TES/L - Le croquis de géographie au baccalauréat

Plan

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PRÉSENTATION DE L’EXERCICE

Structure : deuxième partie de l’épreuve du baccalauréat

Nature et attendus de l’exercice, sujets possibles et supports fournis

Le matériel recommandé

L’entraînement

LE LANGAGE CARTOGRAPHIQUE

Les supports du langage : les fonds de carte

Les mots du langage cartographique : les figurés et les couleurs

La grammaire du langage de la cartographie : l’association des figurés et des couleurs

RÉALISER UN CROQUIS

Analyser le sujet (au brouillon)

Organiser la légende (au brouillon)

Réaliser le croquis (au « propre »)

Présentation de l’exercice

Structure : deuxième partie de l’épreuve du baccalauréat

Rappel : la première partie de l’épreuve (12 points) consiste en une composition d’histoire ou de géographie (un sujet au choix parmi deux sujets proposés dans la même discipline). Une seconde partie (8 points) est consacrée à l’étude critique de document(s) en histoire ou en géographie ou à une « production graphique (réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire), […] soit la réalisation d'un croquis ou d'un schéma d'organisation spatiale d'un territoire en réponse à un sujet […] Un fond de carte est fourni au candidat. » (Bulletin officiel spécial n°7 du 6 octobre 2011).

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Nature et attendus de l’exercice, sujets possibles et supports fournis

Une note de cadrage parue après la rentrée scolaire sur le site ministériel Eduscol apporte des précisions importantes :

Nature de l’exercice

Il ne pourra finalement s’agir que d’un croquis, et pas d’un schéma ; la mémorisation et la production de schémas restent nécessaires, mais dans le cadre de la composition de géographie, comme « élément de valorisation » :

  • « Il ne sera pas proposé de schémas dans cette partie de l’épreuve ».
  • « La réalisation de productions graphiques dans une composition (schémas simples d'organisation spatiale, schémas fléchés ...) est un élément de valorisation de la copie. Il est donc recommandé aux candidats d'en insérer dans leurs devoirs, lorsque le sujet s'y prête. »

Critères d’évaluation

La note de cadrage les précise. « L’évaluation des croquis portera principalement sur les critères suivants :

  • pertinence des informations portées sur le croquis par rapport au sujet posé : sélection, hiérarchisation des informations ; validité des localisations et de la nomenclature ;
  • organisation de la légende, pertinence du choix des figurés ;
  • qualité de la réalisation, lisibilité du croquis.

En effet, il faut montrer que les grands thèmes du cours ont été compris et assimilés, que l'on est capable de les réutiliser avec pertinence. Cela implique qu'ils soient apparents dans la légende de la carte. Les titres des parties, voire des sous-parties, sont donc très importants. Ils doivent reprendre les grands thèmes du cours.

La carte doit être claire et compréhensible. Cela suppose de faire ressortir le mieux possible les éléments clés du sujet posé, tout en conservant un niveau de détail et de précision suffisamment important. Les cartes doivent être détaillées, mais les informations essentielles doivent néanmoins ressortir néanmoins, et la carte rester lisible. Cela nécessite d’apporter une grande attention au choix des figurés.

Il importe également de veilleur à la précision des localisations, mais aussi de la nomenclature, du vocabulaire employé. Si les correcteurs font preuve d'une certaine tolérance dans les localisations, certains éléments incontournables doivent évidemment être placés sans erreur.

Sujets possibles

La note de cadrage fournit une « liste des croquis de géographie pouvant donner lieu à sujets d’examen ».

« Pour aider les professeurs et les élèves à préparer dans les meilleures conditions cet exercice, les sujets de croquis proposés se limiteront à la liste suivante :

  • Pôles et flux de la mondialisation.
  • Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation.
  • Les espaces maritimes : approche géostratégique.
  • Les dynamiques territoriales des États-Unis.
  • Les dynamiques territoriales du Brésil.
  • Le continent africain : contrastes de développement et inégale intégration dans la mondialisation.
  • Mumbai : inégalités et dynamiques territoriales.

Supports fournis

Des fonds de carte téléchargeables correspondant à ces croquis sont proposés, à titre d’exemples, par le site ministériel Eduscol.

Le matériel recommandé

En plus de la « base » (stylos et crayons gris), il se compose au minimum de crayons de couleur (une boîte de 8 à 10 crayons de couleur suffit), de feutres fins (4 ou 5 maximum), d'une règle graduée, d'une gomme et d'un taille-crayons. Il est bien sûr possible de recourir à un normographe, qui permet de réaliser proprement des figures géométriques.

L’entraînement

Maîtriser les croquis pour le Bac ne s'improvise pas. Cela suppose de maîtriser quelques bases méthodologiques (Cf. ci-dessous), et de s'entraîner afin de maîtriser réellement les éléments clés : organisation de la légende, figurés, localisations.

Les croquis doivent être appris progressivement. Du reste, s’entraîner au croquis constitue également un bon moyen de réviser les différents chapitres de géographie correspondants, surtout quand la légende est réellement liée au plan du cours.

Vous disposez à cet effet d’un « livret de révision », téléchargeable à cette adresse. À l’aide de ces conseils méthodologiques, du manuel de géographie et d’autres éléments éventuellement rassemblés, vous pourrez vous entraîner sur vos « livrets » : à vous de jouer !

Le langage cartographique

Bien réaliser un croquis de géographie, c'est d'abord maîtriser un langage : celui de la cartographie. Il obéit à des règles, celles de la sémiologie graphique, c'est-à-dire de la science des signes.

Les supports du langage cartographique : les fonds de carte

Le fond de carte est fourni, mais il peut se présenter sous plusieurs formes –et cela n’est pas indifférent !

Divers types de projections

La projection est le procédé par lequel la surface de la terre (en totalité ou en partie) est représentée dans un plan, alors qu'elle est en réalité sphérique et accidentée : c’est donc la mise à plat d'un espace, qui entraîne inévitablement une déformation. Nous avons le plus souvent affaire à 2 types de projections :

La projection cylindrique

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La surface de référence est un cylindre tangent à l'équateur : c'est le cas des planisphères « classiques ».

La projection azimutale

La surface de référence est un plan tangent à la sphère en un point... de vue. Elle peut se présenter sous plusieurs formes, mais la projection polaire est la plus répandue. Dans une projection polaire, le plan est tangent au pôle nord :

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Remarque

Toutes les projections déforment au minimum trois éléments de la réalité des lieux et des espaces : leurs contours, certaines distances, et certaines directions, ce qui modifie toujours l'allure des superficies. Par exemple, sur un planisphère à projection cylindrique, l'échelle des distances n'est en réalité valable qu'à l'équateur ; plus on s'éloigne de celui-ci, plus les distances sont exagérées.

Divers types de centration

Nous avons l'habitude d'observer le monde à partir de planisphères centrés sur l'Europe et l'Afrique, car nous regardons le monde de notre point de vue (ethnocentrisme ?). Mais selon le sujet, le fond de carte peut être centré différemment.

Centration sur l'Europe.

Elle peut accompagner un sujet ayant trait aux aspects internationaux de la puissance européenne.

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Centration sur l'Amérique.

Elle peut accompagner un sujet portant sur le rayonnement mondial des États-Unis :

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Centration sur l’Asie orientale.

Elle peut permettre l'expression des flux commerciaux entre cette région et ses principaux partenaires :

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Les mots du langage cartographique : les figurés et les couleurs

Le langage de la cartographie sert montrer les composantes et d'un espace et les dynamiques qui l’animent. Comme tout langage, il comporte un vocabulaire et une grammaire spécifiques.

Les figurés

Les figurés linéaires

Ils servent :

  • à délimiter des espaces : un continent, un pays, une agglomération, un lac, une région où domine la culture du soja, etc. Ces limites sont aussi bien naturelles que politiques, administratives, économiques, sociales ou encore démographiques ;

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  • à localiser : le tracé d'un cours d'eau comme celui d'une autoroute ou d'un axe ferroviaire important. L'exemple du tracé des principaux cours d'eau des États-Unis en est l'illustration ;

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  • à relier : elles peuvent en effet marquer l'existence de relations, d'interrelations, entre des espaces... et indiquer également des trajectoires, comme des routes commerciales, des itinéraires de migrations (les flux prennent alors l'aspect de flèches, à simple ou double sens).

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Les figurés de surface

Ils servent à identifier et à différencier des espaces, c'est-à-dire à marquer leur hiérarchie, leurs contrastes, leurs inégalités, leurs déséquilibres, afin de les comparer. Ils peuvent être de deux sortes : les plages colorées et les hachures. À chaque fois que cela est possible, il faut préférer les plages coloriées, et n’utiliser hachures que lorsque l’on a besoin de superposer des données.

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Les figurés ponctuels

Contrairement aux mathématiques, la géographie attribue une certaine surface aux points : pastilles rondes, carrées, triangulaires, polygonales, mais également symboles ou encore pictogrammes, ils servent à situer des lieux ou des phénomènes ponctuels à l'échelle de la carte.

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Remarques

Un figuré n'a de sens que par rapport au phénomène qu'il doit exprimer. Sa pertinence dépend donc d'abord de l'échelle de la carte. Par exemple, à petite échelle, une ville est figurée par un point alors qu'elle devient une surface – une aire – sur une carte à grande échelle.

Le blanc est la couleur du vide : laisser en blanc un espace sur une carte signifie toujours qu'il est hors du sujet, ou qu'on ne dispose pas d'informations à son sujet.

Les couleurs

On oppose classiquement couleurs chaudes, rouge, orange, jaune, et couleurs froides, bleu, vert... Le violet peu indifféremment constituer une couleur chaude, associé au rouge, ou une couleur froide, liée cette fois au bleu. L'opposition couleurs chaudes/couleurs froides tend évidemment à opposer positif et négatif, mais ce n'est pas une opposition très rigoureuse, car plusieurs façons de les distinguer sont possibles.

Chaque couleur a une symbolique plus ou moins explicite, mais qui se démultiplie en de nombreuses variantes.

Afin de mieux comprendre les symboliques des couleurs on peut les regrouper en plusieurs tableaux thématiques :

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La grammaire du langage cartographique : l’association des figurés et des couleurs

Pourquoi associer des signes sur un croquis ?

Pour montrer que l'espace étudié n'est pas qu'une juxtaposition de lieux, plus ou moins arbitraire, mais qu'il est organisé, c'est-à-dire qu'il y existe des logiques de fonctionnement. Celles-ci s'appuient sur des repères fixes (les structures spatiales) et sur des dynamiques (les processus spatiaux).

Il existe quatre grands types de structures

  • La hiérarchie, ou classement.
  • Le contact, appelé aussi interface. Il s'agit de lieux permettant à différents espaces de communiquer.
  • Le gradient, variation progressive d'intensité d'un phénomène dans l'espace.
  • Le maillage, c'est-à-dire l'étendue d'espaces nettement délimités. C'est par exemple le résultat de la conquête et de l'appropriation d'un territoire au cours de l'histoire.

Il existe trois grands types de processus spatiaux

On les appelle aussi dynamiques spatiales. Il s'agit de tout ce qui bouge, au sens propre comme au sens figuré, sur place ou d'un lieu à un autre.

  • Les flux : ce sont des mouvements entre deux ou plusieurs « interlocuteurs », pôles et espaces. On peut y distinguer deux sous-types : 1/ la polarisation, pouvant elle-même s'exprimer sous deux formes (l'attraction, ou tropisme ; le rayonnement) ; 2/ les interrelations, à double sens.
  • La plasticité de l'espace, au sens figuré, qui peut prendre deux formes : 1/ l'extension ; 2/ la rétraction.
  • La variation, positive ou négative, ralentie ou accélérée, voire même nulle.

Le double caractère de l'information

Tout phénomène géographique représenté sur une carte est soit quantitatif (on dit aussi ordonné), soit qualitatif, soit les deux à la fois.

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Le « quantitatif »

Il correspond aux différences de grandeur des phénomènes à représenter, et s'exprime par des chiffres ou des classements. Sur le fond de carte, il peut avoir trois formes d'implantation :

  • linéaire, de manière absolue ou relative ;
  • aréale, – on dit aussi parfois zonale – c'est-à-dire en aires ;
  • ponctuelle

Le « qualitatif »

Il correspond aux différences de contenu entre plusieurs lieux ou espaces. Il inclut les variations, c'est-à-dire l'accroissement, la stabilité ou la diminution d'un phénomène.

Il peut avoir lui aussi trois formes d'implantation :

  • linéaire ;
  • aréale ;
  • ponctuelle

Les deux à la fois

C'est le cas le plus courant. Par exemple :

  • la taille et la variation de la population des grandes agglomérations américaines ;
  • différences de développement et migrations dans le monde ;
  • la différenciation économique et les flux de population active et de capitaux de part et d'autre du Rhin.

Réaliser un croquis

Analyser le sujet (au brouillon)

  • Déterminer les concepts et notions-clés qui sous-tendent le sujet
  • Dégager une problématique : la question à laquelle le croquis doit répondre

On peut définir la problématique comme le « choix d’une question à poser à la réalité géographique ». C'est cette question qui va guider toute la réflexion.

Il faut analyser le libellé du sujet. Se poser la question : quel est le thème majeur ? Quels sont les développements essentiels ? La démarche est comparable à celle qui est mise en œuvre sur un sujet de composition. Le croquis est une démonstration, dont le contenu dépend du libellé du sujet. Il ne se contente pas de donner à voir : il montre et démontre. Cf. par exemple :

Exemple 1 : « Les États-Unis, puissance mondiale ». Ce sujet définit une problématique construite autour des attributs de la puissance et de ses espaces. Les États-Unis sont une « hyperpuissance ». Ils disposent de tous les attributs de la puissance. Le croquis met en évidence la puissance économique, mais également les éléments cartographiables de la puissance politique, diplomatique et militaire : alliances comme l'OTAN, les zones d'influence (par exemple : une zone d'influence traditionnelle, l'Amérique latine). Une mention des zones d'intervention militaire récentes (ex-Yougoslavie, Afghanistan, Irak), voire des zones de résistance à l'influence américaine, reste dans le sujet. 

Exemple 2 : « Les Nord et les Sud ». Ce sujet pose explicitement la question de la diversité du Nord et du Sud. Mais quels critères faut-il utiliser pour différencier ces ensembles, c'est-à-dire aller au-delà de leurs traits communs ? Combien de Nord et combien de Sud ? Faut-il tenter de tracer une limite Nord/Sud ? L'appartenance au Nord ou au Sud va se poser pour tel ou tel pays. Les Nord n'ont-ils pas leurs propres Sud ? Des pays du Sud ne comportent-ils pas des régions qui sont des Nord ?

Organiser la légende (au brouillon)

La légende doit être organisée avec un plan, en deux ou trois parties. Le plan doit faire ressortir les grandes thématiques du cours ; il peut dans certains cas reprendre directement le plan du cours. Dans tous les cas, les titres sont indispensables, et doivent clairement apparaître dans la légende.

Les plans types du croquis sont donc proches de ceux des dissertations. On peut par exemple :

  • faire un plan du type Espaces - Dynamiques - Typologie régionale,
  • ou bien encore un plan Espaces (aspects) - Facteurs (causes) - Mutations (dynamiques).

À cet effet, on peut, au brouillon :

  • Dresser l’inventaire des informations à représenter
  • Organiser les informations (choisir entre logique de signes (figurés ponctuels/aréaux/linéaires), de contenus (structures/dynamiques), de démonstration (comme pour une composition)

On peut en théorie répartir indifféremment les figurés et les couleurs au sein de la légende, mais c'est la mise en cohérence des types de figurés et des couleurs au sein de la légende qui permet de rendre celle-ci réellement rigoureuse et démonstratrice, par conséquent plus claire. Pour cela, on dispose de deux grandes possibilités, organiser la légende par type de figuré ou par couleurs, par exemple :

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Réaliser le croquis (au « propre »)

  • Ne pas oublier le titre
  • Choisir les figurés en veillant à leur « compatibilité » et à leur conformité aux phénomènes représentés (Cf. le choix de la couleur verte pour représenter des espaces agricoles)
  • Rédiger proprement la légende
  • Dessiner le croquis, en respectant quelques principes de bon sens : réaliser les figurés d’abord (il est recommandé de commencer par les figurés ponctuels, puis les figurés linéaires, enfin les figurés de surface), écrire après (soigner l’écriture des toponymes en rationnalisant le recours aux majuscules, minuscules et les couleurs employées).