1S - Thème 2 / La guerre et les régimes totalitaires au XXème siècle - Question 3 / La Seconde Guerre mondiale. Guerre d'anéantissement et génocide. Les combats de la Résistance

Plan

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I. LA SECONDE GUERRE MONDIALE : GUERRE D'ANEANTISSEMENT ET GENOCIDE
 A. GUERRE D’ANEANTISSEMENT
  1. La guerre contre les civils
  2. L’expérience combattante : la guerre totale à son paroxysme
 B. MASSACRE DE MASSE ET GENOCIDE
  1. Étude : Auschwitz
  2. La mise en œuvre de la « solution finale »
II. LA RESISTANCE CONTRE L’OCCUPANT NAZI ET LE REGIME DE VICHY
 A. LA FRANCE LIBRE
  1. L'appel du 18 juin 1940
  2. Un combat politique
  3. Les combats militaires de la France libre
 B. LES RESISTANCES INTERIEURES
  1. Les organisations
  2. Les actions de la Résistance intérieure
  3. Des résistants de plus en plus nombreux
 C. UN COMBAT COMMUN ET STRUCTURE
 1. Jean Moulin et l'unification de la Résistance
 2. Des institutions politiques reconnues

Manuel p.88-119

Problématique + Frise chronologique p.88-89- La Seconde Guerre mondiale témoigne, par rapport à la Grande guerre, d’un degré supplémentaire dans la guerre totale, d’où l’intérêt de l’aborder par l’étude de la volonté d’anéantissement de l’adversaire. Il ne s’agit pas de présenter dans le détail le déroulement du conflit –Cartes p.90-91, Chronologie p.92-93, mais d’examiner trois points :

  • Les caractéristiques nouvelles de la guerre : place des idéologies, guerre de mouvement, extension géographique, guerre technique et industrielle.
  • La dimension de guerre d’anéantissement : anéantissement physique et moral recherché sur le front germano-soviétique ou dans la conquête japonaise de la Chine ; anéantissement militaire et politique visé par les alliés dans les défaites allemandes et japonaises ; ampleur des destructions (humaines et matérielles) qui en résulte.
  • La forme paroxystique du massacre des Juifs et des Tziganes comme un phénomène particulièrement révélateur de cette dimension d’anéantissement de la guerre au XXème siècle.

Concernant les combats de la Résistance : même si le régime de Vichy n’est pas assimilable à un régime totalitaire, son idéologie réactionnaire et autoritaire comme sa politique (collaboration, persécution des Juifs, répression de la Résistance à l’occupant) en ont fait l’un des alliés du nazisme. À ce titre, si la Résistance nait d’abord de la volonté patriotique et nationale de chasser l’armée allemande, son combat contre Vichy devient politique et idéologique, partie prenante du grand affrontement des démocraties et des fascismes.

Dans quelle mesure la Seconde guerre mondiale apparait-elle comme une « guerre d’anéantissement » ?

Quelles sont les différentes dimensions des combats de la Résistance ?

I. La Seconde Guerre mondiale : guerre d'anéantissement et génocide

La guerre totale ne se résume pas à la seule capacité meurtrière des armes ; elle résulte fondamentalement de la disposition des sociétés à investir toutes leurs ressources (intellectuelles et matérielles) dans leur production et dans leur usage. Déjà présente dans le premier conflit mondial[1], la guerre totale comme guerre d’anéantissement -Vocabulaire p.94 est portée à son paroxysme lors du second, marqué par la volonté d’anéantissement de l’adversaire –doc.2 p.95, Le Royaume-Uni face à la guerre d’anéantissement + doc.6 p.97, Voulez-vous la guerre totale ? + doc.4 p.95, Anéantir le nazisme.

Alors que la Première Guerre mondiale est un choc entre États-nations, la Seconde est davantage un affrontement idéologique. On notera que le racisme tient une place essentielle dans les actions de l'Allemagne nazie : fidèle au dessein exposé dans Mein Kampf, Hitler cherche à conquérir un « espace vital » sur les territoires occupés par les barbares slaves pour permettre l'épanouissement de la « race des seigneurs ». À son apogée en 1942, la domination allemande couvre la majeure partie de l'Europe –Carte p.90-91. C'est sur cet ensemble qu'Hitler prétend bâtir « l'Europe nouvelle ».

A. Guerre d’anéantissement

Cours 1 p.94 : « Une guerre d’anéantissement »

1. La guerre contre les civils

Dans ces conditions, la Seconde Guerre mondiale se caractérise également par une surmortalité des civils[2], particulièrement exposés du fait de la nature du conflit et de sa configuration : invasions, retraites, occupations, bombardements…

a. Invasion et retraite

Pour les civils, l'invasion constitue un moment de particulière vulnérabilité face aux violences exercées par les troupes d'invasion : exécutions, viols, prises d'otages s’accompagnent de pillages et de saccages, les atteintes aux personnes et aux objets s'inscrivant dans une étroite continuité, essentiellement (mais pas seulement) de la part des troupes nazies[3].

La dimension idéologique et raciale de l’invasion de la Pologne en septembre 1939 et de l’Union soviétique en juin 1941 induit un franchissement de seuil dans les violences d'invasion subies par les civils. Engagés dans un conflit conçu comme une guerre d'extermination devant assurer « l’espace vital » de la « race aryenne », les soldats allemands exercent une violence totale, jusqu'au génocide[4].

b. Occupation

L'occupation obéit à la logique de la guerre totale : l'occupant ne se contente plus seulement d'assurer la sécurité et le ravitaillement de ses troupes. La captation des   ressources des territoires occupés prend un caractère systématique et affecte les conditions d'existence, voire la possibilité même de survie des occupés, lorsque la politique de famine est délibérément conçue comme un instrument de conquête[5].

Le travail forcé constitue un des aspects décisifs de l'exploitation des territoires occupés. En 1939, dès les premiers jours de l'occupation, les bureaux du travail installés en Pologne déportent des travailleurs vers l’Allemagne[6].

L'occupant exerce un contrôle étroit sur des domaines toujours plus nombreux de la vie collective et personnelle. La présence et le pouvoir de l'ennemi s'expriment d'abord par le contrôle de l'espace, une emprise exercée indifféremment sur les espaces public et privé[7].

Cette occupation suscite des fractures dans la conscience nationale entre ceux qui choisissent de collaborer avec les vainqueurs et ceux qui se dressent contre l'occupant. Aux actes de résistance, les occupants répliquent par les prises d'otages, la torture, les exécutions -doc.3 p. 95, Des exécutions sommaires, des représailles[8] et la déportation -en vertu du décret de décembre 1941[9].

c. Bombardements

Vocabulaire p.94 + Étude p.98-99 : « Les bombardements stratégiques… »- Plus que n’importe quel autre aspect des conflits modernes, le bombardement aérien est caractéristique de la guerre totale : il n’épargne rien, ni les implantations industrielles, ni les cibles civiles ; il efface les distances, projette les civils sur le front, ne tient compte d’aucune restriction matérielle ni morale.

Carte + dates-clés p.98- Pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'exception des États-Unis, les civils de toutes les grandes villes des pays belligérants subissent les bombardements. Ceux de Varsovie, en septembre 1939, et de Rotterdam, en juin 1940, marquent l’entrée dans le conflit sur le front oriental, puis occidental. Dans la capitale polonaise les quartiers les plus densément peuplés sont visés. Durant le Blitz –Vocabulaire p.94 + doc.1 p.98, Londres sous le Blitz qui frappe les villes anglaises à partir de septembre 1940, les 18000 tonnes de bombes déversées font 43000 morts. Doc.2 p.98, Les objectifs de bombardement selon W. Churchill- À partir de 1942, la Royal Air Force[10] intensifie ses attaques contre les villes allemandes : les villes de la Ruhr[11] et Lübeck[12] sont bombardées en mars 1942 ; en juillet 1943, 2500 appareils participent au bombardement de Hambourg qui fait 40000 morts et 800000 sans-abri. En février 1945, l'US Air Force[13] et la RAF, bombardent conjointement Dresde (70 000 morts) les 13-14 février 1945 –doc.3 p.99, L’Allemagne massivement bombardée. Contre le Japon, en mars 1945, 300 superforteresses B29 déversent des bombes incendiaires sur Tokyo, provoquant la mort de 100 000 personnes.

Les techniques de bombardement stratégique évoluent : le bombardement commence par le lancer de mines qui détruisent les plus grosses structures et provoquent des ondes de pression, celles-ci démultiplient l'effet des bombes incendiaires provoquant de véritables ouragans de feu qui atteignent des vitesses élevées et propagent l’incendie. Enfin les bombes à retardement ciblent les équipes de secours. Le recours à l'arme atomique contre le Japon (Bombardements atomiques d’Hiroshima, puis de Nagasaki les 6 et 9 août 1945)[14] constitue le point ultime de cette mutation des moyens de feu destinés à l'anéantissement des villes et de leurs habitants –doc.4 p.99, Les bombardements nucléaires justifiés par Truman, doc 5 p.99, La bombe atomique, arme contre les populations civiles.

2. L’expérience combattante : la guerre totale à son paroxysme

Étude p.96-97 : « La bataille de Stalingrad » + Prezi

A. Massacre de masse et génocide

Cours 2 p.100 : « L’extermination des Juifs et des Tziganes »

L’antisémitisme nazi s'organise autour de l’imaginaire apocalyptique d'une lutte à mort entre « race aryenne » et « race juive »[15].

La guerre totale offre le cadre dans lequel s'opère le passage de mesures ségrégatives contre les Juifs[16] à des massacres de masse et à l'extermination industrialisée.

1. Étude : Auschwitz

Étude p.102-103 : Le camp d’Auschwitz [17]

Voir également : Prezi

2. La mise en œuvre de la « solution finale »

Décidé à la fin de 1941, le génocide –Vocabulaire p.100, dont la principale victime furent les Juifs d’Europe[18] constitue le point culminant de la barbarie au cours de la guerre.

Tandis que s’amorce en France un processus de persécution dès 1940[19], : le sort des Juifs s'aggrave avec les conquêtes nazies au centre et à l’Est de l’Europe[20], chaque acquisition territoriale s'accompagnant de mesures de confinement ou d'extermination.

  • Confinement, dans les « ghettos » -Vocabulaire p.100 au début de 1940 : des Conseils juifs sont contraints de se former, de recenser les populations concernées, qui sont parquées dans les anciens ghettos des villes polonaises et lituaniennes. Chaque ghetto forme un monde clos que les habitants ne sont autorisés à quitter que pour aller travailler. Ce travail forcé et les mauvais traitements, ainsi que la promiscuité et la malnutrition, aboutissent à une première forme d'extermination qui décime rapidement les grands ghettos de Lodz (200.000 personnes) et de Varsovie (435.000), avant qu’il ne soit décidé de les anéantir –doc.4 p.101, L’extermination des Juifs des ghettos.
  • Extermination, quand l’invasion de l'Union soviétique à partir de l’été 1941 amène Hitler à envisager des solutions plus radicales. Les massacres sont inaugurés en Union soviétique où la SS de Himmler –Biographie p.100 est chargée de protéger les arrières de l'armée allemande : c’est la « shoah par balles ». Dans la seule ville de Kiev, près de 34000 juifs sont abattus en deux jours[21]-doc.1 p.100, Les Einsatzgruppen –Vocabulaire p.100 et la Shoah par balles.

À la fin juillet 1941, sur l'ordre de Goering, Heydrich dresse un plan détaillé d'extermination qui est exposé et approuvé lors d'une réunion interministérielle tenue en janvier 1942 dans le faubourg berlinois de la Wannsee[22] -doc.3 p.101, Vers la « solution finale » -Vocabulaire p.100. Appelée « solution finale » -vocabulaire p.100, l'extermination des Juifs est décidée à la fin de 1941 et prend effet dans les premiers mois de 1942. Au printemps 1942 la déportation s’accélère : les Juifs, mais aussi de nombreux « inférieurs de race » (en particulier les Tsiganes) et prisonniers de guerre sont acheminés vers des camps situés pour la plupart au Centre et à l'Est du nouvel « empire » allemand. Aux camps de concentration construits avant la guerre et destinés à l'internement des opposants, s’ajoutent, à partir de 1941-1942, les camps d’extermination, véritables usines de mort : Belzec, Chelmno, Maïdenek, Sobibor ou Treblinka –Carte 2 p.101, Les camps de concentration et d’extermination. Le plus tristement célèbre demeure Auschwitz-Birkenau, en Silésie. Utilisant le Cyclone B[23], Auschwitz acquiert une effroyable efficacité dans le meurtre à la chaîne[24]. Pour assurer le transfert des populations destinées au génocide, d'immenses rafles ont lieu en Europe, souvent avec des complicités locales[25]. Au cours de l'année 1943, tous les Juifs des territoires de l'Est sont enlevés des ghettos et transférés dans les camps. Aussi le bilan final est-il terrible : la politique nazie d’extermination frappe 30% des 600000 Tsiganes, 60% des 8,3 millions de Juifs vivant en Europe avant la guerre (c’est la Shoah –vocabulaire p.100). Des proportions qui s'élèvent à 85% en Pologne, 82% en Tchécoslovaquie, presque 90% dans les pays baltes. Le secret dont sont entourées les mesures prises, la minutie morbide de l'encadrement concentrationnaire, l'incrédulité de nombreux Juifs, persuadés jusqu'au bout d'être les victimes d'un simple internement, expliquent l'étendue du génocide.

L'effroyable logique du système concentrationnaire nazi, qui est aussi le produit de la guerre totale, dépersonnalise les détenus par les traitements avilissants, et aboutit à la mort d'environ 10 millions de personnes, dont 5 à 6 millions de Juifs.

À la fin de la guerre, soldats américains et soviétiques découvrent avec horreur d'immenses charniers dans les camps qu'ils libèrent. Ce traumatisme[26] va conduire les pays vainqueurs à définir une nouvelle notion de droit international, celle de « crime contre l'humanité ». C'est sur ce chef d'accusation et sur celui de « crime de guerre » que les responsables du régime nazi sont jugés en 1945-1946 à Nuremberg.

II. La Résistance contre l’occupant nazi et le régime de Vichy

« Grand angle » p.106-107 + doc.1 p.108, L’exode des civils en mai-juin 1940

A. La France libre

1. L'appel du 18 juin 1940

Refusant l'armistice annoncé par le maréchal Pétain le 17 juin, le général de Gaulle lance le 18 juin, de Londres, un appel à continuer le combat.

Certes, peu nombreux sont les Français entendent cet appel[27], certes les rangs de l'armée des Forces françaises libres sont à ses débuts peu garnis. Le général de Gaulle obtient cependant le soutien de Winston Churchill, Premier ministre britannique, qui le reconnaît comme « chef de la France libre » (à laquelle il permet de s’exprimer chaque jour à la BBC).

2. Un combat politique

Cours 3 p.108, Le régime de Vichy, négation de la République- Chef de la France libre –Vocabulaire p.110, il parle « au nom de la France », dont il entend incarner l'État légitime face au régime de Vichy –doc.2 p.109, Vichy, un régime antirépublicain + doc.3 p.109, Le procès de Riom + Vocabulaire p.108 : Révolution nationale, antirépublicain et de plus en plus compromis dans la collaboration –doc.4 p.109 + Vocabulaire p.108 au fil du conflit.

Initialement influencé par les monarchistes dans sa jeunesse, le général de Gaulle s’oppose au maréchalisme –Vocabulaire p.108 ; convaincu toutefois de la faillite de la IIIème République évoque la nécessité de refonder la République sur de nouvelles institutions.

3. Les combats militaires de la France libre

Pour constituer son armée, outre ceux qui l’ont rejoint à Londres à la suite de l’appel du 18 juin, de Gaulle compte sur les renforts de l'empire colonial.

Les FFL –Vocabulaire p.110, formées en grande partie de soldats de l'empire colonial, participent à des actions en Afrique du Nord[28], au Moyen-Orient, en Libye, etc., aux côtés des Alliés.

B. Les résistances intérieures

1. Les organisations

Dès l'été 1940, des actes isolés comme des tracts ou des graffitis manifestent le refus de l'occupation et de la collaboration. Les résistants se regroupent et organisent progressivement dans la clandestinité des réseaux de renseignement, et de sabotage, etc. Ces mouvements –Vocabulaire p.110, nombreux, se nomment par exemple Libération ou Combat en zone Sud, Défense de la France en zone Nord –Étude p.112-113, Le mouvement Défense de la France.

Ces organisations recrutent dans des milieux extrêmement variés, de la bourgeoisie aux classes populaires, en passant par les intellectuels (Cf. les historiens J.-P. Vernant et M. Bloch[29], qui paiera son engagement de sa vie), mais où la part des jeunes est toujours notable (Cf. le lycéen Guy Môquet[30]). Politiquement, si les partis de gauche sont plus représentés (socialistes, communistes), une partie de la droite n'accepte pas la soumission à l'Allemagne et s'engage[31].

2. Les actions de la Résistance intérieure

Les formes que peut revêtir la résistance répondent à différents objectifs : informer la population, collecter des renseignements, harceler l'occupant –FFI, Vocabulaire p.110.

L'organisation des mouvements est donc complexe et les risques sont énormes car la répression menée par les Allemands et par la police de Vichy est féroce. Nombreux sont ceux qui paient de leur vie leur engagement –doc.5 p.111 : « La répression de la lutte armée clandestine »[32].

3. Des résistants de plus en plus nombreux

Doc.4 p.111, Le développement des maquis- Les rangs de la résistance grossissent avec l'aggravation des conditions de vie, l'impopularité croissante du régime de Vichy et la mise en place du STO[33] -Vocabulaire p.108, doc.4 p.109 : « Affiche de propagande ». À partir de 1941 et l'entrée en guerre de l'URSS, l'engagement communiste dans la Résistance devient massif. Les FTP[34] créés en 1942 par le PCF participent ainsi activement aux combats contre les Allemands.

C. Un combat commun et structuré

1. Jean Moulin et l'unification de la Résistance

Doc.3 p.111, Réaffirmation des principes démocratiques- Début 1942, le général de Gaulle, charge Jean Moulin de coordonner les Résistances intérieure et extérieure –doc.1 p.110, Les liens entre la Résistance intérieure et la France libre. En mai 1943, il fonde le Conseil national de la Résistance, où sont représentés les mouvements, les partis politiques et les syndicats. Le CNR reconnaît l'autorité du général de Gaulle. Après l'arrestation et la mort de Jean Moulin (juin 1943), le CNR poursuit son action de coordination de la Résistance avec l'unification de la plupart des groupes armés dans les Forces françaises de l'intérieur (FFI) et élabore en 1944 un programme politique en vue de la Libération.

2. Des institutions politiques reconnues

À Alger, libéré lors du débarquement allié de novembre 1942, de Gaulle fonde en juin 1943 le Conseil français de libération nationale (CFLN) qui devient le Gouvernement provisoire de la République française en juin 1944 (GPRF). Le GPRF représente la France auprès des Alliés, ce qui lui épargne la mise en place d’une administration militaire (AMGOT).

Avec les débarquements alliés de 1944, la libération du territoire commence ; elle ne s’achève qu’en 1945. Aux côtés des Alliés, l'armée de la France libre contribue à la victoire, ainsi que les FFI et les maquis malgré les terribles représailles allemandes notamment dans les Alpes[35] et le Massif central[36]. Paris est libéré le 25 août 1944.


[1] Cela fait néanmoins l’objet de nouveaux débats historiques. Cf. « La guerre totale n’a pas eu lieu », Sciences Humaines n°260, juin 2014.

[2]La distinction entre combattants et non-combattants s’efface : combats à outrance, bombardements des villes, massacres de prisonniers ou de populations civiles …

[3] En 1945, les civils allemands sont à leur tour exposés aux violences de l’Armée rouge (Cf. M. Hillers, Une femme à Berlin)… Par ailleurs, les libérateurs américains n’ont pas non plus été tous exemplaires (Cf. ML Roberts, Des GI’s et des femmes : Amours, viols et prostitution à la Libération).

[4] L’anéantissement de 30 millions de Slaves est considéré par Hitler comme la condition préalable à la réalisation de « l’espace vital ». Cf. notamment les missions d'extermination des Einsatzgruppen.

[5] Cf. siège de Leningrad.

[6] En juillet 1944, lorsque la production d'armement allemand atteint son maximum, le Reich emploie 5,7 millions de travailleurs étrangers, 1,9 million de prisonniers de guerre et 400000 détenus des camps, ce qui représente un quart des actifs du pays.

[7] Alors que l'occupant quadrille les villes et les villages et investit les bâtiments administratifs et les lieux symboliques du pouvoir, les particuliers doivent loger soldats et officiers ennemis et sont soumis à des réquisitions : la barrière de l'intimité est ainsi constamment violée.

[8] Le village tchèque de Lidice est anéanti, en juin 1942, après l'assassinat de Heydrich ; la population d'Oradour est massacrée et le village incendié (juin 1944) après des attentats contre la division Das Reich

[9] Le décret « Nacht und Nebel » signé par le Maréchal Keitel prévoit la déportation pour tous les opposants ou ennemis du Reich.

[10] R.A.F. : aviation britannique.

[11] Région industrielle stratégique.

[12] Aucun objectif militaire ou stratégique.

[13] Cf. bombardiers B17 et B24.

[14] Sur le traumatisme japonais relatif à ces deux bombardements, deux films majeurs peuvent être vus : Pluie Noire, de S. Imamura, 1989 (Notice Wikipédia, Bande-annonce) ; Le Tombeau des Lucioles, de I. Takahata, 1988 (Notice Wikipédia, Bande-annonce)

[15] Cf. Thème 2, Question 2, III.C.

[16] Exclusion de la vie sociale, puis vastes projets de déportation dans le cadre de la réorganisation démographique et raciale des territoires conquis. Cf. chronologie du système concentrationnaire nazi (1933-1945).

[17] Voir également le site de D. Natanson : http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/3_auschwitz.htm et http://d-d.natanson.pagesperso-orange.fr/3_auschwitz.htm.

[18] L’extermination frappera aussi les Tsiganes, les Slaves, les francs-maçons, l’opposition politique de gauche et tous les démocrates et les résistants, en général.

[19] Cf. Statut des Juifs adopté par le gouvernement de Vichy le 3 octobre 1940. Par la suite, sous l'impulsion de Xavier Vallat, commissaire aux questions juives dans le gouvernement de Vichy, est constitué un fichier des Juifs français, qui facilitera grandement la tâche des autorités allemandes. Enfin, Allemands et Vichyssois tiennent le même discours : « Les Juifs responsables de la guerre », qui trouve son illustration la plus spectaculaire dans le procès de Riom, où est jugé Léon Blum.

[20] Par exemple, la victoire nazie sur la Pologne met 2 à 3 millions de Juifs sous la tutelle du Reich.

[21] À Babi Yar (ou « Ravin de la bonne femme ») près de Kiev (Ukraine), ce sont au total près de 100 000 personnes (prisonniers de guerre soviétiques, communistes, juifs, tziganes et otages civils) qui furent assassinées par les nazis et des collaborateurs locaux. Sur la mémoire de ce massacre, Cf. la notice Wikipédia de la Symphonie n°13 de Chostakovitch, que l’on peut écouter ici.

[22] Le 20 janvier 1942, quinze hauts responsables du Troisième Reich sont réunis sur l'organisation de l'extermination des Juifs d'Europe. Cette réunion a été mise en œuvre, sur instruction d’Adolf Hitler, par Hermann Göring, Heinrich Himmler, Reinhard Heydrich et Adolf Eichmann –Dossier p.92-93 : « A. Eichmann, anatomie d’un bourreau ».

[23] Fin 1941, dans le camp de Chelmno, les victimes, entassées dans des camions, sont asphyxiées par les gaz d'échappement introduits dans l'habitacle. Mais cette méthode est trop lente et peu rentable aux yeux des SS. Sollicités, les chimistes allemands vont mettre au point un nouveau gaz, le Cyclone B.

[24] À son maximum de rendement, il accueille une population de 100 000 détenus, et 12 000 victimes y périssent quotidiennement.

[25] En France, les Juifs sont entassés dans des camps d'internement : au vélodrome d'hiver, après la grande rafle de juillet 1942 à Paris, à Beaune-la-Rolande, à Pithiviers... Cf. la rafle du Vel' d'Hiv' (16 juillet 1942).

[26] Il s’agit indiscutablement d’un traumatisme, même si les Alliés avaient depuis 1942 clairement connaissance des faits. Cf. « Les Alliés savaient-ils ? », Le Monde, 18 juillet 2005.

[27] L’appel du général de Gaulle est néanmoins fortement diffusé par d’autres moyens –doc.2 p.111, L’appel du Général de Gaulle dans la presse régionale, ce qui lui donne un fort retentissement.

[28] Cf. la IIe DB du Général Leclerc

[29] « Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité […]. Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d'un antisémite. » Marc Bloch, L’étrange défaite, 1940.

[30] Lycéen parisien, Guy Môquet fut arrêté à la gare de l’Est où il distribuait des tracts. Alors âgé de 17 ans, il est le plus jeune des vingt-sept otages fusillés en représailles de l’assassinat d’un officier allemand. La poignante lettre qu’il adressa à ses parents le jour de son exécution, le 22 octobre 1941, est très souvent citée pour illustrer l’engagement dans la Résistance.

[31] Cf. le poème de Louis Aragon « La rose et le réséda » : « celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas ». Cf. texte intégral, et version mise en musique.

[32] Cf. http://fr.wikipedia.org/wiki/Affiche_rouge

[33] Les maquis prennent de l'ampleur à partir de 1943 car de nombreux jeunes les rejoignent pour échapper au STO. Créés dans des régions peu accessibles comme le Vercors, ils entraînent les soldats aux combats de la Libération.

[34] Francs-tireurs et partisans français (FTPF) : Créés en 1942 par le Parti communiste français, les FTPF regroupent des organisations paramilitaires (organisations spéciales, Jeunesses communistes, MOI), et sont placés sous la direction du « Front national » et d'un comité militaire. Très structurés, les FTP sont partisans de la guérilla urbaine et de l'action immédiate.

[35] Cf. l’écrasement du maquis du Vercors fin juillet 1944.

[36] Cf. massacre d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944.