

Selon les contextes économiques et sociaux, elles interrogent les sociétés et génèrent différents types de réactions des États concernés. Or, toutes les régions du monde ou presque sont concernées par les migrations internationales, qui suscitent des débats et des réactions tant dans les régions de départ que dans les régions d'arrivée.

1. Dans les pays émetteurs : de l’indifférence à l’accompagnement (texte distribué)

Longtemps les autorités des pays d’émigration se sont montrées indifférentes (voire hostiles) à leurs diasporas. L’importance des transferts financiers et certaines initiatives les poussent désormais à changer d’attitude.

a. Comment certaines diasporas soutiennent-elles le développement de leurs régions d’origine ?

Certaines diasporas soutiennent le développement de leurs régions d’origine en créant des associations d’entraide et de soutien à des projets de développement.

Par exemple, l’association des « Cañafisteros de Bani » (Boston) offre au village de Cañafistol des équipements et des aides sociales que l’État dominicain ne peut pas financer : « achat d’une ambulance et d’un corbillard pour la ville, d’un générateur pour la clinique, d’équipements médicaux et scolaires, le financement d’un fonds d’aide sociale versant 100$ par mois aux familles nécessiteuses… »

b. Quelle réponse les États concernés apportent-ils à ce phénomène ?

L’intérêt des États concernés pour ce phénomène est récent. Longtemps indifférents, « ils tentent désormais de diverses manières d’accompagner ces actions », pour les effets positifs qu’elles peuvent avoir sur l’économie nationale, mais aussi par souci de souveraineté politique.

D’où par exemple la possibilité récemment accordée aux émigrés dominicains de bénéficier de la double nationalité, ou encore le lancement de l’opération « dos por uno » par l’État du Zacatecas (Mexique).

2. Dans les pays récepteurs : fermer ou ouvrir les frontières ? (Vidéos 1 et 2, carte projetée, documents 15, 16 et 18 p.212)

Les pays développés du Nord ferment de plus en plus leurs frontières aux migrants pauvres et peu qualifiés en provenance des pays moins développés, ce qui favorise la multiplication depuis une vingtaine d’années de « frontières blindées », de murs pour empêcher le passage des migrants clandestins. C’est le cas notamment de la frontière États-Unis-Mexique et des frontières extérieures de l’Union Européenne en Méditerranée.

Mais les pays développés du Nord ainsi que certains pays émergents du Sud sont aussi confrontés au manque de main-d’œuvre qualifiée dans certains secteurs d’activité et ouvrent donc leurs frontières aux travailleurs diplômés (médecins, ingénieurs, etc.).

a. D’après la carte projetée, d’où viennent les migrants qui tentent d’entrer sur le territoire de l’UE ?

Les migrants qui tentent d’entrer sur le territoire de l’UE proviennent essentiellement d’Afrique du Nord, d’Ukraine, mais surtout de Turquie et des Balkans (ex-Yougoslavie et Albanie).

Cela ne signifie pas qu’ils sont forcément originaires de ces pays (sauf pour les Balkans) : les migrants qui tentent de franchir la Méditerranée viennent souvent d’Afrique subsaharienne, ceux qui viennent de Turquie du Moyen Orient ou de provenances plus lointaines en Asie…

b. D’après la vidéo 1 et le doc.13 p.212, en quoi consistent les politiques migratoires des pays développés de la Triade ?

Les pays destinataires de ces flux cherchent à se protéger derrière de nouveaux murs, comme dans les enclaves de Ceuta et Melilla, comme entre la Grèce et la Turquie, ou encore comme à la frontière États-Unis/Mexique, le long du Rio Bravo.

c. D’après les documents 15, 16 et 18 p.212-213, quel intérêt immédiat les pays d’accueil tirent-ils de la présence des migrants sur leur sol ?

Comme vu dans un exercice précédent avec le cas des personnels soignants étrangers au chevet d’une population européenne vieillissante, les pays développés à économie de marché ont d’importants besoin de main d’œuvre pour accomplir :

  • des tâches peu ou pas qualifiées comme dans le document 15 (plonge dans un restaurant, cueillette de fruits, assistante maternelle, etc.). Cette caricature de presse énumère sur un ton humoristique tout ce que les États-Uniens devraient faire eux-mêmes s’ils ne disposaient pas du renfort de la main-d’œuvre immigrée, légale ou illégale ;
  • des tâches qualifiées pour des salaires souvent inférieurs à ceux des ressortissants nationaux, dans le cadre de « la fuite des cerveaux » : de nombreux PED (en Afrique, en Asie, en Amérique latine…) voient leurs élites s’exiler vers les pays de l’OCDE. D’après le PNUD (Programme des Nations unies pour le développement), « 100 000 ressortissants indiens, essentiellement des informaticiens, immigrent chaque année aux États-Unis ».

d. D’après la vidéo 2, quel intérêt à plus long terme représente l’apport migratoire pour les pays d’accueil ?

À plus long terme, l’apport migratoire paraît indispensable pour compenser le vieillissement de la population des pays de l’OCDE,

  • en contribuant à l’activité du pays,
  • en redynamisant la démographie,
  • en contribuant au financement de la solidarité nationale : les cotisations et impôts des migrants financent les dépenses d’éducation, de santé, les retraites, etc.

Dans le cas de la France, on estime que le pays aura besoin, d’ici 2040, de 10 millions d’immigrés supplémentaires.

3. Conclusion

Les politiques migratoires restrictives des États développés sont donc plus souvent dictées par le poids de l’opinion publique et une tendance certaine à la xénophobie que par des motifs économiques, sociaux ou démographiques. De fait, en raison du vieillissement de la population et des besoins de main-d’œuvre que connaissent tous les pays du Nord, une ouverture plus large des frontières aux migrants en provenance des pays du Sud paraît inéluctable.

 


[1] Vocabulaire p.187, Économie-monde- organisation économique de la planète dominée par un centre (unique ou multipolaire) en capacité d’imposer aux autres régions du monde les différents aspects de sa puissance ainsi que son système de valeurs.

[2] DIT : division internationale du travail. La division internationale du travail désigne le fait que les pays se sont spécialisés pour produire certains biens économiques : ils ne travaillent pas tous sur les mêmes produits et, de ce fait, échangent entre eux leur production –source Wikipédia.

[3] Informatique, télécommunications, électronique, pharmacie, logiciels, aéronautique, spatial...

[4] Nœud : point de convergence des flux dans un réseau –Lexique p.270

[5] Filiale : entreprise contrôlée par une société dite « société-mère »détenant une part importante de son capital –Vocabulaire p.189

[6] Une FTN déploie cinq fonctions principales : les fonctions de commandement, de gestion et de coordination (management, comptabilité, trésorerie, planification...) sont assurées par le siège social, l'innovation par un centre de recherche, la production concrète des produits par l'usine ; la logistique, la manutention et le transport sont réalisés dans les entrepôts ; enfin, les fonctions commerciales (marketing, publicité, vente, maintenance...) sont prises en charge par des bureaux spécialisés.

[7] Cinq grands types d'activité peuvent être identifiés : les industries extractives (directement liées aux gisements à exploiter) ; industries de haute technologie (aéronautique, pharmacie, informatique) ; industries qualifiées (biens d'équipement industriel, mécanique-robotique, matériel de précision, industrie électrique, ferroviaire...) ; industries spécialisées (fonderie, caoutchouc, ameublement, plastiques, textile, agroalimentaire, électronique grand public).

[8] Les FTN des pays du Sud représentent désormais le tiers des FTN du monde. Le groupe pétrolier chinois Sinopec ou le constructeur automobile indien Tata sont de nouveaux acteurs qui concurrencent les FTN de la Triade –doc.2 p.188, Les ambitions d’un grand patron du Sud.

[9] Leurs fonctions stratégiques (sièges sociaux, recherche, production à haute valeur ajoutée, etc.) sont situées principalement dans leur pays d'origine

[10] Énergie (Exxon, Gazprom, Total), agroalimentaire (Nestlé, Coca-Cola), automobile (Toyota, General Motors), grande distribution (WalMart, Carrefour), télécommunications (Nokia, Apple), finance (Japan Post Holdings)…

[11] 1/ Aux échelles nationales, à travers par exemple les liens étroits tissés avec le personnel politique et le financement des campagnes électorales (cf. présidents des États-Unis : À ce sujet, lire cet article sur Slate.fr). 2/ Aux échelles régionales et continentales, où leurs pressions sont permanentes, par exemple sur les organes de direction de l'Union européenne ou de l'ALENA. 3/ Aux échelles mondiales, où l'osmose avec les directions de l’OCDE, du FMI, de la Banque mondiale ou de l’OMC est parfois surprenante.

[12] IDE : investissements directs à l’étranger ; mouvement international de capitaux réalisé par une firme dans le but de créer, de développer ou de maintenir une filiale à l’étranger –Lexique p.270.

[13] Les FTN recourent à une évaluation fine des situations locales, nationales et régionales dont témoigne la multiplication des études sur les risques-pays et la prise en charge des risques par des assureurs-crédits.

[14] Agences de notation : entreprises privées (Standard & Poor's, Moody's, Fitch) chargées d'évaluer la rentabilité des entreprises et la solvabilité des États -Vocabulaire p.191.

[15] ONG (Organisation non gouvernementale) : organisation dont la gestion est indépendante de l’autorité d’un État et qui s’investit dans différents domaines, en particulier l’aide humanitaire, aussi bien sur le territoire national que dans les pays étrangers –Lexique p.270.

[16] Commerce équitable : système d'échanges aux objectifs économiques mais aussi sociaux (assurer un revenu convenable aux producteurs) et environnementaux -Vocabulaire p.191.

[17] Gouvernance mondiale : ensemble de règles d'organisation à l'échelle de la planète dans divers domaines (politique, économique, environnemental), associant des acteurs publics et privés –Vocabulaire p.191.

[18] En outre, l’efficacité de l’Ét, at demeure un facteur déterminant pour expliquer l’inégal développement

[19] Migration internationale : déplacement de populations d'un pays dans un autre pour s'y établir –Vocabulaire p.209.

[20] Diaspora : émigration massive d’un peuple en divers endroits de la planète –Lexique p.269. À l'origine, ce terme ne recouvrait que le phénomène de dispersion proprement dit. Aujourd'hui, par extension, il désigne aussi le résultat de la dispersion, c'est-à-dire l'ensemble des membres d'une communauté dispersés dans plusieurs pays (source : Wikipédia)