TES/L - Thème 3 / Dynamiques géographiques des grandes aires continentales - Question 1 / L'Amérique. Puissance du Nord, affirmation du Sud

Plan

pdf ppt 

I. LE CONTINENT AMÉRICAIN : ENTRE TENSIONS ET INTÉGRATIONS RÉGIONALES
 A. DISPARITÉS ET TENSIONS
  1. Les disparités : d’importants écarts de développement
  2. Des tensions diverses
 B. INTÉGRATIONS
  1. L’Alena, une intégration au bénéfice des États-Unis
  2. Le Mercosur et la montée en puissance de l'Amérique du Sud
  3. L’intégration du continent américain : jusqu’où ?
II. ÉTATS-UNIS, BRÉSIL : RÔLE MONDIAL
 A. L’HYPERPUISSANCE ÉTATSUNIENNE
  1. Hard power
   a. Puissance militaire
   b. Puissance économique et financière
  2. Soft Power
 B. L’ÉMERGENCE DU BRÉSIL
 1. La sixième économie mondiale
 2. À l’échelle mondiale, une puissance émergente et un leader du Sud
 3. Sur son continent, un leader latino-américain
III. ÉTATS-UNIS, BRÉSIL : DYNAMIQUES TERRITORIALES
 A. LES DYNAMIQUES TERRITORIALES DES ÉTATS-UNIS
  1. Un territoire maîtrisé
  2. Un territoire métropolisé
  3. Une organisation tripartite du territoire
   a. Le Nord-Est
   b. La Sun belt
   c. L’intérieur et le « Vieux Sud »
 B. LES DYNAMIQUES TERRITORIALES DU BRÉSIL
  1. Un pays neuf
  2. Un territoire inégalement métropolisé
  3. Un territoire en recomposition permanente
   a. Le Nordeste
   b. Le Sudeste et le Sud
   c. Le Centre-Ouest et l’Amazonie

tesl g3 1

Manuel p.170-219

Problématiques p.170-171 + Des cartes pour comprendre p.172-175- Il s’agira ici d’analyser l’aire continentale américaine comme une zone de contact entre des mondes différents par leur niveau de développement et leur culture, mais qui entretiennent des relations anciennes et diverses[1]. Il conviendra également de dégager les dynamiques territoriales qui animent cette aire continentale.

Les initiatives d’intégrations régionales reflètent-elles ou résorbent-elles les tensions qui affectent le continent américain ? Quelles sont les tensions sur le continent américain ? À quoi sont-elles dues ? Quels contrastes économiques et culturels traduisent-elles ? Quelles sont les logiques des associations régionales ?

Quel rôle mondial et quelles dynamiques territoriales pour les États-Unis et le Brésil ? Quels points communs et différences entre une puissance mondiale et un pays émergent ? Quelles sont les caractéristiques de l’organisation territoriale des États-Unis et du Brésil ? Quelles sont les interactions entre l’intégration dans la mondialisation et les dynamiques territoriales de ces deux États ?

I. Le continent américain : entre tensions et intégrations régionales

De l’ère coloniale découle une distinction entre, au Nord, une Amérique anglo-saxonne majoritairement protestante, et, au Sud, une Amérique latine[2] -Vocabulaire p.176 + « Ne pas confondre » p.202 catholique[3]. NB : les Amérindiens[4] représentent encore une forte proportion de la population dans le Centre et le Sud du Mexique, dans l'isthme centre-américain et dans les pays andins. Aux États-Unis, au Canada et au Brésil, ils pèsent peu dans les effectifs totaux.

Les différences de culture et de niveau de développement, la volonté d’hégémonie des États-Unis sur le continent américain attisent les tensions qui affectent l’Amérique latine et la concurrence entre les différentes associations régionales.

A.  Disparités et tensions

1.   Les disparités : d’importants écarts de développement

Carte 1 p.174, Les inégalités de richesse en Amérique + Schéma 1 p.203. L’Amérique, un continent de constrastes- Le continent américain propose à son échelle un aperçu des confrontations Nord/Sud observées à l’échelle planétaire, en opposant une Amérique du Nord développée à une Amérique latine fragmentée et contrastée[5]. Les indicateurs démographiques et socioéconomiques soulignent cette différence –Repère p.176, ainsi que la structure du système migratoire à l’échelle continentale –Carte 2 p.174, Les principaux flux entre les États d’Amérique. Plus de 25 millions de ressortissants latino-américains vivent hors de leurs pays et l’Amérique latine constitue le principal destinataire mondial de transferts d'argent[6] en provenance de migrants. Dominés par le tropisme nord-américain, les flux connaissent depuis vingt ans une intensification et un élargissement du système migratoire, liés à l'accélération des échanges et de la circulation des travailleurs, dans un contexte où le franchissement des frontières est rendu plus difficile. Les populations d'Amérique latine constituent la première minorité des États-Unis (50% des migrants), en particulier en Floride et en Californie où l'on compte le plus grand nombre de villes bilingues et latines.

Les États-Unis sont à tout point de vue le lieu central du continent américain : leur PIB global est sept fois plus élevé que celui du Brésil (le 2ème du continent), ils concentrent d'importants lieux centraux de l'espace mondial[7]. Les États-Unis sont un des premiers partenaires commerciaux de l’Amérique latine (environ 30% des importations et des exportations), et ils détiennent encore 50% du stock des IDE en Amérique latine, même si leur origine tend à se diversifier (Chine, Union européenne). Les États-Unis exercent une influence et un fort pouvoir d'attraction sur leurs voisins immédiats (Canada, Mexique) et sur l'ensemble du Bassin caraïbe, alors qu'au Sud du continent, le Brésil et les pays du « cône Sud » affirment une plus grande autonomie.

Le Canada est, lui aussi, riche en ressources et constitue un espace complémentaire à celui des États-Unis. Le Canada, les États-Unis (auxquels il convient d’ajouter les territoires appartenant à la France ou au Royaume-Uni dans les Caraïbes et en Amérique du Sud) forment une Amérique du Nord appartenant au groupe des pays les plus développés.

Depuis le début du XXIème siècle, une nouvelle Amérique latine est en marche. La démocratie représentative s'est généralisée, la stabilité politique a favorisé la croissance économique et les progrès sociaux, ainsi que l’intégration à la mondialisation (par la primarisation des économies[8]). Néanmoins, deux Amériques latines se dessinent :

  • L'Amérique latine émergente -Vocabulaire p.176 : « Jaguars », qui a bénéficié de la croissance en empruntant des voies très diverses :
    • le Mexique tente de s'appuyer sur la proximité des États-Unis pour bâtir une industrie de délocalisation, tout en misant sur le tourisme et les matières premières (pétrole du golfe du Mexique) ;
    • certains pays du « cône sud »[9] ont aussi connu une certaine émergence malgré les crises financières successives subies par l'Argentine[10];
    • seul le Brésil apparaît comme une réelle puissance émergente[11].
  • « L'autre Amérique latine » présente les indicateurs économiques et sociaux des pays « du Sud », et une grande diversité de situations, des pays qui disposent de ressources naturelles (le pétrole au Venezuela, le cuivre au Pérou…), au plus défavorisé (Haïti). Les États dont le PIB et l'IDH sont les plus faibles sont situés en Amérique centrale (Guatemala, Honduras...), ou enclavés (Bolivie, Paraguay).

2.   Des tensions diverses

Doc.2 p.174, Les conflits en Amérique en 2014-2015 + Repère p.178- Les tensions sont multiples :

Certains conflits ont laissé des traces : la guerre de la Triple Alliance (1864-1870) perdue par le Paraguay contre le Brésil, l'Uruguay et l'Argentine, la guerre du Pacifique (1879-1883) qui a permis au Chili de s'étendre aux dépens du Pérou et de la Bolivie –doc.2 p.179. La Bolivie, pays enclavé, en conflit avec le Chili ; la guerre du Chaco (1932-1935), où le Paraguay a gagné une partie de la Bolivie.

  • Des différends frontaliers persistent au sujet des eaux territoriales entre la Colombie et le Venezuela ou entre les petits États de l'Amérique centrale.
  • Des résistances de la part des ethnies revendiquant des droits ancestraux sur leurs territoires (et des défenseurs de l'environnement) s’opposent à la valorisation des fronts pionniers d’Amazonie (Brésil), du Chaco (Argentine), du Grand Nord (Canada), qui renferment des ressources stratégiques.
  • De multiples guérillas[12] subsistent, aux revendications parfois mêlées à celles des Indiens[13], générant affrontements armés et trafics en tous genres qui débordent du strict cadre national.
  • Parfois en lien avec les guérillas, le crime organisé est un autre facteur de tension. Des réseaux mafieux et de nombreux gangs sont très actifs, comme au Salvador ou au Mexique, mais aussi dans des quartiers de villes nord-américaines -doc.3 p.175, Les principaux flux…

Mais les tensions les plus fortes sont celles qui impliquent les États-Unis. Depuis 1823 en effet, la doctrine Monroe[14] –Vocabulaire p.178 fait des États-Unis une puissance protectrice (et volontiers envahissante)[15], garante de l'ordre dans la région. D’où un interventionnisme diffus, relayé par une influence multiforme : dollarisation des économies[16], investissements, interventions militaires directes et indirectes, etc. En outre, les États-Unis possèdent de nombreuses bases militaires en Amérique centrale et dans les Caraïbes ; ils ont également conservé un certain contrôle du canal de Panama (malgré la restitution en 1999) et maintiennent Cuba sous embargo depuis 1962[17]. Par ailleurs, l’histoire et les rapports de domination ont nourri en Amérique latine un fort sentiment « antiyankee ».

Ce sentiment antiyankee, longtemps entretenu par Cuba, est relayé aujourd'hui par le Venezuela et la Bolivie. Il s’est structuré avec la fondation en 2005 de l’alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA)[18] –Vocabulaire p.182, à l’initiative d’Hugo Chavez, alors président du Venezuela -doc.1 p.183, Trois dirigeants de l’ALBA lors du sommet de la Havane. Son successeur, Nicolas Maduro, en dépit de ses difficultés pour se maintenir au pouvoir, développe les mêmes thèmes politiques, tandis que les Etats-Unis s’emploient à apaiser le sentiment « antiyankee » -doc.3 p.179, Les Etats-Unis cherchent à pacifier leurs relations avec l’Amérique latine.

B. Intégrations

Carte p.172-173, Un continent de plus en plus intégré + Repère p.182 + Schéma 2 p.203- Deux logiques principales d’intégration régionale s’opposent : l’ALENA autour des États-Unis, et le MERCOSUR, avec le Brésil comme pôle principal.

1.   L’Alena, une intégration au bénéfice des États-Unis

L'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA -NAFTA en anglais) –Vocabulaire p.182, est entré en vigueur en 1994, entre le Canada, les États-Unis et le Mexique[19]. Il instaure une zone de libre-échange qui organise la libre circulation des capitaux et des marchandises, mais pas la libre circulation des personnes. Cette intégration limitée[20] traduit surtout un rapport de forces inégal entre les partenaires : d’un côté, le monde anglo-saxon, riche et développé, dont les entreprises investissent librement au Mexique, mais qui veut se prémunir contre une immigration jugée indésirable ; de l'autre, un pays moins développé[21], qui a choisi d’arrimer son économie à celle de ses puissants voisins du Nord, au risque de se scinder entre un Nord intégré à la « Mexamerique » -Vocabulaire p.176, et un Sud pauvre, paysan et indien -docs.1, La frontière entre les Etats-Unis et le Mexique entre ouverture et fermeture et 2 p.184, La frontière mexicaine entre tensions et intégration.

L'ALENA forme un marché de plus de 460 millions d'habitants, doté d’un RNB de 17 000 milliards de dollars en 2010 (plus du quart du RNB mondial).

Doc.2 p.183, Les échanges entre les pays de l’ALENA- Cette intégration est très centrée sur les États-Unis[22]. Le Canada et le Mexique ont bénéficié de la croissance de la zone, mais avec l'intégration des systèmes productifs nationaux, ils sont devenus très dépendants de leur puissant voisin, comme en témoigne la configuration des flux commerciaux : les échanges entre Canada et Mexique restent modestes, mais tous deux garantissent aux États-Unis la sécurité des approvisionnements énergétiques (c’est une préoccupation permanente pour les autorités).

2.   Le Mercosur et la montée en puissance de l'Amérique du Sud

Historiquement, les premières initiatives d'intégration sont prises dès le XIXème siècle, notamment par Simon Bolivar[23]. Mais les dissensions entre États n'ont jamais permis une véritable intégration latino-américaine.

Outre l’ALBA, plusieurs dispositifs d'intégration visant, d'une part, à renforcer les relations commerciales entre pays d'Amérique latine et, d'autre part, à prendre des positions diplomatiques communes (particulièrement vis-à-vis des États-Unis), coexistent.

L’un des plus anciens est la Communauté andine des nations (CAN), fondée en 1969, et regroupant les pays andins[24]. La CAN souffre de la faiblesse des économies qui la composent, du faible niveau d'échanges entre partenaires et des divergences politiques entre États favorables au libéralisme économique ou se réclamant du socialisme (Équateur ou Bolivie).

Le MERCOSUR –Vocabulaire p.182 + doc.3 p.183, Le MERCOSUR : un marché ouvert aux échanges avec le reste du monde a été imaginé dans les années 1980 et fondé en 1991 par le Brésil, l'Argentine, le Paraguay et l'Uruguay. Initialement zone de libre-échange puis union douanière (1994)[25], il s'est consolidé dans les années 1990, grâce à l'accroissement du commerce entre ses membres, l'association de la Bolivie, du Chili, du Pérou, de la Colombie et de l'Équateur et l’adhésion du Venezuela, esquissant une DIT entre pays membres. Pourtant, il s’essouffle dès 2000, à cause de divergences d’intérêts entre partenaires de poids inégaux : le Brésil, principal bénéficiaire, défend ses intérêts de puissance émergente ; de son côté, l'Uruguay refuse souvent de se plier à certaines règles communes contraires à ses intérêts.

Malgré de nombreux obstacles, l'intégration progresse néanmoins :

Avec le foisonnement (non exempt de rapports de force) d’organisations régionales -Repère p.182 :

  • ainsi, le rapprochement du MERCOSUR et de la CAN a fait naître, en 2004, la Communauté sud-américaine des nations (CSN), devenue en 2008 l'Union des nations sud-américaines (UNASUR) ;
  • le Mexique, candidat au leadership rival du Brésil, exclu des organisations sud-américaines, apparaît dans la CELAC (Communauté des États latino-américains et caribéens), fondée en 2010.

Avec le développement d’infrastructures transfrontalières. Doc.4 p.183, Aménager des corridors interocéaniques- Dès 2000 en effet, des infrastructures ont été aménagées pour interconnecter leurs territoires et, surtout, favoriser l’ouverture au commerce mondial (et particulièrement avec l’Asie) :

  • axes routiers transcontinentaux (ou couloirs bi-océaniques –Vocabulaire p.178) ;
  • aménagement du bassin du Paraná et possible ouverture sur l'Atlantique pour la Bolivie et le Paraguay ;
  • gazoduc du Venezuela à l'Argentine, etc.
  • Avec la création en 2007, à l'initiative de l'Argentine et du Venezuela, d’une Banque du Sud[26] pour faciliter le financement de ces coopérations et peser face aux institutions mondiales « du Nord » (Banque mondiale notamment).

3.   L’intégration du continent américain : jusqu’où ?

La proposition par les États-Unis d'une intégration continentale de l'Alaska à la Terre de Feu (Zone de libre-échange des Amériques, ZLEA : 900 millions d’habitants, 40% du PIB mondial), en discussion depuis 1998, a été rejetée en 2005 par les pays du Sud du continent.

Les propositions étatsuniennes trouvent néanmoins un écho en Amérique centrale et dans le Bassin caraïbe :

  • par la signature de l’accord de libre-échange centre-américain (ALECA, FACTA en anglais) en 2004[27], entré en vigueur le 1er janvier 2005 ;
  • au-delà, par le biais d'accords bilatéraux passés avec plusieurs pays latino-américains (Pérou, Chili).

II. États-Unis, Brésil : rôle mondial

Problématique p.171 + Cartes p.186-189

Cours 4 p.190, Le Brésil est-il un concurrent pour les États-Unis ? + Cours 6 p.198, Pourquoi les Etats-Unis et le Brésil ont-ils un rôle mondial très différent ?- Le poids économique, politique et culturel du Brésil et des États-Unis sont très différents. Entre le rôle mondial joué par le Brésil et par les États-Unis, il y a la différence qui existe entre une puissance mondiale et un pays émergent. En résultent une zone d’influence essentiellement régionale (l’Amérique du Sud) et des interventions sur la scène internationale ciblées pour le Brésil, alors que les États-Unis exercent une influence mondiale multiforme.

A.  L’hyperpuissance étatsunienne

Carte 1 p.188, Le rôle mondial des États-Unis + doc.3 p.191, Les États-Unis, une supériorité contestée ?- Depuis les années 1990, les États-Unis sont parfois présentés non plus comme une superpuissance, mais une hyperpuissance, seule à cumuler la suprématie simultanée dans l'économie, le militaire, la technologie et la culture.

1.   Hard power

Repère p.198, Poids diplomatique et militaire.

 a.    Puissance militaire

Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont le pays qui dépense le plus pour son armée. Ses dépenses ont à peine diminué avec la fin de la guerre froide, puis ont recommencé à croître dès 1999, et plus encore depuis les attentats du 11 septembre 2001 : elles représentent aujourd’hui près de la moitié des dépenses militaires dans le monde[28].

Actuellement, aucun État n’est capable de rivaliser avec le budget militaire des États-Unis[29]. Les forces américaines sont impressionnantes[30], tout comme les infrastructures militaires, notamment pour le service de renseignement les plus performant du monde : drones, satellites, Internet[31]. Ces dépenses sont à l’origine d’un complexe militaro-industriel[32] né pendant la guerre froide.

Carte 1 p.188, Le rôle mondial des États-Unis- La présence américaine s’étend à tous les continents avec des bases militaires, et à tous les océans grâce à ses flottes disposées en fonction des tensions internationales.

 b.   Puissance économique et financière

Repère p.190- L’économie étatsunienne est la première du monde. Portée par un marché intérieur de 300 millions de consommateurs au fort pouvoir d’achat, mais largement ouvert sur l’extérieur[33], elle s’adapte constamment à la conjoncture pour rester compétitive. En témoigne la vigueur de sa R&D, ainsi que la santé des entreprises de haute technologie, qui prennent le relais des industries héritées de la seconde révolution industrielle, fortement déclinantes.

Les États-Unis, premiers importateurs et troisièmes exportateurs[34] au monde, sont un nœud central de l'économie-monde.

Les États-Unis sont aux premiers rangs mondiaux pour les grandes productions agricoles et leur exportation[35]. De puissantes FTN comme Cargill, Philip Morris, General Mills ou Monsanto sont leaders sur leurs marchés -Food Power : vocabulaire p.191.

L’industrie américaine s’identifie à quelques gigantesques entreprises leaders dans leur branche d’activités : Microsoft en informatique, Exxon Mobil dans le pétrole, Procter and Gamble dans l’industrie chimique, General Motors dans l’industrie automobile, Boeing dans l’industrie aéronautique, etc.

31% des exportations de services dans le monde sont le fait d’une entreprise américaine. L’économie et la puissance américaine reposent de plus en plus sur cette nouvelle approche économique que certains appellent « l’économie postindustrielle », portée par plusieurs leaders mondiaux comme Citigroup dans la banque, Wal-Mart Stores dans la Grande distribution, etc.

Parmi les 500 plus grandes entreprises dans le monde, 139 sont américaines. Les filiales des FTN états-uniennes réalisent un chiffre d'affaires annuel de plus de 3 000 milliards de dollars, soit le tiers du PIB américain et trois fois le montant des exportations[36]. La puissance des FTN étatsuniennes est liée à la mondialisation de leurs filiales, formant des réseaux planétaires et des centres d'impulsion majeurs ; elle fait des États-Unis le seul État à disposer d'une structure extraterritoriale, « l'America Bis », remarquablement efficace : la puissance américaine s'est bâtie à la fois dans et en dehors de l'Union.

Les États-Unis dominent la finance mondiale : le New York Stock Exchange (NYSE), basé à Wall Street, est la première place boursière du monde[37], et New York accueille la plus grosse concentration de banques d’affaires ; depuis Bretton Woods (1944), le dollar demeure la monnaie de référence au niveau mondial : la moitié des transactions commerciales dans le monde est libellée en dollars, 68% des réserves de change[38] du monde sont en dollar (13% pour l’euro).

Carte 1 p.188, Le rôle mondial des États-Unis- Les flux d’IDE (Investissements directs à l’étranger) sont révélateurs de cette puissance financière, les États-Unis étant à la fois le principal émetteur et le premier récepteur d’IDE au monde.

Leur position dominante leur permet, depuis les années 1970, de vivre à crédit : déficit budgétaire structurel, dette publique au plus haut depuis 1945, déficit commercial chronique, lourdement détérioré depuis les années 1990, en particulier vis-à-vis de la Chine. Ces déséquilibres provoquent des crises récurrentes (krach de 1987, bulle internet en 2000, subprimes[39] en 2008)...

2.  Soft Power

Vocabulaire p. 198 + Doc. 1 p.200, Le poids écrasant du Soft Power des États-Unis- Développée par l'universitaire américain Joseph Nye dans les années 1980 pour qualifier la puissance américaine, la notion de soft power, définit la capacité d'influence et de persuasion non contrainte qu'exerce un acteur sur les autres acteurs, en complément de la puissance classique fondée sur la coercition (le hard power, qui passe par les instruments militaire, économique, etc.). Le soft power implique une capacité d'orienter l'agenda politique mondial et d'y rallier les autres acteurs par la séduction, la construction d'une image positive et la diffusion de valeurs auxquelles ces derniers adhèrent.

La culture fut et demeure en effet l'un des piliers de cette stratégie, en particulier via le cinéma[40] -doc.3 p.200, Le parc Disneyland à Shanghai. Suivant le modèle libéral américain, la diffusion culturelle est avant tout le fait d'acteurs privés agissant dans une logique économique : cinéma et musique sont des industries cherchant à développer des marchés d'exportation pour maximiser leurs revenus -doc.2 p.200, Les Etats-Unis : une culture qui plaît à tout le monde. Mais comme promoteur des valeurs de l'Amérique, les industries culturelles bénéficient de longue date du soutien de l'administration à travers la défense de la libre diffusion des produits culturels, à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ou dans les accords de commerce bilatéraux.

Le soft power ne se limite cependant pas à des artéfacts culturels. Pour Joseph Nye, le soft power des États-Unis repose aussi sur la légitimité de leurs politiques et des valeurs affichées sur lesquelles elles s'appuient (liberté, démocratie), et sur l'idéalisation du mode de vie américain (American way of life) incarné par des marques et des produits emblématiques (Coca-Cola, l'automobile, etc.). Cette image d'un pays incarnant l'espoir d'une vie meilleure grâce aux valeurs qui le fondent fut largement instrumentalisée par les autorités américaines, en particulier durant la guerre froide, mais encore aujourd’hui. La culture populaire façonnée par les entreprises culturelles américaines diffuse un modèle social attrayant pour certains, alors qu'elle agit comme un repoussoir pour d'autres qui, au contraire, rejettent ce modèle. En complémentarité du hard power, le soft power dessine un positionnement global qui relève du smart power, dans lequel le contexte, le comportement des dirigeants et les politiques qu'ils mettent en œuvre jouent un rôle éminent. Les alternatives stratégiques entre unilatéralisme (G. W. Bush, D. Trump) ou au multilatéralisme (B. Obama), entre usage de la force militaire états-unienne, celle d’alliés fidèles ou recours à la négociation, etc., sont à cet égard déterminantes.

B. L’émergence du Brésil

Carte 2 p.189, Le rôle mondial du Brésil

1. La sixième économie mondiale[41]

Repère p.190- Avec un PIB qui, en 2016, le place derrière l'Inde, mais devant la Corée du Sud, la Russie et l'Espagne, le Brésil est une puissance émergente.

Pendant longtemps, le Brésil est passé par des périodes que les historiens ont appelées « cycles économiques » : un bien agricole ou minéral vendu à l'étranger constituait le produit phare d'une économie exportatrice[42]. L’industrialisation a marqué une rupture avec cette tradition dans les années 1930, accompagnée dans un premier temps d’une protection du marché intérieur, avant une ouverture sur l'étranger dans les années 1970 et, dans les années 1990, l'insertion du Brésil dans la mondialisation.

Doté d'abondantes ressources naturelles (minières, agraires…), Photo 1 p.191, Récolte du Soja dans le Mato Grosso- le Brésil est l'un des grands exportateurs agricoles mondiaux[43] : si la Chine est l’usine du monde, le Brésil a pour ambition de devenir la ferme du monde : ses grandes FTN agro-industrielles, comme JBS ou Brazil Foods, sont des leaders mondiaux.

Mais le Brésil est aussi une puissance industrielle[44] ; il s’illustre dans les technologies de pointe (aéronautique, armement…), il entend aussi prendre sa part dans la conquête spatiale. Ses FTN (Vale[45], Petrobras[46], Gerdau[47], Embraer) sont désormais très compétitives sur le marché international. Au final, les produits manufacturés représentent près de 60% des valeurs des exportations.

À une échelle certes plus modeste que les États-Unis -doc.1 p.200, Le poids écrasant du soft power des Etats-Unis, le Brésil diffuse aussi des biens culturels qui consolident sa notoriété internationale (musique, productions de la chaîne TV Globo –Vocabulaire p.198 : telenovelas + doc.5 p.201, La « diplomatie culturelle » brésilienne, et l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde de football en 2014, et des Jeux olympiques d’été en 2016 -doc.1 p.201, Des Brésiliens fêtent l’attribution des JO… est révélatrice de l’existence d’une forme de soft power brésilien en cours d’affirmation – doc.6 p.201, Le soft Power brésilien : un bilan décevant ?

Malgré des résultats récents décevants[48], la balance commerciale du Brésil reste excédentaire depuis 2001. Carte 2 p.189, Le rôle mondial du Brésil- Si les échanges se font encore largement sur le continent américain (États-Unis et Mercosur), le Brésil a depuis une dizaine d’années rééquilibré ses marchés en accroissant la part de son commerce avec de nouveaux marchés, notamment la Chine, son deuxième partenaire commercial (15% des parts de marché) après l’Union européenne (22%) et devant les États-Unis (environ 9%).

2.   À l’échelle mondiale, une puissance émergente et un leader du Sud

Doc.2 p.199, Le Brésil, une puissance politique entre Nord et Sud- Luiz Inacio Lula da Silva (dit Lula) président du Brésil de 2003 à 2011[49] a accru l’influence internationale de son pays : sous sa présidence, désormais identifié comme l’un des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), le Brésil réclame avec les autres émergents une refondation des organisations internationales (Conseil de Sécurité de l’ONU, FMI, Banque mondiale) pour mieux refléter l’émergence des nouvelles puissances non occidentales et le caractère multipolaire du monde au XXIème siècle. Ainsi, le Brésil revendique par exemple un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU -et justifie ses prétentions en s’engageant dans de nombreuses missions de paix de l'ONU[50]. La désignation en septembre 2013, du Brésilien Roberto Azevêdo à la tête de l’OMC[51], n’a rien d’anecdotique, car c’est tout particulièrement à l’OMC que le Brésil déploie sa diplomatie économique au sein d’alliances diverses[52]. Dans le domaine financier, le Brésil participe au G20, où il a été associé à la gestion de la crise financière de 2008, aux côtés des États-Unis, de la Chine et de l'Union européenne, et travaille à une refonte de la gouvernance économique mondiale.

Historiquement, le Brésil est impliqué dans la construction de solidarités Sud-Sud. Dans ce cadre, le monde afrolusophone constitue une priorité de la diplomatie brésilienne, qui développe des programmes de coopération : ainsi en 2003, Brasilia relance la Communauté des pays de langue portugaise, qui comprend cinq pays d'Afrique. Entre 2003 et 2010, le président Lula effectue neuf tournées en Afrique, entraînant la signature d'accords dans les domaines de la coopération culturelle, sociale et économique et l'ouverture de seize nouvelles représentations diplomatiques. Toutefois, les positions brésiliennes en Afrique sont fortement concurrencées par la Chine, et le Brésil est parfois accusé de néocolonialisme.

Le Brésil est donc devenu en l’espace de deux décennies l’un des principaux pays émergents, qui a l’ambition de devenir « l’autre » leader américain.

3. Sur son continent, un leader latino-américain

À l'exception du Chili et de L’Équateur, tous les pays d'Amérique du Sud sont frontaliers avec le Brésil. Celui-ci se comporte comme une grande puissance en Amérique latine, attirant de plus en plus la Bolivie et le Paraguay dans son orbite. Par exemple, les colons brésiliens ont franchi la frontière et ont acheté ou occupé des terres dans ces deux pays. C’est très net au Paraguay oriental où la monnaie qui circule est le réal et non plus le guarani[53]. De grands projets lient ces deux pays au Brésil :

  • Le développement des gisements de gaz naturel en Bolivie grâce à la grande entreprise brésilienne Petrobras.
  • La construction du barrage d’Itaipu sur le Paraná, fleuve frontière entre le Brésil et le Paraguay[54].

Plus globalement, c’est le Brésil qui a lancé l’Initiative pour l'intégration des infrastructures en Amérique du Sud (IIRSA) lors du sommet de Brasilia en 2000. En effet, les dynamiques d’intégration à l’œuvre en Amérique latine font l’affaire du Brésil : d'abord surtout intéressée par le libre-échange avec ses voisins dans le cadre du Marché commun du Sud (MERCOSUR)[55], la diplomatie brésilienne a changé d'échelle et renouvelé le régionalisme en lui donnant un agenda post-commercial, avec la création de l’UNASUR et de la CELAC : dominant sur le sous-continent sud-américain, le Brésil se pose clairement comme un contrepoids au leadership étatsunien sur le continent américain –non sans susciter des réactions hostiles.

Puissance politique et économique de rang régional, le Brésil renforce aussi (naturellement) son potentiel militaire[56]. Doté d’une force aérienne conséquente, c’est aussi le seul pays d’Amérique latine à disposer d’une vraie force navale et si ces bâtiments sont souvent anciens[57], 2 porte-avions, 15 sous-marins classiques et 5 sous-marins nucléaires d’attaque sont en projet.

III. États-Unis, Brésil : dynamiques territoriales

Cours 4 p.190, Le Brésil est-il un concurrent pour les États-Unis ? + Cours 5 p.194, Des dynamiques territoriales modifiées par la mondialisation ?- Deux vastes pays, peuplés à partir de fronts pionniers, mais un territoire fortement maîtrisé pour les États-Unis et un territoire à maitriser pour le Brésil.

A.  Les dynamiques territoriales des États-Unis

Cartes 1 p.186, La répartition et les dynamiques spatiales de la population aux États-Unis + 3 p.187, Les transports aux États-Unis + Schéma 3 p.203, Les dynamiques territoriales aux États-Unis- Les États-Unis occupent un territoire de 9,3 millions de km2[58]. Sur ce territoire polarisé, ouvert et en recomposition permanente, les distances sont gigantesques[59].

1. Un territoire maîtrisé

Les États-Unis sont l'exemple même d'un territoire rapidement occupé (en à peine plus d'un siècle (1776-1898)[60]), et maîtrisé –Repère p.194, Répartition de la

population et migrations. Le caractère rapide et brutal du phénomène a durablement marqué la société américaine. Des référents, des mythes (de la « Frontière », de la « destinée manifeste »…) ont alors été forgés : ils déterminent encore aujourd’hui un projet à la fois collectif et individuel[61], qui façonne les modes de vie. Partis d'implantations modestes sur la côte est, les premiers immigrants anglo-saxons se

sont imposés par la force aux Amérindiens comme aux pionniers issus d'autres nations, en s'appuyant sur cet idéal mobilisateur. D’abord essentiellement anglo-saxon, le peuplement s'est ouvert à d'autres provenances : entre 1870 et 1920, 20 millions d'Européens ont émigré aux États-Unis (Italiens, Juifs d’Europe centrale, Grecs, etc.). Actuellement, les États-Unis autorisent 500 000 à 800 000 entrées annuelles[62], en provenance du monde entier, mais particulièrement de l’Amérique latine et de l’aire Caribéenne -Carte 3 p.175, Les principaux flux entre les États de l’Amérique + Paragraphe 3 p.198, Deux pays attractifs ; 40% de la croissance démographique américaine est due à l'immigration. L'ancienneté de l'immigration a créé une société cosmopolite et a favorisé le multilinguisme et le multiculturalisme, au détriment du melting pot.

L’appropriation et l'exploitation des abondantes ressources naturelles ont vite transformé les milieux physiques. La mise en place précoce d'un réseau de transports de masse, canaux et chemins de fer, vers l'intérieur du continent, et l'aménagement du Mississipi et de ses affluents (Missouri, Arkansas, Ohio…), interconnectés aux Grands Lacs, ont permis la spécialisation des espaces (belts) et fait la fortune des grands ports.

Carte 3 p.187, Les transports aux Etats-Unis- Les transports et les communications sont indissociables de la puissance : depuis la « conquête de l’Ouest », les réseaux n'ont cessé de se moderniser, de se densifier[63] et de s’interconnecter, permettant l'écoulement de flux incessants :

  • interconnexion des réseaux de transports maritimes et terrestres pour la circulation des conteneurs entre les deux façades océaniques par un « pont » intercontinental multimodal ;
  • doc.2 p.195, Des dessertes internes…- interconnexion des lignes aériennes internationales et régionales dans de grands aéroports, les hubs, qui assurent le rayonnement de certaines métropoles américaines, comme Atlanta, Dallas ou Denver.

Enfin, les Étatsuniens entretiennent un rapport particulier à la nature : pour certains, elle est riche et violente, et doit être conquise car elle est un don de Dieu aux hommes[64] ; pour d’autres, elle doit au contraire être préservée dans son état virginal[65]. D’où la contradiction entre :

  • la surexploitation des ressources, le gaspillage, des aménagements imprudents aggravant les risques naturels, les pollutions diverses et le réchauffement climatique ;
  • les mesures de protection prises dès la fin du XIXème siècle avec la création des premiers parcs naturels[66] au monde.

2.   Un territoire métropolisé

Carte 1 p.186, La répartition et les dynamiques spatiales de la population aux États-Unis - En effet, l'analyse du peuplement américain fait apparaître une forte mobilité –Repère p.194, et une répartition très inégale des 319 millions d’Étatsuniens (2013) [67] :

  • les densités, globalement faibles (34 hab./km² en moyenne en 2013), présentent un fort gradient est-ouest, lié au processus continu conduisant au déplacement vers l'ouest du centre de gravité de la population, des environs de Philadelphie à la fin du XVIIIème siècle au Missouri à la fin du XXème ;
  • seules les régions du Nord-Est, à proximité des Grands Lacs (de Chicago à Buffalo en passant par Detroit et Pittsburgh) et celles le long de la côte atlantique (de Boston à Washington via New York et Philadelphie) connaissent sur un périmètre étendu des densités comparables à celles de l'Europe, entre 200 et 400 hab./km²) ;
  • les autres grandes concentrations correspondent à des foyers métropolisés mais assez circonscrits, tels Los Angeles et San Francisco, Dallas et Houston, Atlanta ou Seattle, voire franchement isolés comme Denver ou Phoenix.

Aux États-Unis, pays de forte urbanisation[68], métropolisation et mondialisation vont de pair. New York, Los Angeles, San Francisco, Chicago, et la capitale fédérale, Washington, sont des métropoles majeures connectées au système-monde.

Schéma 3 p.217, Le modèle de la métropole aux États-Unis- Au cœur des métropoles, les Central business districts (CBD) avec leurs gratte-ciel prestigieux, sont le reflet de la puissance économique et politique. Les CBD sont consacrés aux affaires (bourse, sièges sociaux, banques), et aux services supérieurs (marketing, cabinets juridiques, etc.). Les vieux quartiers résidentiels du downtown qui les entourent se sont souvent dégradés[69] -doc.4b p.193, Des sans-abri dans le quartier de Skid Row à Los Angeles ; certains ont fait l'objet d'opérations de rénovation réussies qui attirent les élites nationales et internationales[70]. L’étalement urbain (urban sprawling)[71] est lié au désir d'accéder à la propriété, à la révolution des transports et à la mobilité résidentielle typique de l'Amérique -doc.6 p.193, Los Angeles, étalement métropolitain et mosaïque socio-ethnique. Il a entraîné la formation :

  • de gigantesques banlieues pavillonnaires, les suburbs –doc.2 p.207, Albuquerque[72];
  • de nouveaux centres d'activités (bureaux, commerces, parcs scientifiques...) à proximité de carrefours autoroutiers : les Edge cities, qui donnent à la ville un caractère polynucléaire.

3.   Une organisation tripartite du territoire

Croquis p.206-207 + Schéma 3 p.203, Les dynamiques territoriales aux États-Unis

Récapitulons : les États-Unis présentent un territoire maîtrisé, métropolisé, en constante recomposition sous l’influence de la mondialisation, dont les dynamiques se concentrent sur les interfaces terrestres (régions transfrontalières stimulées par l’ALENA –Dossier p.184-185, Les frontières sont-elles des espaces de tension ou d’intégration ?) et océaniques (façades maritimes stimulées par l’intégration à la mondialisation). D’où une organisation tripartite du territoire.

 a.    Le Nord-Est

Le Nord-Est, berceau de la nation[73], cœur de la puissance décisionnelle, financière et intellectuelle, reste le « centre » du pays : forte concentration de population, industrialisation ancienne, urbanisation et réseaux de communication denses[74], large ouverture maritime sur le Monde. On distingue :

  • la Megalopolis[75] -Vocabulaire p.194 + Schéma 1 p.217, première concentration mondiale d'hommes, d'activités et de pouvoirs[76];
  • la Manufacturing Belt autour des Grands Lacs, berceau industriel des États-Unis, qui englobe la mégalopole de Main Street America[77]-Vocabulaire p.194, et qui demeure, avec 45% de l'emploi industriel national, la première région industrielle du pays.

Le Nord-Est, durement frappé par une crise de désindustrialisation[78], est en partie revitalisé par de nouvelles activités de haute technologie -carte 3 p.195, Les espaces de la haute technologie aux États-Unis, et demeure un centre du Monde, où se prennent des décisions de portée planétaire[79].

 b.   La Sun belt

La partie la plus dynamique et la plus attractive[80] -carte 3 p.195, Les espaces de la haute technologie aux États-Unis du territoire (un arc de 15 États, depuis la Virginie jusqu'au Nord-Ouest Pacifique) porte le nom de Sun Belt –-Vocabulaire p.194. Quatre régions motrices s'y individualisent :

  • la Floride, dont la prospérité repose sur le tourisme[81] et l'agribusiness, mais également la recherche, notamment spatiale, dans le sillage de l'implantation de la NASA ;
  • le Texas, enrichi par le pétrole[82] et ses relations avec le Mexique ;
  • la Californie, État le plus peuplé (37 millions d’hab.) et le plus riche des États-Unis, est ouverte sur les mondes latino-américain et asiatique, et bénéficie de l’essor des hautes technologies en lien avec le complexe militaro-industriel. Une nouvelle mégalopole est en train de se former entre San Francisco et San Diego (appelée San-San) et englobant Los Angeles et Riverside.
  • la Pugetopolis, de Portland jusqu'à Vancouver[83], au Canada, bénéficie des dynamiques de l’interface terrestre avec le Canada et maritime avec le Pacifique, et abrite les principales usines Boeing et le siège mondial de Microsoft.

 c.    L’intérieur et le « Vieux Sud »

Les vastes espaces de l'intérieur (Midwest, Grandes plaines), peu peuplés, fondent leur économie sur l'exploitation des ressources naturelles : les Grandes Plaines (grenier agricole des États-Unis et du monde) ; les Rocheuses, parsemées d'îlots miniers, agricoles ou touristiques (stations de sports d’hiver, parcs naturels…) ; par commodité, on y rattachera l'Alaska (hydrocarbures, forêts).

Le Centre Sud du pays évolue différemment. Cette région encore marquée par l’agriculture traditionnelle (coton, tabac, riz…) et par une forte pauvreté mute peu à peu vers de nouvelles activités, industrielles[84] ou de services[85].

B. Les dynamiques territoriales du Brésil

1.   Un pays neuf

Avec 201 millions d’habitants en 2013, le Brésil est le cinquième pays le plus peuplé du monde[86]. Cependant, ce pays-continent[87] de 8,5 millions de km² reste caractérisé par des densités de population faibles[88]. Carte 2 p.186, La répartition et les dynamiques spatiales de la population au Brésil + Repère p.194- Comme les États-Unis, le Brésil a été progressivement occupé à partir de la côte atlantique[89], d'où le contraste entre la zone littorale densément peuplée et la faiblesse du peuplement dans la moitié occidentale du pays[90], et la place déterminante de la façade maritime dans l'organisation du territoire.

Le Brésil n’a qu'une seule façade maritime, et l'immense intérieur, partiellement accessible et mis en valeur, se termine avec l’Amazonie, très incomplètement contrôlée, que des routes s'efforcent de désenclaver. La progression du front pionnier -Vocabulaire p.194 s’est faite par cycles successifs, avec des avancées et des abandons[91]. L’intégration du territoire se poursuit aujourd’hui grâce aux immenses fronts pionniers et au développement des infrastructures.

Doc.1 p.195, Brasilia, une capitale créée ex-nihilo- La création de Brasilia[92], en 1960, a stimulé la mise en valeur de l'intérieur par une politique d'aménagement ambitieuse : installation des paysans sans terre en Amazonie, route transamazonienne, grands barrages hydroélectriques, grands domaines agro-industriels, IIRSA[93]... Au-delà de l'intérêt économique d'espaces en réserve, les autorités brésiliennes affichent la volonté politique de rééquilibrer le territoire et d'affirmer la souveraineté du Brésil sur l'Amazonie. Cette mentalité pionnière nourrit la représentation d'un pays dynamique, toujours en marche.

Ce volontarisme modernisateur contribue à réduire les déséquilibres territoriaux en intégrant le « Brésil du vide ». Il permet aussi de tirer meilleur profit des ressources naturelles et de stimuler l'industrialisation. Mais comment pérenniser ce modèle sans mettre en péril les équilibres écologiques ? La tension entre les tenants de la préservation et les chantres de l'exploitation est une ligne de clivage au sein de la société[94] : pris entre les différents groupes de pression, les autorités peinent parfois à élaborer des politiques d'aménagement cohérentes à long terme. La multiplication des zones protégées (réserves naturelles et indigènes) limite toutefois les tentations d'exploitation prédatrice et favorise la mise en place de modes d'exploitation plus conformes aux objectifs du développement durable.

2.   Un territoire inégalement métropolisé

Le boom démographique et les politiques d'industrialisation en lien avec l’intégration croissante du Brésil dans le système mondial entraînent dès les années 1960 une explosion urbaine au Brésil[95]. Cette croissance profite d’abord à Sao Paulo, Rio de Janeiro et Belo Horizonte[96], les trois premières villes du Brésil. Sao Paulo est la principale métropole tertiaire : sa Bourse, les sièges sociaux de grandes firmes et de banques en font une ville mondiale. Vitrines de la puissance émergente, les métropoles brésiliennes sont aussi fortement marquées par les difficultés de gestion de l’espace urbain, par la violence et par de très fortes inégalités. Le contraste y est violent entre les quartiers aisés et les favelas –Photo 1, Sao Paulo : une ville fragmentée + doc.2 p.192, L’organisation spatiale de Sao Paulo, parfois très proches. Doc.4 p.193, Un condominio fechado à Sao Paulo- Les copropriétés fermées[97] se multiplient, à l'image du modèle nord-américain.

À l'échelle infra-urbaine, se reflètent donc les inégalités économiques et sociales qui caractérisent le pays : le Brésil détient en effet l'un des records mondiaux en matière d'inégalités sociales. Cependant, en huit années de la présidence Lula, 30 millions de personnes sont sorties de l'extrême pauvreté[98].

3. Un territoire en recomposition permanente

Croquis p.208-209 + Schéma 4 p.203, Les dynamiques territoriales du Brésil.

a.    Le Nordeste

C’est dans le Nordeste que furent installées dès le XVIème siècle les plantations de canne à sucre, et que se trouvait la première capitale du pays, Salvador de Bahia. Fortement marqué par l'héritage esclavagiste, le Nordeste est devenu la région la plus pauvre du pays -Carte 3 p.201, L’agriculture au Brésil. Il connaît de profondes transformations et dépend beaucoup du Centre, d'où il reçoit les investissements.

b.   Le Sudeste et le Sud

Ce sont les régions les plus dynamiques, les plus urbanisées et les plus peuplées du Brésil ; elles concentrent plus de la moitié de la population et produisent 80% du PIB industriel et 60% du PIB total. Carte 3 p.201, L’agriculture au Brésil- Leur agriculture est aussi très performante, avec les grandes cultures liées à l'exportation. Moteur du pays, en position hégémonique par rapport au reste du territoire, Sao Paulo est à la tête de la plus vaste région industrielle de toute l'Amérique latine, concentrant plus de 50% de la production nationale dans plusieurs branches industrielles allant des industries lourdes (sidérurgie, chimie lourde) aux industries mécaniques (construction automobile) et de haute technologie.

c.    Le Centre-Ouest et l’Amazonie

L’Ouest constitue le Brésil pionnier qui attire les hommes et les investissements. On observe au Brésil un « esprit pionnier » comparable à celui des États-Unis (mythe de la « Frontière », mobilité, autodéfense) : des fronts pionniers exploitent les ressources naturelles -doc.4 p. 197, La construction du barrage de Belo Monte sur le Xingu organisent la déforestation le long des routes –Carte 5 p.197, L’Amazonie, une région de plus en plus exploitée + Schéma p.217, Le modèle amazonien du front pionnier, et les villes amazoniennes s’étendent -doc.7 p.197, L’Amazonie, une « forêt urbanisée » ; une partie de ce mouvement est incontrôlée, dans un climat de violence. On peut considérer le bassin amazonien comme le dernier « Far West » de la planète.

L’ouverture sur le Monde modifie l’utilisation de l’espace agricole : par exemple, depuis que, dans le cadre du MERCOSUR, l'Argentine fournit du blé et, avec le Chili, du vin, ces productions ont fortement reculé, remplacées par la canne à sucre ou le soja. Sur les hauts plateaux du Centre-Ouest, la culture du soja transgénique complète l'élevage bovin extensif.

L'Amazonie, quant à elle, est un immense bassin hydrographique encore largement forestier malgré les défrichements massifs qui inquiètent l'opinion mondiale. Manaus a été dotée d'une importante zone franche pour les constructions mécaniques et les branches électroniques.

Conclusion

L’essentiel p.202 + Sujets bac p.210-219

 

[1] Relations migratoires, culturelles, politiques et économiques, notamment dans le cadre de logiques d’interface.

[2] La dénomination d'Amérique latine a été inventée en France durant le Second Empire par des exilés politiques sud-américains. Cette dénomination a été largement reprise par les Latino-Américains eux-mêmes. Les pays issus de l'Empire espagnol, malgré les conflits qui les ont opposés entre eux, ont toujours reconnu l'existence d'une origine commune et multiplié les appels à l'unité. Mais cette « latinité » supposée est loin d'être homogène : la traite a fait venir des populations d'origine africaine ; si les migrations du XIXème siècle ont amené des populations d'origine espagnole ou italienne en grand nombre, elles ont aussi concerné d’autres peuples : Allemands, Anglais, Russes, Polonais, Arabes, Juifs ashkénazes. Quant aux populations locales, même si elles parlent toutes l'espagnol ou le portugais aujourd'hui, ce ne sont pas forcément leurs seules langues : l'Amérique latine, c'est aussi le multiculturalisme.

[3] Toutefois, la culture des États-Unis se diffuse en Amérique latine, par l'américanisation des modes de vie mais aussi par la forte progression de l’évangélisme au détriment du catholicisme, tandis que les flux migratoires en provenance d’Amérique latine enracinent le catholicisme aux États-Unis. Concomitamment, l’influence latino-américaine, portée par les diasporas, progresse aux États-Unis.

[4] Amérindiens : population autochtones de l’Amérique.

[5] L’Amérique latine présente une pauvreté massive, bien que variable selon les États et en régression. Elle demeure la région la plus inégalitaire du Monde –Doc.3 p.177, Les inégalités au sein des États d’Amérique latine, caractérisée par des sociétés duales. Ces inégalités se traduisent dans la violence de contrastes urbains très marqués –doc.1 p.177, Les contrastes socio-spatiaux à Mexico.

[6] Les remesas : transferts financiers en provenance des travailleurs émigrés. Ils représentent 60 milliards de dollars en 2011, et pour certains États d'Amérique latine, jusqu'à 15% de leur PIB.

[7] Cf. la mégalopole du Nord-Est, sa façade maritime et sa ville mondiale New York, les pôles de la Sun Belt, le Texas et la Californie (qui, à elle seule représente le 6ème PIB au monde)…

[8] Faute d'avoir véritablement réussi à s'industrialiser, l'Amérique latine est revenue à un cycle de croissance tirée par l'exportation des ressources naturelles, différentes des précédentes, mais soumises comme elles aux aléas des marchés et porteuses aussi bien de prospérité (pour certains) que de risques de différente nature. Les Latino-Américains en ont bien conscience et s'efforcent d'imaginer la façon dont les ressources naturelles pourraient soutenir une croissance durable.

[9] L’expression « Cône Sud » désigne un ensemble géographique… à géométrie variable. Mais le plus souvent, le Chili, l’Argentine, et l’Uruguay en font partie.

[10] Cf. encore récemment la brutale dévaluation du peso argentin les 22 et 23 janvier 2014.

[11] Cf. ci-après : II. États-Unis, Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales.

[12] Cf. les FARC de Colombie

[13] Cf. le mouvement zapatiste apparu au Chiapas (Mexique), sous la direction du sous-commandant Marcos.

[14] Cf. programme d’histoire, Thème 3, Chapitre 1.

[15] Cf. la création de l’Organisation des États américains (OEA) au début de la guerre froide (1948), ou encore de l’Alliance pour le Progrès (1961).

[16] L’Équateur, El Salvador, Guatemala, Panama ont par exemple adopté le dollar comme monnaie nationale.

[17] Dans l’attente que se concrétise le « réchauffement » des relations Cuba-États-Unis annoncé en décembre 2014 et remis en cause par l’élection de Donald Trump en novembre 2016.

[18] L'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des Peuples (ALBA - TCP) (« Alianza Bolivariana para los Pueblos de Nuestra América - Tratado de Comercio de los Pueblos » en espagnol) est une organisation politique, sociale et économique pour l'intégration des pays de l'Amérique latine et des Caraïbes. Membres : Antigua-et-Barbuda, Bolivie, Cuba, République dominicaine, Équateur, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Venezuela.

[19] Précisément, le président George Bush (père) avait signé, en 1988, un accord de libre-échange avec le Canada, élargi au Mexique par le président Clinton en 1994 pour donner naissance à l'ALENA.

[20] Une zone de libre-échange constitue un type d’organisation régionale beaucoup moins intégré que l’UE, par exemple. Définition : espace à l'intérieur duquel les pays partenaires abolissent ou réduisent les droits de douane pour leurs échanges commerciaux réciproques.

[21] Le PIB du Mexique ne représente que 6% de celui des États-Unis.

[22] Ils absorbent 75% des exportations canadiennes et 78% des exportations mexicaines. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant de constater le renforcement des corridors méridiens de transport (oléoducs et routes, depuis le Canada jusqu'au Mexique).

[23] Simon Bolivar (1783-1830) Surnommé le Libertador en raison de son rôle dans l'émancipation des colonies espagnoles d'Amérique du Sud. Il souhaitait stopper la fragmentation politique des colonies espagnoles accédant à l'autonomie face à un Brésil uni sous le gouvernement impérial, et participa à la création de la Grande Colombie qui regroupait quatre États actuels (Colombie, Équateur, Panama, Venezuela).

[24] Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou. Autrefois le Chili et le Venezuela étaient également membres, mais le Chili a quitté la Can en 1976 et n’est plus que membre observateur depuis 2007, et le Venezuela l’a quittée en 2006 pour rejoindre le Mercosur.

[25] Union douanière : zone de libre-échange dont les pays membres ont un tarif commun pour leurs échanges avec les pays tiers.

[26] La Banque du Sud (Banco do Sul, Banco del Sur) est le nom donné à une institution régionale latino-américaine créée. Quatre autres pays ont depuis rejoint l'initiative : le Brésil, la Bolivie, l'Équateur et le Paraguay. Le nouveau président du Venezuela, Nicolás Maduro a souligné que le projet s'adressait aussi « aux pays non-alignés, aux pays asiatiques et à nos frères d'Afrique ».

[27] Costa Rica, Salvador, États-Unis, Guatemala, Honduras, Nicaragua et République dominicaine.

[28] Avec 585 milliards de dollars en 2017 (et une hausse de 9% prévue en 2018), les dépenses militaires américaines représentent près de la moitié du total mondial … mais cela ne représente que 4,5% du RNB du pays (1,6% au Brésil, 2,4% en France).

[29] Le seul État exprimant aujourd’hui l’ambition de développer une force armée équivalente semble être la Chine. Si l’on additionne tous les budgets des 27 pays de l’UE, on obtient un total de 290 milliards de dollars, mais l’UE n’a pas vraiment de politique communautaire de défense.

[30] L’armée active compte près de 2 millions d’hommes dont plus du quart pour les forces terrestres. Ces forces sont en permanence déployées dans le monde, que ce soit en Europe, au Moyen-Orient, en Asie orientale et Pacifique, en Méditerranée et dans l'océan Indien

[31] Cf. « L’ampleur de l’espionnage mondial par la NSA », Le Monde, 21 octobre 2013

[32] Complexe militaro-industriel : concept général désignant les procédés et les relations financières liant le pouvoir politique (plus précisément ici le ministère de la Défense, le Pentagone), les forces armées et le secteur industriel qui les soutient (aéronautique, hautes technologies…).

[33] Les États-Unis sont d’ardents promoteurs de la libéralisation de l'économie -même s'ils pratiquent diverses formes de protectionnisme en particulier pour l'agriculture.

[34] Derrière la Chine et l’Allemagne. Source : Wikipédia.

[35] Ils produisent par exemple 19% des céréales du monde.

[36] L'originalité américaine réside dans l'importance que les firmes américaines jouent dans les économies d'autres pays. Ainsi, l'industrie allemande actuelle dépend à plus de 40% de sociétés d'origine américaine. La capacité financière de ces FTN est parfois supérieure à celle de certains États.

[37] Le NASDAQ, plus grand marché électronique d’actions du monde, est également basé à New York

[38] Les réserves de change sont des avoirs en devises étrangères et en or détenues par une banque centrale. Elles sont généralement sous la forme de bons et obligations du Trésor d'États étrangers, ce qui permet à ces réserves de rapporter un intérêt. Source : Wikipédia.

[39] La crise des subprimes découle du surendettement de ménages modestes, encouragés par les banques à contracter des emprunts immobiliers pour l'achat de leur maison, sans avoir les capacités de les rembourser.

[40] Un vaste programme de diplomatie culturelle fut mis en place afin de soustraire les opinions publiques européennes à l'influence du monde communiste. Dans le cadre du plan Marshall, près de 300 films vantant les mérites du modèle social, politique et économique des États-Unis furent produits dans toutes les langues des pays aidés. Des réseaux de radios diffusant le message de l'Amérique furent mis sur pied (Radio Free Europe, Voice of America). Même si l'information s'est profondément décentralisée et circule de plus en plus entre individus par le biais des réseaux sociaux, de tels outils d'influence des opinions sont encore utilisés aujourd'hui, à l'instar de la chaîne de télévision arabophone Al-Hurra, créée en 2004.

[41] En fonction des classements, le Brésil est présenté comme la 7e (votre manuel), la 9e (Wikipédia) ou la 8e puissance mondiale.

[42] Dans l'histoire économique du Brésil, période pendant laquelle l'économie, la société et le territoire brésiliens s'organisent en fonction d'un produit d'exportation. On retient, comme cycles majeurs, celui du sucre de canne (1530-1650), celui de l'or et des diamants (1700-1780) et celui du café (1850-1930). La décennie 1930 marque la fin des cycles et le début de l'industrialisation, tournée dans un premier temps vers le marché intérieur.

[43] Le classement et la part du Brésil dans le palmarès productif mondial sont assez révélateurs. Le Brésil est le premier producteur mondial de sucre, de canne à sucre, d’agrumes, de café (avec le tiers de la production mondiale), deuxième pour le soja et la viande bovine, troisième pour le maïs…

[44] 8ème producteur mondial d’acier, 9ème de caoutchouc synthétique, 12ème automobile...

[45] Vale ou Companhia Vale do Rio Doce (CVRD) est une FTN minière et aussi l'un des plus grands opérateurs logistiques du Brésil. Fondé en 1942 par des capitaux publics, Vale est devenu leader dans la production et l'exportation du minerai de fer. Il est aussi un producteur d'envergure mondial de nickel, manganèse, alliage de fer, cuivre, bauxite, potasse, kaolin, alumine et aluminium.

[46] Petróleo Brasileiro S.A - Petrobras, est une entreprise brésilienne de recherche, d'extraction, de raffinage, de transport et de vente de pétrole.

[47] Gerdau S.A. est une entreprise sidérurgique brésilienne. L'entreprise opère principalement au Brésil, mais également en Uruguay, au Chili, en Argentine, au Canada et aux États-Unis.

[48] Cf. « Brésil : premier déficit commercial sur un an depuis 2001 » -Source : Les Échos.

[49] Dilma Rousseff lui a succédé en 2011, a été réélue en 2014 puis contrainte à la démission (2016).

[50] Par exemple c’est le Brésil qui dirige, depuis 2004, la MINUSTAH à Haïti.

[51] Pour succéder au Français Pascal Lamy, directeur depuis 2005.

[52] Comme le groupe de Cairns, qui existait avant l’OMC ; c’est une organisation internationale créée en août 1986 à Cairns en Australie, réunissant un certain nombre de pays exportateurs de biens agricoles, qui se donnent pour objectif de libéraliser le marché agricole mondial, contre les pratiques protectionnistes européennes et états-uniennes. Source : Wikipédia.

[53] Le réal est la monnaie nationale brésilienne, le guarani est la monnaie nationale paraguayenne.

[54] C’est une société binationale qui en a assuré la construction commune, mais la part paraguayenne a été financée par un crédit brésilien, remboursable par la fourniture au Brésil de l’énergie électrique produite par le barrage.

[55] Les produits brésiliens inondent ainsi les pays voisins, faisant de l’ombre à leurs industries nationales, beaucoup moins compétitives.

[56] Le budget militaire brésilien s’élevait en effet à 11 milliards de dollars en 1990, 28 milliards en 2010.

[57] Dans le passé, le Brésil a racheté de vieux bateaux « d’occasion » comme le HMS Vengeance (porte-avions anglais) en 1956 ou le Foch (porte-avions français) en 2000.

[58] Le quatrième rang mondial pour la superficie après la Russie, le Canada et la Chine –presque autant que le continent européen), soit 7% des terres émergées du globe

[59] 4 500 km d'est en ouest soit la distance de la mer Caspienne à Lisbonne, 2 500 km du nord au sud soit la distance de Stockholm à Athènes, 20 000 km de côtes sur deux façades océaniques.

[60] Des 13 États fondateurs de 1776 aux 50 d’aujourd’hui (48 + Hawaï + Alaska).

[61] Cf. le « droit à la recherche du bonheur », affirmé par la Constitution.

[62] …auxquelles s’ajoutent, annuellement, environ 1 million de clandestins.

[63] Leur longueur est exceptionnelle : plus de six millions de kilomètres de routes, quelque 270 000 kilomètres de voies ferrées, des réseaux de canaux le long de l'axe du Mississippi reliant directement le golfe du Mexique aux Grands Lacs et au Saint-Laurent puis à l'Atlantique

[64] Selon le philosophe anglais John Locke (1632-1704), dont la théorie des droits naturels de l’Homme influença les Lumières et contribua à la naissance du libéralisme et de la notion d'« État de droit ».

[65] Selon l’écrivain et philosophe Henry Thoreau (1817-1862), auteur de Walden ou la vie dans les bois et de La désobéissance civile.

[66] Cf. Parc Yosemite en 1864, Yellowstone en 1872. Attention néanmoins, ces espaces « sanctuarisés » ont tendance à reculer depuis le début de la présidence Trump. Cf. « Donald Trump ampute deux parcs naturels… », sciencesetavenir.fr.

[67] Les États-Unis sont le 3e pays le plus peuplé au monde, derrière la Chine (1,355 milliard d’habitants) et l’Inde (1,277 milliard d’habitants), et continuent de présenter une démographie dynamique, grâce particulièrement à l’apport des migrants (en solde migratoire et en solde naturel).

[68] 80% des Étatsuniens vivent dans les 274 aires urbaines qui structurent l'espace américain ; 50% d’entre eux habitent une aire métropolitaine de plus d’un million d'habitants, 30% dans une aire métropolitaine de plus de cinq millions d’habitants.

[69] Cf. les ghettos de Watts à Los Angeles, Harlem à Manhattan...

[70] Cf. phénomène de gentrification.

[71] 16% du territoire américain correspond à des agglomérations (soit trois fois la superficie de la France), contre 10% en 1970.

[72] 75% des Américains vivent en banlieue.

[73] New York ou Boston ont été des portes d’entrées sur le territoire des États-Unis, ce qui explique qu’aujourd’hui la concentration humaine y soit importante (environ 100 millions d’habitants).

[74] Dans cette région on retrouve les très grandes villes du pays, plus de 12 agglomérations ayant plus de deux millions d’habitants (New York, Chicago, Philadelphia, Washington –doc.1 p.196, Boston, Détroit, Minneapolis Saint-Paul, Pittsburgh, Cleveland….)

[75] Jean Gottmann, 1961.

[76] Cette région reste cependant le centre d’impulsion de l’organisation des États-Unis (capitale du pays, siège des grandes entreprises…) et également centre d’impulsion des décisions mondiales avec le siège de l’ONU à New York. Cf. l’étude de cas « New York, ville mondiale » dans : Thème 2, les dynamiques de la mondialisation / Question 2, les territoires dans la mondialisation.

[77] Chicago, Détroit, Cleveland et ses prolongements canadiens Toronto et Montréal.

[78] Cf. les difficultés de l’industrie automobile face à la concurrence mondiale et plus largement la notion de Rust belt.

[79] ONU, FMI, Banque mondiale, Maison Blanche, Pentagone, sièges sociaux de grandes firmes transnationales…

[80] Ces régions bénéficient de flux migratoires importants : internes (beaucoup d’Américains migrent du Nord-Est vers ces régions ensoleillées, pour leur retraite comme en Floride, ou pour leur travail, au Texas, en Californie ou dans l’État de Washington) et externes (migrations internationales).

[81] Plus de 35 millions de visiteurs par an, 15% de l’emploi total.

[82] Dallas est ainsi passé de 2,3 millions d'habitants en 1970 à 4 millions dans les années 2000.

[83] Pas si « ensoleillée » que cela, de fait ; malgré son appartenance à la Sun belt…

[84] L’industrie automobile (constructeurs japonais et américains) s’y est implantée, à la faveur du niveau de salaire, inférieur à celui du Nord-Est (mais supérieur à celui du Mexique).

[85] Cf. Atlanta (ville organisatrice des Jeux Olympiques en 1996), siège de Coca-cola et puissant hub aéroportuaire.

[86] Derrière l’Indonésie (237 millions d’habitants).

[87] Le cinquième rang mondial derrière les États-Unis.

[88] En effet, le Brésil possède en 2013 une densité démographique de 24 hab./km², contre 113 hab./km² pour la France par exemple.

[89] Les colons européens sont arrivés par la mer sur la côte Nord-Est, mise en valeur dès le XVIème siècle.

[90] Le Sud-Est (Sao Paulo, Rio de Janeiro) et le Nord-Est concentrent 70% de la population.

[91] Dès le XVIème siècle, de nombreuses expéditions ouvrent des brèches vers le Brésil continental. Mais il faut attendre les années 1950 pour que naisse une réelle politique d'aménagement du territoire.

[92] Capitale politique du Brésil, installée en 1960 sur les hauts plateaux du Centre-Ouest, Brasilia est à la fois le symbole et l'outil d'une dynamique territoriale qui bouleverse le Brésil dans son entier.

[93] IIRSA : initiative pour l'intégration des infrastructures en Amérique du Sud. Cf. ci-dessus.

[94] Certains projets portés par les gouvernements Lula et Rousseff, comme le détournement du fleuve Sao Francisco (Nordeste) ou la construction d'un barrage à Belo Monte (Amazonie), alimentent les différends entre deux visions antagonistes du développement.

[95] Luiz Inacio « Lula » da Silva, président du Brésil entre 2003 et 2010, incarne ces migrations internes d'un Brésil rural et pauvre vers un Brésil urbain empli de promesses. Né dans une famille déshéritée dans le Nordeste, il migre dès son enfance vers la métropole de Sào Paulo.

[96] Sao Paulo, capitale économique du pays et centre majeur de l'Amérique latine. Rio, qui va accueillir les Jeux olympiques et la Coupe du monde de football, bénéficie aussi de l'ouverture sur le Monde.

[97] Condominios fechados.

[98].Cf. le programme social Bolsa familia. Cf. également l’expérience politique conduite depuis les années 1990 à Porto Alegre, un exemple reconnu dans le monde entier de démocratie participative. « Capitale de l'altermondialisme » Porto Alegre a été la ville hôte du Forum social mondial pendant plusieurs années.