1STMG - Thème 2 / La France : population, mobilités et territoires

Plan

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I. LES HOMMES ET LEURS TERRITOIRES (QUESTION OBLIGATOIRE)
 A. TRAITS MAJEURS ET DYNAMIQUES DU PEUPLEMENT DE LA FRANCE
  1. Répartition de la population : France des « vides », France des « pleins »
  2. Dynamiques démographiques : une démographie post-transition
 B. LA MÉTROPOLISATION ET LA RECOMPOSITION DU PEUPLEMENT DE LA FRANCE
  1. Les mutations du réseau urbain français
  2. Les mutations des villes françaises
 C. LE RÔLE MOTEUR DES MOBILITÉS DANS LES DYNAMIQUES SPATIALES
  1. Des Français de plus en plus mobiles, à toutes les échelles
  2. Le réseau de transports français
  3. L’enjeu de l’accessibilité des territoires


II. LE RÉSEAU TGV (ÉTUDE AU CHOIX)
 A. LE TGV : DE LA FRANCE À L’EUROPE
  1. Un réseau français…
  2. …Connecté à l’Europe
 B. « L'EFFET TGV » SUR LES TERRITOIRES
  1. Des métropoles dynamisées
  2. Des territoires délaissés
 C. COOPÉRATIONS ET CONFLITS AUTOUR DU TGV

1stmg g2

Manuel p190-205

Introduction

La France est un pays marqué par de forts contrastes de peuplement à toutes les échelles.

Longtemps marquée par l’exode rural et le poids démographique de la région parisienne, la répartition de la population en France obéit aujourd’hui à de nouvelles dynamiques. Ainsi Paris et sa région ne sont plus le seul territoire dense et attractif. Les recompositions territoriales se font largement au profit des régions de l’Ouest et du Sud où se localise l’essentiel de la croissance démographique actuelle. De même, après des décennies d’exode rural, le territoire français est aujourd’hui caractérisé par un processus de métropolisation qui place en interaction forte d’un côté les villes-centres, leurs périphéries et les espaces ruraux et de l’autre les métropoles entre elles.

L’étude des mobilités est également un élément essentiel pour mieux appréhender les dynamiques de peuplement en cours. Elles accompagnent le processus d’urbanisation et de métropolisation et conduisent les centres urbains à polariser des espaces périphériques toujours plus vastes. La lecture attentive de carte à différentes échelles de temps et d’espace montre la complexité de ces mobilités entre régions et au sein même de celles-ci, mais également dans le cadre des déplacements domicile-travail, donc à une échelle locale et dans une temporalité du quotidien. La nature et la structure des déplacements sont fortement liées à l’offre d’infrastructures de transports et de distribution d’énergie qui les alimentent. Les nouveaux modes de transport, les nouveaux moyens de communication renforcent ainsi la métropolisation et contribuent au renouveau et à la vitalité démographique des espaces ruraux proches des villes ou bien reliés à celle-ci.

Qu’est-ce que l’étude de la population et des mobilités en France révèle de sur les dynamiques de peuplement des territoires ?

I. Les hommes et leurs territoires (question obligatoire)

Notions-clés : Accessibilité - Métropolisation - Population/peuplement – Réseau – Urbanisation

Quels sont les traits majeurs et les dynamiques spatiales du peuplement de la France ? Pourquoi les mobilités sont-elles l’un des moteurs de ces dynamiques spatiales ? Comment la métropolisation du territoire français contribue-t-elle à recomposer le peuplement en France ?

L'examen de cartes de densité fait apparaître à la fois les « vides » et les « pleins » du territoire et l'accentuation du phénomène de métropolisation. Ces trames de peuplement ne sont pas statiques, mais évolutives : le territoire est parcouru par de multiples mobilités temporaires (notamment de travail ou de loisirs), qui jouent à diverses échelles de temps et d'espace.

La répartition de la population et les mobilités sont étroitement articulées à l'organisation des réseaux de transports à toutes les échelles.

A. Traits majeurs et dynamiques du peuplement de la France

1. Répartition de la population : France des « vides », France des « pleins »

La France est le deuxième pays le plus peuplé de I'Union européenne avec 67 millions d'habitants, dont 2 millions dans les départements et régions d'outre-mer (DROM). Sa densité moyenne est de 116 habitants/km². Carte 1 p.192. Le peuplement du territoire. La population est très inégalement répartie : 60% des habitants vivent sur moins de 10% du territoire, et 40% sur moins de 1% du territoire. Les principaux espaces de peuplement sont Paris et l'Île-de-France, les grandes métropoles régionales, les grandes vallées, les zones frontalières et les littoraux.iapo 11
Le processus de mondialisation renforce la concentration de la population dans les métropoles et sur les littoraux (littoralisation). Ces espaces regroupent les activités économiques, les nœuds de communication et offrent un cadre de vie souvent recherché. Le peuplement français se caractérise aussi par l'existence de zones peu peuplées rurales ou montagneuses. Souvent situées dans la « diagonale du vide » (mais pas exclusivement), elles sont mal desservies par les voies de communication et éloignées d'un centre urbain important. Marqués par des soldes migratoires et naturels négatifs, ces espaces connaissent un abandon (déprise) -Carte 2 p.199. Les migrations interdépartementales en France + carte p.204. La France des « vides » et la France des « pleins ».

2. Dynamiques démographiques : une démographie post-transition

La démographie française est celle d'un pays développé, dont la transition démographique est achevée. La France est touchée par le vieillissement de sa population, qui entraîne des débats sur les dépenses de santé, la dépendance et le financement du système de retraite par répartition.

Mais la démographie française se distingue par un indice conjoncturel de fécondité assez élevé de 1,98 enfant par femme. Par conséquent, les problématiques de vieillissement se posent de manière moins marquée en France que chez certains de nos voisins européens (Cf. Allemagne notamment)

Près d'un quart des Français ont au moins un grand-parent d'origine étrangère, ce qui reflète l'histoire d'un pays qui a connu une immigration économique depuis le XIXème siècle, la décolonisation et l'intégration européenne.

B. La métropolisation et la recomposition du peuplement de la France

La France est un pays fortement urbanisé : en 2010, 77,5% de la population vit dans des unités urbaines, plus particulièrement dans l'agglomération parisienne et quelques grandes villes (Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Bordeaux…).

1. Les mutations du réseau urbain français

Doc.1 p.197. Carte. Paris, la métropole de la France- Paris, métropole mondiale, domine le réseau -Notion-clé p.200 urbain français. En effet, elle concentre la population, le pouvoir, les fonctions métropolitaines et les infrastructures :

  • avec plus de 12 millions d'habitants, l'aire parisienne rassemble 20% de la population française ;
  • elle regroupe la plupart des centres décisionnels politiques et économiques du pays ;
  • elle constitue le carrefour majeur des axes de communication routiers, ferroviaires, aériens ;
  • elle est la première destination touristique du pays (et la première ville touristique d’Europe).

Les autres métropoles, qui n'ont pas de fonctions urbaines comparables, restent des « métropoles incomplètes », mais elles connaissent un développement important -doc.2 p.197. Texte. La métropolisation en débat dans les régions... Elles exercent leur influence sur leur espace régional et dominent un réseau de villes moyennes auxquelles elles sont reliées par des axes de communication terrestres.

2. Les mutations des villes françaises

a. Périurbanisation

Par choix (projet de vie) ou nécessité (coût de l'immobilier), certains habitants quittent les centres-villes pour la périphérie. La ville s'étale en direction des espaces ruraux proches ou reliés à l'aire urbaine par les voies de communication -doc.3 p.195. Photo. Une vue aérienne de l'aire urbaine de Caen : c'est la périurbanisation -doc.3 p.197. Photo. La croissance périurbaine à Pont-du-Château (63). Depuis les années 1970, les couronnes périurbaines ont accueilli de plus en plus d'habitants et d'activités pour des raisons de confort et de coût. Elles représentent 38% de la superficie de la France et rassemblent 25% de la population française.

Dans ces conditions, les communes concernées doivent répondre à de nouveaux besoins : commerces de proximité, services publics, etc. Les espaces urbains se spécialisent et les paysages urbains s'uniformisent selon leurs fonctions : résidence, travail, commerces, loisirs.

Du centre-ville au périurbain plus ou moins lointain, en passant par la banlieue, l’urbanisation du territoire français présente une grande diversité.

b. Inégalités et fractures socio-spatiales

L'organisation urbaine reflète la diversité de la société mais aussi ses inégalités. Certains quartiers favorisés, de longue date (« beaux quartiers ») ou à la suite d'opérations de réhabilitation (gentrification) attirent une population aisée.po 21
À l'inverse, les ZUS accumulent les difficultés (habitat dégradé, enclavement, faiblesse des équipements et des services) et concentrent une population défavorisée. Les politiques de la ville tentent de corriger cette ségrégation socio-spatiale en favorisant à la fois la mixité sociale et le développement durable : meilleure offre de transport, réhabilitations et implantation d'activités (zones franches).

c. Villes et espaces ruraux : que avenir ?

L’influence des villes s’étend largement au-delà des couronnes périurbaines : elle a stoppé la dévitalisation des campagnes. Les espaces « à dominante rurale » (51% des communes françaises, pour 18% de la population) se repeuplent à nouveau, au rythme de 75 000 habitants supplémentaires chaque année depuis 1999 (+ 0,7% par an).

Toutefois ces espaces ruraux ne connaissent pas tous la même évolution : une bonne part de l’espace rural « isolé » ou « profond » reste à l’écart de ces processus.

C. Le rôle moteur des mobilités dans les dynamiques spatiales

Vocabulaire p.198 : mobilités

1. Des Français de plus en plus mobiles, à toutes les échelles

À l’échelle locale, les migrations -Vocabulaire p.198 quotidiennes de travail, dites pendulaires -Vocabulaire p.198, croissent avec l'étalement urbain et la métropolisation. Les Français, qui passent de plus en plus de temps dans les transports, parcourent en moyenne 43 km par jour (quatre fois plus qu’en 1960, pour leur travail ou leurs études (25 km)-Vocabulaire p.198 : navetteur + doc.5 p.207. Les usagers du TGV, mais pas seulement -doc.3 p.199. Tableau. Les motifs des déplacements quotidiens.

Carte 2 p.199. Les migrations interdépartementales en France- La recherche d'un emploi ou d'une formation, le souhait d'améliorer le cadre de vie sont à l'origine de migrations interrégionales de longue durée : vers l'Ouest et le Sud pour les retraités (héliotropisme et retour vers les régions d’origine), vers les régions attractives (région parisienne, Rhône-Alpes, Alsace, PACA) et les grandes métropoles pour les actifs, en particulier ceux qui débutent leur vie professionnelle.

Doc. 1 p.199. Affiche. Quand la publicité joue le désir de mobilité. Les migrations touristiques privilégient littoraux, massifs montagneux et sites culturels ou de loisirs. Les Français qui en ont les moyens quittent de plus en plus souvent leur domicile le week-end ou en vacances (en moyenne, 200 millions de séjours en France par an). Les déplacements ont lieu d'abord vers les espaces proches, puis vers les littoraux, les montagnes et la région parisienne. Aux migrations touristiques s’ajoutent les migrations du travail des personnels saisonniers.

2. Le réseau de transports français

Notion-clé p.200 : réseau- Le système de transport favorise la connexion entre les modes de déplacement -Vocabulaire p.202 : intermodalisme, pôle d’échange.

Doc.2 p.193. Carte. Les mobilités et les réseaux de transports- À l'échelle nationale, les réseaux aériens, LGV et autoroutiers continuent d’être centrés sur Paris, malgré le développement de voies transversales (Cf. TGV Rhin-Rhône). Leur présence renforce l'attractivité des territoires dynamiques (Cf. l’aéroport international de Nice et le technopôle de Sophia Antipolis). Les routes nationales et les TER complètent les grands axes et structurent l'espace français.

Dans les agglomérations, le développement des transports collectifs, du covoiturage et des transports « doux » -docs.1, 2, 3 p.203 + Vocabulaire p.202 : PDU, SNIT, SRIT, TCSP cherche à répondre aux problèmes de pollution et d'engorgement. Mais dans les espaces ruraux, l'automobile reste dominante.

3. L’enjeu de l’accessibilité des territoires

Notion-clé p.200 : accessibilité- L'accessibilité aux transports est un facteur essentiel du dynamisme d'un espace. Doc.2 p.201. Texte. L’accessibilité des collectivités rurales, un enjeu de développement- Le non-accès est facteur de marginalisation (Cf. loi de 2015 autorisant l'ouverture de nouvelles lignes d'autocars longues distances).

Vocabulaire p.200 : distance-temps + doc.3 p.201. Carte. Un Paris-Lille plus rapide qu’un Paris-Trappes- La notion de durée remplace de plus en plus celle de distance : par exemple, Marseille est « à 3 heures de TGV » de Paris.

II. Le réseau TGV (Étude au choix)

Manuel p.206-213. Étude : le réseau TGV- Depuis la mise en service du premier TGV en 1981, une grande partie du territoire français est desservie par des Lignes à grande vitesse (LVG) -Vocabulaire p.206 : LGV, TGV. Ce réseau, qui se développe aussi de plus en plus à l'échelle européenne, est un atout pour la croissance économique des régions et pour leur intégration européenne. En effet, avec plus de 100 millions de voyageurs transportés par an, le réseau TGV apporte une réponse aux besoins accrus des mobilités professionnelles et touristiques en France.

Il modifie la relation espace-temps, mais a cependant des effets négatifs sur les espaces traversés et est l'objet de débats entre de multiples acteurs. Il constitue un enjeu du développement économique et de l'aménagement des territoires de l'échelle européenne à l'échelle locale.

A. Le TGV : de la France à l’Europe

1. Un réseau français…

Carte 1 p.206. L’extension des LGV sur le territoire français depuis 1981- Le réseau des trains à grande vitesse (TGV) est caractérisé par sa polarisation sur Paris : sa configuration est héritée du plan en étoile du réseau de transports autour de Paris, mis en place au XIXème siècle. Progressivement mis en place sur l’ensemble du territoire, il dessert les principales métropoles de province, se déployant toujours davantage. Néanmoins, les liaisons province-province ont des difficultés à être développées et à être rentables économiquement.

2. …Connecté à l’Europe

Carte 12 p.210. Le réseau des LGV en Europe- Au-delà du seul territoire national, la France renforce ses connexions avec les réseaux de lignes à grande vitesse (LGV) des pays voisins : L'un des enjeux majeurs à l'horizon 2025 est de mieux connecter le réseau TGV français aux réseaux européens à grande vitesse. C'est ainsi que la ligne Sud-Europe-Atlantique -doc.13 p.210. Texte. Le projet de la LGV Sud Europe Atlantique, qui relie désormais Paris à Bordeaux en un peu plus de 2 heures, doit se compléter d'une ligne en direction de l'Espagne et d'une autre vers Toulouse.

B. « L'effet TGV » sur les territoires

1. Des métropoles dynamisées

Les LGV modifient la relation espace-temps. « Avec le TGV, la France a l'impression de rétrécir » (Fernand Braudel, historien) -doc.3 p.206. Tableau. La réduction du temps de parcours entre 1875 et 2012 + doc.3 p.207. Carte. La France transformée par le TGV. La distance compte désormais moins que la durée. Le TGV porte des espoirs de dynamisation des territoires. Il renforce l'attractivité des métropoles (non seulement Paris, mais aussi les métropoles de province comme Le Mans, Tours, Lille, etc.), en particulier de leurs quartiers d'affaires (Lyon-Part-Dieu, Euralille -doc.7 p.208. Photo aérienne. Euralille, un quartier dynamisé…).

2. Des territoires délaissés

À l'échelle régionale néanmoins, la présence du TGV peut avoir des retombées décevantes -doc.9 p.209. Photo. La gare de Lorraine + doc.11 p.209. Texte. Les gares « à la campagne », voire des « effets pervers », lorsque la facilité de déplacement des actifs nuit au développement local. De même, les lignes LGV scindent les espaces traversés sans forcément les desservir : c'est « l'effet tunnel ».

C. Coopérations et conflits autour du TGV

L'avion et la route (automobiles, bus) sont les principaux concurrents du TGV. Celui-ci se révèle le plus performant pour des distances comprises entre 400 et 800 kilomètres : il y a donc une complémentarité entre les divers moyens de transport, qui se traduit notamment par la multiplication des plateformes multimodales -doc.8 p.208. Photographie. La plateforme multimodale Lyon-Saint-Exupéry.

Les projets de LGV rencontrent souvent des oppositions de la part d'élus, d'associations, ou de simples citoyens. Sont généralement mis en cause le choix du tracé, le coût des investissements et les effets environnementaux -doc.14 p.210. Photo. Une manifestation à Bordeaux… Les débats sont souvent vifs : par exemple, la liaison Lyon-Turin, à travers les Alpes, a pris beaucoup de retard à cause de l'opposition d'associations anti-TGV italiennes alors qu'en France, on pense que cette ligne peut réduire la circulation des camions dans les vallées alpines -documents 15 à 17 p.211. Carte + texte + photo.