TS - Thème 3 / Les échelles de gouvernement dans le monde - Question 3 / L'échelle mondiale. La gouvernance mondiale depuis le sommet du G6 en 1975

Plan

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I. LA NOUVELLE PHASE DE LA MONDIALISATION ET LA VAGUE NÉOLIBÉRALE

 A. Une nouvelle étape dans le processus de mondialisation

 B. La vague néolibérale

II. LES VOIES NOUVELLES DE LA COOPÉRATION ÉCONOMIQUE

 A. Émergence de la notion de « gouvernance »

 B. Quelle « gouvernance » ?

Manuel p.220-247

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Introduction

Manuel p.220-221 (photo G20, problématique) + Chronologie p.222-223 + Cartes p.224-225 : En 1975, une coopération économique internationale qui se renforce / En 2013, une gouvernance économique mondiale en construction- L’après Seconde Guerre mondiale avait marqué une étape majeure dans la prise de conscience de la nécessité d’une échelle mondiale de gouvernement. Superpuissance à l’issue du conflit, les États-Unis assurent alors le leadership de l’économie mondiale[1], et mettent en place (1944-1948) un ensemble d’institutions chargées de garantir la paix (ONU), la prospérité économique et la stabilité financière (FMI) et le progrès social (Banque mondiale, institutions spécialisées de l’ONU). La logique du système consiste en un multilatéralisme fondé sur un fonctionnement interétatique.

Mais à partir des années 1970, le système issu des accords de Bretton Woods –Vocabulaire p.226 est remis en question par les difficultés de l’économie américaine, les limites du système productif issu de la seconde révolution industrielle, les chocs pétroliers[2] -doc.3 p.231, Les chocs pétroliers, accélérateurs des crises financières... Les quarante années qui viennent de s’écouler sont marquées par des crises récurrentes, appelant une régulation à l’échelle planétaire. Le thème de la « gouvernance » -Vocabulaire p.200 économique du monde depuis 1975 place l’échelle mondiale comme cadre de l’étude. Il a donc pour toile de fond la phase actuelle de la mondialisation –Vocabulaire p.226 [3] et renvoie à des enjeux mondiaux, qui ne peuvent être envisagés qu’à l’échelle mondiale. C’est à ces enjeux que la gouvernance économique mondiale tente de répondre.

En quoi la gouvernance économique mondiale a-t-elle progressé depuis 1975 ? Les progrès réalisés pour construire une gouvernance économique mondiale se sont-ils traduits par une régulation plus efficace de la mondialisation économique ? La gouvernance mondiale ne masque-t-elle pas l’hégémonie d’un petit groupe d’États ?

I. La nouvelle phase de la mondialisation et la vague néolibérale

A.  Une nouvelle étape dans le processus de mondialisation

La mondialisation connaît à partir des années 1970 une nouvelle étape, de l’internationalisation –Vocabulaire p.226 à la mondialisation du commerce :

  • 1 p.227, La libéralisation du commerce mondial- Les exportations mondiales de marchandises passent de 579 à 1 838 milliards de dollars entre 1976 et 1983, puis progressent encore pour atteindre 12 178 milliards en 2009, soit une multiplication par 21 en 30 ans.
  • La dérégulation financière -doc. 4 p.227, La finance, cœur d'une économie libéralisée, les privatisations et les dispositifs légaux ou illégaux de défiscalisation encouragent la libre circulation des capitaux et les délocalisations.
  • La révolution des transports et des télécommunications accroît la circulation de l'information, des hommes et des marchandises. En effet, les progrès dans les transports, depuis le conteneur jusqu'à internet, accompagnent et stimulent ce nouvel élan de la mondialisation.

Les conditions de l’avènement d’un monde multipolaire sont désormais remplies :

  • La DIT permet l’intégration à la mondialisation des nouveaux pays industriels comme les NPIA ou « dragons » asiatiques.
  • Début XXIème siècle, les émergents deviennent des acteurs majeurs de la mondialisation et bousculent la hiérarchie des puissances –Paragraphe B3 p.228 + Étude 4 p.236-237, L’affirmation des pays émergents.

B.  La vague néolibérale

À l’initiative des États-Unis et du Royaume-Uni, la régulation publique et le rôle de l’État reculent avec la privatisation des entreprises publiques et la libéralisation des mouvements de capitaux[4]. En effet, pour attirer les capitaux et lutter contre le chômage, le président américain Ronald Reagan (1980-1988) –Biographie p.226 et le Premier ministre britannique Margaret Thatcher (1979-1990) mettent en œuvre une politique néolibérale –Néolibéralisme : vocabulaire p.226 + citation p.226 + doc. 3 p.227, Le néolibéralisme selon M. Thatcher. Confiance est désormais faite aux capacités d’autorégulation des marchés et au contrôle d’autorités indépendantes de l’État : banques centrales, agences de notation, chambres de compensation internationale… La frontière entre public et privé se brouille au profit de ce dernier. Cette évolution entraîne une accélération de la mondialisation mais aussi le retour des crises financières qui se multiplient à partir de 1987 et plus encore après 2000 –Étude 5 p.238-239, Les crises financières des années 2000.

Dans ce contexte, le FMI change de rôle et devient « gendarme des politiques publiques » en développant des programmes d’ajustement structurel pour les pays endettés du tiers monde. En effet, ces pays se retrouvent dans l'incapacité de rembourser leurs emprunts et affrontent une forte crise de la dette, comme le Mexique en 1982. En échange de crédits, le FMI leur impose des plans d'ajustement structurel fondés sur le « consensus de Washington » -doc.2 p.229, Le FMI intervient en Indonésie (1998).

Le régime commercial international est transformé par la création de l’OMC en 1995 qui succède au GATT et organise la diplomatie commerciale mondiale autour des problèmes de concurrence et de libre accès au marché –Étude 2 p.232-233, L’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Enfin, l’aide au développement baisse.

II. Les voies nouvelles de la coopération économique

A.  Émergence de la notion de « gouvernance »

Une nouvelle étape est annoncée par la fin du système de Bretton Woods –Vocabulaire p.226 + doc.1 p.230, Le système de Bretton Woods, inspiré par JM Keynes, en 1971, lorsque les États-Unis suspendent la convertibilité du dollar en or[5], faisant alors du dollar une monnaie flottante, dont la valeur est déterminée par l'offre et la demande sur le marché mondial –doc.2 p.230, Du système monétaire de Bretton Woods à une plus grande libéralisation.

Exit le système de Bretton Woods, la phase actuelle de la mondialisation conduit à l’émergence d’un nouveau paradigme pour le gouvernement du monde : la gouvernance –Vocabulaire p.200. Ce terme a d’abord été utilisé dans le monde des entreprises, pour désigner la recherche d’une gestion optimale. Il a ensuite été employé dans les instances visant à évaluer et améliorer les modes de gouvernement des États (le terme devient courant à la Banque mondiale à partir de 1989), et d’abord des États pauvres demandant des programmes d’aide au développement. Enfin la global governance désigne aujourd’hui la régulation universelle de problèmes qui se posent à l’échelle de l’humanité entière.

B.  Quelle « gouvernance » ?

Doc.3 p.229, Le point de vue d’un chercheur sur l’état de la gouvernance économique mondiale- Deux voies sont envisagées, toutes deux désignées par le terme de gouvernance.

La première voie renvoie aux États, qui se sont saisis de l’aspiration à la gouvernance. Dès les années 1970, confrontés à la crise, les pays industrialisés ont voulu relancer la coordination des politiques économiques par l’institutionnalisation de rencontres multilatérales au sommet –Étude 1 p.230-231, Les États face aux crises des années 1970-1980. C’est ainsi qu’en 1974 naît le G6 –doc.4 p.231, Le G6 de 1975 qui s’ouvre au Canada en 1975 –doc.5 p.231, La réunion du G7 de 1982 puis à la Russie en 1998. À la suite de la crise de 2008, il s’élargit pour former le G20 afin de tenir compte des nouveaux équilibres de l’économie mondiale, en particulier de l’ascension des pays émergents –Étude 4 p.236-237, L’affirmation des pays émergents. Cette « voie » correspond à des négociations internationales classiques, mettant en jeu les concepts traditionnels de multilatéralisme, de rapport de forces entre PDEM, PED, puissances émergentes, etc.[6].

La seconde voie propose un nouveau mode de gestion des relations internationales à mi-chemin entre un gouvernement mondial, jugé irréalisable, et la simple coopération entre nations. Elle remet en cause le monopole de l’État sur les affaires mondiales en prétendant associer, dans une relation horizontale, sans domination, acteurs étatiques, supra-étatiques (ONU[7], organisations régionales –doc.1 p.229, Face à la mondialisation, l’accélération de la régionalisation) et non étatiques –Citation + Schéma p.228 (influence grandissante des FTN[8], des scientifiques[9], des ONG[10]… -–Altermondialisme : vocabulaire p.228 + Étude 3 p.234-235, De nouveaux acteurs de la mondialisation).

Conclusion

Révisions p.240-241, Sujets bac p.242-247


[1] Cf. dans le programme de 1ère, la notion d’«économie-monde étatsunienne» : Thème 1, Question 1. Cf. programme de terminale, sur la puissance des Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale : Thème 2, Question 1.

[2] En octobre 1973, lors de la guerre du Kippour, le premier choc pétrolier secoue violemment la croissance des pays industrialisés occidentaux. Organisés au sein de l'OPEP, les États arabes exportateurs de pétrole multiplient par quatre le prix du baril. En 1979, un deuxième choc anéantit la reprise qui s'amorçait. Reprenant la main sur des gisements contrôlés par les compagnies occidentales, l'OPEP entend tirer du pétrole de plus grands revenus.

[3] Cf. Thème 2, Question 1.

[4] Dématérialisation, désintermédiation, dérèglementation de la finance = les 3 « D ».

[5] En 1976, les accords de Kingston officialisent ces décisions.

[6] Depuis les conférences de Bandung (1955) et de Belgrade (1961) et le mouvement des pays non-alignés, le « Sud » s'est organisé, d’abord au sein de l'ONU pour revendiquer le droit au développement et dénoncer le système économique hérité de la colonisation, fondé sur l'exportation des matières premières dont les prix sont soumis aux aléas du marché (Cf. la notion de « dégradation des termes de l’échange »), puis au sein de l’OMC pour peser face aux puissances de la Triade.

[7] Depuis le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992, l'ONU organise des grandes conférences internationales associant acteurs étatiques et non étatiques.

[8] Les FTN défendent leurs intérêts et leur stratégie mondiale par exemple lors du Forum économique mondial annuel à Davos (Suisse) et plus globalement par un lobbying intense.

[9] Cf. par exemple le rôle du GIEC dans la recherche d’une « gouvernance climatique » mondiale.

[10] Les ONG altermondialistes se présentent comme des porte-parole d'une société civile globale, dépassant les intérêts nationaux des États et les intérêts privés des FTN. Elles agissent comme actrices de terrain et impulsent des mobilisations à l’échelle mondiale. Certaines se réunissent régulièrement depuis 2001 lors du Forum social mondial.