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Sommaire

INTRODUCTION
A. LA CONSTRUCTION ET L’ÉLARGISSEMENT DE LA NOTION DE PATRIMOINE :
DE LA TRANSMISSION ENTRE INDIVIDUS À L’HÉRITAGE AU PROFIT DE L’HUMANITÉ
1. Le patrimoine familial
2. Du temps des collectionneurs (XVIe-XVIIIe s.) à la Révolution française
3. L’époque contemporaine (XIXe-XXe s.)
B. LE « PATRIMOINE MONDIAL » DE L’UNESCO : UNE CONSTRUCTION DES ÉTATS ET DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE, DE PLUS EN PLUS DIVERSIFIÉE MAIS SPATIALEMENT CONCENTRÉE
1. Le processus d’inscription sur la liste de l’UNESCO
2. Les conflits d’usages autour des sites patrimoniaux
3. Un patrimoine fragilisé face à de multiples menaces
CONCLUSION
I. USAGES SOCIAUX ET POLITIQUES DU PATRIMOINE (AXE 1)
A. RÉAMÉNAGER LA MÉMOIRE. LES USAGES DE VERSAILLES DE L’EMPIRE À NOS JOURS
1. De la résidence royale au musée d’histoire de France : Versailles et la nation
2. Versailles, lieu de la République
Conclusion
B. CONFLITS DE PATRIMOINE. LES FRISES DU PARTHÉNON DEPUIS LE XIXE SIÈCLE
Introduction
1. Sauvetage ou pillage, l’histoire d’un contentieux
2. La demande de restitution, une « tragédie grecque »
Conclusion
CONCLUSION DE L’AXE 1
II. PATRIMOINE, LA PRÉSERVATION ENTRE TENSIONS ET CONCURRENCES (AXE 2)
A. URBANISATION, DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET PRÉSERVATION DU PATRIMOINE. PARIS ENTRE PROTECTION ET NOUVEL URBANISME…
Introduction
1. L’évolution d'une capitale : l’héritage patrimonial et sa gestion
2. Un pôle de commandement aux ambitions internationales
Conclusion
B. LA DESTRUCTION, LA PROTECTION ET LA RESTAURATION DU PATRIMOINE, ENJEU GÉOPOLITIQUE. LA QUESTION PATRIMONIALE AU MALI
Introduction
1. Le patrimoine culturel malien, symbole d’une culture qui unit et qui divise
2. Restaurer et protéger le patrimoine culturel malien
Conclusion
C. LE TOURISME CULTUREL, ENTRE VALORISATION ET PROTECTION. VENISE, ENTRE VALORISATION TOURISTIQUE ET PROTECTION DU PATRIMOINE
Introduction
1. Venise : un patrimoine exceptionnel
2. Un patrimoine doublement menacé
3. Un patrimoine à protéger
Conclusion
CONCLUSION DE L’AXE 2
III. LA FRANCE ET LE PATRIMOINE, DES ACTIONS MAJEURES DE VALORISATION ET DE PROTECTION (OBJET DE TRAVAIL CONCLUSIF)
A. LA GESTION DU PATRIMOINE FRANÇAIS : ÉVOLUTIONS D’UNE POLITIQUE PUBLIQUE
Introduction
1. Des lois majeures adoptées sous la IIIème République
2. La Vème République et l’invention du patrimoine culturel
3. Depuis les années 1970, poursuite de l’extension de la notion de patrimoine, déconcentration, décentralisation
Conclusion
B. LA PATRIMONIALISATION, ENTRE HÉRITAGE CULTUREL ET RECONVERSION. LE BASSIN MINIER DU NORD-PAS-DE-CALAIS
Introduction
1. Reconversion
2. Patrimonialisation
Conclusion
C. LE PATRIMOINE, FACTEUR DE RAYONNEMENT CULTUREL DE LA FRANCE DANS LE MONDE ET OBJET D’ACTION DIPLOMATIQUE (UN EXEMPLE DU PATRIMOINE IMMATÉRIEL : LE REPAS GASTRONOMIQUE DES FRANÇAIS)
Introduction
1. Un savoir-faire français reconnu….
2. ….Outil d’une diplomatie culinaire qui s’internationalise
Conclusion

tspe 4

Manuel p.238-303

Problématique

Problématique p.238 + Repères p246- Ce thème a un double objectif : connaître ce que recouvre aujourd’hui la notion de patrimoine, matériel et immatériel, dans ses dimensions historiques et géographiques, et comprendre les enjeux géopolitiques qui lui sont associés.

Quelles fonctions politiques le patrimoine exerce-t-il ? En quoi sa valorisation et sa protection peuvent-ils être porteurs de développement mais aussi sources de tensions ?

Introduction

Introduction

Le patrimoine est ce qui est perçu par une société comme étant digne d’intérêt et devant de ce fait être transmis aux générations futures, qu’il s’agisse d’un patrimoine historique (un monument, un site…), d’un patrimoine paysager (par exemple une forêt, un massif montagneux, une perspective urbaine) ou d’un patrimoine immatériel (une musique, une cuisine…).

Il s’agit donc d’une construction sociale, ce qui soulève la question des acteurs et de leurs valeurs culturelles : que choisit-on de préserver ? Que peut-on accepter de détruire ? Comme pour toute construction sociale, on constate des variations selon les époques (tel monument détruit au XIXe siècle, car « dépourvu d’intérêt » serait aujourd’hui sauvegardé) mais aussi selon les cultures qui n’accordent pas la même importance à tel ou tel objet potentiellement « patrimonial ».

A.    La construction et l’élargissement de la notion de patrimoine : de la transmission entre individus à l’héritage au profit de l’humanité.

1.     Le patrimoine familial

À l’origine, le mot patrimoine renvoie à des biens transmis au sein d’une même famille. Le terme désigne étymologiquement les biens hérités du père (patrimonium). C’est donc une notion juridique, dans le cadre légal d’une société à un moment donné qui fixe les modes de transmission des biens. Par exemple :

  • Le code de Gortyne en Crète (première moitié du Ve siècle avant JC) réglemente le sort du patrimoine quand le père décède avec pour seule progéniture une ou plusieurs filles. Appelées patrôoques, elles peuvent transmettre le patrimoine en le maintenant dans la lignée du père sans qu’il leur appartienne, et à condition de se marier.
  • Le droit d’aînesse intégral au Pays basque.

Progressivement, le patrimoine culturel -Vocabulaire p.240 dépasse le cadre de la propriété individuelle.

2.     Du temps des collectionneurs (XVIe-XVIIIe s.) à la Révolution française

Les premières initiatives de sauvegarde de monuments ne sont pas le fait de l’État monarchique ni des institutions religieuses. Sous l’Ancien régime, la monarchie comme l’Église

n’hésitent pas à démolir[1]. Ces initiatives sont individuelles : la Renaissance voit se développer les collections privées en France et en Italie de la part d’amateurs éclairés (le plus souvent princiers) qui ont le souci de rassembler les vestiges de l’Antiquité, et constituent des collections parfois prestigieuses[2] -doc.1 p.240. Un exemple de patrimoine privé : un cabinet de curiosité au XVIIe siècle. Si elles n’ont pas encore vocation à constituer un patrimoine collectif, elles sont parfois ouvertes aux visiteurs.

Mais c’est bien la Révolution de 1789 qui est un tournant dans la construction progressive de la notion de patrimoine, dans des circonstances dramatiques, marquées par d’innombrables destructions et profanations. Mais avant même ces destructions, l’expression « monument historique » était apparue pour la première fois sous la plume d’Aubin-Louis Millin dans son recueil d’antiquités nationales (1790)[3]. Cf. Décret du 16 septembre 1792 « il importe de préserver et de conserver honorablement les chefs d’œuvre des arts, si dignes d’occuper les loisirs et embellir le territoire d’un peuple libre ». Le sens du patrimoine s’étend pour la première fois des monuments aux œuvres d’art. Pour la Constituante puis pour la Convention, ce qui est artistique doit être préservé.

Or durant la Révolution française, nombreux sont ceux qui appellent à la démolition des édifices et monuments où s’inscrivent la gloire des rois et les emblèmes monarchiques -c’est-à-dire des symboles de l’oppression[4] : Cf. la destruction de la flèche de la Sainte Chapelle (alors surmontée d’une couronne), de la galerie des rois de Notre-Dame de Paris (28 statues qui représentent les rois de Judée -et non les rois de France comme l’ont cru les révolutionnaires sont décapitées), ou encore, en 1793, la profanation des tombes royales de la basilique Saint-Denis[5]… Nombreux sont également ceux qui s’émeuvent de ces destructions, y compris parmi les révolutionnaires. Des intellectuels et des érudits se préoccupent de préserver certains ouvrages des « vandales », comme l’abbé Grégoire[6] -Vandalisme : vocabulaire p.250.

Deux nouvelles démarches sont alors dictées par les circonstances : l’inventaire et le musée.

  • Par l’inventaire[7], on identifie, on reconnait et on inscrit au crédit de la nation des ouvrages et objets patrimoniaux.
  • Par le musée, on rassemble des œuvres d’art en raison de leur intérêt pour la nation et de leur valeur esthétique et historique.

Le premier établissement à afficher le nom de muséum est celui d’Oxford, dont le règlement est présenté en 1714. Fondé en 1753 à Londres, le British Museum devient le premier musée national public quand il s’ouvre au public en 1759 -doc.2 p.240. Le British Museum… Il se donne avant tout une vocation pédagogique : on y réunit des œuvres d’art (surtout de l’art antique) pour former le goût des contemporains. C’est dans la même perspective que le Louvre, à Paris, devient le Musée national de l’art en 1793. On y accumule les objets recueillis dans les collections royales, puis les œuvres confisquées par la Révolution… et, plus tard, celles pillées pendant les guerres révolutionnaires puis napoléoniennes.

3.     L’époque contemporaine (XIXe-XXe s.)

a.       XIXe siècle

Le XIXe siècle est marqué par l’apparition et le développement des musées. C’est aussi la période où l’effort d’inventaire et de préservation prend une certaine ampleur[8]. Il s’agit de connaitre pour pouvoir préserver.

C’est ainsi qu’en

1830 est créé le poste d’« inspecteur général des monuments historiques ». Nommé à ce poste en 1834, l’écrivain Prosper Mérimée y jouera un rôle très important, aidé (à partir de 1837) de la commission des monuments historiques chargée de dresser la liste des monuments méritant une protection et (à partir de 1850) de la fameuse « mission héliographique »[9].

Préserver et restaurer, c’est aussi faire des choix. Par exemple, pour l’architecte Eugène Viollet-le-Duc, chargé en 1843 par P. Mérimée de restaurer la cathédrale Notre-Dame de Paris, émerge l’idée que la seule architecture nationale est celle du XIIIe siècle, et que l’art médiéval représente le patrimoine français par excellence. Conséquence : d’innombrables édifices des XVIIe et XVIIIe siècles sont négligés.

b.      XXe et début XXIe siècle

Les bombardements des deux guerres mondiales ont eu des conséquences sévères pour les monuments historiques d’Europe. Les lieux patrimoniaux détruits (Reims, Berlin, Varsovie...) se comptent par milliers. On distingue deux types de reconstruction :

  • rendre à la population le milieu urbain identique à ce qu’il était : phénomène dit de Varsovie [10].
  • reconstruire une autre ville, comme l’a fait au Havre (1945-1964) l’architecte Auguste Perret[11].

L’après-guerre voit l’élargissement du périmètre du patrimoine, incluant l’environnement, l’architecture industrielle[12] et la culture immatérielle. Désormais, on entend par patrimoine « ce qu’une société considère comme digne d’intérêt et de conservation, comme témoignage de ce qu’elle est ».

Fin du XX° siècle et XXI° siècle, la notion de patrimoine a connu une formidable extension chronologique (protection des architectures des XIX° et XX° siècles), topographique (protection de quartiers, de paysages), catégorielle (témoignages de la vie quotidienne : fermes, lavoirs, boutiques, usines…). De l’unique, du plus élevé, du plus rare, le patrimoine est passé au quotidien le plus anodin, entraînant une augmentation considérable du nombre des objets patrimoniaux -à tel point que certains vont jusqu’à dénoncer une « inflation patrimoniale »[13].

B.    Le « patrimoine mondial » de l’Unesco : une construction des États et de la communauté internationale, de plus en plus diversifiée mais spatialement concentrée

Découvrir p.242-243. Le « patrimoine mondial » de l’UNESCO- L'UNESCO est l'Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture. Selon sa présentation sur son site officiel[14], elle « cherche à instaurer la paix par la coopération internationale en matière d'éducation, de science et de culture » -L’UNESCO en bref p.242.

1.     Le processus d’inscription sur la liste de l’UNESCO

Le site officiel de l’Unesco propose une liste du patrimoine mondial[15], sous la forme d’une carte interactive assortie de dossiers sur chacun de ces sites. Cette carte reflète leur diversité et leur concentration spatiale.

a.       La Convention de 1972 et la « Liste du patrimoine mondial »

Chronologie p.242. Les principales conventions de l’UNESCO- L’Unesco encourage l’identification, la protection et la préservation du patrimoine culturel et naturel considéré comme ayant une valeur exceptionnelle pour l’humanité. Dans la convention adoptée en 1972, l’UNESCO définit le patrimoine mondial de la manière suivante : « Le patrimoine est l’héritage du passé dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. […] Ce qui rend exceptionnel le concept de patrimoine mondial est son application universelle. Les sites du patrimoine mondial appartiennent à tous les peuples du monde, sans tenir compte du territoire sur lequel ils sont situés. »

De cette convention est née une liste (mise à jour tous les deux ans) qui comporte 1 154 sites en 2022 répartis sur 167 États (897 « culturels », 218 « naturels » -doc.3 p.241. La nature, un patrimoine de l’humanité + Patrimoine naturel : vocabulaire p.240 et 39 mixtes). Dès l’origine, les sites européens étaient surreprésentés et c’est encore le cas (environ 40% des sites[16]), ce qui a valu aux décideurs de l’UNESCO le reproche de ne pas prendre en compte certaines aires culturelles -doc.3 p.243. Un patrimoine mondial spatialement concentré. Avec le classement de sites naturels exceptionnels, un grand nombre de lieux africains, asiatiques et sud-américains ont été inscrits.

La « Liste du patrimoine mondial en péril » est conçue pour informer la communauté internationale d’éventuelles menaces sur les caractéristiques mêmes qui ont permis l'inscription d'un bien sur la Liste, et pour encourager des mesures correctives. Cette liste de 52 biens en 2022, qui permet d’accorder des aides d’urgence, est éminemment politique car elle pointe les insuffisances structurelles de certains États dans leur gestion du patrimoine ou les difficultés conjoncturelles qui mettent en danger ces biens.

b.      La Convention de 2003 sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (PCI)

Entrée en vigueur en avril 2006 ratifiée par 178 États en 2018, elle vise la préservation des pratiques, représentations et expressions -doc.4 p.241. La musique, un exemple de patrimoine culturel :

  • les traditions et expressions orales, y compris les langues -Vocabulaire p.240;
  • les arts du spectacle ;
  • les pratiques sociales, rituels et événements festifs ;
  • les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ;
  • les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel.

Elle compte 549 éléments en avril 2020 correspondant à 127 pays du monde[17], et répond à deux objectifs[18] :

  • Rééquilibrer la répartition du patrimoine protégé dans le monde en faveur des pays du Sud pauvres en patrimoine matériel, mais riches d’un patrimoine immatériel que rien ne protège.
  • Protéger plus généralement des effets néfastes de la mondialisation et des évolutions de la vie sociale les richesses qui, en raison de leur forme immatérielle, ne sont actuellement pas protégées.

Cette convention de 2003 s’intéresse aux communautés humaines. Elle vise à donner des lettres de noblesse patrimoniales à des éléments du quotidien qui n’en avaient pas. Elle cherche à faire accéder l’œuvre de tous, ou tout du moins celle d’un collectif, à la dignité patrimoniale naguère réservée à un petit nombre d’artistes, de souverains, d’architectes[19]. La notion de patrimoine devient donc de plus en plus diversifiée, comme en témoignent les critères de recevabilité des candidatures -doc.3 p.243. Les critères de classement au patrimoine mondial. Ce patrimoine immatériel n’est donc pas forcément géolocalisé, il est là où se trouvent celles et ceux qui le détiennent, sur l’ensemble de la planète (le tango argentin, l’art du pizzaiolo napolitain ou le repas gastronomique des Français) ou partagé entre plusieurs pays (l’alpinisme, la fauconnerie…).

2.     Les conflits d’usages autour des sites patrimoniaux

L’inscription sur la liste du patrimoine de l’UNESCO, comprise comme un gage d’authenticité et d’exceptionnalité, stimule l’attractivité des lieux. Toutefois cette attractivité peut engendrer des tensions.

a.       Conflits liés à la restauration

Exemple de la restauration de Notre-Dame de Paris[20] -Points de vue p.260-261. Faut-il restaurer Notre-Dame de Paris à l’identique ?

b.      Conflits liés à la muséification/dépossession

Deux exemples :

  • Les églises rupestres de Lalibela en Éthiopie : classé depuis 1978, ce patrimoine attire un nombre grandissant de touristes et de pèlerins, d’où le développement d’infrastructures d’accueil, de nombreux hôtels notamment et un empiétement urbain qui affecte le site. « L’effet UNESCO » sur les populations locales est contrasté, voire discutable : 700 ménages ont été déplacés par les autorités, et les mendiants ont été rassemblés dans un camp à l’écart des chemins empruntés par les touristes[21].
  • La transformation du cœur de Samarcande[22] révèle un paradoxe entre l’inscription à l’Unesco et une atteinte majeure portée aux populations. En 2006, débute la construction d’un mur de béton de 6 mètres de haut destiné à isoler le produit touristique de la population de la cité, afin d’en faire une attraction payante.

c.       Conflits liés à des aménagements

Exemple du retrait de Dresde de la liste du patrimoine (aout 2013)[23]. Cette partie de la vallée de l’Elbe est remarquable pour ses 18 km de « paysage culturel du XVIe au XXe siècle », notamment lorsque le fleuve traverse la ville du palais d’Ubigaü jusqu’au château de Pillnitz, avec son île, son opéra, son église Notre-Dame. La cause de la décision de l’Unesco est la réalisation d’un pont de béton et d’acier (635 mètres, 59 000 tonnes) doté de quatre voies destinées à détourner le trafic du centre-ville.

d.      Conflits liés au surtourisme

Terme qui s’applique pour des sites victimes de surfréquentation touristique provoquant une asphyxie de l’espace et de fortes dégradations. Le symbole de ce phénomène est Venise mais il se constate également dans nombre d’autres sites : Lisbonne, Barcelone, Dubrovnik. Il ne faudrait pas oublier pourtant l’apport extraordinaire du tourisme. Pointés du doigt, ces sites, au-delà de leur grande richesse culturelle, sont également de véritables machines économiques. À Venise, le tourisme fait vivre 65% de la population et rapporte à la municipalité deux milliards d’euros par an. À Barcelone, le tourisme représente près de 20% du chiffre d’affaire du commerce. Le tourisme dégrade mais permet aussi la conservation.

Il n’empêche, les tensions se multiplient entre les touristes et les riverains. Un phénomène accentue ces protestations : la multiplication des locations de logements de particuliers qui raréfie l’offre de logements pour les habitants et surtout fait exploser le prix des loyers.

3.     Un patrimoine fragilisé face à de multiples menaces

a.       Les conflits armés

Les exemples sont malheureusement nombreux de sites du patrimoine mondial détériorés voire détruits par les combats. Par exemple :

  • En Syrie, durant la guerre civile débutée en 2011, plusieurs sites remarquables du pays ont souffert : forteresse d’Alep, site antique de Palmyre -Su