TS - Thème 3 / Dynamiques géographiques des grandes aires continentales - Question 3 / L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance

Plan

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I. L’ASIE DU SUD ET DE L’EST : LES DÉFIS DE LA POPULATION ET DE LA CROISSANCE
 A. LA DÉMOGRAPHIE : ASPECTS, ATOUTS, CONTRAINTES
  1. Le poids du nombre
  2. Littoralisation, urbanisation
  3. Des dynamiques démographiques convergentes mais décalées dans le temps
 B. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT
  1. L’intégration à la mondialisation : sans cesse accrue, toujours plus profitable
  2. Différents niveaux d’émergence, différents niveaux d’intégration
 C. LIMITES ET FRAGILITÉS
  1. De la croissance économique au développement durable
  2. De sérieuses tensions géopolitiques


II. JAPON-CHINE : CONCURRENCES RÉGIONALES, AMBITIONS MONDIALES
 A. DES FORMES ET DES NIVEAUX DE DÉVELOPPEMENT DIFFÉRENTS
  1. Le Japon, au cœur de la « Triade »
  2. La Chine, puissance « émergée » ?
 B. INTERDÉPENDANCES ET RIVALITÉS, AUX ÉCHELLES RÉGIONALE ET MONDIALE
  1. Interdépendances, concurrences
  2. L’ambition de la Chine : poursuivre l’émergence
  3. L’ambition du Japon : consolider sa puissance

ts g3 3

Manuel p.184-241

Introduction

Carte 1 p.198, Relief, États et villes + docs.3, 4, 5 p.199, Des Asies- L’Asie du Sud et de l’Est (ce qui exclut l’Asie centrale et la partie orientale de la Russie) concentre la majeure partie de la population mondiale avec plus de 3,5 milliards d’habitants –doc.2 p.198, Le poids de l’Asie dans le monde.

C’est la partie du monde qui connaît actuellement la plus forte croissance économique. Initialement centrée sur l’Asie de l’Est, cette croissance s’est diffusée à la partie méridionale du continent.

Mais l’Asie est également le continent qui compte aujourd’hui le plus de personnes pauvres, soulignant ainsi que son essor économique ne permet pas, pour l’instant, de répondre complètement aux besoins de sa très nombreuse population.

Il s’agira donc ici de conduire une réflexion sur un problème-clé de l’évolution de la planète : les liens existants entre population et croissance économique dans un espace encore assez largement à la recherche d’un véritable développement.

Problématiques p.200-201

- Quelles relations existe-t-il entre démographie, croissance économique et développement dans l’espace le plus peuplé du monde ?

- Quelles sont les formes de concurrence et les complémentarités entre le Japon et la Chine en Asie du Sud et de l’Est ?

- Quelles sont les ambitions mondiales de ces deux puissances ?


 

I. L’Asie du Sud et de l’Est : les défis de la population et de la croissance

Manuel p.202-221

Photo p.202-203, Le défi majeur des infrastructures face aux besoins des mobilités et des économies + Cours 1 p.208, « Les défis de la population et de la croissance »- L’Asie du Sud et de l'Est regroupent plus de la moitié de l'humanité, et connaît en effet sur toute cette période la croissance économique la plus forte de la planète.

A.  La démographie : aspects, atouts, contraintes

1.   Le poids du nombre

Paragraphe A p.208, « Une aire fortement peuplée, des dynamiques contrastées »- L’Asie du Sud et l’Asie de l’Est sont les principaux foyers de peuplement mondiaux. La population de l'Asie du Sud et de l'Est approche les 4 milliards d'habitants :

  • L’Asie du Sud, correspondant au sous-continent indien, marqué par la civilisation indienne, l’hindouisme mais aussi l’islam, qui compte 1,620 milliard d’habitants, principalement en Union Indienne (1,210 milliard), au Pakistan (175 millions) et au Bangladesh (152 millions).
  • L’Asie du Sud-Est, aux confins des influences indiennes, chinoises et malaises dispose de 600 millions d’habitants ; les pays les plus peuplés sont l’Indonésie (237 millions), les Philippines (92 millions) le Viêtnam (86 millions) la Thaïlande (67 millions) et la Birmanie (53 millions)
  • L’Asie de l’Est, marquée par la civilisation chinoise et sa culture confucianiste, abrite 1,590 milliard d’habitant : 1,355 milliard en Chine, 126 millions au Japon, 50 millions en Corée du Sud.

La présence d'une main-d'œuvre abondante a assuré les bases de la croissance dans l'agriculture, puis dans l'industrie. Cette force du nombre est une des caractéristiques de la région. Cette très nombreuse population est un aiguillon pour la croissance économique (main-d’œuvre importante, jeune et de plus en plus souvent bien formée). Elle représente aujourd'hui également un immense marché de consommateurs potentiels.

Mais le poids démographique implique également de véritables défis en termes de santé, d’éducation, de logement, et parfois même encore d’accès à l’alimentation.

 2.   Littoralisation, urbanisation

Les zones littorales de l'Asie orientale et les vallées des grands fleuves (Cf. le Gange), présentent des densités rurales très élevées[1]. Le processus de mondialisation et une fulgurante urbanisation ont encore renforcé leur poids. Carte 2 p.205, Une plus grande croissance des villes dans les pays majoritairement ruraux- Le taux d'urbanisation du continent n'est que de 42%, mais cela représente deux milliards d'urbains, et le processus d'exode rural se poursuit[2] et certains géographes lisent dans l’essor des villes littorales chinoises (Tianjin, Shanghai, Hong-Kong…) la formation à venir d'une mégalopole chinoise -Paragraphe C p.208, « Les enjeux d’une urbanisation rapide ». Sur les cinq villes les plus peuplées du monde, trois sont situées en Asie du Sud et de l’Est[3]. En 2011, on comptait 58 villes asiatiques parmi les 100 villes les plus peuplées du monde. L'ONU prévoit un taux d'urbanisation régional de 65% en 2050; c'est en Asie que seront localisés les deux tiers de la croissance urbaine mondiale d'ici 2020.

 3.   Des dynamiques démographiques convergentes mais décalées dans le temps

Carte 1 p.204, Des situations démographiques et économiques très contrastées + doc.3 p.209, De grandes disparités de dynamiques économiques et d’urbanisation- Si dans l'ensemble de cet espace, la transition démographique est globalement en voie d'achèvement, la région présente une grande disparité : le maintien d'une forte fécondité dans les PMA (Laos, Népal, Afghanistan) contraste avec les pays ayant achevé leur transition démographique (Japon, Chine). En Chine, la fécondité est désormais basse, au prix d'une politique autoritaire de contrôle des naissances[4].

Nous avons donc des évolutions démographiques convergentes mais décalées dans le temps. Au total, d’après les prévisions de l'ONU, la croissance démographique de la région devrait rester soutenue jusque vers 2030. L'évolution de la démographie en Asie de l'Est et du Sud est fortement liée à celle des deux géants, la Chine et l'Inde (1,36 milliard et 1,27 milliard d'habitants en 2013). Désormais lente, la croissance démographique chinoise devrait se stabiliser vers 2025, date à laquelle l'Inde, dont la population continuera de croître jusqu'en 2060, devrait atteindre le premier rang mondial.

B.  Croissance et développement

Cours 2 p.210, « Le principal pôle de croissance de l’économie mondiale » + Carte 1 p.206, Une aire de forte croissance économique- La forte croissance économique que connaissent aujourd’hui les pays du Sud et de l’Est de l’Asie peut les aider à surmonter ces difficultés. En effet l’Asie, Chine en tête[5], est devenue le moteur de l’économie mondiale[6] : en 30 ans, grâce à un taux de croissance annuel moyen supérieur à 7,5%, la part de l’Asie émergente dans le PIB mondial est passée de 10 à 38%.

1.   L’intégration à la mondialisation : sans cesse accrue, toujours plus profitable

Paragraphe A p.210, « Une émergence économique récente »- En s’ouvrant, les économies asiatiques sont devenues des puissances exportatrices, qui ont su tirer profit de la mondialisation : la région représente plus du tiers des exportations mondiales.

Les économies asiatiques ont connu des processus d’émergence nationaux différenciés et décalés dans le temps. Ainsi, pour le Japon, l’amorce du développement remonte à la fin du XIXème siècle, avec l'ère Meiji[7]. Après la Seconde Guerre mondiale, la réindustrialisation, soutenue et coordonnée par le MITI[8], s’appuie sur l’action de puissantes firmes industrielles (keiretsu[9]) et commerciales (sogo shosha[10]) pour ouvrir une phase de « Haute croissance ».

Sous l’impulsion du Japon, la stratégie du « vol d'oies sauvages » -Vocabulaire p.210 a porté jusqu'aux années 1980 une croissance élevée diffusant cette croissance en Asie de l’Est et du Sud-Est. D’où les succès des NPIA (nouveaux pays industriels asiatiques, ou « dragons » : Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong) depuis les années 1970[11]. Dans leur sillage, les « bébés Tigres » (Malaisie, Indonésie -doc.6 p.211, L’Indonésie, nouvelle puissance montante, Thaïlande, Philippines, Viêt-Nam) se sont également lancés dans une politique d'ouverture économique[12], ainsi que la Chine à partir de 1978, et l’Inde plus récemment. D'autres États s'affirment, comme le Vietnam. Des PMA, comme le Laos, bénéficient des investissements de ces voisins –doc.5 p.211, La montée des IDE au Laos de 2001 à 2009.

L’industrie joue donc un rôle fondamental dans la croissance de la région : produits de haute technologie au Japon, à Taiwan et en Corée du Sud –doc.9 p.211, Les champions high tech sud-coréens, produits à bas coût compétitifs en Chine et ailleurs (habillement, électronique grand public, acier, construction navale, transport maritime…)[13].

De grands groupes industriels japonais (Toyota, Sony), coréens (LG, Samsung, Hyundai), chinois (Lenovo, Geely[14]), et aujourd’hui indiens (Reliance, Tata[15]), sont partis à la conquête des marchés mondiaux. L’industrie a été littoralisée de façon à optimiser les coûts de transport et à réduire les délais : les interfaces maritimes de l’Asie sont parmi les plus actives au monde.

Désormais, en Chine et en Inde, l'industrie développe, en plus des productions destinées à l’exportation, des produits également accessibles à une partie du marché intérieur[16]. Les délocalisations industrielles venues d'Europe et d'Amérique du Nord, en quête de nouveaux marchés, y contribuent.

Les services et la R&D jouent également un rôle éminent dans certaines émergences, notamment celle de l’Inde : si la Chine est le nouvel « l’atelier du monde », l’Inde est pour certains en passe de devenir « le bureau du monde ». En effet, outre le bénéfice qu’elle a tiré des délocalisations tertiaires[17], l’Inde monte en gamme et en puissance grâce à ses secteurs de pointe comme l'informatique[18] ou l’industrie pharmaceutique[19].

Le processus d'émergence a conduit à un essor des flux de marchandises, mais aussi des flux financiers. Le Japon depuis la « haute croissance », et plus récemment la Chine et l'Inde investissent dans le monde entier, par l’intermédiaire de leurs investisseurs privés[20] et de leurs fonds souverains : les excédents dégagés permettent à l’Asie émergente de participer à leur tour aux investissements étrangers de manière massive en rachetant des entreprises occidentales ou originaires de PED. Les bourses de Tokyo, de Shanghai et de Hong Kong occupent les premiers rangs, devant celles de Taipei, Shenzhen et Séoul.

2.   Différents niveaux d’émergence, différents niveaux d’intégration

Doc.8 p.211, Croissance annuelle du PIB entre 2006 et 2011- L’émergence économique de la région est inégale, à toutes les échelles.

a.    Différents niveaux d’émergence

À l’échelle du continent : hiérarchies nationales

Les IDH reflètent d’importants contrastes :

  • La locomotive économique de la région reste le Japon, même si le PIB chinois a dépassé en valeur absolue (mais pas par habitant[21]) le PIB japonais.
  • Les « quatre dragons » (Corée du Sud, Taïwan, Singapour et Hong Kong) ont désormais un profil économique qui les rattache à des pays industriels développés[22].
  • Les autres pays asiatiques présentent des profils très variés, des « bébés tigres » (Indonésie, Philippines…) prometteurs mais encore fragiles aux PMA comme le Cambodge ou le Bangladesh.
À l’échelle des États : villes et campagnes

En Chine, les inégalités sont profondes entre les régions littorales, moteurs de la croissance, et l’intérieur où d’importantes poches de pauvreté persistent. En Inde, les États de la moitié sud-ouest ont un revenu par habitant trois fois supérieur à ceux qui sont dans la moitié nord-est. Les États les plus riches et leurs métropoles attirent les investissements extérieurs et sont seuls à s'enrichir, si bien que pour certains économistes, il y a en Inde une croissance sans réel développement en dehors de quelques poches urbaines. C’est souvent le cas dans l’ensemble de l’Asie émergente, où le fossé villes-campagnes se creuse dangereusement.

Grâce aux réussites de la « Révolution verte » à partir des années 1960, la sécurité alimentaire a progressé malgré l’accroissement démographique, mais de manière relative et inégale : ainsi, s’il n’y a plus que 10% de la population chinoise souffrant de sous-nutrition, ce taux est de 19% en Inde et 25% au Cambodge[23].

La Chine et l'Inde sont deux géants économiques qui conservent certaines caractéristiques de pays en développement, et dans lesquels seules certaines parties du territoire et de la population profitent réellement des fruits de la croissance[24]. Dans les campagnes, l’enjeu est de continuer à intensifier et moderniser l'agriculture sans perdre d'emplois, pour réduire l’écart de niveau de vie entre ville et campagne et contenir l'exode rural, qui est déjà le plus massif que l'histoire ait jamais connu[25]. En 1960, l’Inde par exemple comptait sept agglomérations millionnaires, pour plus de 40 aujourd'hui. La vigueur de cet essor urbain pose le double défi de la modernité et de la pauvreté –Dossier p.214-215, Mumbai.

 b.   Différents niveaux d’intégration

En Asie de l'Est, l'intensité des échanges intrarégionaux illustre un développement économique qui s'accompagne d'une intégration croissante. Celle-ci résulte de la NDIT[26], mais les pays de l'Asie de l'Est ont aussi multiplié les accords de libre-échange[27].

Spatialement, cette intégration et ces fortes interdépendances ont donné naissance à un « corridor économique » de Singapour à Tokyo, structuré par des « nœuds » situés sur ce qui est devenu la première façade maritime mondiale. Points de contacts entre flux régionaux et mondiaux, ces nœuds sont de grandes villes dotées de ports parmi les plus grands du monde[28] ainsi que d'aéroports internationaux et de places boursières.

En Asie du Sud, les processus d'intégration économique sont moins intenses. Depuis l’ouverture de son économie (1991)[29], l’Inde a noué peu de partenariats commerciaux avec ses voisins ; ce sont les échanges avec les États-Unis et l'Union européenne qui ont le plus augmenté fortement à partir des années 2000.

Dans le cadre de sa politique de « regard vers l'Est » (« Look East Policy ») mise en place au cours des années 1990, l'Inde tente aussi de se rapprocher des pays d'Asie de l'Est en développant des partenariats économiques avec le Japon, l'Asean et la Chine. Avec cette dernière, les échanges ont été multipliés par 23 entre 2000 et 2012, si bien que certains observateurs n'hésitent plus à parler de phénomène « Chindia » -doc.7 p.211, Inde-Chine, entre compétition et coopération.

 C.  Limites et fragilités

 1.   De la croissance économique au développement durable[30]

 a.    Les inégalités sociales et les problèmes démographiques

Paragraphe A2 p.212- Si l’on assiste à un spectaculaire recul de l’extrême pauvreté, celui-ci est très inégal. En effet, presque partout en Asie, le niveau de vie moyen s'élève, entraînant de profondes mutations sociales : une minorité s'enrichit brutalement, les classes moyennes s'étoffent et consomment de plus en plus, la grande pauvreté recule en part relative[31] -de manière inégale toutefois –doc.12 p.213, L’inégale réduction de la pauvreté… mais l'Asie demeure le continent qui compte le plus de pauvres : 2,2 milliards de personnes en Asie du Sud et de l'Est[32] –doc.14 p.213, Une famille de sans-abri dans son habitat de fortune à Manille + doc.10 p.213, Des protestations contre les bas salaires. En 2011, 23,6% de la population indienne (290 millions de personnes) vivait encore sous le seuil de pauvreté[33], et 19% était sous-alimenté. À cela s'ajoute la déficience des services publics en zone rurale : les centres de soin sont délaissés et par endroits les écoles n'ouvrent pas, faute d’enseignants. Près de la moitié des foyers ruraux ne savaient pas, ou peu, lire et écrire en 2011.

Eldorados incertains de masses rurales grandissantes, les grandes villes rencontrent des problèmes de planification urbaine (logement, transport, approvisionnement en eau et en énergie, pollution, etc.) –doc.4 p.209, Le chaos urbain à Dacca. À ces dysfonctionnements s’ajoutent de fortes ségrégations socio-spatiales –Dossier p.214-215, Mumbai.

À terme, la baisse de la fécondité, qu’elle soit due au développement socioéconomique ou à des politiques de limitation des naissances[34] entraine un vieillissement de la population –Vocabulaire p.208 et produit un déséquilibre hommes-femmes –Vocabulaire p.208 + doc.1 p.209, De nouveaux défis démographiques en Chine. Paragraphe B p.208, « Vieillissement, déséquilibre des sexes : deux défis majeurs. Le vieillissement démographique s'accompagne d'une diminution de la main-d'œuvre qui menace à terme la croissance économique–doc.2 p.209, Faire face au « choc argenté », et qui confronte les États au problème du financement des retraites.

 b.   Les fragilités du modèle économique

La dépendance énergétique est un handicap permanent pour la plupart des économies asiatiques : la région ne dispose en effet que de très peu d'hydrocarbures[35], qui doivent être presque tous importés du Moyen-Orient.

Fortement extraverties, les économies asiatiques sont très dépendantes de leurs exportations et donc à la merci d'une contraction des marchés en cas de crise –Paragraphe A1 p.212, Les conflits sociaux et les tensions politiques. En Chine, le modèle de croissance qui a permis la formidable augmentation du PIB chinois au cours des années 2000 est essentiellement fondé sur d’importants investissements publics (rendus possibles par les facilités de crédit accordées par les banques d'État aux entreprises d'État et aux gouvernements locaux), sur la consommation des ménages chinois et sur la croissance des exportations dynamisée par une main-d’œuvre peu chère et une sous-évaluation volontaire du yuan. Pour beaucoup d'économistes, ce modèle atteint ses limites et la Chine est aujourd'hui à un véritable carrefour.

 c.    Les fragilités environnementales

Confrontée à l'urgence du développement, la croissance asiatique s'est souvent effectuée sans respect pour l'environnement :

  • le développement et le poids démographique exercent une forte pression sur les ressources, en particulier sur l’eau[36];
  • le recours au charbon et l'accroissement du trafic automobile ont fait depuis 2006 de la Chine le premier pays émetteur de gaz à effet de serre ;
  • les activités de type « minier », non durables, se multiplient : en Asie du Sud-Est, bois d'œuvre, huile de palme, etc. sont massivement exportés –doc.11 p.213, L’Indonésie menacée par la déforestation ;
  • dans les zones d'intensification, les problèmes sont nombreux[37], aggravés parfois par l'essor de l'élevage des crevettes, aux dépens des mangroves ou des rizières.

Les risques divers, accentués par les fortes densités de peuplement y sont importants :

  • L’Asie du Sud et de l'Est sont régulièrement frappées par des catastrophes naturelles : inondations au Bangladesh, séismes et tsunamis en Indonésie[38], en Chine et au japon…
  • Les risques liés aux évolutions climatiques sont particulièrement importants et potentiellement dramatiques dans des pays surpeuplés et disposant de peu de moyens de prévention et de secours comme par exemple le Bangladesh[39].
  • Des risques technologiques pèsent sur les pays les plus développés, comme le Japon[40], et les pays émergents, comme l’Inde[41].

 2.   De sérieuses tensions géopolitiques

Dans la région demeurent par ailleurs de nombreuses tensions : partage de la région du Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, question du Tibet, convoitises de la Chine sur Taïwan, volonté de Pékin d'accroître son espace maritime en mer de Chine ou de déployer son « collier de perles »[42], guérillas aux Philippines, contentieux frontalier entre Cambodge et Thaïlande –doc.13 p.213, Cambodge-Thaïlande...

 Conclusion

Révisions p.216-217

II. Japon-Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales

Manuel p.220-241

Cartes-enjeux p.224-225, Deux puissances en Asie du Sud et de l’Est + Cartes enjeux p.226-227, Des ambitions mondiales- L’étude de cette question comporte une approche comparative du rôle joué en Asie et dans le monde par les deux puissances majeures de la région : le Japon et la Chine.

 A.  Des formes et des niveaux de développement différents

 1.   Le Japon, au cœur de la « Triade »

Paragraphe A p.228, « Le Japon entre crise et renouveau »- Le Japon est le cœur du pôle asiatique de la Triade[43]. Malgré le fort ralentissement économique observé depuis les années 1990 et la remise en cause du modèle japonais[44] qu’il induit, le Japon reste le pays d’Asie orientale le plus riche, le plus développé, le plus avancé technologiquement[45]. Son PIB a certes été dépassé par celui de la Chine en 2010, mais il reste le troisième du monde. Rapporté au nombre d'habitants (127 millions), il est largement supérieur à celui de la Chine. Son IDH de 0,912 est l'un des plus forts au monde, contre 0,699 pour la Chine (101e rang mondial).

Pays anciennement développé, à l’économie extravertie, le Japon dont le territoire insulaire est très largement soumis aux contraintes naturelles et dispose de peu de matières premières a misé sur une montée en gamme précoce (dès le premier choc pétrolier) –doc.3 p.229, « Réaliser l’avenir avec des robots », qui lui a permis de s’imposer comme une puissance manufacturière majeure.

Après sa très forte croissance à partir des années 1950 (la « haute croissance »)[46], le Japon s’affirme au cours des années 1980 dans l'économie mondiale, dont il devient un des trois pôles dominants, avant de connaître un net ralentissement économique à partir des années 1990.

Le Japon reste une puissance industrielle fortement innovatrice et jouissant d’une réputation d’excellence, qui s’appuie sur des FTN puissantes, présentes sur tous les continents. C’est une grande puissance commerciale, économique et financière :

  • Commerciale (4ème exportateur mondial de marchandises en 2016[47]) ;
  • Économique (3ème PIB mondial en 2010 ; 51 FTN parmi le « top 500 » de l’année 2016[48]) ;
  • Financière : Cf. importance de la Bourse (Tokyo Stock Exchange), puissance de son secteur bancaire, ampleur des IDE sortants japonais (4e rang mondial en 2016).

 2.   La Chine, puissance « émergée » ?

Paragraphe B p.228, « La Chine, l’atelier du monde et après ? »- Depuis 1949, la Chine a su relever le défi de l’alimentation d’une population en très forte croissance (1,380 milliards d’habitants en 2017). L’arrivée au pouvoir en 1978 d’un groupe de dirigeants « pragmatiques » a permis l’ouverture économique du pays et son intégration rapide dans la mondialisation.

La Chine a fondé son développement industriel dans les années 80 sur l’ouverture aux implantations étrangères permettant l’exportation de produits bas de gamme fabriquée par une main-d’œuvre innombrable et longtemps très bon marché. Ces implantations étrangères ont permis des transferts de technologie, surtout à partir des zones économiques spéciales (ZES).

Devenue « l’atelier du monde », la Chine a accumulé les excédents commerciaux, qui lui ont permis :

  • de devenir le premier créancier mondial et le premier pays détenteur, après le Japon, de bons du trésor américain ;
  • de miser à son tour sur les hautes technologies en exigeant des transferts comme condition à l’ouverture de son marché intérieur, lui aussi en forte croissance.

La Chine est présente sur tous les continents dans la compétition pour les matières premières, ses entreprises disputent les grands marchés de construction d’infrastructures aux firmes des pays développés et ses industriels rentrent dans le capital ou rachètent des fleurons de l’automobile par exemple, comme Volvo très récemment.

De ce point de vue, les investisseurs chinois n’agissent pas de façon très différente de celle des Japonais dans les années 80. Cette forme de développement agressive et conquérante est source d’une rivalité régionale et mondiale entre les deux géants économiques.

 B.  Interdépendances et rivalités, aux échelles régionale et mondiale

La Chine et le Japon disposent tous les deux de façades maritimes et d’une industrie largement littoralisée intégrées aux grands flux du commerce mondial de produits manufacturés :

la mégalopole japonaise (à la fois l'ensemble urbain le plus dense et le plus peuplé au monde[49], et une des façades maritimes les plus puissantes du système-monde) ;

  • les ports mondiaux chinois : en 2015, sept des dix plus grands ports mondiaux se trouvent en Chine.

 1.   Interdépendances, concurrences

Paragraphe C p.228, « Entre interdépendances et concurrences + doc.1 p.229, Le commerce du Japon avec la Chine (1990-2012) + doc.4 p.229, Les stocks d’investissements croisés (2000-2011)- Les économies japonaises et chinoises sont aujourd'hui interdépendantes. Fort de son avance technologique, le Japon exporte vers la Chine des biens intermédiaires (composants électroniques, etc.) et d'équipement (machines-outils, etc.) et importe des produits de moindre valeur ajoutée (textile, électronique grand public)[50].

La complémentarité semble évidente, mais :

  • la montée en gamme des productions chinoises laisse entrevoir une compétition technologique,
  • et les deux pays sont concurrents pour l'accès aux matières premières.

À l’échelle régionale, la Chine et le Japon se livrent à une compétition pour exercer leur influence économique sur les pays de l’association des nations du Sud-Est asiatique (ASEAN), même si des accords de libre-échange existent entre ces pays et le groupe des trois, Japon, Corée du Sud et Chine –Carte 2 p.225, Japon-Chine, les enjeux géoéconomiques en Asie du Sud-Est.

Dans ce contexte, la récente croissance des investissements chinois au Japon suscite craintes et débats…

 2.   L’ambition de la Chine : poursuivre l’émergence

 a.    À l’échelle mondiale, devenir la première puissance

Carte 2 p.227, L’ambition de la Chine : devenir la première puissance mondiale- La Chine est le premier exportateur mondial (ses exportations ont été multipliées par cinq en trente ans), et son PIB est depuis 2010 le deuxième au monde. L’émergence de la Chine créée une situation de déséquilibre face à un Japon qui est un géant économique mais qui reste « un nain politique ». Car en effet, l’influence mondiale de la Chine est plus polymorphe et plus complète que celle du Japon : en plus de sa puissance économique, commerciale et financière, elle peut aussi s’appuyer sur son poids démographique, son influence diplomatique, sa capacité militaire et sa représentation dans les grandes organisations internationales (membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU depuis 1971, du G20 depuis sa création officielle en 1999, de l’OMC depuis 2001).

Sur le plan géopolitique, l’implication accrue de la Chine dans l'aide au développement et dans les opérations de maintien de la paix est croissante.

Puissance nucléaire, son budget militaire ne cesse d’augmenter et son armée de se moderniser : à la différence du Japon, la Chine dispose d’un réel hard power, plus complet.

Elle relève à présent de nouveaux défis, pour conjurer le tassement de la croissance, sensible depuis la crise de 2008, et au-delà pour accéder au leadership mondial :

  • mise en valeur et maîtrise du territoire intérieur, en retard sur la façade littorale : drainage des investissements, « délocalisations internes », déploiement d’infrastructures de transport, d’équipements lourds (barrage des Trois-Gorges), exploitation des « terres rares » (minerais rares servant aux produits de haute technologie)…
  • 2 p.229, Chine, de l’atelier au laboratoire du monde ?- « montée en gamme » : production automobile, mais aussi course à l'espace et production de biens de haute technologie. En effet, si elle a fondé sa réussite sur une production à bas coût, la Chine doit désormais dépasser le stade de pays atelier[51] et construire une puissance industrielle dotée de firmes innovantes et capables d'investir à l'étranger, ainsi que d’un marché intérieur solvable.
  • Soucieuses du développement d’un soft power, les autorités ont entrepris de promouvoir de la langue et de la culture chinoises, notamment à travers le développement des instituts Confucius. La Chine tente aussi de renforcer ses liens politiques, économiques et culturels avec la diaspora chinoise, qui n'est plus seulement perçue comme un simple investisseur utile à la modernisation économique du pays, mais aussi comme un relais de son influence –Dossier p.234-235, Comment la diaspora sert-elle les ambitions mondiales de la Chine ?

 b.   À l’échelle régionale, imposer son leadership

La rivalité sino-japonaise est ancienne. Des litiges sont hérités d’une histoire tumultueuse pendant laquelle, à partir de 1895[52], le Japon a participé au dépeçage de l’Empire du milieu. Le contentieux historique lié à l’annexion de la Mandchourie par l'armée japonaise en 1931, à l’invasion japonaise de 1937 à 1945[53], reste vif et dans les deux pays des tensions nationalistes s’expriment –doc.6 p.231, Des blessures mal refermées. Si le Japon a publiquement exprimé des excuses dès 1972 lors de la normalisation diplomatique entre les deux pays, le différend mémoriel demeure[54]. Carte 1 p.224, Japon-Chine, le face-à-face en mer de Chine orientale- Aujourd’hui, des différends territoriaux concernant la délimitation des espaces maritimes et des ZEE opposent aujourd’hui la Chine et le Japon en mer de Chine orientale avec les revendications contradictoires sur les îles Senkaku/Diaoyu[55] -doc.8 p.231, Banderole antijaponaise dans un grand centre commercial de Beijing (2012). Des manœuvres militaires récurrentes opposent les deux pays sur fond de surenchère nationaliste d’une partie de leurs opinions publiques respectives.

Doc.14 p.233, Les enjeux du « collier de perles »- Cette montée en puissance de la Chine et son effort militaire considérable notamment dans le domaine naval conduit le Japon à une posture géopolitique différente.

La permanence de ces différends traduit :

  • l'opposition de deux nationalismes forts ;
  • l'existence d'une rivalité de puissance en Asie.

 3.   L’ambition du Japon : consolider sa puissance

 a.    À l’échelle mondiale

Carte 1 p.226, L’ambition du Japon : consolider une puissance mondiale-

Fort de son assise économique et financière et de ses capacités d’innovation, le Japon est membre des principales organisations internationales regroupant les grands pays industriels, comme le G8, le G20 ou l'OCDE. Il revendique depuis 1993 un siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU (n’est-il pas un des principaux financeurs de l’organisation ?), à l’instar de l'Allemagne, du Brésil et de l'Inde) -cette réforme du Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas encore abouti… notamment en raison des réticences chinoises.

Par un fort engagement international, le Japon tente de renforcer sa faible influence géostratégique : il en va ainsi de l’importante aide publique au développement japonaise[56], et du financement des grandes institutions et banques internationales, comme la Banque asiatique de développement (BAD).

Le Japon a développé un réel soft power basé sur son modèle culturel. Il passe par la diffusion de la culture japonaise traditionnelle ainsi que par une culture populaire adaptée au marché mondial[57] : Doc.12 p.233, La promotion du cool Japan- Cf. le « Cool Japan », terme générique utilisé pour définir la culture de masse qui s'est largement répandue dans le reste de l'Asie, en Europe occidentale et en Amérique du Nord.

 b.   À l’échelle régionale

Le Japon a été pendant la guerre froide largement bénéficiaire de l’opposition entre l’Est et l’Ouest. Son développement industriel doit beaucoup à sa position de « porte-avions insubmersible » face à l’ex-Union soviétique et à la Chine communiste[58]. Historiquement, il est à l’origine de la diffusion du développement économique de la région[59].

L'émergence d'une Chine entre les mains d'un pouvoir autoritaire et nationaliste suscite la crainte, au Japon, d'une « menace chinoise », d’où le resserrement de l’alliance nipponne avec les États-Unis. De leur côté, les autorités chinoises instrumentalisent les sentiments antijaponais enracinés dans la société chinoise et développent des coopérations régionales au sein de l’OCS[60].

Doc.5 p.229, À Tokyo, la grande peur de l’invasion chinoise- La montée en puissance de la Chine conduit actuellement à une recomposition de la géopolitique du Japon : Cf. débat sur l’article 9 de la constitution japonaise qui impose au pays une posture défensive et le non développement du nucléaire militaire a été ouvert. En attendant, des lois ont été adoptées pour autoriser les FAD à participer à des opérations de maintien de la paix de l'ONU ou à des opérations humanitaires[61]. La marine japonaise joue un rôle important à l'échelle régionale, jusqu'au golfe d'Aden, dans la surveillance des lignes maritimes internationales et dans la lutte contre la piraterie –doc.15 p.233, L’engagement international du Japon contre la piraterie + doc.7 p.231, La montée de la puissance militaire du Japon.

Allié des États-Unis le Japon dispose d’une force d’autodéfense particulièrement performante et même si la constitution lui interdit de dépasser 1% de son PIB pour la Défense nationale, sa puissance économique fait du pays la quatrième ou la cinquième force militaire mondiale.

Le redéploiement de la puissance militaire américaine vers l’Asie orientale, face à ce que les États-Unis peuvent considérer comme une menace chinoise peut permettre au Japon de s’affirmer face à son rival régional, surtout s’il parvient à convaincre les pays de l’association des nations du Sud-Est asiatique à s’unir à lui –docs.9 et 10 p.231.

 Conclusion

Dans la compétition qui oppose la Chine et le Japon ces deux États disposent d’atouts différents mais qui peuvent devenir complémentaires. Leur proximité pourrait finalement les conduire à coopérer dans la mesure où leurs économies restent étroitement liées.

Deux scénarii peuvent s’opposer, celui de l’harmonie « Pacifique » avec l’océan du même nom servant de lien entre les trois premières économies du monde, mais aussi celui de la confrontation qui pourrait ouvrir une nouvelle période « de guerre froide ».

Révision p.236-237 + sujets bac p.238-241


[1] Les plaines alluviales et les deltas (Gange en Asie du Sud, Mékong en Asie du Sud-Est) ont des densités de population rurale dépassant 1 000 hab./km² : des pays largement deltaïques (Bangladesh) atteignent ce seuil.

[2] Sauf au Japon et en Corée, où les taux d'urbanisation sont déjà supérieurs à 8o%. Au Japon, la mégalopole regroupe 105 millions d'habitants

[3] Tokyo, Séoul, Mumbai.

[4] Cf. politique de« l'enfant unique » à partir de 1979.

[5] En 2012, la Chine représente 15,5% du PIB mondial et l’Inde et le Japon 6% chacun.

[6] L'Asie de l'Est et du Sud compte 5 des 20 principales puissances économiques (Chine, Japon, Inde, Corée du Sud et Indonésie). Sa part dans le PIB mondial a atteint 38% fin 2012.

[7] L'ère Meiji (1868-1912), initiée par la restauration de Meiji (L'empereur Mutsuhito a pour nom posthume « Meiji », qui signifie « gouvernement éclairé » (lumière/clarté : « mei » et gouvernement : « ji »), marque la fin de la politique d'isolement volontaire (« Sakoku ») et le début de politique de modernisation du Japon.

[8] Le ministère de l'Industrie et de la Technologie, créé en 1949, avait pour mission initiale de réindustrialiser le pays.

[9] Mitsubishi est l'un des exemples les plus caractéristiques de keiretsu : première banque japonaise, mais aussi constructeur automobile, entreprise chimique (la première du pays), producteur de composants électroniques, d'appareils photographiques (Nikon), etc.

[10] Au Japon, les sōgō shōsha sont des maisons de commerce qui servent d'intermédiaire dans les échanges commerciaux.

[11] Chacun de ces pays s'est attaché à conquérir une position dominante au niveau mondial dans des secteurs industriels : Singapour est devenu le leader mondial des disques durs pour ordinateurs personnels ; Hong Kong, le leader du jouet électronique ; la Corée du Sud, le leader pour les téléviseurs à écran plat et la téléphonie mobile ; Taïwan, le leader pour les consoles d'ordinateurs.

[12] Dotés de fortes économies rurales, ont combiné les mises en place d'industries nationales (biens de consommation et biens intermédiaires pour le marché intérieur), tout en profitant d'opportunités du marché mondial pour développer des exportations

[13] … dont la production industrielle a dépassé en volume celle des États-Unis.

[14] …qui a racheté Volvo.

[15] …qui a racheté Jaguar et Land Rover.

[16] Cf. les voitures low cost produites par le groupe indien Tata

[17] Cf. l’externalisation de nombreux services aux entreprises ou aux particuliers.

[18] Plus d'un quart du marché mondial du logiciel, 55% du marché mondial de la sous-traitance informatique, 3,5 millions d’emplois, 9,5% du PIB ; expansion spectaculaire de la Silicon valley indienne, Bangalore, émergence de géants comme Infosys. Cf. Divya Leducq, « La diffusion spatiale de l’informatique en Inde », EchoGéo [En ligne], 10 | 2009. URL : http://echogeo.revues.org/11355

[19] L’Inde est le premier producteur mondial de médicaments génériques.

[20] Cf. le rachat d’Arcelor-Mittal par Lakshmi Mittal.

[21] Le PIB/PPA par an et par habitant y est de 8 400 $ (2011)

[22] Le PIB/PPA par an et par habitant y est supérieur à 30 000 $ (2011)

[23] L’Asie méridionale abrite à elle seule 71% de la population mondiale sous-nourrie.

[24] Le sud de l'Inde, en particulier Hyderabad et l'axe Chennai-Bangalore, la région-capitale de Delhi et la conurbation Mumbai-Pune enregistrent un PIB élevé. À l'opposé, les régions intérieures, que ce soit les États pauvres du nord ou ceux de la "diagonale du vide" qui relie Rajasthan et Odisha, s'enfoncent dans la pauvreté, avec un niveau d'équipement et d'infrastructures qui demeure bas.

[25] Avec plus de 1,4 milliard de citadins en 2010, la population urbaine de l'Asie du Sud et de l'Est a presque quintuplé depuis 1960. Dans la seule Asie de l'Est, au cours des vingt prochaines années, les villes devraient voir arriver 2 millions de nouveaux urbains chaque mois.

[26] La plupart sont des échanges portant sur des composants, des fournitures, des produits finis circulant entre filiales et maisons mères.

[27] Cf. accord Chine-Asean, en vigueur depuis 2010.

[28] Cf. Shanghai, 1er port mondial.

[29] Le processus d'ouverture indien est soutenu, depuis 2005, par la création de nombreuses zones économiques spéciales dans les grandes villes du pays (électronique, informatique, joaillerie)

[30] Développement durable : vocabulaire p.212.

[31] Entre 1981 et 2005, le taux d'extrême pauvreté en Asie de l'Est est passé de 79 à 18% (de 84 à 16% pour la Chine). Il reste toutefois 280 millions d’Asiatiques de l’Est (dont 175 millions de Chinois) et 570 millions d’Asiatiques du Sud vivant avec moins d’1,25 $ par jour.

[32] …dont 1,6 milliard pour les seules Chine et Inde

[33] Statistique éloquente pour la troisième économie mondiale (selon le PIB en parité de pouvoir d'achat), qui cumule record du nombre de pauvres et troisième rang mondial pour le nombre de milliardaires !

[34] Politique de l'enfant unique en Chine, politiques fortement incitatives en Inde ou au Vietnam…

[35] NB : seuls l’Indonésie, la Malaisie, le Viêt Nam, la Birmanie et Brunei sont exportateurs de pétrole.

[36] Une importante pénurie hydrique frappe ainsi une très grande moitié nord du territoire chinois. Dans cette région, où vit 45% de la population, la disponibilité en eau par habitant et par an est de 500 m3, soit un niveau largement inférieur au seuil de stress hydrique fixé à 1000 m3. Cette situation de pénurie représente pour l'économie et la société chinoises un défi bien plus lourd que la pollution 0'une des plus grandes menaces pour la "survie de la nation" selon les propos tenus en 1999 par Wen Jiabao, alors Premier ministre), et ce même si le sud de la Chine reste encore bien doté de son côté. Afin de faire face à ce défi, les autorités chinoises ont d'abord lancé un chantier pharaonique visant à détourner de l'eau des régions du sud vers celles du nord. Coûteux, critiqué par les régions ponctionnées et incertain quant à son efficacité, ce projet est doublé de politiques ciblées bien plus efficaces depuis 2012. Celles-ci consistent à établir des quotas de consommation, à améliorer l'efficacité des techniques d'irrigation (dont la vétusté était responsable de pertes considérables), à favoriser les investissements dans des technologies de recyclage des eaux usées à destination des activités industrielles et agricoles. La construction d'usines de dessalement des eaux est également planifiée dans les provinces côtières du pays.

[37] Par exemple, la salinisation des sols et de l'eau dans le delta du Mékong.

[38] Cf. Séisme et tsunami du 26 décembre 2004 dans l’océan indien.

[39] Le Bangladesh (pays de 180 millions d’habitants sur un quart de la superficie de la France) présente une altitude moyenne de 5m au-dessus du niveau de la mer ; chaque année un tiers du pays de retrouve inondé pendant la mousson, ce qui fait de nombreuses victimes et déplace des millions de personnes. Il est en première ligne des pays menacés par le réchauffement climatique et la montée des eaux.

[40] Le séisme, et surtout le tsunami, du 11 mars 2011 au Japon ont été dévastateurs (15 000 morts et 9 000 disparus) et ont provoqué l’accident nucléaire de Fukushima lors duquel 600 km² ont été gravement contaminés.

[41] En 1984, la catastrophe de Bhopal, en Inde fit près de 4000 morts et des centaines de milliers de malades.

[42] Cf. E. Veron, « Le ‘collier de perles’, une stratégie maritime chinoise », Mappemonde, 2014

[43] Cf. notion de Triade, popularisée dans les années 1980 par l’économiste japonais Kenichi Ohmae.

[44] « L’emploi à vie » et le compromis social sur lequel il est fondé ont profondément remis en cause par le développement de la précarité et du chômage.

[45] Le Japon conserve malgré ses difficultés une base industrielle compétitive et fortement automatisée. Le maintien d'importants investissements publics et privés dans la recherche et développement (R&D) permet une montée en gamme constante des productions et une forte spécialisation du pays dans les technologies de pointe comme la robotique

[46] L'État japonais a soutenu cette croissance, grâce à l'action du METI (anciennement MITI), le ministère de l'Économie du Commerce et de l'Industrie.

[47] 4% des échanges mondiaux, derrière la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne.

[48] Classement par chiffre d’affaire. Derrière les Etats-Unis (132) et la Chine (109), mais devant la France et l’Allemagne (29 chacune).

[49] 105 millions d’habitants de Tokyo à Fukuoka.

[50] …souvent fabriqués par des entreprises et des capitaux japonais.

[51] La redéfinition du modèle de développement chinois passe par la stimulation de la demande intérieure et, comme au Japon, par une montée en gamme de la production, soutenue par des investissements plus importants dans la R&D. Elle doit également veiller à la réduction des inégalités socio-spatiales et prendre à bras le corps l'épineuse question du développement durable.

[52] Cf. Traité de Shimonoseki (1895).

[53] …marquée notamment par le massacre de populations civiles chinoises à Nankin.

[54] Cf. les crises récurrentes lors des visites du sanctuaire Yasukuni effectuées ces dernières années par des Premiers ministres japonais, ou à l’occasion de la publication de manuels scolaires jugés trop complaisants envers l'agression japonaise.

[55] Administré par le Japon, l’archipel est revendiqué par la Chine qui considère que le Japon l'a annexé en même temps que l'île de Taiwan en 1895 : Pékin estime que cet archipel aurait dû lui revenir après la Seconde Guerre mondiale.

[56] D'abord concentrée en Asie du Sud-Est et en Chine, pour laquelle le Japon a constitué la première source d'aides jusqu'au milieu des années 2000, I'APD s'est géographiquement élargie, principalement à destination de l'Afrique.

[57] Mangas, dessins animés, arts martiaux (karaté, judo, aïkido), alimentation, musique (J-Pop), etc., sans compter l'univers des jeux vidéo ou les pratiques alimentaires (sushis).

[58] Le Japon a été le point d’appui des interventions américaines lors des guerres de Corée et du Vietnam.

[59] Cf. ci-dessus, développement en « vol d’oies sauvages », bénéficiant aux NPIA (Corée du Sud, Taïwan, Singapour, Hong Kong), suivis par les « bébés tigres » (Philippines, l’Indonésie, Vietnam, etc.) -Pays atelier : vocabulaire p.228.

[60] OCS : Organisation de coopération de Shanghai, fondée en 2001 associe la Chine à la Russie et à quatre États d'Asie centrale : Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan.

[61] Par exemple en soutien de l'armée américaine en Irak.